Récemment, j'ai lu une méthode infaillible pour rédiger une critique de livre. Très modestement, je vais essayer d’appliquer les judicieux conseils prodigués.

1) Tout d’abord, choisir avec précaution l’œuvre qu’on va critiquer. C’est un point crucial : il faut que ce soit quelque chose de connu mais en même temps que personne n’a jamais lu.

J'ai choisi le succulent ouvrage dont je vous ai déjà parlé, 211 idées pour devenir  un garçon génial de Tom Cutler. Fils d’une sexologue et d’un ancien moine dominicain, Tom Cutler d’adresse aux mâles entre 7 et 77 ans, dans un ouvrage dont le mode d’emploi est le suivant : « s’affaler dans un coin et, après avoir jeté un coup d’œil inquiet tout autour, tel un homme en quête d’une petite brèche dans la paroi d’un réacteur nucléaire, se grouiller de se faire décontaminer. »

2) Une fois la lecture terminée vient le moment de la rédaction de la critique.

Le style est délicieusement british, comme en atteste cet extrait de « Comment se remettre d’une gueule de bois » :
« L’art d’être complètement ivre, aussi passionnant soit-il, n’est pourtant pas aussi intéressant que l’étude de la gueule de bois, cet état de post-ébriété où l’on se réveille le lendemain matin dans un lieu parfois inconnu, avec une tête de hérisson congelé, du papier de verre à la place de la langue et l’impression qu’un lutteur de sumo a passé la nuit à vous broyer le crâne, les pouces enfoncés dans vos globes oculaires. »

3) Un choix proposé est  de balancer tes idées pêle-mêle, comme elles viennent, en parlant de ton grand-oncle Marinette.

Je conseille vivement aux mâles célibataires de se procurer ce livre, s'ils veulent choper sans coup férir (les chapitres « Comment impressionner une femme avec trois francs six sous », « Comment avoir l'air plus intelligent que vous ne l'êtes » et « Comment faire son intéressant avec un brin d'herbe » sont à connaître par cœur pour cela) et aux femmes de l'offrir à votre compagnon, en les invitant à lire « Le jeu du chou de Bruxelles », « Préparer de la limonade au gingembre dans sa salle de bains » ou bien « Comment enlever son slip sans retirer son pantalon », afin de mener votre vie commune vers le nirvana.

C’est ainsi que mon grand-oncle Marinette, malgré l’opprobre lancé par toute la famille après son changement de sexe, a pu refaire sa vie avec Marino et engendrer Marinella, qui danse jusqu’au jour des rumbas d’amour…

Et comme l’explique l’auteur, il y a 211 idées de cet acabit parce que « les chiffres ronds, ça fait tout de suite compliqué. Imaginez que Catch 22 de Joseph Heller, Les 39 marches de John Buchan ou que 8 ½ de Fellini se soient appelés Catch 20, Les 40 marches et 8… Ca tombe un peu à plat, non ? »