Revenons quelques instants au premier tour des élections présidentielles.

Je fais partie de cette population hésitante, pas vraiment convaincue, déçue, disons le franchement, qui a déterminé son choix dans l’isoloir.

 

Plutôt que de revenir sur les programmes, d’autant plus que le premier tour est passé, j’avais envie de vous parler de cette hésitation.

Déjà hésiter, ne pas être sur, chercher à faire le bon choix est signe d’intérêt pour le sujet.

Ne croyez pas que si l’on hésite c’est forcement par désintérêt de la vie politique.

 

Mais plutôt pour prendre le temps de bien choisir…

 

Faut dire que c’est complexe quand on ranime sans cesse Avril 2002 et qu’on entend partout autour de soi « plus jamais ça », que le choix doit être celui du « vote utile », ça n’aide pas à choisir par rapport à un programme mais plutôt à élaborer des stratégies à l’Amélie Poulain.

 

Déjà, une chose est sûre, je voterai à gauche, ce qui élimine bien sûr Le Pen, Sarko, De Villiers et Nihous.

 

Voter Royal pour faire barrage à Le Pen, mais le « vrai » vote anti-Sarkosy ne serait-il pas comme je l’ai entendu X fois de voter Bayrou qui a plus de chance de gagner face à Sarko ?

 

Avec de telles interrogations, comment ne pas se laisser perturber ?!

 

Traditionnellement, le vote du premier tour est le vote du choix, du cœur et non pas des stratégies de bas étage.

On vote pour le candidat qui représente le plus nos idées.

 

Mais là, un autre problème apparaît. Je suis de gauche, anti-capitaliste, donc plus sensible aux arguments et propositions de la vraie gauche, celle anti-libérale, la gauche du PS.

Mais comment s’y reconnaître quand plusieurs candidats disent la même chose (Besancenot, Buffet, Bové, Laguiller) ?

 

J’ai espéré comme beaucoup une candidature unique de cette gauche là. Mais ils n’ont pas su renoncer à leur parti respectif, reconstruire ensemble malgré les collectifs et les débats post - non à la constitution.

 

Bref, j’ai beaucoup attendu de cette gauche là, qui s’est effondrée au vu des résultats, peut-être arriveront-ils à enfin reconstruire une vraie force de gauche.

 

Non pas que j’aie souhaité les « pénaliser », mais difficile de savoir pour lequel voter : celui qui va faire le plus de voix (Besancenot), celle qui a le plus de militants et qui a le plus souhaité le rassemblement (Buffet) ou celui qui n’est pas issu d’un parti (Bové)…

J’avais éliminé de mes choix, Laguiller (son parti est trop sectaire pour moi) et Schivardi (parce que c’est vraiment n’importe quoi…).

 

(Re)bref, on en revient donc au vote « utile » et au Tout Sauf Sarkosy.

Et à nouveau ce dilemme, il faut voter pour celui ou celle qui peut gagner face à Sarko, mais qui surtout peut passer au second tour. Si pour beaucoup de mes « amis », le vote Bayrou permet cela, je n’ai jamais cru pour ma part qu’il puisse battre Ségo au premier tour.

Cela parait une évidence aujourd’hui mais pour être honnête ce ne fut pas toujours le cas dans les discussions avant dimanche dernier.

Quand les derniers sondages ont éloigné le centriste (de droite ne l’oublions tout de même pas) de l’accession au second tour, le choix n’était-il pas voter Royal pour réduire au maximum l’écart entre elle et Sarko ? Ne pas laisser Sarko avec une large avance…

 

C’est donc ce choix que j’ai fait, voter Ségolène et finalement je ne le regrette pas.