Pour comprendre la notion de culte, il faut en saisir son origine avant même d’en établir ses déviations.

On fait souvent le parallèle entre le culte et la religion, mais le culte n’est pas forcement religieux (dans le sens « définir son rapport avec le sacré »), le culte peut être matérialiste (culte de l’argent, des objets…) ou tourné sur soi (culte du corps, du sexe, de la beauté…).

Je trouve plus intéressant de comparer le culte et la culture dans un premier temps, plutôt que le culte et la religion, bien que souvent le culte ancestral est religieux.

 

On trouve des traces de culte dans toute l’histoire de l’humanité, même chez les néandertaliens qui ne sont pourtant plus considérés aujourd’hui comme nos ancêtres.

L’homme a toujours eu besoin d’expliquer, de donner un sens à son environnement, mais surtout d’en partager ce sens, aujourd’hui encore mais dans les sociétés primitives cette nécessité de se retrouver ensemble derrière des valeurs fondatrices a permis la civilisation.

Echanger, donner du sens à son existence et à se qui nous entoure, me parait primordial pour construire une société autour de principes communs.

Le culte est l’outil incontournable fondateur des sociétés rassemblant les hommes autour de valeurs partagées.

Le culte inclus la notion de célébration.

Sa pratique même si elle est vécue comme personnelle relève pourtant du phénomène de groupe ou de culture (par exemple aujourd’hui dans les sociétés occidentales le culte du corps privilégie l’extrême minceur contre les rondeurs auparavant, ce qui n’est pas le cas avec les sumos japonais).

L’homme a toujours eu besoin de mettre des mots et coutumes sur des notions abstraites. La dureté de la vie et la forte mortalité qui en découlait à l’origine, pour être accepté a conduit à des explications irrationnelles et à la construction de cultes autour. Le culte peut naître de l’incompréhension de sa condition humaine et non plus uniquement de la volonté de partager des valeurs communes et là effectivement on entre dans le domaine de la religion. Ces deux notions sont parallèles, l’une ne résulte pas de l’autre.

Le culte évolue au fil du temps, mais il en est ainsi aussi de la religion, qui pourtant impose un dogme qui restreint les libertés.

Le culte peut devenir idéologie, idolâtrie, se figer et se transformer en une religion immuable, dont le but n’est plus la compréhension et le partage mais l’acceptation d’une seule vision de la vie et la construction de sa vie autour.

La notion de soumission à un culte qu’elle soit issue de la culture ou de la religion est incontournable.

Et par là tous les excès possible de fanatisme, d’extrémisme.

Plutôt que de comprendre le monde par vous-même et d’en d’acquérir les outils de la connaissance, croyez au dogme et ne le remettez pas en cause.

Alors oui, le culte peut être une doctrine, ne permettant pas l’élévation de l’être humain mais l’acceptation de sa condition d’individu à l’intérieur d’un collectif partageant les valeurs de la société dont il est issu.