Remue Méninge

Remuer sans faire tourner la mayonnaise… Une envie de partager quelques réflexions sur le monde qui nous entoure, de titiller votre vision de la vie, d’échanger et débattre sur des sujets variés…sur un ton léger et décalé.

25 juillet 2007

L’engouement autour d’Harry Potter

potterboy


La série Harry Potter ne laisse pas indifférent. Il n’y a qu’à voir l’engouement sur le 7ème et dernier tome et les queues impressionnantes aux librairies qu’a occasionné sa sortie.

Si on interroge les fans de ce petit sorcier, ils sont quasi tous unanimes sur l’universalité de la série. On peut lire Harry Potter de 7 à 77 ans. Pourtant l’histoire cible plutôt un public jeune, me direz-vous ?
Oui mais la grande qualité de J.K Rowling est de captiver les lecteurs au-delà des clivages de l’âge. Les plus jeunes vont s’identifier aux héros de Poudlard et les moins jeunes vont retrouver une part de leur enfance enfouie au plus profond d’eux-mêmes.

J.K Rowling est une magicienne qui a le pouvoir d’éveiller en nous le jeune enfant que l’on est ou que l’on a été. Voilà la force de cette romancière et de son héros. Une écriture fluide, une histoire à rebondissements, une identification forte, tels sont les pouvoirs des mots quand ils sont agencés avec talent.

Que l’on soit indifférent à cet engouement autour d’Harry Potter, ce qui est mon cas, puisque j’ai lu seulement le premier et je n’ai acheté les films que récemment en DVD promotionnel, je ne connais donc que les 4 premiers épisodes et j’attendrai patiemment que la suite sorte en DVD pas cher, mais cela ne m’empêche pas de trouver du talent et de l’intérêt à cette histoire.

En même temps, tout ce bruit autour de la sortie du dernier tome m’amuse plus que m’intrigue, me fait sourire plus que m’interroge sur la médiatisation à outrance. Que J.K Rowling soit plus riche que la reine d’Angleterre m’indiffère plus que ne me dégoûte, après tout elle a gagné cet argent honnêtement.

Pourquoi ? Parce que je vois autour de moi des milliers d’enfants de tout âge, des gens «mûrs» aux yeux émerveillés, des adultes redécouvrir le rêve …des adultes redevenir enfants.
Cette effervescence, teintée de magie me donne le sourire…moi qui suis plutôt blasée, quel bonheur !
Même si elle frise parfois le ridicule avec par exemple une pétition pour que la série ne s’arrête pas au 7eme tome !

Un autre engouement me laisse un goût amer, c’est celui des anti-Potter. Pas ceux qui ne comprennent pas l’engouement que provoque cette série et qui restent indifférents à la médiatisation, voire qui essaye de dévoiler la fin rien que pour embêter ceux qui aiment, d’ailleurs ils menacent même d’imprimer la fin sur des tee-shirts pour l’imposer visuellement partout dans la rue.

Non je pense à ceux qui sont bien plus dangereux à mes yeux, ceux qui pensent que Harry Potter est un danger pour l’éducation des enfants !
Les intégristes religieux, vous savez bien les fondamentalistes chrétiens qui aux Etats-Unis sont de plus en plus nombreux et qui ont l’écoute du président Bush.
J’y peux rien, je ne les aime pas mais je les observe, ils me font rire les jours où ils ne me font plus pleurer.
C’est comme un film, trop scénarisé pour être vrai, pourtant ils existent, ils ne sont que la caricature d’eux mêmes, mais rien ne les empêchera de clamer que les livres de Harry Potter ont une influence satanique sur nos enfants !
Je les ai vus ce week end à la télé en larmes en évoquant le monde de la magie comme l’œuvre du diable, le fantastique comme le mal suprême, l’imaginaire comme l’interdit.

Le pape lui-même dénonce « le subtil pouvoir d’attraction d’Harry Potter, qui a un impact profond sans que l’on s’en rende compte et désagrège l’esprit du christianisme. »
Sur les sites chrétiens (voir liens ci-dessous) toutes les scènes sont décryptées et rattachées à l’occultisme ou le satanisme.
Ex : le nom de Sirius = Seth ou Satan

On explique aux parents que dans ces livres, la satanique J.K Rowling explique comment fabriquer des drogues et les administrer, ce qui doit éveiller la méfiance des parents envers leurs propres enfants suppôts de Satan, parce qu’ils ont osé lire ces livres à l’école d’où les procès pour que soient retirés ces romans des listes de livres à lire à l’école.

L’absence de morale de J.K Rowling est mise en avant aussi, les règles de l’école ne sont pas respectées, une journaliste américaine crie au sexisme : « l’univers fictif de Harry Potter est le parfait miroir du principe conventionnel selon lequel les hommes doivent diriger le monde.»

Bref, que l’on aime ou pas les aventures de Harry Potter, on ne peut que constater le phénomène médiatique qu’il y a autour de cette série, et pas seulement par les publicitaires et autres vendeurs de produits dérivés (qui ne se gênent pas non plus pour vendre tout ce qu’ils peuvent) mais par les hordes de fan et les hordes d’anti-fan eux même.

De quel coté que l’on se place, le phénomène Potter reste pour moi une aventure intéressante à observer. Et pour vous ?

 


Quelques sites sur Harry Potter :

http://www.jkrowling.com/fr/index.cfm

http://www.poudlard.org/

http://www.h-potter.com/

 

Sur les détracteurs :

http://www.info-sectes.org/enfants/potter.htm

http://www.cuttingedge.org/news/hpmain.html

http://www.cuttingedge.org/news/n1377.cfm

Posté par sayyadina à 16:56 - Le chemin des mots - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :


24 juillet 2007

Buvez du cul!

Je souhaite vous parler aujourd’hui d’un sujet grave : la drogue et les groupes de rock. La liste des artistes morts à cause de cette plaie est sans fin (je ne citerai dans ce Hall of Fame macabre que la plus grande, l’écorchée vive Janis), comme celle de ceux qui ont grillé leur talent (Brian Jones, Syd Barrett,…) et des groupes qui ont explosé pour consommation frénétique (coucou les Stooges par exemple).

Il est donc réjouissant de voir des groupes de rock s’engager conte la drogue. C’est le cas du groupe français Lofofora.

Lofofora se constitue progressivement entre 1989 et 1993.

C'est le 1er février 1993 qu’a lieu le premier concert du groupe. C’est en octobre de cette année-là qu’est enregistré le premier LP avec une reprise pêchue de « Zobi la mouche » des Négresses vertes. 6 autres suivront, dont un double avec le second CD exclusivement constitué de reprises renversantes comme « Madame rêve » ou « Quand on n’a que la haine » d’OTH.

Après avoir vanté la ganja dans « Weedo », le parolier Reuno s’est engagé récemment, sur le dernier album «Les choses qui nous dérangent », en décrivant sans détour son appétence à toutes les drogues possibles et imaginables et l’acte courageux qui l’a poussé à dire « STOP » une bonne fois pour toutes. Un petit extrait de "Buvez du cul" :

« J’ai arrêté de boire d’la bière
J’avais plus les idées claires
Maintenant je n’fume plus d’shit
Ma mémoire prenait la fuite
J’ai dis stop à la cocaïne
Sinon je cours à ma ruine
J’veux pas gober d’exta
Pour pas finir comme toi
J’ai pas terminé ma beuher
Les flics ont eu du flair
La vodka , le ricard
Y’en a plus dans le placard
La dernière fois que j’ai pris un trip
On m’a retrouvé en slip
J’en veux plus, j’en veux plus.

Maintenant je bois du cul
Buvez du cul
Ohohohoh
Buvez du cul
Buvez du cul
Ohohohoh
Buvez du cul
»

Sur l'origine de cette chanson : http://fr.youtube.com/watch?v=zwKJij1of3s

Alors que des inconscients comme Lou Reed ou Clapton continuent à jouer devant des adolescents « Héroin » ou « Cocaine », que Marilyn Manson se glorifie avec « I don’t like the drugs but the drugs like me », que Licence IV incite sans vergogne à l’alcoolisme ave « Viens boire un petit coup à la maison », il est vital que des artistes se dressent contre ces fléaux que sont la came et la picole.

N’hésitez pas à visiter ce site : www.lofofora.com

Et achetez les albums…



Posté par mezcal à 13:38 - Se laver les oreilles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

23 juillet 2007

Le procès de Walt Disney

Cour d’appel de Paris, 18 janvier 2007.

« - Accusé, veuillez décliner votre identité.

- Walter Elias Disney, dit Walt Disney, né le 5 décembre 1901 à Chicago.

- Monsieur Disney, vous êtes accusé d’injures publiques envers une administration publique, en l’occurrence la Police nationale. Monsieur le Procureur, veuillez lire l’acte d’accusation.

- Merci, Monsieur le président. Mesdames et messieurs de la Cour, l’individu qui se trouve devant vous ne doit pas vous attendrir, malgré son âge avancé. Depuis des décennies, sous couvert de faire rire nos chères têtes blondes, il instille dans leurs esprits innocents les graines de l’anarchisme, de la contestation des valeurs morales traditionnelles et de la haine des autorités.

Oh, certes, il a su donner des gages en dénonçant des syndicalistes de son entreprise comme communistes devant la Commission des activités anti-américaines en 1947, mais c’était pour mieux détourner l’attention de son entreprise séditieuse.

La traque fut longue, les efforts déployés pour amener cet individu devant vous innombrables. Mais le mur du silence est enfin brisé et je vous demanderai de ne pas faire bénéficier ce manipulateur de la mansuétude toute légitime dont le pauvre Maurice Papon a fait preuve au crépuscule de sa vie. Après tout, la Justice française, dans sa grande sagesse, maintient les anciens membres d’Action Directe en prison après la fin de leur temps de peine incompressible, sans se soucier de leur état de santé. Eh bien, les crimes commis par le sieur Disney atteignent la même gravité que l’assassinat d’un général de l’OTAN ou d’un PDG de Renault…

Il serait trop long de détailler les crimes de Walt Disney ; attachons-nous au plus grave, celui qui nous amène aujourd’hui dans cette salle.

Une société ne peut être viable que s’il existe une police reconnue, libre d’agir, crainte ou encore mieux respectée. Sans cela, tout peut arriver, y compris – j’en tremble à cette perspective – l’élection d’un Président soucieux du progrès social, un anarchiste pour résumer…

Cela, l’ignoble Walt Disney l’a bien compris, et c’est pourquoi il traîne depuis des décennies l’honneur de la police dans la fange.

Vous connaissez certainement tous le personnage ridicule dessiné par ce monsieur : la souris Mickey Mouse. Notons que Walt Disney dote cet animal répugnant d’une intelligence et d’une débrouillardise supérieures, à l’instar du sieur Douglas Adams dont nous devrons bien nous occuper un jour.

Eh bien, dans les aventures de cette souris, pseudo-détective pour énigmes ridicules, une bande de frères cambrioleurs, les Rapetous, et un malfrat psychopathe, Pat Hibulaire, ridiculisent en permanence la police, et seule l’intervention hasardeuse du sus-nommé Mickey permet leur arrestation.

Et, me direz-vous, comment est représenté le valeureux chef de la police, le commissaire Finot ?

Sous les traits d’un COCHON !!!!

180px_KommissarHunter_mm

Passe encore que notre vénéré Nicolas Sarkozy (que 1 000 fleurs jonchent son passage) apporte son soutien à ces impies de « Charlie Hebdo » dans le procès que leur intentent nos amis intégristes musulmans. Après tout, un peu de liberté d’expression ne fait pas de mal, tant qu’elle est bien encadrée…

Mais, concernant le sieur Disney, nous devons être intraitables. C’est un acte grave de dénigrer nos héroïques policiers, qui accumulent des heures supplémentaires, qu’ils savent perdues, pour pratiquer la seule procédure qui permet d’endiguer la déferlante de miséreux qui viennent manger notre pain : le contrôle au faciès.

Représenter un policier sous des traits porcins, c’est comme défigurer Marianne, profaner la tombe du maréchal Pétain, boycotter le 13 h de Jean-Pierre Pernaut… C’est bafouer les valeurs essentielles de la communauté : le Travail, la Famille, la Patrie !

Monsieur le Président, j’espère que la peine que vous prononcerez sera exemplaire.

- Merci, Monsieur le Procureur, vous m’avez convaincu, je condamne Walt Disney à 500 euros d’amende. La séance est levée. »

--

Vous pensez que j’ai trop fait l’apéro et que je délire…

Après la parution en 2001 du livre « Vos papiers ! Que faire face à la Police ? » (chez l’Esprit Frappeur), le ministre de l’Intérieur de l’époque, le socialiste Daniel Vaillant, a porté plainte contre le dessinateur Placid dont une caricature représentant un flic aux traits porcins ornait la couverture de l’ouvrage.

VosPapiers_couv

Ses successeurs, Villepin et Sarkozy, ont relayé cette plainte, qui a abouti le 18 janvier dernier à cette condamnation de 500 euros. L’auteur du livre et l’éditeur ont été également condamnés.

350 dessinateurs ont apporté leur soutien aux condamnés avec  le blog "Nous sommes tous des cochons" (1)

Le dessinateur Yan Lindingre a été licencié en mai de son emploi de vacataire à l'Ecole municipale des beaux-arts de Metz, pour des faits similaires (2)

La BD « Vilebrequin », avec Obion au dessin et Arnaud Le Gouëfflec au scénario a été délibérément sabotée par l’éditeur pour raisons d’économies.

On pourrait croire ces exemples tirés d'un unvers absurde. Mais, comme me le demandait récemment un ami devant un verre, la vie réelle est-elle vraiment normale ?

(1) http://touscochons.blogspot.com/
(2) http://soutienlindingre.blogspot.com/

Posté par mezcal à 09:04 - Stop ! ...ça suffit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

22 juillet 2007

Vous me direz deux ave et trois pater

Voilà un petit texte parodique que j'ai écrit pour Parano (un forum privé) comme les derniers posts que l'on met ici en ce moment. Comme nous n'avons pas trop le temps d'écrire pour Parano, pour ici et pour p'tite graine, on alimente ce blog de nos articles de Parano comme on alimente Parano de nos articles pour ce blog (je ne sais plus très bien dans quel sens ça marche).Mais promis, bientôt un post rien que pour Remue Méninge avec les requêtes Gogole les plus surprenantes !!!

En tout cas, dose d'humour nécessaire pour lire ce qui suit !!!

--

Bonjour mes chers confrères,

Nous sommes réunis ce jour pour examiner le cas d’un patient âgé de 33 ans environ, souffrant de symptômes préoccupants muré dans son silence depuis son admission, nous l’avons trouvé sans papier, en haillon et souffrant de malnutrition.
Ce matin, sortant de son mutisme il a écrit une lettre à son père que je vous propose de déchiffrer ensemble en raison du caractère psychotique de cet écrit.

"Notre Père"

"Notre Père qui es aux cieux,"
Moi mon père il traîne plutôt dans les bars, remarquez qu’il arrive qu’il descende aux enfers plutôt qu’il atteigne le 7eme ciel. Puis c’est bizarre de nounoyer son père, le vouvoyer c’est ringard mais ça existe mais dire notre père alors qu’on est fils unique, j’ai du mal à comprendre. Ahhahahahaha…hum… Trêve de plaisanterie, le sujet de cette étude est sérieux. C’est peut-être parce le père est mort et que son fils est profondément affecté par ce décès qu’il nounoie…bref, je n’ai pas la solution, mais en tout c’est sans doute une des raisons de l’internement de notre patient.

"Que ton Nom soit sanctifié,"
Et pour quelle raison sanctifie t-on un nom d’abord ? Parce comme le dit Thessaloniciens 4:7 « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sanctification. ». On peut donc en déduire que la sanctification (à ne pas confondre avec la scarification) c’est l’inverse de l’impureté. Dans le texte qui nous préoccupe on peut en déduire que le fils trouve le nom de son père impur et souhaite qu’on en change, on peut imaginer que le père s’appelle merde ou caca ou prout ou b* ou c*, ce qui nous donne quelques indications sur le nom du patient que nous ignorons.

"Que ton règne vienne,"
On voit ici que le fils est vraiment en forte dépression nerveuse, comment le règne d’un mort peut-il venir ? A moins qu’il ait trop visionné « Le retour des morts vivants », un mort ne revient pas et en plus pas en Roi. Pour régner, la première condition est d’être en vie, puis d’être de descendance royale ce qui ne paraît pas comme on va le voir plus loin très crédible dans le cas qui nous préoccupe.

"Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel."
Bon il est question d’héritage, on peut supposer que pour d’obscures raisons le fils n’a pas pu toucher sa part due. A mon humble avis, le père n’a dû laisser que des dettes. Mais là aussi, pourquoi cette allusion au ciel ? Le patient a peut-être été obligé d’utiliser comme mode de voyage l’avion et a été traumatisé, en tout cas il laisse entendre que c’est la volonté de son père et non la sienne qui a été sollicitée pour un voyage.

"Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour."
On peut comprendre tout le traumatisme d’un enfant qui a toujours vécu dans une extrême pauvreté et qui souhaite au moins une fois par jour un quignon de pain. C’est vrai que l’homme adulte qu’on nous a amené à l’Hôpital psychiatrique était en très mauvaise condition physique, amaigri, les dents à moitié déchaussées, bref tous les signes d’une malnutrition sont présents. Quelle enfance a dû avoir cet homme, réclamant comme seule pitance un bout de pain.
 
"Pardonne-nous nos offenses,"

La mort d’un proche est toujours douloureuse d’autant plus si nous avions des difficultés de communication avec. On sent l’absence de dialogue entre le père et le fils, en tout cas à la fin de la vie du premier.

"Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés."

Cette phrase est très importante, elle révèle les mauvais traitements infligés au fils. Violence, pédophilie, nous ne savons pas encore mais il semble tout de même que le fils lui a pardonné. Si on met en parallèle cette phrase avec la précédente, on voit que le fils se sent coupable des actes qu’on lui a infligés, ce qui est classique chez les personnes souffrant de maltraitance familiale. Quel rôle a eu la mère, nous ne le saurons pas, elle n’est pas évoquée une seule fois dans cette lettre.

"Et ne nous soumets pas à la tentation,"
Est-ce que l’auteur essaye de nous faire comprendre qu’il a peur à son tour de succomber aux mêmes pathologies que son père ? Comme les enfants battus peuvent devenir eux aussi violent sur leurs enfants, est-ce le cas ici ? Ce qui expliquerait les troubles psychologiques importants dont souffre cet homme.

"Mais délivre nous du mal."
On sent qu’il lutte, pour ne pas écouter les démons qui le hantent. Arrive t-il a différencier le bien du mal ? C’est possible mais combien de temps son état va-t-il être stationnaire ? Va-t-il sombrer dans la folie la plus irréversible ? Que de questions sans réponses !

"Amen"

Conclusion de l’état du patient :
Fort état maniaco-dépressif. La médicamentation doit être revue, les doses doublées ou triplées.

Posté par sayyadina à 12:18 - Et Dieu dans tout ça ? - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

21 juillet 2007

Edika : Debiloff profondikoum et autres absurdités

Edika

J’ai une tendresse particulière pour cet auteur depuis mon adolescence boutonneuse (même pas vrai) du fait que lire Edika et ne rien y comprendre allait très bien avec mon état d’esprit de l’époque : « waaa c’est trop fort, on comprend rien, c’est comme la vie euhhhhhh » et puis ensuite parce que j’ai gagné du fric avec, en reproduisant un de ces dessins (un punk sur des chiottes) sur des vestes en jean, ce qui me permettait de m’acheter toute sorte de substances illégales, illicites et hautement hallucinogènes pour continuer à rien comprendre au monde et à me marrer en lisant Edika.

edika2ow1

Edika c’est un peu comme une famille, celle dont je rêvais d’avoir, avec :
- un chat multitâche, capable de chanter de danser de baiser de parler et tout ça en même tant, bon faut dire qu’il s’appelle Clark Gaybeul et il porte des slips « grande barque » sorte de « petit bateau ».
- Bronsky Proko, le chef de famille et Edika lui-même, sa femme Olga, son fils Paganini et sa fille Georges. Enfin, pas tout le temps car parfois le père s’appelle Edmond, la mère Agznagonne, la fille Mélanie, le chat Joseph et parfois il y a un bébé dont je ne suis pas arrivée à retrouver le nom…bref il nous embrouille et je le soupçonne de faire exprès !

clark_gaybeul

D’ailleurs Edika (Édouard Karali de son vrai nom) c’est toute une famille d’auteurs : le frère Paul Carali fondateur du journal Psikopat et qui dessine dans Hara Kiri, Charlie Hebdo, Fluide glacial etc…Mais aussi Olivier Carali alias Olivier Ka et Mélanie Carali alias Melaka sont ses neveu et nièce (puisque Paul Carali est leur père).
Bref, une tribu de dessineux …

Un bon critique bédéphile vous dira que la caractéristique première des BD d’Edika est l’absence de chute volontaire bien sur, et l’auteur joue de cette incapacité comme marque de fabrique.

Je ne dirais pas pour ma part qu’il n’y a pas de chute puisque le plus souvent l’histoire se termine par un gros plan d’Edika devant sa planche à dessin essayant de trouver une chute, ce qui donc constitue une chute, voire par une chute réelle des protagonistes du haut du 42eme étage ce qui constitue pour le coup une double chute.

Cette marque de fabrique est aussi ce qui énerve le plus les détracteurs de cet auteur. Il est vrai que l’absence de chute sur une histoire peut être marrante mais quand c’est quasi systématique, ça devient un peu lourd…

Mais moi ce que je préfère c’est le sexe ! (voilà c’est dit ! et en plus ils sont gros chez les personnages d’Edika) et ses personnages lubriques comme les bonnes sœurs sexy et les prostituées décaties.

m_Edika_forum

Un autre de ces personnages récurrents que j’aime bien c’est Monsieur Rachid, un petit homme très myope, grand fan de Marilyn Monroe. Il y a aussi le nain qui essaye d’aller aux putes mais qui n’a pas de sous.
Comble de l’absurde, les personnages qui se transforment physiquement feraient pâlir d’envie tous les contorsionnistes de la terre et nous rappellent que notre lumbago vient encore de se réveiller.

edikacontortionnisteqn2

Plus d’une trentaine d’albums à découvrir et redécouvrir car finalement l’absence de chute ou d’histoire fait qu’on oublie vite ce qu’on vient de lire (ou alors c’est Alzheimer qui guette) et qu’on peut se replonger avec plaisir et se (re)délecter des dessins que je trouve non seulement drôle mais fort bien exécutés.

Mais toutefois, cet auteur agace, on aime ou pas du tout, il nous laisse pas tiède comme par exemple cette scène où ….

(moi aussi j’ai décidé de ne pas finir mon post...)

Planches et sites
http://www.koreus.com/modules/news/article2479.html
http://bd-girls.mon-oueb.com/belles/Edika/index.phtml
http://www.blougou.com/edika/default2.asp

Posté par sayyadina à 09:18 - De bonne humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

20 juillet 2007

Tabernacle!

moerellIl y a quelques années, je me précipitais aux aurores chez mon marchand de journaux, la bave aux lèvres, le jour de parution de « Fluide Glacial ». C’était l’époque où alternaient dans chaque opus des pépites signées Edika, Goossens, Maester, Tronchet ou Hugot, où débutaient timidement puis avec de plus en plus d’assurance Larcenet, Relom…

Mais ma joie était au zénith lorsqu’était publiée une BD de Moerell. Je roulais alors une pelle au marchand de journaux, malgré sa moustache pisseuse et son mégot de Gitane maïs sans filtre immuablement calée au coin de sa lippe…

Né en 1951 à Paris, Patrick Moerell avait débuté dans la BD au Québec où il avait vécu quelques années, avant de revenir en France. D’où le foisonnement d’expressions québécoises venant émailler dans ses productions des dialogues déjà savoureux.

Pour qualifier le style de Moerell, donnons la parole à Yves Frémion :
« Son humour touchait souvent à l'absurde, mais un absurde ancré dans la vie quotidienne et ordinaire. Il en était lui-même le personnage principal, plongé dans des aventures invraisemblables, où il ne se donnait jamais le beau rôle.»

Les BD de Moerell le mettent en effet lui-même en scène, comme un espèce de grand benêt totalement inadapté, fêtard et obsédé sexuel, toujours plongé dans des histoires abracadabrantes. Le problème, c’est qu’il vit avec sa « blonde », ultra-cartésienne et un brin psycho-rigide, auprès de qui il doit sans cesse justifier ses comportements incompréhensibles.

Cela l’amène à inventer, sans vergogne, les excuses les plus absurdes possibles, qu’il lui livre avec un aplomb sans faille.

Attention messieurs, si vous êtes un peu volages ou enclins à tomber fréquemment dans les guet-apens tendus par vos potes de comptoir : ne vous inspirez pas forcément des prétextes du sieur Moerell. Même si la « blonde » en question démarre au quart de tour et envoie fréquemment tous les objets qu’elle a sous la main à l’insolent (un aspirateur une fois), elle l’aime plus que tout et lui pardonne à la fin.

Les historiettes de Moerell présentent toujours un double niveau de lecture:
- les commentaires absurdes que le « héros » se fait dans sa tête ;
- les dialogues entre les protagonistes.

Cette constante donne un niveau de décalage supplémentaire aux épisodes absurdes que Moerell traverse avec candeur.

Un exemple :
Surpris par un policier en possession d’une seringue au contenu douteux, Moerell passe un mauvais moment :
- [Quand son énervement eut retrouvé son calme, il me murmura des grands cris dans les oreilles]
- Alors, comme çà… C’est pas d’la dope ! C’est d’l’insuline !?
- J’allais le dire, sergent. De toutes façons, j’la connais pas, Insuline ! La preuve… Je mets sept sucres dans mon café…
- Eh ben, on va aller vérifier que tu dis vrai au laboratoire de toxicologie, Ok ?
- A vos souhaits, sergent !
- Allez, embarque ! Face à claques…
- Si j’avais pas peur de me tromper de faute d’orthographe, je dirais que c’est un quiproquo…
- [J’avais raison ! C’était un vrai… euh… pkipoquo ?! A la place du diabète, la seringue était tapissée d’héroïne d’un bord à l’autre ! Cà m’a rapporté cinq ans ! Et çà c’était la bonne nouvelle…]
- Encore heureux qu’Héroïne n’a pas eu le temps de me courir à travers les veines !
- [La mauvaise nouvelle c’est qu’au laboratoire on a découvert que j’avais le diabète. Cela me vaut deux piqûres par jour ! A perpétuité !...]
- Aïe ! Aïe !
- Arrête de te plaindre ! Ok ? Cà fait pas mal !...
- Ok, ok ! Sergent ! Mais dites à votre seringue d’arrêter de ricaner…

Son œuvre est partiellement recueillie dans cinq albums : "Ou la cuisse ?" (1989), "Vise l'ampleur !" (1991), "Trot c'est trop !" (1992), "Noce à moelle" (1999), "La boule à Zorro" (2002).

Malheureusement, Moerell est mort subitement et trop tôt, début 2003.

Depuis, je ne roule plus de pelle à mon marchand de journaux…

Posté par mezcal à 17:42 - De bonne humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

19 juillet 2007

Et c’est ainsi qu’Allah est grand

Je ne vous l’ai peut-être pas dit, mais je suis bourbonnais. C’est quoi cette maladie, me dites-vous ?

Le Bourbonnais est constitué d’une partie de l’Allier [je tiens à préciser que les habitants de l’Allier ne sont pas des aliénés, mais des Alitérins], entre Montluçon, Tronçais, Saint-Pourçain en gros. La préfecture, Moulins, ce n’est pas le Bourbonnais : c’est la ville, l’endroit des gens qui pètent plus haut que leur c*. Et je ne vous parle même pas de Vichy…

Surtout, le Bourbonnais n’a RIEN à voir avec l’Auvergne, à laquelle nous sommes rattachés administrativement. Je suis d’ailleurs un séparatiste bourbonnais et je comptais, fut un temps, détourner des avions de tourisme sur notre aéroport de Montbeugny pour les envoyer s’écraser sur les deux tours de la cathédrale de Clermont-Ferrand. Mais un ancien agent de la CIA dont la famille siège dans les mêmes conseils d’administration de sociétés que la famille Bush m’a piqué l’idée…

Mais je m’égare. Le seul point positif de l’Auvergne, c’est le journal régional « la Montagne ». Du moins çà l’était lorsqu’Alexandre Vialatte y tenait une chronique hebdomadaire.

Pour Vialatte (1901-1971), « une chronique, il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps ». Patiemment, 18 ans durant, de 1952 à sa mort, Vialatte cultiva et fit pousser cette herbe.

Ses chroniques, à la fois poétiques et absurdes, écrites avec la rigueur de l’expression qui caractérisait ce traducteur de Kafka, se finissaient invariablement par la phrase « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ». Chaque texte était précédé d’un incipit qui détaillait les différents points abordés. Laissez-moi vous livrer la synthèse de la « chronique de la queue de rat et même des dieux Peaux-Rouges » :

Mystère de la queue de rat – Percement du même – Concombres qui marchent – Mystère de la queue de lion – Poisson qui monte aux arbres – Vente des taille- crayon – Clientèle espagnole – Adhérez au Soleil inca – Langue bilingue – Bannière arc-en-ciel – Manque de cadres – Idoles ventriloques – Grand appétit des dieux à trompe – Grandeur consécutive d’Allah.

Mais le style du monsieur, me direz-vous ? Un petit exemple, tiré d’une chronique sur la fête des mères :

«Le phénomène de la maternité, si scientifique qu’il soit devenu grâce aux immenses progrès de la sexologie, remonte à la plus haute Antiquité. Les mères datent de la nuit des temps. Elles ont même précédé la civilisation. Leur importance ne saurait être exagérée. Des briques chaldéennes en font mention, des papyrus égyptiens nous en parlent. Que seraient devenus les hommes s’ils n’avaient pas eu de mères ? L’humanité se composerait d’orphelins.

Recueillis par l’Assistance publique, ils se promèneraient par deux, le jeudi, en longues files, sur des routes mouillées, sous la surveillance tatillonne d’une vieille sœur un peu moustachue. Avec interdiction de fumer. Honteux de leur barbe, de leur ventre, de leurs cinquante ans, de leur calvitie. Coiffés d’un béret basque et vêtus d’une capote de couleur bleu marine, avec des boutons d’or. »

La collection « Bouquins » a eu l’heureuse idée de regrouper toutes les chroniques de « la Montagne » en deux tomes. Ses autres chroniques (il a commencé à en écrire en 1922…) sont regroupées dans de nombreux volumes, dont un qui n'est pas sans rappeler un article précédent : « Profitons de l’ornithorynque ».

Et comme disait Vialatte : « Nous sommes allés cherchant des hommes, comme Diogène, pour leur demander des maximes ou des fenêtres sur l’horizon ». Les fenêtres ouvertes par ses chroniques ne sont pas prêtes de se refermer.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand.

Posté par mezcal à 19:48 - Le chemin des mots - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

18 juillet 2007

Lorsque les lapins copulent

J’ai toujours été fasciné par l’aspect récréatif et mystérieux des sciences, et particulièrement des mathématiques, avec un goût prononcé pour les questions simples qui ouvraient sur des abîmes de surprises réjouissantes.

C’est certainement la part infime laissée à ces aspects qui m’a fait planter ma prépa d’ingénieur (plus, pour être honnête, la bringue, les substances illicites et le fait que je restais au lit plutôt qu’aller en cours…), ce qui m’a ensuite conduit à passer des concours administratifs : il faut bien bouffer…

Mais j’ai gardé un goût pour les petits amusements mathématiques, comme celui qui suit.

« Possédant initialement un couple de lapins, combien de couples obtient-on en douze mois si chaque couple engendre tous les mois un nouveau couple à compter du second mois de son existence ? »

Les hypothèses de départ sont :
- le premier mois, il y a juste une paire de lapereaux ;
- les lapereaux ne sont pubères qu'à partir du deuxième mois ;
- chaque mois, toute paire susceptible de procréer engendre effectivement une nouvelle paire de lapereaux ;
- les lapins ne meurent jamais.

La réponse est triviale, et permet d’ébaucher simplement une suite de nombres qui commence par 1, puis 2, puis 3 (1+2), puis 5 (2+3), puis 8 (3+5), 13 (5+8)… En gros, on trouve un terme en additionnant les deux précédents. Je pense que cela est accessible à toute Nitoyenne et tout Nitoyen ayant poussé ses études jusqu’en CM2 (donc tout le monde sauf Owen).

Eh bien, ce petit problème, inventé par un Italien du 13ème siècle, Leonardo Pisano, dit Fibonacci, ne cesse depuis de hanter les mathématiciens (de Kepler et Binet jusqu’aux maîtres actuels des algorithmes). Il a permis, par exemple, de résoudre en 1970 un problème posé comme un défi mathématique depuis 1900, le 10ème problème de Hilbert, sur lequel les grosses têtes se cassaient les dents parce qu’ils avaient privilégié des approches beaucoup plus compliquées.

Mais je ne suis pas là pour vous faire un cours de maths : j’en serai d’ailleurs incapable… Ce sont les surprises réjouissantes annoncées plus haut qui m’intéressent.

Vous avez toujours été fascinés par l’harmonie de l’architecture de la Grèce antique ? Par l’équilibre des proportions des tableaux des peintres italiens de la Renaissance ? Vous savez donc peut-être, que ces réalisations tiennent leur harmonie du célèbre « nombre d’or », égal à 1,618 environ.

Eh bien, lorsqu’on divise un terme de la suite de Fibonacci par celui qui le précède, plus on avance dans la suite mathématique, plus on se rapproche du nombre d’or… Ce qui me laisse à penser que l’architecture et la peinture ont été inventées par des lapins fornicateurs.

Vous êtes-vous déjà amusés aux découpages de carrés et de triangles proposés par Lewis Carroll, où on se retrouve à la fin avec plus (ou bien moins) de morceaux qu’au début ? L’explication : Fibonacci

Une valse de Fibonacci existe, traduisant la suite de nombre en séquences musicales, des poèmes basés sur cette suite existent, la nature s’en inspire (les pétales des fleurs, les coquillages,…) Fibonacci vous accompagne tous les jours sans que vous le sachiez.

Alors, regarderez-vous d’un même œil un lapin et une lapine en action ?

Posté par mezcal à 13:45 - Pendant ce temps dans le monde animal... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

17 juillet 2007

Des chiffres et des lettres

Je me suis toujours demandé pourquoi on ne parlait pas souvent de cette émission cultissssime dans les conversations entre amis. On évoque pourtant facilement les émissions de télé réalités (toutes sans exceptions alors que tout le monde dit ne pas les regarder), parfois même du journal télévisé ou d’une émission d’investigation (mais je ne suis pas sure que cela existe vraiment), mais jamais de l’émission « des chiffres et des lettres ».

Pourquoi ?

- personne ne la regarde ? Certainement pas, sinon elle n’existerait plus dans le monde impitoyable de l’audimat roi.

- c’est une émission pour les vieux, eux seuls en parlent? Oui il y a de ça ! Mais faut dire qu’on se demande avec la sénilité qui frappe les vieux (il n’y a qu’a voir sur notre beau secteur) comment peuvent-ils jouer à une émission qui nécessite quand même d’avoir toute sa tête (contrairement aux z’amours qui nécessite une mémoire en dessous de la ceinture).

- les cadeaux sont nuls ? C’est vrai que par rapport aux autres jeux télévisés, je suis toujours surprise de voir qu’on ne gagne quasi rien à ce jeu. Une torture des méninges, du calcul mental à faire vomir un adepte du jeu d’échec et tout ça pour repartir avec un dictionnaire. Dire qu’au « juste prix », il suffit du cerveau d’une limace (et je n’ai rien contre les limaces) pour gagner une voiture.

- la musique du jeu endort tous les spectateurs ? Ça j’ai pu le vérifier en effet ! ma grand-mère s’endort devant le stylo à la main (pour les chiffres elle triche, mais chuuut) et se réveille à minuit devant Marilyn Manson (véridique aussi).

- les animateurs sont coincés du cul ? Cette dernière question mérite réflexion.
Rappelons-nous quels sont ces animateurs : facile me direz-vous, ce sont les mêmes depuis ½ siècle. Vous avez tord ! Il y a eu quelques changements dans cette émission créée en 1965 par Armand Jammot.

Si la première animatrice fut Christine Fabréga, dont personne ne se souvient, nous n’avons pas oublié Patrice Laffont qui sévira presque 20 ans dans ce jeu.
Depuis 9 ans, un jeune homme à lunette (portrait du gendre parfait et mister météo depuis sa naissance) du nom de Laurent Romejko apporte un brin de jeunesse à cette émission vieillissante. Faut dire que les autres co-animateurs eux n’ont pas été remplacés et ça se voit.
J’ai nommé bien sur Arielle Boulin-Prat et Bertrand Renard, dont l’humour acerbe a marqué toute mon enfance.
Il faut savoir que Bertrand a commencé comme candidat en 1972, mais après avoir remporté 12 matchs, il intègre l’équipe de l’émission.

Je ne vous raconte pas ma surprise quand samedi 30 juin, en zappant à l’heure dites, je suis tombée sur une émission très particulière !
Un match avec Bertrand contre Laurent et Arielle (ben oui parce qu’il est fort Bertrand donc il joue seul contre deux) animé par Patrice Laffont !

Oui quelle surprise, non ? On peut juste s’interroger sur le fait que comme plus personne ne s’inscrit à ce jeu et que les animateurs sont menacés de chômages, ils sont obligés de jouer eux même, mais nous dirons que c’est plutôt parce que c’est super drôle comme situation.

J’ai même trouvé un blog, attention c’est le blog de référence des chiffres et des lettres qui en détaille tous les moments forts. Je ne raconterais donc pas toute l’émission (en plus je ne l’ai pas regardé) mais sachez que pour prévenir l’ambiance survolté du public, des vaporisateurs d'eau ont été distribués aux vieux pour qu’ils ne se déshydratent pas trop.

Score final : Bertrand à perdu contre Arielle-Laurent : 72 à 51. Mais seul le jeu compte et nos animateurs se sont bien amusés.

S1030455

En tout cas moi j’ai kiffé grave !

chiffrelettreis4

Posté par sayyadina à 11:31 - Le poids des images - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

16 juillet 2007

Quand les maths flirtent avec l’humour : Sam Loyd

Samuel Loyd est né de parents aisés, à Philadelphie en 1841. Dès son plus jeune âge, il s’exerça à toutes les pratiques du baladin : découpage de silhouettes en papier, ventriloquie, prestidigitation, mime... C’est certainement pour cela qu’il est le grand inventeur des puzzles contemporains.

Il était passionné d'échecs et déjà un joueur correct à l'âge de 10 ans, son premier problème étant publié quand il avait 14 ans. Deux ans plus tard, il fut chargé de la rubrique de problèmes d’un des nombreux mensuels consacrés aux échecs et collectionna les récompenses, grâce à ses idées originales et astucieuses. Aucune limite n’entravait son imagination, le conduisant à épuiser toutes les finesses du jeu ou à donner des formes géométriques ou d’animaux à ses problèmes. Il envoyait même à ses amis des cartes de vœux comportant un problème d'échecs formé de leurs propres initiales!

Après 1870, Loyd se désintéressa progressivement des échecs pour se tourner vers les récréations mathématiques.

Sam Loyd fut le premier à vulgariser et à rendre familier le « Taquin », même s’il n’en n’est certainement pas l’inventeur. Ayant compris le principe de parité qui régit la possibilité ou l’impossibilité de réalisations de certaines positions il organisa un concours de Taquin à partir d’une position qu'il savait insoluble... et n’en indiqua jamais la solution, malgré les millions de réponses reçues. Le Taquin fut un phénomène d'époque du même type que le Rubik’s Cube 100 ans plus tard.

En 1896, Loyd breveta une remarquable invention mécanique : "Quittez la Terre " : treize guerriers chinois figurent sur deux cercles de carton concentriques et mobiles l’un par rapport à l’autre. En faisant légèrement tourner le cercle intérieur, on fait disparaître l'un d'entre eux. Lequel et où est-il parti ? Plusieurs millions de ces devinettes furent distribuées à titre de publicité en 1896 puis, la formule étant bonne, en 1897, sous une variante payante appelée " Le Japonais disparu ".

Disparu en 1911, il restera aussi comme un rédacteur très drôle, sachant présenter des casse-tête coriaces avec un style attrayant. Un petit exemple:

« Les Hollandais et leurs épouses
Certaines coutumes hollandaises subsistent encore dans ce pays. Par exemple, les échanges de bétail, de volailles et de produits de la terre en quantités ou nombres bizarres. Certaines choses se vendent à la douzaine, d'autres par boisseaux, les oeufs par vingtaine, le sucre se vend par trois livres et demi, etc.

Un intéressant problème qui fut publié il y a deux siècles environ dans une extraordinaire collection d'anecdotes sur le vieux Manhattan illustre la complication des transactions commerciales auxquelles se livraient les colons hollandais. Dans les termes même de cet étrange volume :

"Vinrent trois Hollandais de mes amis, jeunes mariés, avec leur femmes. Les hommes s'appelaient Hendrick, Claas et Cornelius et les femmes Geertring, Catrum et Anna, mais je ne me rappelle point qui était la femme de qui. Ils me racontèrent qu'ils avaient acheté des porcs au marché ; chaque personne en achetant autant qu'un porc coûtait de shillings. Hendrick en avait acheté 23 de plus que Catrum et Claas, 11 de plus de Geertring. Chaque homme avait dépensé 3 guinées (63 shillings) de plus que sa femme. Qui me dira s'il est possible partant de ces explications de dire le nom de la femme de chacun des hommes ?"

Il semblerait donc que l'aimable compagnie avait abusé de la bière et de l'eau-de-vie au point de ne plus se reconnaître, ce qui oblige le bon propriétaire à extraire des racines carrées pour trier les couples.
Voilà un curieux problème qui peut fort bien se traiter par des méthodes de tâtonnements. »

Si vous avez trouvé la solution sans trop vous prendre la tête, dites-le moi.

Vous trouverez des exemples de devinettes mathématiques ou géométriques de Sam Loyd dans « Les casse-tête mathématiques de Sam Loyd » de Martin Gardner, que je possédais quand j’étais ado mais que j’ai perdu depuis longtemps.

Posté par mezcal à 15:41 - De bonne humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1  2   Page suivante »