« L'herbe est toujours plus verte chez les autres... jusqu'à ce qu'on découvre que c'est du gazon artificiel. »  Jacques Salomé

Il est vrai que dans une société en perte de repères, on fantasme toujours sur les trésors des autres. Regarder dans l’œil du voisin pour lui en ôter la poutre et se la coller dans le nôtre.

Pourquoi ne pas se satisfaire de nos existences ?
Par exigence, par refus d’accepter nos travers tels des porcs mal nourris par l’insatisfaction de nos ventres affamés d’envie de plaire ? On veut la vie des autres, pour ne pas regarder la sienne, comme s’il était plus facile de vivre par procuration à travers le filtre d’une émission de télé-réalité. Pour s’accepter, il faut sans doute commencer par démystifier l’autre. Il n’est pas mieux que nous, seulement différent.

Une des premières étapes quand on devient adulte est de jeter nos idoles de papier, les posters qui tapissent la chambre et qu’on sublimait avant de s’endormir. Tout comme adolescent, nous avons rejeté les animaux synthétiques qui accompagnaient nos jeux d’enfants.

Devenir soi-même, ça prend du temps, toute une vie et paradoxalement nous avons besoin des autres pour y parvenir, seul on ne sert à rien à part à sortir les poubelles et éjecter nos déchets, les mauvais souvenirs. Mais avoir besoin des autres, ce n’est pas devenir eux, ils ne sont qu’un reflet de ce que le miroir de la réalité nous projette. Je me vois plus belle dans les yeux de ceux qui m’aiment et plus moche dans le regard de mes ennemis.

N’envie donc pas la vie de nos modèles, ne récure pas la fine pellicule vernissée qui recouvre la face cachée de leur existence, cultive ta différence et laisse les jardins artificiels loin de ta propre prairie.