Dans la grande lignée des réalisateurs de films animaliers, si l’habitude est de citer le Commandant Cousteau, Jean-Jacques Annaud ou Jacques Perrin, le nombrilisme européen fait négliger un Néo-Zélandais de grand talent : Peter Jackson.

Pourtant son reportage en trois parties sur les orques (Le seigneur des anneaux), son passionnant essai sur la sexualité des singes et des blondes (King Kong) ou sa visite guidée d’un théâtre animalier (Meet the Feebles) ont attiré l’attention des spécialistes.

Mais c’est avec Braindead que Peter Jackson atteint le sommet de l’art du film animalier, en mettant en scène amoureusement ces charmants habitants de nos landes et de nos supermarchés, ces fidèles compagnons de l’Homme à l’affection sans faille : les zombies.

Dans notre société blasée, nous ne prêtons plus guère attention à la fraîcheur, à la naïve exubérance de ce petit animal joueur qu’est le zombie. Braindead nous rend notre âme d’enfant, en présentant les aspects surprenants et émouvants de leur vie. Et par la même occasion, des idées reçues sont balayées.

Ainsi, contrairement à la légende, les zombies n’ont pas une alimentation primitive, uniquement basée sur la viande humaine. On voit dans le film une charmante mère zombie préparer une succulente soupe à l’œil.

Si la démarche hésitante de nos amis zombies laisse accroire qu’ils ont un cerveau atrophié, c’est totalement faux. Bien au contraire ils savent faire preuve d’intelligence et même de spiritualité. Certes, leurs prêtres pratiquent le culte du kung-fu dans les cimetières, mais c’est tout autant respectable que la vénération de la patate à laquelle de plus en plus d’entre nous s’adonnent.

A la période de la reproduction, les zombies s’accouplent sur la table pendant les repas, en se vomissant de la bile jaune dessus pour augmenter leur fertilité. Et quel bonheur, ensuite, de promener son bébé zombie facétieux dans un landau !

Affectueux, fidèles, farceurs et débrouillards, les zombies courent tout de même de graves dangers et sont menacés d’extinction. En effet, la tripaille de zombie supplante la graisse de baleine dans l’industrie du cosmétique.

Le propos de Peter Jackson se fait sombre, dénonciateur quand il filme crûment le massacre des zombies à la tondeuse à gazon et au mixer. Mais il faut passer par ces moments éprouvants pour secouer son indifférence et lutter pour la préservation de cette espèce si sympathique.

Alors, comme Peter Jackson, adoptez un zombie !