20 juin 2008
Les colonies de la principauté de Monaco
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
--
Depuis qu’en 1297, le mercenaire et brigand François Grimaldi s’est
emparé par la ruse de Monaco, ses descendants règnent sans discontinuer
et constituent la plus ancienne dynastie actuelle régnante du monde. Si
on connaît par cœur les rebondissements de la vie amoureuse et les
exploits de conduite automobile de la famille, une chape de plomb est
posée sur l’histoire expansionniste de cette lignée. Si on apprend, par
des voies détournées, que Monaco a annexé dans l’histoire et de façon
plus ou moins longue Menton, Antibes, La Condamine ou Roquebrune, ces
quelques indications éparses ne peuvent satisfaire l’amoureux
d’histoire.
Il est évident que :
- une dynastie fondée par un brigand cherche toujours à augmenter son pouvoir et satisfaire son goût du lucre insatiable ;
- quand on règne sans interruption pendant sept siècles, les occasions de guerres coloniales sont nombreuses.
J’ai donc fait des recherches dans de vieux grimoires oubliés, récupérés au péril de ma vie auprès de différents organismes maffieux, pour vous narrer une histoire faite de fer et de sang que jamais Paris Match ne révèlera.
Si François Grimaldi se concentra essentiellement, durant son règne, à engrosser toutes les femmes monégasques, son cousin, Rainier Ier, avec l’accord implicite de Philippe le Bel, se lança dans de premières expéditions de piratage et d’annexion. Dès 1304, il récupère sur les Hollandais l’île d’Iputupi, et tombe à cette occasion dans une faille spatio-temporelle, qui lui permet de réapparaître régulièrement dans toute l’histoire de la principauté, déguisé en vendeur de poissons, pour violer ses descendantes féminines. D’où la consanguinité séculaire dont les effets sont frappants chez le prince Albert… L’île d’Iputupi se situant hors du temps et de l’espace, il est difficile de discerner si elle est toujours occupée ou a recouvré son indépendance…
A noter que Charles Ier, en 1346, tenta vainement de faire de même en débarquant sur la plage de Neverland, mais ses troupes furent repoussées par la fée Clochette, le prince fut capturé et condamné à errer, depuis, avec une tenue moulante et un chapeau ridicule, de couleur verte de surcroît.
Marqués par cet échec, les coseigneurs Ambroise, Antoine et Jean se tournèrent vers l’Europe centrale et annexèrent successivement la Borostyrie après avoir fécondé la reine Olga, insatisfaite par son mari depuis dix ans, lors d’un gang bang, la Poldavie en endormant l’armée adverse par la lecture de cent mille milliards de poèmes puis, pour conclure, le Zotrland où ils introduisirent le gros nez et le chapeau melon. Ces occupations perdurèrent jusqu’au traité de Versailles de 1919, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui les liens sont forts avec cette région d’Europe et qu’on voit fréquemment, dans les rues de Monaco, de jeunes hétaïres slaves en micro-jupe, assises dans le baquet passager de Porsches cabriolet noires, conduites par des messieurs avec un caleçon sur la tête qui écoutent du Lofofora à fond.
Ces succès coloniaux incitèrent les princes de Monaco à maintes expéditions aventureuses, certaines victorieuses comme la conquête du Kafiristan par Honoré II, où il supplanta Alexandre le Grand comme dieu vivant, et du Lagash, où il se greffa un énorme diamant rose dans le fondement ; d’autres qui finirent en défaites cuisantes, comme les tentatives d’Augustin au Catung, où son armée dut fuir devant les pestilences des troupes ennemies dopées au flageolet, ou à Thélème, où les nonnes lubriques eurent raison de la fougue des assaillants.
La dernière conquête notable intervint sous le règne de Louis Ier, en 1704, quand une troupe de mercenaires stipendiés par la principauté investit Skull Island, peuplée exclusivement de singes. Afin d’assouvir leurs appétits, les occupants commencèrent de louches croisements avec les s…, anthropoïdes, de plus en plus gros au fil des générations dégénérées successives, jusqu’à ce qu’en 1933 King Kong mange tous les occupants monégasques.
Depuis, la principauté a décidé de coloniser Coin de Rue-Images immondes, mais ça, tout le monde le sait…
17 juin 2008
Psychologie des foules dans le désert.
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
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La première chose à faire quand on veut étudier la psychologie des foules dans le désert est de trouver un désert.
Il ne faut pas croire que la tâche est aisée surtout en pleine ville.
Par exemple dans le métro, même en plein nuit, on peut y rencontrer des
types louches ou des musareilles (1).
Pourtant l’exemple du métro est fort intéressant, notamment dans le cas
fréquent dit du métro vide et des personnes agglutinées. Il est
fréquent quand on est dans un métro en dehors des heures de pointes,
assise tranquillement sur une banquette avec personne à côté, de voir
débarquer une personne qui s’assied à la place la plus proche de la
notre, voire même parfois débordant sur la notre.
Le mieux est donc de trouver un vrai désert, comme le Sahara par exemple, et je ne donne absolument pas cet exemple parce que c’est le seul nom qui me vient à l’esprit.
Un désert peut-être trompeur. Vu de loin, un désert peut sembler ressembler à une carte postale de désert. Des dunes de sable à perte de vue et un ciel bleu ébloui par le soleil et parfois quelques chameaux. En y regardant de plus près, un désert ressemble effectivement à l’image que l’on s’en fait.
Il n’est donc pas utile de se rendre sur place pour étudier un désert, l’observation de quelques images et photos souvenirs que l’on trouve partout dans le commerce suffise à notre étude.
Pour comprendre la psychologie des foules qui peuplent le désert, il suffit de poser une série de question aux foules que l’on peut y rencontrer.
La série de question que nous allons étudier n’en est qu’une parmi tant d’autres, mais elle a l’avantage d’être une série spécialement conçue pour le sujet qui nous intéresse.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Question 2 : quels sont vos moyens de résistance pour supporter la vie en groupe ?
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Maintenant que nous connaissons les questions à poser aux foules du désert, il suffit de choisir une image de désert au hasard et de poser les questions directement aux habitants de la carte.
Exemple 1 : une photo d’un groupe de dromadaire couché sur le sable.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de dromadaire : « nous aimons vivre en groupe, en
famille.» « La solitude est un concept nihiliste. Le désert est
immense, vivons serré ? »
Le sens de la famille est très développé chez les dromadaires. C’est
pratique de se retrouver le dimanche avant la messe et s’adonner après
l’office au découpage du poulet et au choix cornélien de l’aile ou la
cuisse.
Il est ensuite très étonnant de constater que le refus d’occuper
l’immensité du désert pour s’agglutiner comme les humains dans le métro
est un signe très négatif pour entamer une carrière de chanteur. En
effet un chanteur qui n’occuperait pas la totalité de la scène sur
laquelle il se produit est voué à finir en chantant des tubes de
karaoké à la superette de la zone industrielle ou à la foire à la
saucisse.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de dromadaire : « on ne résiste pas surtout si elle est blonde à forte poitrine. »
Le dromadaire est humain après tout.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de dromadaire : « la paix c’est surfait, les chameaux sont nos ennemis depuis toujours. »
Si vous avez été un jour en présence d’un chameau qui vous crache son coca-cola à la figure parce qu’il est vexé que ce ne soit pas du coca light, vous pouvez comprendre cette haine viscérale entre les deux espèces animales voisines.
Conclusion de l’exemple 1 : les dromadaires sont des obsédés sexuels qui vont à la messe le dimanche.
Passons à la deuxième image.
Exemple 2 : une magnifique photo de sable couvert de silex taillé par l’homme, vestige de l’âge d’or de notre monde à l’agonie.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de silex : « on ne supporte plus, ce n’est pas
humain ce que nous sommes obligés de vivre. Des personnes que nous ne
connaissons même pas nous piétine continuellement, nous arrache à la
terre violemment et nous conduit dans des cages en verres ou de gros
yeux globuleux nous observe. »
Les foules de silex ne supportent pas d’être séparé, faut dire la plupart sont potes depuis des millénaires et les séparations sont d’autant plus cruelles qu’elles sont définitives. Il n’est pas rare que des familles de silex se retrouvent dans des cartons différents sans possibilité de se téléphoner pendant des décennies entière.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de silex : « la résistance c’est notre truc. On est
dur comme la pierre, tranchant comme une lame et solide comme le verre.
»
Bien que ce soit difficile à comprendre, les silex ne sont pas mous et la dureté de leur membre rajoute à leur réputation de beaux parleurs qui taillent des costards à leurs voisins les plus proches.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de silex : « vous voulez notre mort ? À quoi servirait-on si les hommes ne se faisaient plus la guerre?»
Il est rare de croiser des populations aussi peu au fait des nouvelles technologies. Nous avons pour des raisons diplomatiques évité de leur apprendre que les hommes ne se battaient plus depuis longtemps avec des armes en silex taillés.
Conclusion de l’exemple 2 : les silex ça pique !
Conclusion générale : pour parfaire cette étude inutile, il faudrait étudier d’autres populations comme les grains de sables, les musareilles (1), les métros dans le désert, les souris et les hommes, les dauphins aussi et bien sur les étoiles de mer.
(1)sorte d’araignée croisée avec des abeilles des villes plus connues sous le nom de musaraigne des campagnes ou erreur orthographique faisant rire des foules sur un forum.
06 juin 2008
Mes soixante huîtres
Oui je sais, mai 68 c'est passé et on aurait pu écrire nos textes sur le sujet (enfin si on peut dire ça...) le mois dernier, mais un rendez-vous important dans la quatrième dimension nous a empêché toute interaction avec notre blog. Et pour finir bien sur on a été enlevé par des extra-terrestres ! (comment ça j'exagère?!)
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« 68 68 68 68 68…
Il y a des chiffres qui me font mal à mon dicteur. 68... Il s'en fout
mon dicteur, il le connaît ce chiffre. Il l'a fait, comme on fait une
partie de cartes. Les cartes, aujourd'hui, sont mêlées. Il n'y a plus
rien qu'une certaine forme de dictature sentimentale qui vous arrange
et qui vous endort pendant que les Autres veillent. » (1)
Comment mieux résumer l’indifférence qui me traverse quand sont évoqués, à longueur de journée, les étudiants qui, il y a quarante ans, montaient des barricades et occupaient l’Odéon pour avoir le droit de visiter le dortoir des filles la nuit (2) ou bien ces millions de pue-la-sueur syndiqués qui faisaient grève et occupaient les usines, dans le seul but déloyal de travailler moins pour gagner plus ? (3)
Si certains affirment que l’événement le plus important de ce mois de mai se produisit le 22, lorsque, sur l’autoroute de l’Ouest, le Saint-Esprit, juché sur le porte-bagages de la moto d’un séminariste, se coinça l’aile gauche dans les rayons de la roue arrière (4), je souhaiterais placer en pleine lumière une lutte honteusement occultée : la révolte des huîtres.
L’huître, comme chacun le sait, est un animal concupiscent. Elle adore qu’une langue la titille, qu’une bouche la suce puis l’aspire goulûment avant que des dents la dépècent délicatement.
Or, depuis des lustres, une mesure dictatoriale prive l’huître de ce plaisir les mois sans « r ». Les ostréiculteurs étaient réduits au chômage technique de fin avril à début septembre et, désoeuvrés, se vautraient dans l’alcoolisme et la sodomie des tourteaux ; les huîtres, elles, étaient sommées de se reproduire, sans même être stimulées buccalement.
La colère grondait depuis des années dans les bancs d’huîtres. Dès le 22 mars 1968, un collectif de lutte était créé à Arcachon, baptisé « Huîtrez sans entraves ! » Des publications clandestines, acheminées avec la complicité des cormorans, se répandent très vite en Bretagne, Oléron, Bouzigues et Urbino.
Le 3 mai, l’agression à Noirmoutiers d’un rassemblement pacifique d’huîtres par un commando de bigorneaux factieux met le feu aux poudres. Très vite, partout sur les côtes françaises, les huîtres montent des barricades de coquilles, tiennent des AG enflammées, prennent du LSD et pratiquent l’amour libre.
Le coup de génie politique des huîtres, afin de populariser leur mouvement, fut de parcourir les campagnes déshéritées et les bidonvilles des cités, offrant de se faire aspirer, et ralliant ainsi à leur cause le prolétariat exploité. Certes, elles ne faisaient que suivre le conseil de Marx dans « Le dix huître brumaire », mais notons que cette radicalisation n’était pas faite d’avance, dans le milieu assez aisé et indolent des huîtres. Après 1968, nombre d’huîtres décidèrent d’aller se faire lécher en usine, ou bien créèrent des communautés hippies…
Au bout de trois semaines de grève générale de la reproduction et d’orgies gustatives, le pouvoir dut céder et ouvrir le 25 mai des négociations, à l’étang des Grenouilles, négociations qui s’achevèrent le 27 mai au matin. Un calendrier précis de généralisation de l’élevage est défini, avec pour but qu'une grande partie du naissain (5) soit collecté et protégé des prédateurs naturels, pour que le risque d'épuisement des stocks n'ait plus cours et que les huîtres puissent prendre leur pied en toute saison…
Alors aujourd’hui, quand vous dégustez en mai ou juin une n°4 bien laiteuse, n’oubliez pas de lui dire, avant de l’engloutir : « Hasta siempre, Compañera ! »
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(1) Et…basta ! de Léo Ferré.
(2) comme ce « pauvre Cohn » Bendit, « cet ancien poilu des
tranchées de la rue Saint-Jacques, devenu presque impotent », ainsi
que le qualifiait, dès 1982, Pierre Desproges.
(3) le « constat de Grenelle » prévoyait la revalorisation du SMIG de
35 % et une augmentation des salaires d’au moins 10 % pour 15 millions
de salariés, un dispositif progressif d’application effective des 40
heures de travail par semaine décidées en 1936.
(4) cette référence à Thiéfaine est là uniquement pour te faire hurler de joie un pote qui est fan…
(5) les bébés huîtres.
05 juin 2008
Mai 68 c’était mieux avant !
J'ai hésité à poster ce texte ici. Il met en scène des copains et le texte est moins lisible quand on ne connait pas les protagonistes de l'histoire. Puis finalement, après relecture ces personnages pourraient être totalement imaginaires...
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Dans les commémorations il y a toujours des râleurs pour vous dire que c’était mieux avant, que depuis il n’y a pas eu de vraie révolution, alors que la terre tourne toujours autour du soleil, il me semble en tout cas. Pourtant mai 68 et bien plus intéressant quand il n’est pas en 1968. Retour à l’histoire avec un grand H (n’y voyez aucune allusion à quelconque psychotrope, tous les événements suivants sont attestés par tous les historiens dignes de ce nom).
68 : Néron, proscrit par un décret public, s’enfuit hors de Rome,
regagne la villa de son affranchi Phaon, puis se fait tuer par son
secrétaire Epaphrodite.
Celui qui raconte le mieux ce moment historique est sans aucun doute
Donio le Grand dans son livre « Avoir un nez rond est mieux que d’avoir
un nez pouvantail » notamment dans le passage où il décrit que Néron,
fatigué des frasques de son secrétaire avec la courtisane Cassinéa de
la pampa lui écrit une lettre d’amour (à son secrétaire bien sûr, pas à
une femme tout de même) mais Epaphrodite refusant de faire son coming
out en raison d’un refus de la chaine thématique Arte de l’interviewer,
tuera son amant et maître pour enfin gagner un moment de gloire au
magazine « Qui Police ».
168 : À Aquilée, la peste antonine fait des ravages dans l'armée.
Au printemps, Marc Aurèle et Lucius Verus quittent Rome pour Aquilée
d'où ils comptent organiser la guerre contre les Peuples germaniques.
Ah ! « La peste » de Camus. Ce roman a fait rage et sanglots dans
l’armée romaine. Marc Aurèle, parfois aussi appelé GodPunk, et son ami
Lucius Verus plus connu sous le pseudonyme Mordicouille après un pari
perdu sur l’épilation des Allemandes de l’est, décidèrent de faire la
guerre aux peuples germaniques. Hélas la peste Planète venant d’acheter
le chef d’œuvre de Camus réconcilia tous les peuples.
268 : Assassinat de Gallien par des officiers illyriens, réunis en
conseil de guerre au siège de Milan, alors qu’il tentait de réprimer la
révolte d’Aureolus, chef de la cavalerie.
Les Illyriens qui venaient d’élire Alizée meilleure chanteuse du monde
prirent très mal les critiques acerbes bien que constructives de la
femme de Gallien, Anankè. La très célèbre citation de cette dernière «
hin hin hin » a signé l’arrêt de mort de son époux. Les chevaux très
vexés de cette allocution contribuèrent sans doute à l’assassinat de
Gallien.
368 : En Bretagne, Valentinien et son général Théodose l'Ancien,
d’origine espagnole, repoussent les Pictes et les Scots sur terre et
les Saxons sur mer.
Dire que cet évènement, annoncé par « Gala » quelques semaines avant, a
fait beaucoup couler d’encre comme nous le raconte si bien NumLock : «
j’ai assisté à cette scène terrible au bar à saxophone de mon ami
Théodose. Après 10 verres de scotch on a piqué les tapas de la table à
côté ce qui nous a valu une dérouillée mémorable, ventre à terre ça
c’est terminé en eau de boudin dans la cuvette des toilettes !».
468 : En Perse, massacre des Juifs d’Ispahan, accusés d’avoir tué deux mages.
Faut pas déconner avec les mages et surtout les e-mages ! Ezrine grande
prêtresse babylonienne revient pour nous sur cette sombre page de
l’histoire des dommages : « vous prenez un e-mage de taille pas trop
grande (une centaine de pixels suffira), vous l’attrapez par la queue
et le montrez à ces messieurs, si vous tirez fort, sa colonne verticale
s’étire et se brise à l’écran. Voilà comment on déforme un e-mage ! »
568 : Les Lombards occupent une grande partie de l’Italie. La
population, accablée d’impôts et victime d’un système de spoliation
discutable, voit arriver les Lombards avec une neutralité bienveillante.
Maître Mezcal, grand spécialiste des vers (et des verres) en tout genre
note dans une brève anthologie sur les lombrics de 42000 pages, que
certains ne sont pas si neutres que ça. Au bout de quelques verres
d’alcool fort, le ver a tendance à tortiller des fesses et le verre à
se renverser par terre, d’où le célèbre ver de terre que l’on retrouve
dans l’estomac des geeks se nourrissant de pizza italienne froide et de
bière chaude.
668 : Les Grecs se révoltent en Sicile.
Don Corleone, chef de la mafia sicilienne, connu aussi sous le nom de
Faust le Grand a eu le malheur un jour de vouloir danser la java au
lieu de la zorba grecque. C’est cette méprise qui est à l’origine de
cette révolte grecque et non pas l’utilisation de l’huile d’olive sans
pépin dans les pâtes bolognaises comme certains historiens veulent bien
nous le faire croire.
768 : Campagne de Pépin le Bref contre Waïfre, fils d’Hunald, duc d’Aquitaine qui est assassiné.
Campagne publicitaire orchestrée par la grande Carmene sur les
bienfaits pour la santé de l’huile de pépin de raisin. Evidemment en
Aquitaine cette campagne révolutionnant les habitudes culinaires a
déchaîné les critiques gastronomiques : y compris Sayyadina érigeant
des icones de sa déesse Maïté et clamant que la graisse de canard ne
fait pas grossir, a précipité la mort du duc d’Aquitaine.
868 : Concile de Worms. Recommandation est faite aux prêtres et aux
évêques d’utiliser l’ordalie de l’hostie : si un prêtre accusé avalait
sans difficulté une hostie consacrée, son innocence était prouvée.
Cette pratique étonnamment n’a jamais voulu fonctionner avec Trollux
qui s’exclama lors de son procès qu’il ne se frotterait jamais les
fesses avec des orties, mais qu’il voulait bien goûter au vin de messe.
968 : Les Vikings pillent le Nord de l’Espagne et investissent Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le Grand prête Yoze s’exclama devant l’éternel et TF1 présents : « le
compost est à St-Jacques ce que les vers de terre sont aux Vikings ».
Il est évident qu’il faut voir dans cette allégorie des références
historiques plus anciennes et un abus de vin de messe.
1068 : Iziaslav Ier de Kiev est battu par les Coumans.
Il s’agit bien sûr du premier épisode de la série roumaine que,
puisqu’il n’a jamais été diffusé, nous ne pouvons pas le commenter.
Merci de votre compréhension.
1168 : Établissement des Aztèques au Mexique. En arrivant dans le
marécage, les prêtres aztèques déclarent avoir vu un cactus poussant
sur un rocher, avec, perché dessus, un aigle mangeant un serpent.
Comme le rappelle notre DocteurG international : « il ne faut pas
lécher les Aztèques, ils sont toxiques ! Par contre nous pouvons tout à
fait boire leur semence fermentée, ça donne un Mezcal de qualité».
1268 : Suite à la prédication de la croisade en Toscane le pape
décrète une croisade spéciale contre quiconque entraverait sa marche à
travers l’Italie.
Pourtant le pape ne verra jamais l’Italie et tous les chemins ne mènent
pas à Rome comme le rappelle le grand horloger Shay dans son
autobiographie : « Shay qui va là, pape no pasaran ! »
1368 : Le Tibet reprend son indépendance après la chute de la dynastie Yuan.
Frère Francis dans sa thèse sur la chinoiserie post apocalyptique
précise que les lamas se lamentent et que les monastères mona-lisent
encore cette indépendance aujourd’hui. Il paraîtrait que tout est
question de jeux épiques.
1468 : Les Orcades et les Shetlands sont engagées par la Norvège à
l’Écosse pour fournir la dot de la fille du roi. Le remboursement ne
sera pas effectué en temps voulu et les deux archipels échapperont
définitivement à l’autorité du roi de Norvège.
Owen, roi de Norvège aurait oublié de publier un édit signifiant à son
père Kiglisss de ne pas se badigeonner certaines parties intimes de son
anatomie de surströmming avant le coït pastoral.
1568 : L'armée de Marie Stuart est écrasée par Murray à Langside.
Marie doit se réfugier en Angleterre, où elle passe dix-huit ans en
prison.
Elle s’évadera avec l’aide de sa complice Gima qui confectionnera des
mètres de corde à sauter avec des fils de vers à soie. C’est en raison
du temps nécessaire à cette filature que Marie Stuart a passé 18 ans en
prison et a raté un concert de Murray Head, elle en voudra longtemps à
Gima. Aux dernières nouvelles les deux amies se sont réconciliées.
1668 : Par le traité de Lisbonne, l'Espagne reconnaît l'indépendance du Portugal.
C’est la conséquence d’une bataille pour un bout de terrain minuscule
qu’a refusé de vendre la très pieuse Shruberry au vil fortuné Judas. Le
procès durera des dizaines d’années et c’est grâce à l’intervention de
Julien Courbet que le différent entre ses deux voisins a pu être levé.
1768 : Portugal : le marquis de Pombal ordonne la destruction de
tous les registres contenant le nom des familles nouvelles chrétiennes.
Il somme de marier les filles célibataires dans les quatre mois avec
des prétendants exclus de la liste.
Il est bien connu que c’est le prêtre Coren qui célébra tous ces
mariages et que ce malin a pu avant exercer un droit de cuissage et
quelques tournages de films amateurs qui sont facilement
téléchargeables sur Internet.
1868 : Au Bouganda, le roi Moutesa établit une véritable autocratie
en centralisant tous les pouvoirs. Il achète des fusils à des marchands
arabes contre ivoire ou esclaves.
L’intermédiaire qui aujourd’hui ne désire pas s’exprimer à visage
découvert et dont le pseudonyme Planteur ne trompe personne est
introuvable. Mais certaines personnes disent l’avoir vu danser la
lambada dans des îles lointaines.
1968 : il ne s’est rien passé cette année-là, nous sommes donc contraints de rendre l’antenne.
22 mai 2008
Anarchy in Chamalières
Il fallait rétablir cette réalité trop souvent ignorée !
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L’autre soir, alors que mon chauffeur, après quelques courses frugales chez Fauchon et Petrossian, me ramenait dans mon quartier privé de Chantilly, j’aperçus devant le portail blindé quelques polissons écroulés, les crêtes roses ou vertes dressées sur la tête, les Doc couvertes de vomi et le T-shirt « Core y gang » lacéré. Après avoir signalé à ma voisine, la baronne, que sa fille avait encore trop noyé la précarité de son existence dans la 8,6 ° avec ses amis du collège St Antoine de Padoue et qu’elle avait oublié le digicode, je me suis versé un verre de fine Napoléon hors d’âge, gagné par la nostalgie.
Ah, ces belles années, à la fin des seventies ! Afin de vendre leurs surplus de l’armée sur lesquels ils avaient renversé malencontreusement de la peinture, Malcolm Mc Laren et Vivienne Westwood avaient lancé cette mode du punk, qui fit vite fureur auprès des jeunes désœuvrés de la perfide Albion.
Quand le phénomène eut traversé la Manche, il fallut bien qu’il serve à quelque chose. Et c’est là que notre grand gourou, Valéry Giscard d’Estaing, eut ce coup de génie : plutôt punk que rouge ! Alors que se profilaient les dangereuses législatives de 1978, il fallait à tout prix détourner la révolte des jeunes du vote bolchevik, pour des combats plus futiles. C’est ainsi que tout l’appareil du Parti se mit en action, avec la grande victoire au bout : la rupture du Programme commun et la déculottée encaissée par Mitterrand et ses mods en 1978.
Malheureusement, en 1981, malgré nos tentatives, nous ne pûmes réitérer la manipulation : le punk se mourait, comme en atteste l’ambiance maussade de ce festival.
Certes, tout le monde était là : la sœur de Nancy Spungen venue de Bolbec, Siouxsie au premier rang cachée derrière des grosses lunettes, même Johnny Rotten en porte-parole, étrennant sa nouvelle coiffure… Mais le nouveau slogan, « Vive l’avenir », ne faisait pas autant recette que « No future ». Les mauvais jours s’annonçaient, ceux de la dictature socialo-communiste et de la new wave.
Pourtant, au bout du cauchemar, nos idées ont repris le dessus, en même temps que l’irruption du punk revival !
Et cela, nous le devons à un homme, venu du Québec pour rallumer la flamme du libéralisme en flanelles et hypnotiser les jeunes hébétés avec ses brûlots nihilistes :
«Et tant pis, si je me détruis
Et je fais le tour
De tes mots, tes promesses
Et tes envies d'ailleurs
Et tant pis, si tu m'interdis
D'être pour toi l'unique objet
De tes désirs.»
En une strophe, tout est résumé : la destruction, la frustration sexuelle, l’indifférence… No future, no sex and no feelings en version originale !
Roch Voisine est bien le punk ultime. Et si vous en doutez, cette vidéo, où il transmet le flambeau de la « fuck attitude » vous convaincra. Avec une petite variante : là où Johnny Thunders initiait Sid Vicious à la poudre, Roch, lui, initie Grégory Lemarchal à la mucoviscidose…
Allez, Chamalières calling to the faraway towns…
05 mai 2008
La jeunesse de Prostetnic Vogon Jeltz
Récit imaginaire écrit dans le cadre d'un concours proposé par "Le voyageur galactique" dont j'ai gagné le second prix, une peluche Marvin, vous pouvez lire tous les récits en cliquant "ici".
C'était la première fois que j'écrivais un texte pour un concours, donc je suis super fière d'avoir gagné un prix. Bon ok, il faut que je rajoute par honnêteté qu'il n'y a eu que 4 textes en compétition, donc le deuxième prix sur quatre c'est pas non plus un exploit ! Mais quand-même...surtout le prix en lui-même, la peluche Marvin, c'est classe!
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Prostetnic Vogon Jeltz, dans sa jeunesse, n’était pas un Vogon
différent des autres Vogons de son âge. Il était juste plus laid et
avait un nez busqué comme tous ces congénères dégénérés.
Il faut dire que la race des Vogons ne brille pas par sa diversité mais plutôt par son ignominie.
Comme les autres Vogons, Prostetnic ne s’intéressait qu’à deux choses :
écrabouiller des crabes et ricaner devant les jeunes Vogones.
Comme il était petit de taille, ces dernières ne lui jetaient pas des
regards langoureux en clignant des yeux. Précisons que ce n’est pas une
habitude de drague chez les Vogons, ceux-ci préférant envoyer des
questionnaires type en recommandé avec accusé de réception en cinq
exemplaires déclarant leur flamme de la plus curieuse des façons.
Les plus doués d’entre eux se risquaient même à un poème en guise de questionnaire.
Les parents de Prostetnic avaient pour lui un somptueux avenir tracé dans l’administration, à classer des papiers. Métier noble par excellence et notre jeune écraseur de crabes, sans qu’il n’ait eu son mot à dire, fut envoyé à la Haute Ecole Administrative Vogone.
Prostetnic occupait donc ses journées à étudier les différentes façons de classer des formulaires, les positionner par piles sur une étagère selon l’ordre d’arrivée, les tamponner puis les refiler au bureau d’à côté qui fera de même jusqu’au vide-ordures situé dans le bureau le plus éloigné ou bien les classer par le vide, cette dernière méthode étant bien sûr la plus efficace.
Durant les rares loisirs que lui laissaient ses études prégnantes,
Prostetnic écrabouillait donc des crabes et commençait par la tête, car
il s’amusait de voir la bestiole courir dans tous les sens sans pouvoir
voir où elle allait.
Si ce passe-temps n’inquiétait pas ses parents, puisque ce jeu était
intergénérationnel, il n’en allait pas de même avec une activité
beaucoup plus cachée de leur fils.
Prostetnic avait la fâcheuse tendance à s’enfermer dans sa chambre et à
déclamer de la poésie en se regardant dans la glace, pensant être seul !
La mère de Prostetnic en était toute retournée de voir son unique fils
sombrer et quand avec un air innocent (tant soit peu qu’un Vogon puisse
arborer un air innocent), elle le voyait monter dans sa chambre pour se
reposer, elle ne pouvait s’empêcher de penser à cet oncle maudit, qui
avait fait une carrière de professeur de poésie et qui était venu il y
a quelques mois leur réciter quelques unes de ses créations poétiques.
Non ! Son fils ne deviendrait pas un artiste, il devait comme toute sa
lignée d’ancêtres responsables manquer d’originalité, c’était une
marque de fabrique de la famille à laquelle elle tenait plus que tout.
Prostetnic, lui, ne se doutant pas que son secret était découvert, continuait à s’exercer devant la glace et à réciter sa toute dernière création que lui avait inspiré une jeune Vogone qui étudiait avec lui.
« Oh ! Ma douce glaire,
Quand je vois ton profil tordu,
J’en frétille ma graisse
Veux-tu être ma bougresse ?
Oserais-je comme un glandu
Un jour en ta présence me taire ? »
Il faut avouer que même si la poésie Vogone était reconnue pour être la troisième plus exécrable de tout l’univers, Prostetnic avait quelques aptitudes qui aurait pu faire de lui un grand nom de la littérature Vogone.
Mais son destin, et surtout ses parents, en avaient décidé autrement.
A la fin de ses études, son diplôme de classeur d’archives 6ème zone en
main, il attendait fièrement son premier poste dans la grande
administration.
Les postes étaient attribués de manière très réfléchie, c’est à dire
par la méthode dite aléatoire qui consiste à jeter dans un panier à
crabe (les Vogons ne connaissant pas le chapeau, invention terrienne
d’après le Guide Galactique) les noms des nouveaux diplômés et ce
quelle que soit leur spécialisation, dans un autre panier une liste de
métiers potentiellement disponibles.
Cette méthode, réputée efficace pour développer l’incompétence administrative, avait pour avantage de ne pas pouvoir être truquée.
C’était sans compter avec l’ingéniosité de notre jeune Prostetnic.
Celui-ci avait depuis ses derniers jours de cours déclamé son poème à
sa jeune collègue. Cette dernière, pourtant impressionnée par son
texte, ne lui avait pas donné d’espoir. Elle lui expliqua que la
petitesse de Prostetnic l’empêchait d’établir tout contact amoureux au
risque de devenir la risée de tous les adolescents de son âge.
Mais Prostetnic savait qu’un espoir existait et se promit de devenir poète.
Il imagina un stratagème pour truquer la sélection du panier à crabe.
Il s’introduisit une nuit dans les locaux, passant sous le nez de deux
gardes qui se disputaient à propos du futur championnat de lancer de
crabes.
Son plan était simple, il lui suffisait de remplacer tous les papiers
indiquant les différentes carrières par d’autres où il était écrit «
carrière : poète ».
Quelques jours plus tard, au moment tant attendu de la délibération du jury de sélection des carrières, plusieurs dizaines de Vogons se virent offrir une carrière de poète, carrière administrative inexistante, ce qui ne dérangea nullement le jury dont la compétence équivalait à tous les jurys de tous les autres systèmes planétaires.
Prostetnic était furieux, sa colère se manifestait par des hurlements
indicibles et une tendance à mouliner avec ses petits bras en
vociférant des gné, greheu, graboudyeux, grognibeurk et autres mots en
« G » qu’il affectionnait particulièrement.
Sa colère était légitime, il faut dire que son nom n’avait pas été tiré
au sort, pour la simple raison qu’il avait oublié de le rajouter en
plusieurs exemplaires dans le panier adéquat.
Alors que notre jeune idiot se morfondait en écrabouillant quelques centaines de crabes, sa mère quant à elle était de fort bonne humeur.
En effet, elle n’avait pas réussi à s’introduire dans les locaux de
l’administration à temps avant le tirage du jury et était rassurée que
le nom de son fils n’ait pas été retenu pour entamer une carrière
idiote de poète.
Tout n’était donc pas perdu, et elle pourrait mettre en exécution son plan avant le prochain tirage du lendemain.
Son projet était simple, il fallait éloigner du nid familial le plus vite possible Prostetnic pour qu’il puisse enfin trouver sa voie dans une carrière prometteuse. Pour cela il suffisait qu’il soit choisi le plus rapidement par le jury quelle que soit la carrière qui s’offrait à lui.
Elle soudoya donc un des gardes en lui envoyant un formulaire déclaratif d’intention de libertinage en cinq exemplaires et, avant le rendez-vous dit du passage à la casserole, elle put admirer les locaux de l’administration centrale et dérober les bulletins nominatifs et les remplacer par des dizaines au nom de son fils.
Le lendemain, Prostetnic fut donc appelé pour exercer une carrière militaire et faire ses débuts dans la flotte galactique.
Drôle de destin tout de même pour un ex-élève au classement d’archives 6ème zone. Il n’y a rien d’anormal (si toutefois on peut parler de normalité concernant les Vogons) puisque ce jour-là le jury choisissait les carrières des anciens étudiants de l’Ecole Militaire et non de l’Ecole Administrative, mais cela la mère de Prostetnic n’en savait rien.
Prostetnic dut quitter le cocon familial et s’enrôler pour le prochain départ d’un vaisseau dernier cri au poste de pilote, lui qui n’avait jamais conduit autre chose que des sortes de gazelles qui mouraient immédiatement dès qu’on leur grimpait sur le dos.
Ses débuts furent chaotiques et il suffit de quelques secondes pour
qu’on lui retira le manche à balai qui servait de guidon au véhicule
spatial et que le capitaine s’exclama :
« Bougredandouille, mais c’est quoi ce déchet qu’on m’a mis au
pilotage, qu’on l’affecte au nettoyage des papiers gras d’emballages,
il ne pilotera jamais un vaisseau tant que je serai en vie »
Ce capitaine mourut étrangement quelques semaines plus tard, étranglé par des liasses de papiers gras sans qu’on ne sache jamais qui était à l’origine de cet accident domestique et un jeune Vogon, nommé Prostetnic Vogon Jeltz, fut nommé capitaine suite à un étrange tirage au sort mais ceci est une autre histoire.
29 avril 2008
Coming out
Cela fait près de trente ans que cela dure. Que je succombe régulièrement à cette pulsion coupable, à cette vilénie honteuse.
Chaque fois que je vois poindre les prémisses de cette bassesse qui me
traumatise, j’ai des sueurs froides, mes doigts tremblent. Ces doigts
qui rêvent de faire ce geste frénétique… J’essaie de repousser
l’échéance, j’abandonne en hâte mon occupation, je la délaisse parfois
pendant des jours.
Mais, lorsque je passe à côté de l’objet de mon tourment, mes yeux s’exorbitent tels ceux d’un junkie.
Je craque alors, je me confronte au danger qui me guette. Je me
retiens, je me raisonne, puis toutes mes résistances sautent et je
commets l’irréparable.
Cela ne me console pas de penser que des millions et des millions de
personnes souffrent de la même affliction, du même vice caché. C’est
bien là que le problème réside : tous, comme moi, gardent cette
blessure intérieure pour eux et ne peuvent donc s’en guérir.
Je décide donc, aujourd’hui, devant vous, d’avouer au grand jour ma
faute. Puisse mon coming out inciter celles et ceux parmi les
Paranoïaques qui souffrent en secret de ce mal à se libérer.
Oui, quand l’intrigue d’un polar, d’un thriller ou d’un roman
d’espionnage me passionne, je vais lire les dernières pages à l’avance.
Et vous ?
26 mars 2008
A votre service.
Un petit texte écrit pour parano.be autour de l'univers absurde de Douglas Adams, je me suis toujours demandé en lisant "le guide du voyageur galactique" et notamment le deuxième tome "le dernier restaurant avant la fin du monde" à quoi pouvait donc ressembler la vie d'une serveuse dans ce restaurant.
--
J’avais écumé tous les petits boulots possibles, de planète en planète,
de système solaire en géante gazeuse, sans trouver où me fixer quelque
part.
La bougeotte est une maladie qui s’attrape jeune et dont on a du mal à
se débarrasser. Pour voyager le plus simple, en plus de ne pas oublier
sa serviette, est de connaitre toutes les boissons locales et surtout le Gargle
Blaster Pan-Galactique.
Car le point commun à tous les systèmes planétaires c’est les bars. On
peut donc devenir serveuse inter galactique beaucoup plus facilement
que coiffeuse (la plupart des espèces étant chauves, je vous le
rappelle).
J’étais donc serveuse sur une géante naine, un monde horrible rempli de
poètes avinés, quand je pris connaissance d’une annonce alléchante :
- Cherche serveuse aimant l’aventure extrême à plein temps à Milliways
pour travailler dans « Le Dernier Restaurant avant la Fin du Monde ».
Poste sous CDIV (contrat à durée indéterminé à vie). Petits seins
acceptés. Gros salaire. Logée sur place.
Quelle aubaine, je cherchais à me caser, j’en avais marre de barouder
sans poser mes fesses autre part que sur des matelas miteux de villes
sans lumière.
La fin du monde ça paraissait chouette, du moins tous ceux qui y
étaient allés en revenaient transformés. Faut dire qu’au prix du voyage
et du repas c’était la grande classe, avec un peu de chance un
milliardaire tomberait amoureux et m’enlèverait sur son vaisseau blanc.
On avait beau être aventurière on n'en était pas moins romantique pour
autant.
Je n’attendis pas longtemps la réponse de l’agence, la place était pour moi. J’aurais dû me méfier en signant le contrat qui m’engageait à vie mais la précarité inter galactique avait eu raison de mes doutes.
Le lieu était magique, immense en forme d’étoile à cinq branches, sol
en marbre, un comptoir de 80 mètre en peau de lézard, un dôme central
couvert de pierres brillantes.
Magnifique oui…mais quelle galère à nettoyer ! Des lustres partout, des
strass à faire briller…puis vous croyez que la peau de lézard ça se
nettoie à l’eau de javel, vous ?
La première fois que l’on assiste au spectacle de la fin du monde, on est émerveillé mais on flippe grave. Le contrat que j’avais signé stipulait que je travaillerais à Milliways jusqu’à ce que mort s’en suive. Et me voilà contemplant la fin du monde, le présentateur Max faisait monter la pression tandis que les cieux étaient en train de se disloquer, les étoiles de partir en fumée, tout le paysage n’était qu’explosion.
Je m’interrogeais sur la durée de ce contrat quand le directeur nous expliqua à moi et aux autres nouvelles serveuses le fonctionnement du restaurant. On a beau se douter que ce dernier ne va pas exploser avec la fin du monde, ça fait quand-même du bien d’entendre que le restaurant est construit sur une distorsion temporelle et protégé par un champ de force. A la fin de la soirée les relastatiques temporelles maintiendraient le lieu qui reposerait sur rien, puis retour à la veille de la fin du monde pour nettoyer et préparer à recommencer le dernier jour du monde.
C’est là que j’aurais dû me rendre compte de l’interminable horreur dans laquelle je venais de m’embarquer.
Vivre continuellement bloquée entre la veille et le dernier jour du monde.
Fini le ciel bleu, les étoiles, les soleils...
Notre paye ne servait à rien, d’ailleurs on ne nous en donna pas, du moins pas sous forme visible. Je mangeais les meilleurs mets de l’univers, buvais les meilleurs vins, étais paré des plus belles étoffes, à la dernière mode, avais une belle chambre avec vue sur le néant.
Mais le peu de temps libre qu’il nous restait ne servait à rien puisque nous étions bloqués à l’intérieur du restaurant sans d’autres loisirs que d’admirer le néant.
Impossible de partir, à part fuir dans un vaisseau, en douce mais pour cela fallait encore trouver quelqu’un qui veuille bien m’emmener et comment se faire des amis avec des clients qui ne reviennent pas. La fin du monde on vient voir ça une seule fois en général ou alors si on revient c’est avec sa petite amie pour l’épater mais il y a peu d’habitués de ce spectacle désolant.
Au bout de quelques années, j’avais pris mon mal en patience, je supportais l’infâme Max et ses commentaires invariables, les cris des clients quand le monde disparaissait, les collègues de travail déprimés, bref je me réfugiais au sous-sol quand je n'en pouvais plus pour discuter avec un drôle d'androïde paranoïaque et maniaco-dépressif, Marvin, oublié là et qui se plaignait toute la journée, mais au moins j’avais trouvé plus dépressif que moi, c’était ma thérapie.
Je voyais passer des clients de toutes les époques, les planètes, mais impossible de lier amitié avec personne.
Puis un jour, on m’attribua une table occupée par une bande de copains venus du complexe Alpha, ils étaient marrants. Ils faisaient des jeux de mots stupides et je me forçais à rire avec eux. Ils avaient avec eux un vieux qui n’arrêtait pas de me mater, je l’allumais toute la soirée quand je remarquais un de leurs chefs, un beau brun alcoolique. L’affaire fut dans le sac (et mes affaires furent vite emballées), quelques sourires et quelques boissons corsées et le beau gosse convainquit tout le monde de m’embarquer avec eux sur leur vaisseau de retour.
Depuis je vis avec ce beau brun ténébreux et plus question de retourner à Milliways, ils m’ont adoptée et j’ai adopté un chien, on se marre bien on est une bande de jeunes...enfin on est une bande de vieux…
Fin de l’aventure !
27 février 2008
Le bienfait des catastrophes naturelles
On dénigre souvent les tremblements de terre, les tsunamis sur les plages indonésiennes , les éruptions volcaniques. Mais les catastrophes naturelles n’ont-elles pas leurs côtés romanesques aussi ? Ecoutons ce chant d’amour, lancé par une grande philosophe contemporaine :
« Vision d'orage,
J'voudrais pas qu'tu t'en ailles.
La passion comme une ombre,
Fallait que j'y succombe.
Tu m'enlaçais,
Dans les ruines du vieux Rome. »
[merveilleuse allusion et hommage aux morts de Pompéï. Eh oui, les habitants carbonisés et figés pour l’éternité, surpris en train de copuler, sont bien les ancêtres de Tristan et Iseut, de François Valéry et Sophie Marceau]
«A part nous, y a personne.
Seul le tonnerre résonne,
M'emprisonne,
Tourbillonne.
Comme un ouragan
Qui est passé sur moi,
L'amour a tout emporté.
Dévastée ma vie
Des vagues en furie
Qu'on ne peut plus arrêter. »
[Quelle évocation torride des rêves humides qui viennent égayer les nuits de notre grande artiste. Les draps s’en souviennent…]
«Comme un ouragan,
La tempête en moi
A balayé le passé,
Allumé ma vie
C'est un incendie
Qu'on ne peut plus arrêter.
Vision d'image
D'un voyage qui s'achève
Comme une nuit sans rêve,
Une bataille sans trêve,
Cette nuit à Rome. »
[quelle culture ! Rome ! Les incendies ! Néron et ron petit patapon…]
«Ton absence me dévore
Et mon cœur bat trop fort.
Ai-je eu raison ou tort
De t'aimer tellement fort ?
Comme un ouragan
Qui est passé sur moi,
L'amour a tout emporté.
Dévastée ma vie
Des vagues en furie
Qu'on ne peut plus arrêter. »
[Ce sont maintenant les vagues du chagrin qui sont évoquées avec une force remarquable. De la ritournelle imbécile, on passe à la tragédie grecque et aux lamentations d’Andromaque]
«Comme un ouragan,
La tempête en moi
A balayé le passé,
Allumé ma vie.
C'est un incendie
Qu'on ne peut plus arrêter.
Désir, trahir, maudire, rougir,
Désir, souffrir, mourir, pourquoi ?
On ne dit jamais ces choses-là.
Un sentiment secret, d'accord.
Un sentiment qui hurle fort. »
[Là, on s’aperçoit que la chanteuse, nymphomane renommée, commence, au bout de deux jours d’abstinence dur à la disparition de son étalon, à frétiller sérieusement de la libido, jusqu’à envisager de trahir son amour éternel]
«Comme un ouragan,
La tempête en moi
A balayé le passé,
Allumé ma vie.
C'est un incendie
Qu'on ne peut plus arrêter.
Comme un ouragan
Qui est passé sur moi,
L'amour a tout emporté.
Dévastée ma vie
Des vagues en furie
Qu'on ne peut plus arrêter... »
[Voilà, c’est fait : elle a craqué et l’ouragan lui est passé dessus, et l’a dévastée]
Comme quoi, ne dénigrons pas les catastrophes naturelles : ce sont de sacrés coups au lit !
24 février 2008
Ne pas mâcher ses mots
J’ai des mots pleins la bouche, ils se mélangent, sortent en bloc sans cohérence, alors je les ravale, en attendant des jours meilleurs de régurgitation.
Pourtant je n’ai pas ma langue dans ma poche d’habitude, mais cela fait plusieurs jours que j’ai beau la tourner 7 fois comme les pêchers capitaux, rien n’y fait, pas de mots dits.
Il faut bien pourtant que j’arrive entre deux mots, à choisir le moindre, mais rien ne sort je mot ligne de mes petits bras sans avancer d’un caractère.
Qui ne dit mot, consent, mais je ne sent rien venir, aucune inspiration, aucune poésie, même pas un petit mot doux ne sort de ma bouche.
J’essaye bien de les attraper au fond de ma gorge, histoire d’en vomir quelques uns, mais il n’en sort que des mots sans queues ni têtes.
On peut se demander quand on n’a pas d’inspiration si on doit s’en prendre à notre imaginaire en panne ou si on peut imaginer des mots nouveaux pour en retrouver des sens perdus ?
Voyez de vous-même :
J’ai pderu la snigiictaifon du lngagae et clea me pretrube bein puls que l’inocmpérhnesoin du poatge.
Vous me comprenez ?!
Vous êtes certainement vous aussi tordu du dictionnaire et vous adhérez
aux études univers si taire qui démontrent que dans un mot le plus
important et la première et dernière lettre, le reste pouvant être mis
dans n’importe quel ordre. C'est prace que le creaveu hmauin ne lit pas
chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
Hérétique du Bécherelle, reprenez-vous !
Echec, je mate une autre possibilité et vous fait signe.
Mots riz faire, mots tsar aile … s’il n’y a qu'un mot qui serve, lequel est mot ris bond ?
L’inspiration est dans les poètes et pourtant certains les tritures et les mettes aux fers. Sont-il les seuls qui arrivent à torturer les mots pour les rendre plus vifs ?
« La poétique libérée c'est du bidon
Poète prends ton vers et fous-lui une trempe
Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon
Et ta muse sera sapée comme une vamp » (Léo Ferré : poète vos papiers)
Les mots laids grossissent sous ma langue, je vulve guerre sans relâche. Diseur de bons mots, mauvais caractère. Et si qui vend le pot, dit le mot, deviendrais-je soupe au lait ?
A force de jouer avec les mots, ils se sont révoltés et se jouent de moi.
« J'ai bu du Waterman et j'ai bouffé Littré
Et je repousse du goulot de la syntaxe
A faire se pâmer les précieux à l'arrêt
La phrase m'a poussé au ventre comme un axe
J'ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs
Qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
Et j'ai joué au casino les subjonctifs
La chemise à Claudel et les cons dits modernes. » (Léo Ferré : poète vos papiers)
Les mots n’ont pas à se battre sur le papier. Aidez-moi plutôt à retrouver le sens démo écrite.
Dois-je m’arrête de parler à bâtons rompus pour rompre la monotonie du langage ?
Il faut deux ans pour apprendre à parler et toute une vie pour apprendre à se taire, la solution est-elle dans le silence ?
Chut ! Inspirez, respirez ! et quand on a rien à dire on se tait !
Ce texte décousu ne rime à rien, je vous l’accorde, la machine à coudre les mots est en panne, j’en ravale les dernières scylla beurk et remballe mots nique, de toute façon je suis mot Sade !
A bon entendeur, demi mot.



