Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.

Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».

La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire exhaustif de l’anti-savoir ».

Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie scientifique sérieuse.

Le blog : Cacopédia


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« Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou
Ça peut pas faire cui cui
Ça peut pas faire miaou

Personne ne sait vraiment
Quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement
Le kangourou est muet. »

Enigmes insondables de la nature ! Combien d’explorateurs, combien de scientifiques sont partis en quête de la découverte ultime, celle du cri du kangourou, et ont disparu irrémédiablement…

N’écoutant que mon courage pour satisfaire votre curiosité insatiable, je me suis rendu, juste armé de ma b* et de mon couteau, dans une réserve de kangourous sauvages, en Bourgogne.

Après m’être arrêté à Chablis, Mercurey, Beaune et Nuits-Saint-Georges pour m’armer de courage, je me suis enfoncé, seul, dans le bush bourguignon.

Très vite, j’arrive à repérer un mâle, en train de brouter de l’herbe et des matières fécales. Son mufle énorme fouille le sol, tandis que ses quatre tentacules surveillent les environs avec leurs yeux. Sa langue râpeuse s’agite de façon obscène.

Afin de déjouer sa vigilance, j’enfile mon camouflage de ceps de vigne et m’enduit de bave odorante. Progressant par lentes reptations, je contourne le fauve pour me positionner du côté de la jointure de sa coquille et de son pied unique.
Vif comme l’éclair, je lui enfonce alors un doigt dans son orifice respiratoire et un autre dans son anus. Malgré ses cabrioles frénétiques pour se libérer, je tiens bon et il ne tarde pas à s’évanouir, en lâchant un pet de désespoir.
Après l’avoir attaché, je commence à le disséquer, en introduisant un scalpel dans son orifice de reproduction et de ponte situé à droite de la tête, afin de mettre à jour ses cordes vocales.

Et là ; eurêka ! Luisantes et dorées, ses cordes vocales en forme de saxophone apparaissent. C’était donc cela ! Les kangourous de Bourgogne sont en fait des jazzmen, venus au début du siècle de la Nouvelle Orléans. S’ils ne répondent jamais aux interpellations des hommes, c’est parce que ceux-ci négligent d’amener avec eux un big band…

Pressé de révéler ma découverte au monde entier, je m’éloigne en sifflant « When the Kangoos go marching in ». Le Prix Nobel m’attend !

*NDLR : renseignements pris, la cure de vin de Bourgogne suivie par Mezcal lui a fait commettre une grave erreur d’appréciation. Nous vous donnerons de ses nouvelles à l’issue de sa cure de désintoxication*