26 décembre 2008
La vie secrète de le métro
Depuis 1975, c'était un signe d'élégance, le privilège des initiés, le passeport pour les secrets exotiques de la capitale.
Arboré avec une feinte inadvertance, ce petit rectangle plastifié permettait à l'exilé francilien de plonger les hétaïres provinciales dans un début d'extase, quand il venait visiter ses anciens camarades des jeux adolescents à Limoges ou Yssingeaux.
Il permettait ainsi, par une extension de ses fonctions habituelles, de ménager des voyages à Cythère bien plus réjouissants que le trajet quotidien et compressé entre République et La Courneuve...
Car c'est bien de la carte orange que je parle, elle qui constituait la carte de membre d'un club très select, celui des usagers du métro, du RER et des bus d'Ile-de-France.
C'est donc avec une nostalgie et un peu de colère que j'entends sans
cesse dans le métro ce message sinistre, débité sans conviction toutes
les minutes par une voix enregistrée :
"La carte orange disparaît. Vous pouvez dès maintenant vous faire établir gratuitement votre passe Navigo dans cette station."
En effet, au 1er février prochain, cet usurpateur de Navigo va supplanter notre amie la carte orange, permettant de plus de tracer tous nos déplacements dans les transports en commun. Brutus et Big Brother en même temps!
Il semble malheureusement trop tard pour empêcher ce crime atroce, mais qu'au moins la mort de la carte orange fasse l'objet d'une commémoration!
C'est pourquoi je lance ici-même une pétition, à remplir en réplique, pour que le 1er février prochain, le Président du Conseil régional et les maires de l'Ile-de-France inaugurent une plaque sur le Champ-de-Mars, arborant la fière mention:
Carte orange (1975-2009)
Grâce à toi, on a pu laisser trainer nos mains dans le métro!
Et, pour ma part, je ne prendrai jamais le passe Navigo...
24 décembre 2008
Pom pom pom pom
Un texte de noël ...ou bien de pâques...
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On nous répète à longueur de journée qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour.
Pourtant il est de source sure que certains fruits peuvent être extrêmement dangereux pour l’homme comme pour la femme.
L’Histoire avec un grand H, celle qui ne peut être remise en cause,
nous a pourtant prévenus de ses dangers depuis l’aube des temps.
D’ailleurs que se passa t-il à l’aube des temps ?
Adam et Eve batifolaient dans leur jardin à Eden, une ville africaine,
puisque comme tout le monde le sait le berceau de l’humanité est en
Afrique.
Adam qui cueillait des pommes depuis l’aube décida d’en manger une. Or
l’homme qui n’était pas très malin trouva le moyen de s’étrangler avec.
Un morceau du fruit lui resta coincé dans la gorge. Eve voyant le
désespéré rougir et verdir à tour de rôle voulu l’aider en lui donnant
une grande tape dans le dos. Celui-ci prenant ce geste pour une menace
frappa Eve de grands coups de pied dans le ventre ce qui lui provoqua
des saignements.
Quand il put enfin recracher le morceau, il était de forte mauvaise
humeur. Eve regretta que ce ne fut pas des noisettes qu’il mangea, elle
aurait pu lui en casser quelques-unes dans l’entrejambe.
Et c’est ainsi que les rapports hommes-femmes se dégradèrent.
Effectivement chaque mois alors qu’Adam avalait de travers le fruit, il
frappait sa compagne et lui provoquait des saignements menstruels.
Il faut noter dès à présent l’hérésie manifeste de l’Histoire (celle
avec un grand H, vous savez celle qui se fume avec de la moquette).
Comment Eve a pu enfanter l’humanité si elle saignait à intervalle régulier ?
Et oui, face à l’impossibilité de donner naissance à des enfants à une
époque où l’adoption d’enfants africains n’était pas encore à la mode,
il faudra attendra Sainte Madonna et Sainte Angelina pour cela, Eve
telle un ver solitaire aurait dû errer de pomme en pomme, y tomber
dedans et sombrer dans une grave dépression.
Pourtant l’humanité est là, et paraît tous les jours même le dimanche.
Alors que s’est-il réellement passé ?
La Normandie qui rageuse de ne pas avoir annexé la Bretagne a réussi à
rouler dans la farine pour une question de blé l’humanité entière. Elle
en a fait son beurre salé pendant deux millénaires. La Vérité, la vraie
celle avec un grand V, c’est qu’il ne s’agissait pas de pomme.
Réfléchissons un peu, nous sommes en Afrique, vous avez déjà vu des
hirondelles africaines transporter autre chose que des noix de coco ?
Non ? Alors le fruit que mangeait Adam n’était pas la pomme mais bien évidemment….
*roulement de tamtam*
La banane !
Pourquoi la banane ? Mais parce que c’est un fruit qui pousse sous le
soleil du midi, qui est beaucoup plus énergétique que la pomme et
meilleur pour la santé.
Il est bien connu que pomme donne la diarrhée, et que la dysenterie est
un fléau pour les pays africains. Il est donc inconcevable qu’Adam ait
pu consommer un tel poison pour le corps.
Reprenons donc l’Histoire, avec un grand H comme Hector par exemple ou Harthur.
Adam qui cueillait des bananes depuis l’aube décida d’en manger une. Il
trouva le fruit délicieux et sa forme aphrodisiaque. Il appela Eve et
s’amusa avec elle à rire de la forme de l’objet qui n’était pas sans
rappeler la forme du morceau de chair qui pendouillait entre ses
jambes. Eve trouva la comparaison fort à propos et voulut approfondir
la question.
Ils découvrirent l’énorme potentiel de leur morphologie et s’amusèrent beaucoup.
Ils eurent beaucoup d’enfants, toute une humanité d’ailleurs et
n’eurent jamais la diarrhée puisque la banane contrairement à la pomme
constipe.
Cette révélation est d’ailleurs reprise par les prophètes
contemporains, comme par exemple Lio qui n’est pas reconnue à sa juste
valeur (42).
Aujourd’hui, fort heureusement, avec l’évolution des technologies,
l’homme peut diversifier son alimentation et ne plus consommer de
fruit, sauf au moment des rapports sexuels pour perpétuer une tradition
encore mal connue.
Par contre, tout comme le ver est dans le fruit, le fruit est dans le verre et seule l’eau de vie peut sauver l’humanité.
Qu’on se le dise !
(42) http://www.youtube.com/watch?v=SzTb9s8jKD4
21 décembre 2008
Résumons 35 années de foot
Récemment, en zappant en pleine nuit sur une chaîne câblée ouzbèke, je suis tombé par hasard sur la retransmission d’un sport confidentiel et bien sympathique : le football. Les commentaires ne m’ont pas permis de comprendre vraiment les règles, mais j’ai trouvé cela très amusant. Visiblement, vingt joueurs courent après un ballon, sans avoir le droit de le toucher avec la main, tombent en faisant des grimaces de douleur ostentatoires, engueulent un homme en noir qui ne fait rien d’autre que siffler, tandis que deux gus sont enfermés dans une cage et s’emmerdent.
Désireux de me renseigner sur ce sport confidentiel, beaucoup moins médiatisé que le curling féminin ou la belote coinchée, j’ai fait des recherches historiques sur Gnoupédia et je vais vous tracer à grandes lignes l’évolution de ce sport, visiblement né en 1973.
**1973** : des Hollandais aux cheveux longs, certainement sortis tout droit d’un coffeeshop d’Amsterdam, enfument des Turinois peu habitués aux vapeurs de cannabis, grâce à un but de la tête de Johnny Pet’ trompant Dino Zob. Dès l’origine, la drogue, les coups de boule et le sexe marquent ce sport, comme nous le verrons à nouveau.
**1978** : en Argentine, une compétition se déroule dans des stades ayant servi de lieux de détention et de torture. Pour protester, les Français, héritiers des Lumières, se trompent de maillot avant un match. La révolte est menée par un immigré italien, qui décide en outre de faire une grève de la faim à l’envers en se gavant de pâtes depuis. On me dit qu’il pèse aujourd’hui 140 kg et qu’il préside aux destinées du football européen…
**1981** : notre immigré italien, rentrant plus tôt que prévu d’un match, trouve sa femme au lit avec un de ses coéquipiers stéphanois. Il frise de près l’overdose de tagliatelles.
**1982** : un Argentin de 22 ans commence à prendre de la cocaïne à Barcelone. Déçu par la qualité de la drogue locale, il part à Naples en 1984 pour s’approvisionner directement auprès de la Camorra. Il n’a pas cessé depuis de se défoncer, avec des séquelles psychologiques graves : il voit la main de dieu dans une culotte anglaise et croit que Fidel Castro est un humaniste.
**1985** : nous retrouvons notre immigré italien hilare devant des tribunes détruites et 39 corps de supporters piétinés. Quelques jours après, pour se faire pardonner, il prépare des pâtes sauce bolognaise.
**12 juillet 1998** : dans l’indifférence totale, un jeune Kabyle agresse, par deux fois, un innocent ballon de coups de boule rageurs. L’omerta qui règne sur cette affaire serait due aux liens douteux qu’entretient cet individu avec les gangs Danone et Generali.
**2004** : au nom de la discrimination positive, un sélectionneur issu de la minorité opprimée des gros sourcils est nommé à la tête de l’équipe de France.
**2006** : refusant le droit à sa sœur de faire du sexe avec un Italien, notre ami kabyle donne un coup de boule furieux à celui-ci. Mais, trop vieux pour se plier suffisamment, il rate largement les couilles.
**2008** : notre sélectionneur sourcilleux veut se marier. Aux dernières nouvelles, sa dulcinée n’a toujours pas accepté, refusant le mariage avant le sexe.
Cette chronologie lapidaire nous indique qu’en fait, nous savons peu de choses sur ce sport. Mais une activité de drogués, d’obsédés et de voyous mérite-t-elle plus d’intérêt ?
Sur ce, je vous laisse, il y a une compétition de lancer de bouses de gnou en *prime time* à la télé…
19 décembre 2008
Hall of Fame : Nicolas Peyrac
Hommage au fils spirituel engendré par l'union d'Antonin Artaud et Maurice Chevalier : après Georges Pérec, Nicolas Peyrac.
Ah! Evidemment, pour vous les jeunes, élevés au son de M Pokora et nourris au grain transgénique de Cauet, ce nom illustre ne dit rien.
Pourtant, la veine surréaliste de cet artiste maudit irrigue les battements de coeur de tous les amoureux du surréalisme post-industriel, de ceux qui ne se résignent pas à la morne litanie des chanteurs drogués, des divas alcooliques et anorexiques, bref de ceux qui savent conjuguer bonnet de nuit et *fuck attitude*, chaussettes de contention et charmes de l'écriture automatique.
Pour vous en convaincre, analysons une oeuvre de ce génie, sobrement intitulée "Je pars".
"Je pars
Le vol de nuit s'en va
Destination Bahia
Buenos Aires ou Cuba
Je pars
Prends soin de l'Opéra
De la rue des Lilas
Dis-leur que cette fois
Je pars"
Affalé sur son lit aux draps crasseux et parcourus de puces, dans sa mansarde glaciale aux murs dégueulant le salpêtre, le poète fait doucement couler l'absinthe sur son sucre et s'envole vers des pays de Cocagne, des destinations oniriques où l'attendent des indigènes fessues et mamellues. Mais un pan de son coeur reste relié à ses compagnons de galère et il enjoint à son fidèle acolyte, le cheval borgne dévoreur d'étoiles, de veiller sur les lieux de ses escapades alcoolisées.
"Je tire un trait je ferme la valise
Destination Zagreb via Venise
Je souffle la bougie
Je me dessine une folie
Les doigts croisés sur l'infini
Je dis salut"
Roulé en boule, il s'enferme dans la valise, comme certains s'enferment dans les frigos pour voir si la lumière s'éteint vraiment et si les yaourts et les légumes ont une vie secrète dans le noir. Eteignant la flamme de la raison, il dessine à la cire des futurs improbables et cherche à enfermer entre deux doigts l'Univers, la Vie et le Reste...
"Et peut-être qu'un jour
Je serai de retour
Qui peut me dire comment
L'exil vient aux errants ?"
Sublime interrogation du voyageur androïde, parti dans des contrées mentales balayées par des tempêtes de neige et de suie! Exil volontaire de l'écorché vif, loin du PMU-bar-tabac du coin et de la loge aux odeurs de chou de Mme Michu, qui peuplent son quotidien citadin...
"Je t'aimais bien, je garde ta tendresse
Elle me tiendra chaud le temps qu'il me reste
J'ai la gueule trop pâle
Qui rêve de lune et d'étoiles
Cette fois-ci je mets les voiles
Je dis : "Bon vent"
Et peut-être à demain
N'oubliez pas frangin
Je change de chemin
Je change de beau temps"
Oui, mais ce fut durant toute sa carrière le drame de Nicolas Peyrac : l'absinthe était en fait du vulgaire sirop pour la toux, les indigènes avenantes des pilières de comptoir, la lune et les étoiles n'illuminaient que le papier peint...
Ses départs définitifs n'étaient qu'illusion et ses seuls voyages l'amenèrent à Chateauroux ou Yvetot, dans le bus de tournée de Serge Lama, dont il assura régulièrement la première partie.
Pas étonnant qu'il tire la gueule en chantant (1) :
http://www.youtube.com/watch?v=stGUsmBboM4
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(1) mais comme dans toute chose malheur est bon, il a au moins ainsi inspiré Ian Curtis...



