Je ne suis pas trop sucré, c’est de famille, avec mon père on a toujours préféré le salé au sucré. Je préfère goûter avec du saucisson qu’avec du Nutella, et finir mon repas sur du fromage que prendre des desserts lactés, exception faite de la mousse au chocolat mais ce n’est pas le sujet.

Donc je me suis trouvée bien embêtée quand on m’a demandé si le flamby était un simple dessert lacté ou principe de vie à part entière ?

Ma tendance première a été de penser que c’est la première réponse, ce qui m’éviterait de développer, mais je n’aime pas la simplicité.

Alors j’ai fait appel à ma mémoire infaillible et me suis remémoré ma propre expérience à propos des flamby. Pour commencer je préfère les crèmes au caramel dites « maison » de Tatie Supernova au vulgaire flamby gélatineux tremblant.
Mais j‘ai quand même comme tout un chacun déjà essayé ce dessert.
Première constatation : j’ai mis des années à remarquer qu’il y avait une languette au fond du pot de flamby.
Deuxième constatation : j’ai compris après une ou deux décennies que le flamby ne se mangeait pas à même le pot mais se démoulait sur une assiette à dessert pour que le nappage de caramel s’étende tout autour du truc jaune aux œufs gélatineux et qu’on soit obligé de lécher l’assiette pour ne pas perdre une goutte du caramel qui est le meilleur.
Troisième constatation : je suis nulle en flamby et il me fallait prendre des cours.

Mon travail scientifique allait me faire découvrir un monde à part au hasard d’un repas sur un chantier archéologique en Touraine il y a quelques années. A la fin du repas alors que j’épluchais une mandarine récalcitrante, mes deux collègues à table sortent de leur sac de filles des flamby qu’elles regardent amoureusement et crient comme un ralliement « gobage de flamby go ! »
Je n’ai pas eu le temps de voir, estomaquée par la vision d’horreur de l’acte je m’enfuis vomir mes quartiers de clémentines et quelques restes de poulets.
Au bout de quelques repas je m’y suis faite puisque le rituel du gobage devint habituel et que d’autres adeptes bientôt s’y convertirent aussi, je finis par être la seule à m’y refuser, si bien qu’un jour arrosé de pastis je me laissai tenter par l’expérience.
Je ne vous raconte pas la suite, le caramel et le pastis ne font pas bon ménage dans la régurgitation spontanée.

Forte de cet échec, je décidai d’en savoir plus sur ce jeu quasi sexuel et je découvris le site référence en la matière (1).

Je me rendis compte immédiatement qu’il y a des techniques de gobage de flamby, puisque c’est parait-il un être délicat qu'il faut savoir aborder car un rien l'émeut et peut le disloquer.
Il faut donc y aller avec délicatesse car le flamby ne doit pas se sentir agressé !
Il faut ensuite positionner ses lèvres pour faire joint autour du flamby et aspirer.

Mais comme pour la fellation il y a plusieurs techniques de gobage de flamby : la grande pyramide, la pompe à flamby, le flamby cousteau, le strip flamby etc…

On peut gober plusieurs flambies à la fois pour les bouches les plus gourmandes.
Je referme la page du site et décide de réfléchir à ce monde qui s’ouvre à moi.

Le flamby est un dessert lacté dont la composition et tenue secrète par des hommes politiques qui utilisent l’apparence ludique de ce sport national pour endormir les masses, la preuve on compare souvent François Hollande à un flamby !

Le flamby n’était donc pas qu’un dessert lacté, ni même un principe de vie entière mais un complot mondial destiné à l’abrutissement des humains.
Il faut absolument lutter contre l’invasion des flambies et revenir aux valeurs sûres du gobage de blanc-manger pour sauver l’humanité, sauf si celui-ci préfère jouer au Tennis ! (2)

(1) http://www.gobage.com/
(2) http://fr.youtube.com/watch?v=L1sYgknWGSA&feature=related (3)
(3) Voir à ce sujet cette propa sur le blanc-manger http://www.parano.be/v15/news.php?action=listing&secteur=R42&news_id=17988