Il y a des expressions qui font tellement partie de la vie courante qu'on ne se demande pas quelle peut être leur origine.


"Ça calme" en est une.

Je ne prétendrai pas avoir fait des recherches suffisamment exhaustives pour livrer ici une explication irréfutable de la genèse de cette locution, mais permettez-moi d'avancer une hypothèse très plausible.

2001 : pour la première fois, une rockeuse bizarroïde vient se produire devant un public australien, dans le cadre du "Big Day Out Festival". Le public, comme on peut le constater sur la vidéo ci-dessous, est bien pourvu en solides Aussies rougis au soleil et certainement hydratés à la bière autochtone. (1)

Vêtue d'une robe rouge plus que sexy, armée de sa seule guitare, de sa voix tour à tour rauque et enfantine, elle propose le pur fantasme masculin tout en balançant aux mâles rustiques de l'assistance un message plus inquiétant :

"Tie yourself to me
No one else knows
You're not rid of me
No, you're not rid of me (...)

Lick my legs, I'm on fire,
Lick my legs, I'm desire

I'll tie your legs
Keep you against my chest
Oh, you're not rid of me
Yeah, you're not rid of me
I'll make you lick my injuries
I'm gonna twist your head I say

Til you say
Don't you wish you
Never, never met her
Don't you, don't you wish you
Never, never met her..."
(2)

Et la réaction du public à la fin du morceau est unanime : "Ça calme"...


Rid Of Me de PJ Harvey (Live à Sidney 2001)



--
(1) qui, d'après les philosophes de l'Université de Woolloomooloo (New South Wales), ne se rapproche pas de la pisse, contrairement  à la bibine américaine.

(2) Traduction à peu près :
"Attache-toi à moi
Personne d'autre, non
Non, tu n'es pas débarrassé de moi (...)

Lèche mes jambes, je suis en feu
Lèche mes jambes qui te désirent

J'attacherai tes jambes
Te garderai contre ma poitrine
Oh tu n'es pas débarrassé de moi
Non, tu n'es pas débarrassé de moi
Je te ferai lécher mes blessures
Je t'arracherai la tête, vois-tu

Jusqu'à ce que tu dises que tu rêves de ne jamais m'avoir rencontrée
Que tu rêves de ne jamais m'avoir rencontrée..."