23 avril 2008
Le meilleur des mondes ?
[petit récit d'anticipation, pas tant imaginaire que ça...]
Le réveil a sonné à 4h42 comme chaque matin. Pour être au boulot
avant 9h06, le matricule XJ 46835 devra faire ses trois heures de
marche matinales. Depuis la dernière augmentation des taxes sur
l’essence, il n’a plus les moyens de prendre sa voiture. Et le métro et
les bus ne desservent plus son quartier, peuplé de membres de la classe
moyenne en voie de paupérisation.
Il réveille sa collégienne de fille. Celle-ci se dresse en hurlant :
« - Mais t’es trop lourd ! Je t’ai dit que je n’avais plus cours jusqu’à nouvel ordre !
- Ah zut, excuse-moi ! Il s’est passé quoi déjà ?
- Microsoft a suspendu ses versements au bahut : on ne consommait pas
assez de produits d’enseignement. Le proviseur n’a plus d’argent pour
payer Manpower, on n’a plus d’intérimaires pour assurer les cours (1). »
Le matricule XJ 46835 referme la porte de la chambre, se prépare, prend
un petit déjeuner et sort. Il ne réveillera pas sa femme : cela fait
longtemps que son emploi dans l’aide à l’enfance a été supprimé et elle
n’a pas le portefeuille de compétences requis pour se réinsérer sur le
marché du travail.
Il n’a pas une distance si longue que cela à parcourir, mais sa marche
est rendue difficile par les trottoirs et chaussées défoncés, les tas
d’ordures qui obstruent le passage. Plus personne n’est là pour
entretenir la voirie et ramasser les poubelles…
Sur son chemin, il accélère le pas chaque fois qu’il croise un groupe
de SDF. Ce n’est pas qu’ils sont méchants, avec leurs costumes cravate
pas encore fripés. Mais, depuis que la TVA sur les produits de première
nécessité est passée à 45 %, le désespoir et la faim les rendent
agressifs. Et les quartiers traversés ne sont pas tous assez riches
pour financer une milice privée…
Les locaux de sa boîte sont vastes, fonctionnels. Ce sont ceux d’un
ancien centre des impôts. Le patron a eu le nez creux d’acheter avant
que la spéculation fasse flamber le prix du m² des locaux
administratifs désaffectés.
Après ses dix heures de travail journalier, juste interrompus par le ¼
d’heure consacré à manger devant son écran le repas froid que lui a
préparé sa femme hier soir, il prend le chemin du retour. S’il presse
le pas et arrive pour 22 heures, il pourra peut-être voir la fin de la
« Crotte Academy ».
Mais, arrivé chez lui, son cœur s’arrête quand il voit que la
télévision grand écran, le canapé et la cuisinière ont disparu. Sa
femme est assise au milieu du salon, les yeux dans le vide.
« - Mais, mais ? Que s’est-il passé ?
- Les policiers du quartier ne sont plus payés depuis trois mois. Alors
ils font le tour des appartements pour récupérer ce qui est vendable.
Ils ont été très gentils, ils ne nous ont même pas molestées. Et ils
n’ont pas touché à la bibliothèque : les livres ne représentent rien
sur le marché… »
Le matricule XJ 46835 soupire et se rappelle ce jour funeste où, comme
tout le monde, il a applaudi la décision de ce président populiste de
supprimer l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :
*« Art. 12. - La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite
une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de
tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est
confiée.
Art. 13. - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses
d'administration, une contribution commune est indispensable : elle
doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de
leurs facultés. »*
--
(1) extrait d’un projet de loi devant passer au Parlement français au
printemps : *« Les administrations centrales de l’Etat, les services
déconcentrés en dépendant et les établissements publics de l’Etat
peuvent avoir recours au service des entreprises mentionnées à
l’article L.1251-1 du code du travail »*, c’est-à-dire les agences
d’intérim.
06 mars 2008
Souriez vous êtes photo-maté !
[petit amusement que m'a inspiré la vie politique, la surmédiatisation et l'omniprésence de notre couple présidentiel français sur fond de paranoïa...]
Je
sortais à peine du bureau de l’administration XR//125/B-442-WC avec mon
bon pour renouveler ma carte TGD-35/GH//26-42-09-06, mais évidement il
me manquait un document indispensable : la photo d’identité. Ils
m’avaient refusé celle que j’avais proposée sous prétexte que le
chapeau est considéré comme un signe non religieux.
Bref, tout était à refaire !
M’armant de courage et de quelques pièces, je me dirigeai vers le nouveau centre commercial et son photomaton tout neuf.
Un technicien était dans la machine en train d’effectuer quelques réglages, j’espérais que ce n’était pas un fantôme, mais ne m’appelant ni Audrey Chienchien, ni Amélie Cheval il n’y avait aucun risque.
Le technicien remballa ses outils et me lança au passage : « cet équipement est réparé, on a eu quelques dysfonctionnements, mais maintenant tout va bien. »
La cabine était spacieuse, je pris place sur un siège réglable très confortable et introduisit dans la fente mes quelques pièces.
« Bonjour » lança une voix suave.
Silence, je n’aime pas ce type d’appareil à l’intelligence artificielle.
Au bout de 42 secondes, je marmonnais dans ma barbe : « bon c’est pour aujourd’hui ou pour demain »
« Bonjour » recommença la machine.
« Oh P’tain ! On ne va pas y passer la nuit » répliquai-je immédiatement en sautillant sur mon siège.
« P’tain n’est pas un synonyme de Bonjour » me lança l’appareil.
Bon, ce nouveau modèle est tatillon, autant s’exécuter d’une politesse vite fait mal fait.
« Bonjour machine ! » ricanai-je.
« Vous êtes dans un photomaton de génération supérieure, je m’appelle Karla et je suis là pour vous servir de guide. »
« Bonjour Karla, je voudrais des photos d’identité tout ce qu’il y a de plus classique, bien cadrées, avec les yeux ouverts et le sourire forcé… ah ha ha »
« Veuillez régler votre siège et appuyer sur le bouton rouge quand vous serez prête et que votre visage apparaîtra en entier dans le viseur et veuillez cesser vos ricanements stupides. »
J’avais déjà, dans mon impatience, réglé ces détails, la machine n’avait pas l’air d’apprécier mon humour de comptoir, autant en finir vite. J’appuyais donc sur le bouton en lançant au viseur un regard illuminé par une intelligence matinale proche du regard du chien battu.
Lumière aveuglante, musique d’ascenseur ou de film porno, après tout c’est très proche. Clic-Clac-Clic-Clac !
« Veuillez patienter quelques minutes sans bouger de votre siège, les photographies vont sortir de la fente située à votre droite, si elles ne vous plaisent pas vous aurez droit à un nouvel essai. »
Chouette, je vais pouvoir avoir droit à 8 photos pour le prix de 4, quelle excellente idée cette deuxième chance. Ah enfin, les photos arrivent, je les regarde dans tous les sens…mais…mais…ce n’est pas possible !
« Karla, il y a je crois un problème, ce n’est pas moi sur les photos. »
« Ces photos sont les vôtres, il n’y a pas d’erreur possible. »
« Voyons Karla, je suis blonde et la personne sur la photo est brune ! »
« Le blond n’est plus à la mode, nous avons préféré vous rendre brune, soyez heureuse. »
« Mais… mais, j’ai les yeux bleus et là ils sont verts ! …puis je m’en fous un peu de la mode ! »
« Je suis un photomaton de qualité supérieure, il est dans mon rôle d’embellir mes clientes ! Etre blonde aux yeux bleus c’est trop commun, alors que brune aux yeux verts s’accorde mieux avec votre teint blafard. »
« Ma petite Karla, je veux des photos qui me ressemblent, j’en ai besoin pour des papiers d’identité, comment voulez-vous que je fasse si la personne sur la photo ce n’est pas moi ! »
« Vous pouvez toujours vous teindre les cheveux et mettre des lentilles de contact colorées, je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. »
« Certes, Karla, mais même en changeant de couleur, je ne pourrais pas ressembler à la fille sur la photo, la morphologie est différente, mon nez est plus long, mes lèvres plus sensuelles, mon menton moins proéminent ! Bref ce n’est pas une photo de moi, et je veux des photos de moi tout bêtement »
« Mais quelle prétention, vous pensez être plus belle qu’elle ? Je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. »
« Euh non, enfin… ce n’est pas la question ! Je veux que mes photos me ressemblent ! »
« Vous pouvez avoir recours à la chirurgie esthétique. Je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. »
« Quoi ? Karla vous êtes déréglée je pense… vous voulez que je devienne cette dame, ce n’est pas possible ! Mais… mais… attendez ! Je la reconnais… c’est Carla Bruni ! »
« Oui je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. »
« Non ! On va recommencer, je crois. Vous allez reprendre 4 photographies de moi et on oublie tout ce malheureux épisode ! »
« Comme vous le désirez, vous voulez des photos masculines cette fois ? »
« Non, je suis une femme ! Pourquoi cette question idiote ? »
« Si la photo féminine ne vous plait pas, vous pouvez avoir une photo de Nicolas notre modèle masculin ! Je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. »
« Vous vous moquez de moi ! Vous ne pouvez pas imposer aux gens de devenir soit Carla soit Nicolas ! Ce n’est pas possible… »
« Je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. Je suis un photomaton de nouvelle génération, je ne peux produire que deux types de photographies. Tout le monde pourra choisir sa nouvelle identité, vive la France, vive la République. »
De rage, je cherchais à me lever de mon siège et quitter ce lieu infâme. Impossible de remuer, j’étais comme collée au siège.
« Je veux sortir de là, laissez-moi partir ! »
« *Je m’appelle Karla et je suis là pour votre service. *Vous ne pouvez pas partir tant que vous n’aurez pas signé les papiers pour votre nouvelle identité, ceux-ci vous seront utiles pour bénéficier de la chirurgie esthétique obligatoire à votre transformation finale. Alors homme ou femme ? »
« Femme »
« Veuillez signer ici ! »
Je signais n’importe comment et je m’enfuis vers le centre commercial. Horrifiée, je regardais les gens autour de moi… des Carla et des Nicolas partout !
Un Nicolas s’approcha de moi.
« Vous avez votre bon pour votre transformation ? »
Je lui décrochai une gauche dans la mâchoire et m’échappai de ce lieu maudit ! Ma voiture démarra au quart de tour, et je quittais la ville bien décidée à ne plus jamais y revenir.
Cela faisait bien deux heures que je roulais quand je décidais de m’arrêter dans un petit troquet d’un village ensoleillé.
Avec plaisir, je dévisageais les autochtones, ils étaient tous beaux,
même le vieux avec son nez tout rouge et la grosse dame avec son
tablier tout tâché de graisse.
Aucune Carla, aucun Nicolas à l’horizon, la campagne restait comme elle était depuis toujours : belle, sauvage et abandonnée de toute uniformisation.
Ils avaient simplement tous un pied greffé sur le front…
08 mai 2007
Ils ont voté
Comment en cette période d'analyse post-électorale ne pas penser au grand Léo Ferré et à cette chanson (que je n'ai pas pu trouver sur Radioblog) : Ils ont voté....
Léo Ferré : Ils ont voté
A porter ma vie sur mon dos
J'ai déjà mis soixante berges
Sans être un saint ni un salaud
Je ne vaux pas le moindre cierge
Marie maman voilà ton fils
Qu'on crucifie sur des affiches
Un doigt de scotch et un gin, fils
Et tout le reste je m'en fiche
Ils ont voté... et puis, après?
J'ai la mémoire hémiplégique
Et les souvenirs éborgnés
Quand je me souviens de la trique
Il ne m'en revient que la moitié
Et vous voudriez que je cherche
La moitié d'un cul à botter?
En ces temps on ne voit pas lerche...
Ils n'ont même plus de cul, les français!
Ils ont voté... et puis, après?
C'est un pays qui me débèqu'te
Pas moyen de se faire anglais
Ou suisse ou con ou bien insecte
Partout ils sont confédérés...
Faut les voir à la télé-urne
Ces vespasiens de l'isoloir
Et leur bulletin dans les burnes
Et le mépris dans un placard
Ils ont voté... et puis, après?
Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées
Le jour de gloire est arrivé
03 mai 2007
Les deux candidats vus par les animaux
Sarkozy vu par les animaux
Vidéo envoyée par PatrickBouchitey
La vie privée des animaux s'invite dans la campagne présidentielle ! Dans un épisode inédit en exclusivité sur Dailymotion, les animaux réagissent aux propos de Nicolas Sarkozy.
Ségolène vue par les animaux
Vidéo envoyée par PatrickBouchitey
La vie privée des animaux s'invite dans la campagne présidentielle ! Dans un nouvel épisode inédit, en exclusivité sur Dailymotion, les animaux réagissent à la campagne de Ségolène Royal.
Merci 1000 fois, M.Bouchitey
01 mai 2007
Autopsie d’un choix
Revenons quelques instants au premier tour des élections présidentielles.
Je fais partie de cette population hésitante, pas vraiment convaincue, déçue, disons le franchement, qui a déterminé son choix dans l’isoloir.
Plutôt que de revenir sur les programmes, d’autant plus que le premier tour est passé, j’avais envie de vous parler de cette hésitation.
Déjà hésiter, ne pas être sur, chercher à faire le bon choix est signe d’intérêt pour le sujet.
Ne croyez pas que si l’on hésite c’est forcement par désintérêt de la vie politique.
Mais plutôt pour prendre le temps de bien choisir…
Faut dire que c’est complexe quand on ranime sans cesse Avril 2002 et qu’on entend partout autour de soi « plus jamais ça », que le choix doit être celui du « vote utile », ça n’aide pas à choisir par rapport à un programme mais plutôt à élaborer des stratégies à l’Amélie Poulain.
Déjà, une chose est sûre, je voterai à gauche, ce qui élimine bien sûr Le Pen, Sarko, De Villiers et Nihous.
Voter Royal pour faire barrage à Le Pen, mais le « vrai » vote anti-Sarkosy ne serait-il pas comme je l’ai entendu X fois de voter Bayrou qui a plus de chance de gagner face à Sarko ?
Avec de telles interrogations, comment ne pas se laisser perturber ?!
Traditionnellement, le vote du premier tour est le vote du choix, du cœur et non pas des stratégies de bas étage.
On vote pour le candidat qui représente le plus nos idées.
Mais là, un autre problème apparaît. Je suis de gauche, anti-capitaliste, donc plus sensible aux arguments et propositions de la vraie gauche, celle anti-libérale, la gauche du PS.
Mais comment s’y reconnaître quand plusieurs candidats disent la même chose (Besancenot, Buffet, Bové, Laguiller) ?
J’ai espéré comme beaucoup une candidature unique de cette gauche là. Mais ils n’ont pas su renoncer à leur parti respectif, reconstruire ensemble malgré les collectifs et les débats post - non à la constitution.
Bref, j’ai beaucoup attendu de cette gauche là, qui s’est effondrée au vu des résultats, peut-être arriveront-ils à enfin reconstruire une vraie force de gauche.
Non pas que j’aie souhaité les « pénaliser », mais difficile de savoir pour lequel voter : celui qui va faire le plus de voix (Besancenot), celle qui a le plus de militants et qui a le plus souhaité le rassemblement (Buffet) ou celui qui n’est pas issu d’un parti (Bové)…
J’avais éliminé de mes choix, Laguiller (son parti est trop sectaire pour moi) et Schivardi (parce que c’est vraiment n’importe quoi…).
(Re)bref, on en revient donc au vote « utile » et au Tout Sauf Sarkosy.
Et à nouveau ce dilemme, il faut voter pour celui ou celle qui peut gagner face à Sarko, mais qui surtout peut passer au second tour. Si pour beaucoup de mes « amis », le vote Bayrou permet cela, je n’ai jamais cru pour ma part qu’il puisse battre Ségo au premier tour.
Cela parait une évidence aujourd’hui mais pour être honnête ce ne fut pas toujours le cas dans les discussions avant dimanche dernier.
Quand les derniers sondages ont éloigné le centriste (de droite ne l’oublions tout de même pas) de l’accession au second tour, le choix n’était-il pas voter Royal pour réduire au maximum l’écart entre elle et Sarko ? Ne pas laisser Sarko avec une large avance…
C’est donc ce choix que j’ai fait, voter Ségolène et finalement je ne le regrette pas.
15 avril 2007
Jour – 7
Dire que dans une semaine il va falloir voter.
Le pire c’est que je ne sais toujours pas pour qui je vais
voter (j’hésite entre deux), pour quel programme.
Par contre je sais pour qui je ne veux pas voter (j’ai deux
certitudes), quel programme j’exècre.
D‘ailleurs je voulais faire un post il y a quelques temps sur les candidats que nous avons évités parmi tous ceux qui cherchaient les candidatures, puis j’ai oublié et surtout pas eu le temps !
Puis tellement de blogs ne parlent que des élections depuis
quelques semaines que ça me fatigue encore plus de participer à cette effusion
d’avis politique et pseudo journalisme économiste.
Mais bon, il me reste une semaine et c’est long…une
certitude, j’irais voter et je ne voterais pas blanc !
07 mars 2007
Laissez-les grandir ici
Vidéo envoyée par laissezlesgrandirici
Pétition : http://www.educationsansfrontieres.org
Collectif des cinéastes pour les « sans-papiers » Professionnels du cinéma et de l’audiovisuel en soutien au Réseau Education Sans Frontières et à tous les « sans-papiers » de France
Dans les écoles, les collèges et les lycées, un grand mouvement de solidarité entoure les enfants d’hommes et de femmes sans-papiers menacés d’expulsion. Ce mouvement est essentiel à la société française : les enfants des écoles, ce sont les enfants de ce pays, ce sont les enfants de la République. A titre individuel ou au sein d’associations, des cinéastes se sont engagés en parrainant et en protégeant ces familles en difficulté et en danger. La décision de faire un film collectif s’est vite imposée à nous. Pour réaliser ce film, nous nous sommes adressés au Réseau Éducation Sans Frontière (RESF) et à des enseignants, qui nous ont présenté certains de leurs élèves, des enfants de ceux qu’on appelle « sans-papiers ». Avec l’accord de leurs parents, nous avons travaillé avec eux en ateliers d’écriture. Les enfants ont raconté leurs situations, confronté leurs expériences. De ces échanges est né un texte (voir pétition à signer), de ce texte est né un film. Leur film. Une forme simple qui porte leur parole et leur histoire. Une histoire de peur et de souffrance. Les enfants ont participé à ce travail avec leur passion et leurs espoirs. Espoir de voir cesser l’arbitraire, qui fait toujours d’eux des enfants de « sans-papiers », des enfants de déboutés. Espoir de vivre sans la peur quotidienne d’être expulsés. Passion d’apprendre et de grandir dans un pays qui est le leur comme il est le nôtre. Ces enfants doivent vivre parmi nous. Il est aujourd’hui urgent d’affirmer : "Laissez les grandir ici !" signez la pétition ici :
23 février 2007
Désolé, encore du Sarko
Vidéo envoyée par sarkopenie
Un clip réalisé au Burkina Faso
22 février 2007
Sarkozy : Du religieux en veux-tu en voilà
De nombreux médias ont permis de découvrir la photo que Nicolas Sarkozy a exposée dans l’entrée de son local de campagne. certains ont voulu y voir l’illustration directe d’une figure dictatoriale et policière.Marie José Mondzain, dont on connait, en particulier, les travaux sur "l’image" a fait une tout autre analyse de la photo.
"Cette photo est très intéressante en vérité pour plusieurs raisons. Elle est prise en conformité avec les caractéristiques requises par les photos d’identité accompagnant les documents officiels : noir et blanc, oreilles visibles, sourire sans voir les dents, netteté, très peu d’ombre. L’identité renvoie à deux registres celui de la singularité individuelle, celui de l’intégration à tout ce qui est identifiable par des procédures communes et appliquées à tous. On réconcilie la masse avec le sujet et le sujet identifiable devient le représentant de la masse Dans le hors champ : on peut inscrire signe particulier : néant. L’image exemplaire d’une exception qui ressemble à "tout le monde".
Le visage est paisible et se veut pensif la paix et la pensée étant deux caractères fort inhabituels chez ce personnage qui se veut combatif, réactif voire impulsif et nerveux.
Mais alors comment opère la nature qui se veut convaincante et grandiose de la représentation ? Dans le dispositif d’exposition lui-même, la taille géante du visage alors que le visiteur qui entre dans le lieu est presque de plein pied avec ce visage surdimensionné ; je dis presque parce qu’il y a trois marches Ce sont les trois marches qui séparent les fidèles de la sainte table ou du retable, trois marches qui traditionnellement séparent le peuple du trône et de l’autel ( les trois marches formaient le socle de la croix impériale à Byzance !). Ces marches nul ne les gravira. Elle sont un piédestal qui conduit le regard vers l’icône" L’image est en retrait comme enchâssée dans une alcôve, son reliquaire ? ce retrait accentue le caractère sacré de la figure, compose son épiphanie picturale comme encadrée par sa propre aura ; ce retrait confère une atmosphère aérienne à cette apparition proche et inatteignable conférant au personnage une sorte d’apesanteur, presque sa grâce !. La structure de l’espace avec les marches qui partent à gauche et à droite en forme de V confère à l’ensemble la solennité d’une apparition charismatique qui évoque l’organisation "théâtrale" en usage à l’entrée de certaines loges maçonniques. L’éclairage très travaillé a deux sources : l’une explicite venant des appliques latérales placées comme des chandeliers de part et d’autre de l’objet du culte, l’autre invisible illumine de l’intérieur le portrait et crée une lueur diffuse sur le front porteur d’illumination ; on est dans l’intimité d’un dieu. Au plus près et au plus loin comme dans le saint des saints. Cette icône de l’accueil met en place un cérémonial de dévoilement dans la tiédeur d’une intimité privilégiée.
Rien de fasciste ni de policier dans tout cela. Du religieux en veux-tu en voilà, du sacré dans la proximité et du sacré dans le lointain ! La difficulté pour un Sarkozy c’est d’avoir un corps charismatique, c’est de gagner en autorité invisible ce qu’il ne gagne que par la violence des pouvoirs visibles. Un candidat a besoin de produire de la croyance. Son conseiller en communication a voulu faire faire ce travail compliqué à la photographie. Les recettes sacralisantes sont millénaires. Partout le traitement des corps dans cette campagne est exemplaire."
Marie José Mondzain,
Philosophe, Chercheur.
16 janvier 2007
Internet nuit-il à la communication politique ?
Savez-vous qu’en novembre en Grèce, s’est déroulé le forum mondial sur la gouvernance de l’Internet (FGI) où a eu lieu un débat sur la liberté d’expression sur la toile ?
Non ? Moi non plus….
Le forum des droits sur Internet (FDI) a publié une note intitulée « Internet et communication électorale » et un guide « politiquement web »: ce texte dit que les candidats devront s’abstenir dès le premier janvier 2007 de « toute publicité commerciales à des fins de propagandes », donc plus de bandeaux publicitaires, de liens sponsorisés….
Les dons financiers en ligne sont aussi interdits.
De plus, les blogs qui soutiennent un candidat devraient cesser la veille du scrutin toute mise à jour de leur site.
Ces blogs étant considérés comme ayant des « relations étroites » avec le candidat.
Rien de plus que ce que prévoit le code électoral appliqué au net.
Sauf que l’on ne sais pas dans tout ce flou juridique quel site est considéré comme soutient d’un candidat ? Parler de politique fait-il de notre site un site politisé ?
Quand on sait que le CSA veut comptabiliser le temps de parole de Steevy comme temps de paroles UMP, on peut s’attendre au pire…
On sent bien qu’en ce début de campagne pour l’investiture de la présidence, ça panique encore et encore sur ce débat sans fin qui jour après jour enflamme la blogosphère : la liberté d’expression sur la toile va-t-elle peser dans le débat politique ?
Certainement, mais va-t-elle plus peser que les médias traditionnels ?
On voit de plus en plus de journalistes tenir un blog et de dévoiler un peu des coulisses du métier avec un ton un peu moins officiel qu’à la télé ou dans la presse.
Si les blogs sont un espace pas encore réglementé où la liberté de ton est encore possible (quoique…), on passe d’une info le plus souvent identique (tous les JT ne se ressemblent-ils pas ?) à une multitude d’info mais pas vérifiable.
Alors le blog, complément d’info ou rivalité avec les anciens modes d’information ?
Si la campagne électorale, que l’on sent basée sur la médiatisation à l’outrance, se joue sur Internet, cela va-t-il donner lieu à plus de réglementations et d’encadrement des contenus, au risque de propager cette maladie de l’uniformisation dont notre siècle est malade ?





