Vous l’avez compris, mon propos n’est pas d’évoquer les états lamentables dans lesquels se plongent les junkies, qui comme chacun sait ont les cheveux longs et gras, boivent de la bière et votent à gauche.

Non, je veux parler des moments de divertissement avec des amis proches, quand on se lâche jusqu’à boire deux verres de Champomy, fumer les pelures de cacahuètes, voire inhaler du talc parfumé à la fraise…

Dans ces instants-là, la franche camaraderie nous amène à entonner en chœur d’innocents hymnes ravigotants, d’un goût d’autant plus exquis que les «produits» utilisés sont de bonne qualité.

Laissez-moi vous narrer trois anecdotes amusantes et porteuses d’une morale de bon aloi.

Nous avions invité quelques amis pour savourer une délicieuse spécialité tourangelle : le pâté de Pâques. Pour aiguiser notre appétit, avec un pote, nous nous étions gorgés de sucre de canne et d’herbe de bison. Le bonheur ressenti me poussa alors à me lever (bon, Ok, à me casser la gueule aussi) et à ravir l’assistance avec ce morceau lyrique mémorable.

En une autre occasion, et complètement par hasard, je vis débouler à la maison pour mes 42 ans une dizaine de philosophes. Pendant cinq jours, nous échangeâmes forces propos doctes et nous régalâmes de beignets de fleurs d’acacia, de brochet, buvant pour nous désaltérer les eaux minérales les plus délicieuses, tout en fumant… des Havane bien sûr.

C’est au bout de cette retraite spirituelle que nous avons voulu rendre hommage à une grande cantatrice.

Enfin, un soir d’été, un joyeux compagnon sortant tout juste de sa rivière poissonneuse vint nous visiter, pour nous faire découvrir le parfum délicat des herbes et de la gentiane de Pontarlier. Troubadour des temps modernes, il souhaita nous laisser en souvenir une petite chansonnette.

Et vous, lorsque l’ivresse et la défonce vous gagnent, que chantez-vous ?