Ah la philosophie, « l’amour de la sagesse » tant célébré ! Les amateurs de cette science humaine prennent systématiquement un air docte et se grattent la barbiche (même si ils ou elles n’en ont pas) dès que le sujet est abordé.

Mais je vais vous faire une révélation essentielle : tous les grands philosophes ont été de gais lurons et des fêtards, voire souvent de parfaits poivrots.

Prenons Confucius par exemple. La légende nous rapporte que sa vocation lui est née après une rencontre avec Lao Zi, le père du taoïsme, et qu’il fut tellement « impressionné » qu’il n’arriva plus à parler pendant trois jours, ou un mois selon les versions. A part l’alcool de riz à forte dose, vous connaissez quelque chose qui produit cet effet ?

Aristote et ses péripatéticiens déambulaient en racontant des conneries d’ivrognes pour tenter de prendre l’air et décuiter un peu. Le titre Le Banquet de Platon est une traduction dénaturée de Tò sumpósion, qui désigne une beuverie. Le livre commence d’ailleurs ainsi et retranscrit les discours avinés des convives.

Si on se rappelle aussi de Diogène, qui vivait comme un clodo dans son tonneau, avec sa bouteille de mauvais pinard en permanence à la bouche, la picole n’était pas l’apanage des Grecs. Lucrèce ne dédaignait jamais de dépuceler une bouteille ou de lutiner une gueuse. Ou l’inverse…

Averroès, gagné par la frénésie andalouse, se convertit au vin espagnol, lourd et explosif. On ne le dira jamais assez, mais ce fut la principale raison de sa condamnation pour hérésie par ces pisse-froid d’ouléma…

N’en déplaise à Dantec qui s’est découvert une trouble fascination pour lui, Duns Scot, comme tout bon Irlandais, goûtait sans vergogne aux vertus du uisce beatha (nom gaélique du whisky) et donnait ses cours de scolastique dans les distilleries.

Les exemples abondent à travers les siècles : de Spinoza, qui ajoutait à son goût pour la sodomie (1) un penchant avéré pour la dive bouteille, à Sartre, aussi célèbre pour ses cuites au rhum à la terrasse du Flore que pour ses apéros au blanc limé avec les OS de chez Renault dans les troquets de Billancourt.

Mais ces aspects de l’histoire de la philosophie ont été volontairement occultés, afin que les « penseurs » actuels puissent prendre la pose et se gratter la barbiche.

En fait, seuls les sages du département de philosophie du Wooloomooloo (Queensland) osent assumer ce glorieux héritage (2) :
http://fr.youtube.com/watch?v=eqgnExSiS0s

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(1) je ne saurais trop conseiller la trilogie de Jean-Bernard Pouy : Spinoza encule Hegel, A sec !, Avec une poignée de sable.
(2) ne me dites pas que vous ne m’aviez pas vu venir…