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Quand j’ai commencé à écrire ma catégorie « divagation sur le net », je pensais surtout partager mon expérience des forums, BBC et communautés de « chatteur ».

Mes années d’errance sur la toile, même de façon irrégulière, m’a fait découvrir plusieurs personnes qui traînaient sur des sites comme Caramail (avant que Lycos remplace ce tchat par un truc immonde, mais ça c’est une autre histoire), qu’elles soient isolées géographiquement (c’était mon cas), isolées sentimentalement, ou cherchant à se créer un réseau d’ami.

Le phénomène Blog, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, est une découverte récente.

Donc, depuis quelques semaines, je découvre un univers fascinant et inquiétant à la fois mais en tout cas, un sacré outil d’échange !

Quelle motivation à écrire dans un blog ?

Ma motivation première est comme pour la plupart des blogueurs de s’essayer à l’écriture et de voir surtout si on peut s’y astreindre quotidienne en gardant du plaisir.

Mais ce n’est pas suffisant, c’est l’envie de partager qui nous pousse à mettre en ligne nos états d’âmes.

Je trouve qu’il y a quelque chose de gênant dans la motivation du blogueur (et je m’inclus dedans) dans cette volonté de partager avec d’autres, sa vie, ses goûts et ses dégoûts.

Au final, une intimité d’habitude réservée à ses proches qu’on étale avec la facilité du beurre mou. Je pensais déjà ça du tchat où on se dévoile rapidement à des inconnus et que quelques points communs suffisent à nous prendre pour des sortes de jumeaux virtuel.

Le blog amplifie encore plus ce malaise car on ne sait pas si on est lu et surtout par qui.

De même quel plaisir à t-on à la lecture des blogs des autres, à partager leurs « petits moments d’existence » au quotidien ?

Evidement les journaux intimes, les biographies loin d’être un genre nouveau connaissent un succès littéraire de longue date.

Mais avec l’explosion de nos vies dans la télé réalité, ce « voyeurisme admis », la dimension est autre. Il ne s’agit plus d’apprendre sur la vie d’une personne qui est connue ou par un témoignage de comprendre une époque mais d’observer silencieusement et au quotidien ces « petits moments d’existences » de personnes dont on ne sait rien au départ.

La solitude, l’absence de communication directe dans le « monde réel » (train, métro, magasin, et pire… au travail et combien d’entre nous connaissent leurs voisins) est une réalité. Est-ce cela qui modifie notre façon de communiquer, d’utiliser cette façon indirecte, au travers de la machine, et surtout intemporelle (en tout cas plus en temps réel) ?

Je pense que nous avons tous besoin d’échanger, on trouvera toujours des moyens pour le faire, même dans un monde plus dur.

La diversité des outils entraîne évidement la diversité des modes de communication et les motivations des uns et des autres doivent être très variées.

Le partage de l’expérience s’il semble disparaître de plus en plus (au travail et dans la famille), se multiplie sur la toile. Combien de millions de blogs il y a-t-il d’échange et de débat sans langue de bois, parfois de qualité ? Quelle richesse, il y en a pour tous les goûts. Quelles émotions en lisant certains récits, certains blog forcent au respect, d’autres enrichissent, et parfois certains émeuvent par leur humanité et leur simplicité.

Alors on est peut être loin du voyeurisme passif de la télé réalité, qui donne quelques moments d’existences à découvrir, mais sans le choix des individus (à quand une émission de télé réalité avec 2 millions de candidats ?!) et par conséquence du contenu (euh…là je vais peut être m’abstenir de développer si je veux rester polie…). La comparaison s’arrête là…

Puis un lecteur de blog a le choix d’être passif (de juste « s’informer ») ou actif en y laissant des commentaires.

Participer au débat, l’enrichir de sa propre expérience, partager ses connaissances, c’est éduquer !…et je ne dit pas cela uniquement pour vous donner l’envie de faire un commentaire