Depuis une quinzaine de jours ma vie se résume à « métro-boulot-dodo », ne me laissant guère de loisir et de temps pour venir alimenter ce blog.

Par contre, mes balades parisiennes, qui n’ont rien de touristiques, m’offrent quelques portraits qui n’existent que dans la fournaise de la ville.

Cette semaine, en sortant du métro à République, je découvre un vieux monsieur jouant du violon. Je sais que cela n’a rien d’extraordinaire mais je me suis arrêtée quelques instants pour observer la scène.

Ce monsieur jouait en tremblotant, en raison de son grand age, les yeux mi-fermé, concentré et appliqué, complètement indifférent à la foule entassée, qui elle-même ne lui accordait pas un seul regard.

Visiblement la seule autre personne à l’écouter était sa femme qui lui tenait la partition d’un air mal assurée mais souriante et admirative.

J’aime bien imaginer des vies aux personnes que je croise dans le métro ou dans le train.

Deux scénarios différents me sont venus à la vue de cette femme.

- La femme objet, porte partition, subissant avec humiliation la contrainte de porter toute la journée les partitions de musique de son mari.

- La femme dévouée qui partage le plaisir de son mari à jouer encore malgré son grand age et sa main moins assurée, dans une tendre complicité imaginant qu’il ne joue que pour elle, indifférent à la foule qui se pousse à peine pour les éviter. 

Bref, je préfère imaginer qu’il s’agit de la deuxième, pour rendre un peu moins cruelle cette vision d’indifférence générale des parisiens, pressés du coucher au lever.

Le retour à la campagne le week end est un vrai bol d’air frais et pur, je ne le dirais jamais assez !