19 mars 2009
En ce jour de manif, vénérons Ste Matraque
Née en 42 pendant JC (Julien Clerc, bien sûr), la petite Matraque était la fille d'un arracheur de dents et de Jeanne Claudette Vandamme, une ancienne danseuse d'alexandrages.
Comme elle fut élevée pour ces raisons dans l'amour de l'effort, il n'y
a nulle surprise si à l'âge de 9 ans elle fut visitée par l'archange
Schwarzy, qui lui tint ce langage :
"Hasta la vista, baby! Ton corps travailler tu dois ; ferme, dressé et dur il doit être..." (1)
La petite Matraque, subjuguée, se mit aussitôt à l'ouvrage, pour que
chacun de ses muscles ne soit qu'acier et forme longiligne, sans que
subsiste un poil de graisse.
Résultat : à 20 ans, elle était plate comme Jane Birkin et avec une peau aussi douce que le canon d'un Mauser...
Ce fut le moment où elle s'amouracha d'un fanatique religieux et
rejoignit sa troupe clandestine, qui se cachait dans les grottes. S'en
vint pour elle une période d'exploration intime des trous et cavités
les plus moites et les plus humides.
A force de complots et d'agitation, s'en vint le jour de
l'insurrection. Il s'agissait de renverser le pouvoir du peuple, pour
instituer à sa place celui de la caste des amis de la scientologie et
des porteurs de Rolex de moins de 50 ans.
Dans les affrontements qui s'en suivirent face à la troupe goguenarde
et inorganisée des libres penseurs, le corps d'acier de Matraque servit
d'arme imparable et permit de remporter la victoire. A la fin du
combat, elle succomba cependant, en essayant d'éteindre le brasero d'un
marchand de merguez...
C'est pour cela qu'elle est devenue la sainte patronne des petits
hommes en bleu et que, si vous en croisez aujourd'hui par hasard dans
les rues de France, vous remarquerez qu'ils portent à leur côté droit
une tige oblongue en plastique dur comme l'acier. Et qu'ils ne rêvent
que d'une chose : la fracasser sur le crâne d'un bon vivant...
--
(1) à la relecture de cette sainte phrase, je me demande si Schwarzy n'avait pas picolé juste avant avec un nain tout vert...
30 octobre 2008
Martyr, c'est pourrir un peu
Attention ! Texte à lire en écoutant ce morceau de musique.
http://www.deezer.com/track/92767
Ce qu’il y a de bien avec les martyrs c’est qu’ils sont morts.
Vous me direz qu’il y a plein de gens morts qui ne sont pas des martyrs. Et vous auriez raison.
Mais pour les martyrs leur raison de vivre c’est de mourir. C’est très absurde comme parcours professionnel.
- Tu veux être quoi toi dans la vie ?
- Martyr, parce que je veux mourir. C’est ma vocation, j’aime trop ce métier, c’est hyper fun.
- Ah ouais cool !
Le martyr il aime tellement ce qu’il fait qu’il n’hésite pas à faire
des heures supplémentaires et à mourir plus vite ou souffrir plus. Puis
il est consciencieux il met du cœur à l’ouvrage à faire cesser son cœur
de battre.
Faut dire, c’est un peu con un martyr. Le mec il se laisse tuer pour
témoigner de sa foi, plutôt que d’abjurer. Et après il ne peut même pas
aller au bistrot en fin de journée, taper un billard en buvant du
pastis.
Non après son travail ben il est mort de fatigue puis un jour mort tout court, puis après il pourrit tranquillement.
Faut reconnaître que martyr c’est un métier pénible sans reconnaissance ni retraite anticipée.
Quand ils sont morts les martyrs à part pourrir un peu ils ne servent
plus à grand-chose. On les recycle bien dans les calendriers, mais même
là personne ne sait plus qui ils sont ni pourquoi ils sont morts. Il ne
leur reste que le martyrologe, sorte de Who’s who de l’église
catholique.
Le paradoxe de l’inutilité de leur action.
- Pourquoi tu veux mourir ?
- Pour mes idées, pour qu’on se rappelle de mon geste dans les
générations futures à la différence du suicidé anonyme, moi on mettra
mon nom dans un calendrier.
- Ah ouais, la classe mec !
D’ailleurs, parlons-en des martyrs. C’est un catalogue des horreurs, pire qu’un roman de Patricia Cornwell.
Etienne à été lapidé, Ignace le Théophore bouffé par les lions (faut
dire qu’avec un nom pareil il l’avait un peu mérité), Denys dit
l'Aréopagite brûlé vif (je me demande si avec son aérophagie le feu
crépitait plus en un joli spectacle d’artifice), Barthélemy écorché
vif, Cyprien de Carthage a été décapité, Catherine d'Alexandrie
suppliciée sur la roue et comme elle avait les os solides elle fut
décapitée aussi, ou encore Christine de Tyr qui eut la langue coupée et
le corps percé de flèches.
Remarquez il n’y a pas de chômage chez les martyrs et un taux
d’embauche stable depuis deux millénaires quand-même, c’est signe du
sérieux de l’entreprise.
Les DRH ne sont pas très regardants sur le profil psychologique. Pas
besoin d’un QI très développés et des séjours à l’hôpital psychiatrique
ne vous empêcheraient pas de devenir martyrs.
Là aussi, les exemples historiques sont édifiants.
Alexis de Rome dit « l'Homme de Dieu », mendiant de son premier métier,
vécut sous un escalier pendant dix-sept ans. Isaac le Reclus vivait
emmuré dans une grotte. Basile le Bienheureux, qui portait bien son
nom, déambulait toute l'année dévêtu, couchait à la belle étoile,
observait constamment le carême et portait des chaînes, supportait les
privations.
Xénia de Saint-Pétersbourg avait revêtu le costume militaire de son
défunt mari, sans gîte, pieds nus elle n’acceptait pas l’aumône et
mangeait peu. La nuit elle allait dans un champ à l'extérieur de la
ville, où elle restait à genoux en prière jusqu'au lever du soleil.
Isidora d'Égypte faisait croire qu’elle était impure et travaillait
dans un monastère demandant d’accomplir toutes les tâches les plus
sales et les plus pénibles. Elle se couvrait la tête avec un simple
linge de cuisine, et au lieu de plats cuisinés, elle buvait l'eau
savonneuse restant dans les pots et plats.
- Bon alors, Martyr ça sert à quoi ?
- Mes reliques seront adorées dans les églises du monde entier.
- Ah ouais, moi mon chien il aime bien enterrer ses os !
Ah oui, parce que Martyrs on ne les enterre pas simplement, on les
désosse un peu avant, on les démembre puis on garde leurs restes dans
de jolis coffres en ébène ou en ivoire.
Il faut savoir que dans la hiérarchie des reliques, les restes de
martyrs sont plus prisés que ceux des autres saints avec les corps qui
paraissent avoir été miraculeusement préservés de la corruption. Le top
du top c’est que le membre soit en lien avec l’histoire du martyr comme
par exemple le bras d'un roi ou la tête d'un théologien.
Faut pas avoir peur de l’odeur, un mort ça sent pas les roses même les
plus épineuses. Parce que mourir c’est quand-même pourrir un peu…
La liste des postes vacant est mise à jour annuellement sur ce site :
http://www.aed-france.org/observatoire/martyrologe.htm
Vous pouvez la consulter gratuitement, dieu est miséricorde on ne cesse de vous le répéter.
31 octobre 2007
Et si nous fêtions les vivants pour changer !
C’est la saison des morts, comme chaque année on va manger de la citrouille et des bonbons. Les gens vont s’habiller en noir et pousser des « houyou houyou » agitant des chaînes en cartons, les mains encore barbouillées de maquillage blanc et noir largement étalé sur des visages déjà livides par le début de l’hivers.
Et si nous n’en parlions pas !
N’évoquons pas le 31 octobre et les enfants d’Halloween qui vont encore
frapper à nos portes menaçant de leur « Trick or treat ! » (Des
friandises ou un mauvais tour).
Ne parlons pas de ses origines Celtique d’il y a 2000 ans, où pendant
trois jours on célébrait le changement d'année aux environs du 1er
novembre.
Ne parlons pas non plus de la fête des morts, le 2 novembre, où l'Église catholique commémore par des messes les fidèles défunts permettant la purification de leurs péchés pour atteindre la vision béatifique.
Ni de la nuit des morts mexicaine où on honore les défunts et on défie la mort par des célébrations religieuses avec des offrandes de bonbons, de têtes de mort en sucre ou de tequila.
Ni des chinois et de la traditionnelle fête des fantômes qui a lieu le 15e jour du septième mois lunaire où les esprits qui ne reçoivent pas de culte et sont retenus dans les enfers se voient offrir des repas et des cérémonies pour leur délivrance.
On n’abordera pas non plus la nuit de Walpurgis qui se situe entre le 30 avril et le 1er mai et symbolise la fin de l'hiver. Célébrée dans toute l'Europe depuis des temps reculés, malgré les interdits et excommunications des églises chrétiennes cette fête qui a toujours été célébrée est parfois identifiée au sabbat des sorcières, se manifeste par la plantation de l’arbre de mai ou l’embrasement de grands feux.
Non, franchement toutes ces fêtes m’effrayent, c’est quand même bête d’inviter comme amis pour faire la fête ceux qui ne peuvent plus être là…on se retrouve automatiquement tout seul et en plus d’être déprimant, cela ne correspond pas à l’image que je me fais de la fête.
Préférons les vivants, je vous assure que vous y gagnerait au change, d’ailleurs pour danser un corps vivant est préférable au corps raide et moisis de votre grand-mère franchement déterrée pour l’occasion.
Puis une soirée ne se termine pas tout seul, enfin disons que cela arrive, mais que dirait votre famille si vous finissez au lit avec cousine Germaine qui a sombré à l’age de ses 20 ans d’un accident de trottinette ? Croyez moi votre histoire serait vouée à l’échec à peine commencé.
Je vous en conjure, invitez des vivants ce soir et laissez les morts tranquilles…
22 juillet 2007
Vous me direz deux ave et trois pater
Voilà un petit texte parodique que j'ai écrit pour Parano (un forum privé) comme les derniers posts que l'on met ici en ce moment. Comme nous n'avons pas trop le temps d'écrire pour Parano, pour ici et pour p'tite graine, on alimente ce blog de nos articles de Parano comme on alimente Parano de nos articles pour ce blog (je ne sais plus très bien dans quel sens ça marche).Mais promis, bientôt un post rien que pour Remue Méninge avec les requêtes Gogole les plus surprenantes !!!
En tout cas, dose d'humour nécessaire pour lire ce qui suit !!!
--
Bonjour mes chers confrères,
Nous sommes réunis ce jour pour examiner le cas d’un patient âgé de 33
ans environ, souffrant de symptômes préoccupants muré dans son silence
depuis son admission, nous l’avons trouvé sans papier, en haillon et
souffrant de malnutrition.
Ce matin, sortant de son mutisme il a écrit une lettre à son père que
je vous propose de déchiffrer ensemble en raison du caractère
psychotique de cet écrit.
"Notre Père"
"Notre Père qui es aux cieux,"
Moi mon père il traîne plutôt dans les bars, remarquez qu’il arrive
qu’il descende aux enfers plutôt qu’il atteigne le 7eme ciel. Puis
c’est bizarre de nounoyer son père, le vouvoyer c’est ringard mais ça
existe mais dire notre père alors qu’on est fils unique, j’ai du mal à
comprendre. Ahhahahahaha…hum… Trêve de plaisanterie, le sujet de cette
étude est sérieux. C’est peut-être parce le père est mort et que son
fils est profondément affecté par ce décès qu’il nounoie…bref, je n’ai
pas la solution, mais en tout c’est sans doute une des raisons de
l’internement de notre patient.
"Que ton Nom soit sanctifié,"
Et pour quelle raison sanctifie t-on un nom d’abord ? Parce comme le
dit Thessaloniciens 4:7 « Car Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté,
mais à la sanctification. ». On peut donc en déduire que la
sanctification (à ne pas confondre avec la scarification) c’est
l’inverse de l’impureté. Dans le texte qui nous préoccupe on peut en
déduire que le fils trouve le nom de son père impur et souhaite qu’on
en change, on peut imaginer que le père s’appelle merde ou caca ou
prout ou b* ou c*, ce qui nous donne quelques indications sur le nom du
patient que nous ignorons.
"Que ton règne vienne,"
On voit ici que le fils est vraiment en forte dépression nerveuse,
comment le règne d’un mort peut-il venir ? A moins qu’il ait trop
visionné « Le retour des morts vivants », un mort ne revient pas et en
plus pas en Roi. Pour régner, la première condition est d’être en vie,
puis d’être de descendance royale ce qui ne paraît pas comme on va le
voir plus loin très crédible dans le cas qui nous préoccupe.
"Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel."
Bon il est question d’héritage, on peut supposer que pour d’obscures
raisons le fils n’a pas pu toucher sa part due. A mon humble avis, le
père n’a dû laisser que des dettes. Mais là aussi, pourquoi cette
allusion au ciel ? Le patient a peut-être été obligé d’utiliser comme
mode de voyage l’avion et a été traumatisé, en tout cas il laisse
entendre que c’est la volonté de son père et non la sienne qui a été
sollicitée pour un voyage.
"Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour."
On peut comprendre tout le traumatisme d’un enfant qui a toujours vécu
dans une extrême pauvreté et qui souhaite au moins une fois par jour un
quignon de pain. C’est vrai que l’homme adulte qu’on nous a amené à
l’Hôpital psychiatrique était en très mauvaise condition physique,
amaigri, les dents à moitié déchaussées, bref tous les signes d’une
malnutrition sont présents. Quelle enfance a dû avoir cet homme,
réclamant comme seule pitance un bout de pain.
"Pardonne-nous nos offenses,"
La mort d’un proche est toujours douloureuse d’autant plus si nous
avions des difficultés de communication avec. On sent l’absence de
dialogue entre le père et le fils, en tout cas à la fin de la vie du
premier.
"Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés."
Cette phrase est très importante, elle révèle les mauvais traitements
infligés au fils. Violence, pédophilie, nous ne savons pas encore mais
il semble tout de même que le fils lui a pardonné. Si on met en
parallèle cette phrase avec la précédente, on voit que le fils se sent
coupable des actes qu’on lui a infligés, ce qui est classique chez les
personnes souffrant de maltraitance familiale. Quel rôle a eu la mère,
nous ne le saurons pas, elle n’est pas évoquée une seule fois dans
cette lettre.
"Et ne nous soumets pas à la tentation,"
Est-ce que l’auteur essaye de nous faire comprendre qu’il a peur à son
tour de succomber aux mêmes pathologies que son père ? Comme les
enfants battus peuvent devenir eux aussi violent sur leurs enfants,
est-ce le cas ici ? Ce qui expliquerait les troubles psychologiques
importants dont souffre cet homme.
"Mais délivre nous du mal."
On sent qu’il lutte, pour ne pas écouter les démons qui le hantent.
Arrive t-il a différencier le bien du mal ? C’est possible mais combien
de temps son état va-t-il être stationnaire ? Va-t-il sombrer dans la
folie la plus irréversible ? Que de questions sans réponses !
"Amen"
Conclusion de l’état du patient :
Fort état maniaco-dépressif. La médicamentation doit être revue, les doses doublées ou triplées.
10 juin 2007
Le fiel ou le miel que distillent tes lèvres
Une place, au loin éclairée par un soleil trop lumineux pour me permettre de voir les pancartes que portent ces hommes et ces femmes rassemblés devant un bâtiment blanc.
Poussée pas une curiosité et par une envie de flâner un peu sous ce beau soleil, je m’approche.
J’aperçois sur les pancartes des slogans du type : « Vous tuez vos enfants », « Mère assassine de foetus », « Dieu est contre l’avortement », ce qui freine quelque peu mon pas nonchalant.
Pourtant comme attirée par l’horreur (vous savez ce sentiment quand on regarde un film d’horreur, on ne peut s’empêcher de regarder et malgré une main devant les yeux, on écarte les doigts juste au moment de la scène insoutenable), je reste juste à une distance acceptable : entendre ce qu’ils disent sans pouvoir être mêlée à eux.
- « Si ces pauvres femmes avortent, c’est par amour du confort, parce que la décision est pour éviter l'inconfort de la grossesse » dit une grosse dame éructant de rage à sa voisine.
- « Ce sont des courtisanes qui vivent dans le péché, seules la chasteté et la virginité sont un chemin vers le bonheur. Les femmes souffrent de dépendance sexuelle, elles aiment la pornographie, la lingerie féminine, et elles peuvent aussi être excitées par la vue d’un sexe d’homme. Ce sont des catins assassines » répond son acolyte, une dame maigre, sèche et austère.
- « Oui, vous avez raison, tous ceux qui sont pris dans cette dépendance sexuelle sont probablement saturés de culpabilité et de honte. Ils se sentent aliénés de Dieu et très indignes, il est de notre devoir de chrétiens de les aider à retrouver le chemin de la foi. Plutôt que d'être quelque chose qui apporte l'amour, l'affirmation et le plaisir, le sexe est quelque chose qui dégrade et tue l'esprit» répond la grosse en faisant de grands gestes avec ces doigts boudinés.
- « Le curé nous a fait un prêche fort intéressant dimanche sur la sexualité des jeunes et l’usage des préservatifs, comment les gouvernements peuvent-ils permettre toute cette débauches, cette viande étalée, qui ne cesse d’augmenter avec la contraception ? » ricane la maigre voûtée.
- « Ne vous en faites pas, Dieu les jugera et ils périront en enfer, déjà Dieu y pourvoit par la maladie » jubile la grosse fière d’elle.
- « Ces pratiques sont minorées par la population. Le fantasme, la pornographie et la masturbation ensemble constituent le premier niveau de la dépendance sexuelle. La société fait un clin d'oeil à cette forme d'amusement qu'elle considère comme insignifiante, parfois elle l'encourage, la trouvant normale. Mais cette forme d'amusement est la porte d'entrée à des niveaux plus profonds d'esclavage de la chair. LA CHAIR, vous vous rendez compte » éructe la maigre en hurlant.
- « Vous connaissez la fille de l’épicière ? Je viens d’apprendre qu’elle n’était plus vierge, on lui prête une aventure avec le fils du boucher. C’est triste, elle n’a pas attendu le mariage elle doit être dépendante au SEXE, c’est une débauchée… » explique la grosse en levant les yeux au ciel.
- « C’est triste, la dépendance au sexe est une catastrophe. Il parait que le dépendant sexuel souffre de symptômes de manque quand il essaie, ou est forcé, d'abandonner sa drogue. Comme un alcoolique se met à trembler sans alcool, le dépendant sexuel est secoué. Il commence à penser qu'il va virer fou sans sexe et le manque obsessionnel le conduit à répéter l'acte n'importe où avec n'importe qui. » répond la maigre en se signant.
Abandonnant ce débat passionnant entre ces deux frustrées, je m’en retourne chez moi et prise d’un désir soudain, m’abandonne à la lecture d’un livre dont je ne peux m’empêcher de vous en livrer quelques passages :
« Qu'il me baise des baisers de sa bouche !
Car ton amour vaut mieux que le vin,
Tes parfums ont une odeur suave;
Ton nom est un parfum qui se répand;
C'est pourquoi les jeunes filles t'aiment.
Entraîne-moi après toi!
(…)
Tes joues sont belles au milieu des colliers,
Ton cou est beau au milieu des rangées de perles.
Nous te ferons des colliers d'or,
Avec des points d'argent.
- Tandis que le roi est dans son entourage,
Mon nard exhale son parfum.
Mon bien-aimé est pour moi un bouquet de myrrhe,
Qui repose entre mes seins.
Mon bien-aimé est pour moi une grappe de troène
Des vignes d'En Guédi.
- Que tu es belle, mon amie, que tu es belle !
Tes yeux sont des colombes.
- Que tu es beau, mon bien-aimé, que tu es aimable !
Notre lit, c'est la verdure.
(…)
Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée;
Il y a sous ta langue du miel et du lait,
Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban.
Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée,
Une source fermée, une fontaine scellée.
Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers,
Avec les fruits les plus excellents,
(…)
J'ai ôté ma tunique; comment la remettrais-je ?
J'ai lavé mes pieds; comment les salirais-je ?
Mon bien-aimé a passé la main par la fenêtre,
Et mes entrailles se sont émues pour lui.
Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé;
Et de mes mains a dégoutté la myrrhe,
De mes doigts, la myrrhe répandue
Sur la poignée du verrou.
J'ai ouvert à mon bien-aimé;
(…)
Que tu es belle, que tu es agréable,
O mon amour, au milieu des délices !
Ta taille ressemble au palmier,
Et tes seins à des grappes.
Je me dis: Je monterai sur le palmier,
J'en saisirai les rameaux !
Que tes seins soient comme les grappes de la vigne,
Le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
Et ta bouche comme un vin excellent,...
- Qui coule aisément pour mon bien-aimé,
Et glisse sur les lèvres de ceux qui s'endorment ! »
Vous devez me trouver bien dépravée de m’adonner à une lecture érotique après avoir entendu ces deux fanatiques chrétiennes.
Vous, vous trompez, je voulais juste vérifier qu’ils n’avaient pas enlevé de la Bible le « Cantique des cantiques ».
Le Cantique des cantiques est un chant BIBLIQUE (ancien testament) et érotique entre une jeune femme noire (une Sulamithe, convoitée par le roi Salomon) et un berger.
Note : le dialogue des deux femmes n’est pas issu de mon imagination, les arguments proviennent de plusieurs sites fondamentalistes dont je ne vous livrerai pas les liens (décence oblige)
Note bis: par contre je vous invite à lire en entier « le Cantique des cantiques ».
Je vous invite aussi à écouter la version chanté par Bashung et sa femme Chloë Mons, à l'occasion de leur cérémonie de mariage. Un pur bijou.
08 février 2007
Pourquoi les témoins de Jéhovah ne peuvent pas être considérés comme une religion ?
Avant de trancher dans le vif du sujet, quelques précautions d’usages :
Les propos qui vont suivre ne sont que mon simple avis, je ne cherche ni à persuader, ni convaincre, ni prétendre que je possède une quelconque vérité en la matière.
J’exprime juste mon point de vue, mon sentiment sur ce sujet.
Que cela soit clair, évitez donc les attaques inutiles en commentaire !
Parano ? Non, c’est juste que sur ce type de sujet le débat peut vite déraper en insulte.
D’ailleurs pourquoi prendre encore le risque d’écrire sur les témoins de Jéhovah, alors que finalement je m’en fout un peu, autant le dire…
En fait, c’est en raison de mon article précédent sur le même sujet et de l’interminable débat qui a suivi que je me suis intéressée d’un peu plus prêt aux dérapages de cette secte. Disons que c’est à cause de vous (lecteurs de cet ancien post) et à la lecture de nombreuses documentations sur la secte ainsi que l’écoute des témoignages de ces ex adeptes que la sois disante inoffensivité de cette organisation m’a paru sous un autre jour.
Pour être clair, c’est sous le vernis que l’on trouve les écailles. (J’ai des progrès à faire en clarté).
On s’habitue à tout et finalement les témoins de Jéhovah pourtant si nombreux et visibles ne gène pas tant que ça même quand ils viennent « apporter la bonne parole » le dimanche matin dans nos maisons, cela agace sans plus.
Ils font parti du folklore des frapadingues religieux, qui errent sur les marchés. On les voit sans les voir, pourtant la bible au milieu des légumes ce n’est pas si discret que ça !
D’autant qu’ils sont nombreux : 6 millions de pratiquants et 10 millions de sympathisants selon Wikipédia.
Quand on creuse un peu le sujet, la dangerosité de leur dogme m’a sauté aux yeux comme une évidence. Du coup, je suis encore plus surprise des discours tentant d’atténuer leur menace voire même de réfléchir à la possibilité de considérer leur culte comme une religion chrétienne au même titre que les autres. D’ailleurs c’est le cas dans beaucoup de pays.
Là aussi, vous pourriez me dire que je dois prendre cela avec indifférence, vu que je suis athée que cela peut-il donc me faire qu’ils deviennent une religion ?
Tout simplement, même si je méprise les religions, il n’en va pas de même des individus.
Je pense que l’homme n’a pas besoin de se créer un dieu pour vivre une vie heureuse et riche, que ce superfuge appâtant les personnes en recherche de sens et de réponse sur la vie n’est qu’un leurre pour enchaîner les hommes. Mais je respecte ce besoin s’il ne détruit pas la personne, après tout si ça vous fait du bien tant mieux !
La différence, c’est que les témoignages des ex TJ montrent plutôt une souffrance, un isolement et une reconstruction difficile. Et pour cause, chez les TJ on n’est pas simple croyant il faut être pratiquant, investi et surtout donner beaucoup de son temps.
Evidement on n’en sort moins indemne que dans une religion où croyance ne rime pas forcement avec une pratique assidue.
C’est d’ailleurs pour moi, l’axe crucial qui ne peut pas me faire considérer les TJ autrement que comme une secte.
L’impossibilité de pratiquer à son rythme : Il faut donner du temps à l’organisation, le porte à porte est contrôlé, les heures d’études, de lectures, et ce à tout age. La culpabilisation de ne pas faire assez, cette spirale où s’enferme l’adepte qui pour montrer sa valeur et son dévouement va organiser sa vie autour du culte et non pas le contraire : ce n’est plus la croyance qui aide dans la vie de tous les jours à se bâtir mais la vie qu’on bâtit autour de cet unique intérêt : servir au mieux une croyance.
Et en plus on est noté, surveillé, blâmé ou excommunié…hum que de plaisir en perspective, non ?
Wikipedia l’illustre très bien dans sa série sur les TJ, à lire absolument si vous souhaitez plus de renseignements :
« L'ensemble des zones à visiter en porte à porte attribuée à une congrégation est découpé en territoires, lui-même divisé en bloc de bâtiments ou de villas, et ensuite distribuée aux proclamateurs qui doivent parcourir la zone ainsi définie. Il faut noter les absents pour les visiter ultérieurement, ainsi que les personnes ayant accepté une publication ou ayant bien discuté afin de poursuivre l'intérêt suscité. Il est préconisé de téléphoner ou d'envoyer un courrier aux éternels absents. Au bout de quelques mois, le territoire est mis de côté au profit d'un autre, et ainsi de suite.
En fin de mois, chaque Témoin de Jéhovah doit rapporter sur une feuille intitulée rapport de service sa participation à cette activité de manière chiffrée : nombre d'heures (entières, sauf pour les proclamateurs ayant des difficultés particulières, qui peuvent rapporter des quarts d'heure), de publications distribuées, de nouvelles visites effectuées, et d'études bibliques à domicile dirigées. (dans le monde : près de 1,28 milliard d'heures, plus de 6 millions d'études bibliques ; en France, la moyenne mensuelle par proclamateur est d'environ 10 heures, et de 0,3 études bibliques). »
Le deuxième aspect qui me choque encore plus profondément concerne l'éducation des enfants :
Eux aussi, ils doivent travailler pour l’organisation en plus de l’école. L’éducation doit être stricte et sévère. L’univers fantastique autour duquel l’enfant peut s’éveiller au monde réel tourne autour d’un cauchemar terrible : l’Harmaguédon, soit la fin du monde où tous les non TJ (que ce soit des proches, des amis, un des parent ou grand parent) vont périr dans des souffrances affreuses et les livres sont illustrées de façon explicite. Où est la place des monstres gentils de l’île aux enfants dans ce scénario catastrophe, les contes de fées et toute autre histoire autour desquels on a bâtit notre affect ?
Nada, comme les anniversaires, les fêtes de noël, Halloween, pâques etc… tous ces moments familiaux où les liens d’amour sont à la fête.
Rien, c’est interdit, construit toi avec la trouille que papi et mamie soit dévorés par le feu.
D’ailleurs autant ne pas avoir de contact avec les non TJ, c’est tout juste toléré dans la sphère familiale alors au-delà il ne faut pas pousser.
Tiens la défamiliarisation est une tactique commune à beaucoup de secte. Les seuls référents étant les anciens, les sages, les gourous.
Et si on ajoute à tout ça des pratiques pédophiliques couvertes par la communauté et le refus de soin, ces enfants là sont en danger.
Un autre aspect de l’endoctrinement réside en la désocialisation et au fait que les lois divines sont plus forte que celles des hommes d’où le refus du service militaire (plus d’actualité), le refus de transfusion sanguine, de voter…bref de participer à la vie de la cité tout simplement.
Et si la personne refuse de se soumettre à ces règles, l’excommunion guète avec l’interdiction de contact avec ce « faux frère » malgré les conséquences sociales et familiales qu’un tel isolement va entraîner pour l’adepte. Mais les conséquences psychologiques du dogme n’intéressent pas ces sois disants « frères et sœurs » prêcheurs de l’amour divin.
La fréquentation des non TJ devant être limité au strict nécessaire (travail, famille, et bien sur pour faire de nouveau adeptes), un ex TJ a encore plus de mal à se reconstruire, surtout s’il est né dans ce milieu là. D’où l’hésitation de beaucoup à quitter le mouvement.
D’autant plus, que la secte apocalyptique leur a martelé pendant des années que s’ils ne sont pas TJ, ils vont mourir bientôt (en 1878, en 1914, en 1925 et en 1975 …bon la date de la fin du monde a tellement changé qu’on a du mal à s’y retrouver, non ?) et que le monde est remplit de suppôt de Satan, ce qui ne donne pas envie de quitter le cocon sectaire.
Bref, ce ne sont que quelques exemples, mais qui pour moi ne font aucun doute sur le caractère sectaire et dangereux des témoins de Jéhovah.
Selon Steven Hassan (Protégez-vous contre les sectes. – ed du rocher, 1995.), le contrôle de la pensée est constitué de 4 composantes de base (contrôle du comportement, de l’information, de la faculté de réflexion et de l’émotion) qu’il sous divise en plusieurs éléments.
Je ne vais pas rentrer dans les détails car j’en ferais sans doute l’objet d’un prochain post sur les techniques d’endoctrinements adaptées à tous mouvement sectaire ou politique.
Mais si on regarde la liste en détail, sur 44 techniques décrites les TJ en utilisent 42.
Je ne souhaite pas que ce mouvement s’intègre dans la société insidieusement comme un courrant de pensée religieuse.
Mais encore une fois, c’est mon avis et bien qu’il soit entièrement assumé, ce n’est que mon avis.
Je souhaite remercier tous ces anciens TJ qui m’ont permis de comprendre en lisant leur témoignage la complexité de cette secte apocalyptique.
Et un avis ça n’est pas forcement partagé par tous, et notamment le ministre des cultes, Monsieur Nicolas Sarkosy qualifie les TJ de « simple association cultuelle » malgré le dernier rapport parlementaire peu favorable aux TJ.
23 septembre 2006
Pourquoi l’athéisme ?
Pourquoi je ne crois pas en Dieu ?
Je pourrais disserter des heures mais je préfère laisser pour une fois la parole à d’autres qui expriment bien mieux que moi ce que je pense des religions.
Et pour commencer, plusieurs citations de Michel Onfray issues de son livre : "Traité d'athéologie"
Michel Onfray
"Car Dieu n'est ni mort ni mourant - contrairement à ce que pense Nietzsche et Heine. Ni mort ni mourant parce que non mortel. Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas." (Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"On ne tue pas un rêve, on n'assassine pas un subterfuge. Ce serait plutôt lui qui nous tue, car Dieu met à mort tout ce qui lui résiste. En premier la raison, l'intelligence, l'esprit critique."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"Je ne méprise pas les croyants, je ne les trouve ni ridicules ni pitoyables, mais je désespère qu'ils préfèrent les fictions apaisantes des enfants aux certitudes cruelles des adultes."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète : quiconque ne croit pas à Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée. Donc le pire des hommes, l'immoraliste, le détestable, l'immonde, l'incarnation du mal.
Difficile dès lors de se dire athée... On est dit tel, et toujours dans la perspective insultante d'une autorité soucieuse de bannir, mettre à l'écart et condamner."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)"Enseigner le fait athée supposerait une archéologie du sentiment religieux : la peur, l'incapacité à regarder la mort en face, l'impossible conscience de l'incomplétude et de la finitude chez les hommes, le rôle majeur et moteur de l'angoisse existentielle. La religion, cette création de fiction, appellerait un démontage en bonne et due forme de ces placebos ontologiques - comme en philosophie on aborde la sorcellerie et la folie pour produire une définition de la raison."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"Trois millénaires témoignent des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui : l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant belliqueux a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix...."
(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)"Déconstruire les monothéismes, démystifier le judéo-christianisme - mais aussi l'islam, bien sûr - puis démonter la théocratie, voilà trois chantiers inauguraux pour l'athéologie.
De quoi travailler ensuite à une nouvelle donne éthique et produire en Occident les conditions d'une véritable morale post-chrétienne, où le corps cesse d'être une punition, la terre une vallée de larmes, la vie une catastrophe, le plaisir un péché, les femmes une malédiction, l'intelligence une présomption, la volupté une damnation."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)"Il faut bien ces jongleries avec la substance et les espèces sensibles pour parvenir à faire croire au fidèle que ce qui est (le pain et le vin) n'existe pas, et que ce qui n'est pas (le corps et le sang du Christ) existe vraiment ! Tour de prestidigitation métaphysique sans pareil ! Quand la théologie s'en mêle, la gastronomie et l'oenologie, voire la diététique et l'hématologie renoncent à leur prétention. Or le destin du christianisme se joue dans cette pitoyable comédie de bonneteau ontologique."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"Depuis Paul de Tarse qui justifie le glaive et l'épée pour imposer la secte confidentielle comme une religion contaminant l'Empire, certes, mais aussi toute la planète, jusqu'à la justification de la dissuasion nucléaire par le Vatican du XXe siècle, la ligne persiste. Tu ne tueras point... sauf de temps en temps - quand l'Eglise te le dira."(Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
"Des millions de morts, des millions de morts sur tous les continents, pendant des siècles, au nom de Dieu, la bible dans une main, le glaive dans l'autre : l'Inquisition, la torture, la question; les croisades, les massacres, les pillages, les viols, les pendaisons, les exterminations, les bûchers; la traite des noirs, l'humiliation, l'exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes et des enfants; les génocides , les ethnocides des conquistadores très chrétiens, certes, mais aussi, récemment, du clergé rwandais aux côtés des exterminateurs hutus; le compagnonnage de route avec tous les fascismes du XXième siècle, Mussolini, Pétain, Hitler, Pinochet, Salazar, les colonels de la Grèce, les dictateurs d'Amérique du Sud; etc... Des millions de morts pour l'amour du prochain." (Michel Onfray / Traité d'athéologie / 2005)
Quelques autres….
"Car tout sentiment religieux est un sentiment servile et quiconque s'agenouille devant Dieu se façonne à se prosterner devant un roi."(Joseph Joubert / 1754-1824 / Carnets tome 1)
"Les religions sont en effet marquées par de nombreuses traces d'infantilisme et, plus généralement, d'anthropomorphisme. Dans l'incapacité de concevoir Dieu, nous nous réfugions dans des représentations caricaturales, en l'affublant d'attributs humains, par exemple en le regardant comme un père, donc comme un mâle."(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)
"Le prétendu Dieu des hommes n'est que l'assemblage de tous les êtres, de toutes les propriétés, de toutes les puissances ; il est la cause immanente et non distincte de tous les effets de la nature ; c'est parce qu'on s'est abusé sur les qualités de cet être chimérique, c'est parce qu'on l'a vu tour à tour bon, méchant, jaloux, vindicatif, qu'on a supposé de là qu'il devait punir ou récompenser. Mais Dieu n'est que la nature et tout égal à la nature : tous les êtres qu'elle produit sont indifférents à ses yeux, puisqu'il ne lui coûte pas plus à créer l'un que l'autre."(Marquis de Sade / 1740-1814 / L'Histoire de Juliette / 1797)
"Le paradis, tel qu'il est habituellement décrit, est un endroit si inepte, si ennuyeux, si inutile, si triste, que personne ne s'est jamais hasardé à en décrire une journée entière, bien que beaucoup aient raconté une journée au bord de la mer."
(George Bernard Shaw / 1856-1950)"Mais l'immense majorité des prêtres catholiques et protestants qui, par métier, ont prêché et prêchent la doctrine de la chasteté, de l'abstinence et de la renonciation, ont démenti généralement leur doctrine par leur exemple. Ce n'est pas en vain, c'est à la suite d'une expérience de plusieurs siècles que chez les peuples de tous les pays se sont formés ces dictons : "Libertin comme un prêtre ; gourmand comme un prêtre ; ambitieux comme un prêtre ; avide, intéressé et cupide comme un prêtre". Il est donc constaté que les professeurs des vertus chrétiennes, consacrés par l'Église, les prêtres, dans leur immense majorité, ont fait tout le contraire de ce qu'ils ont prêché."(Mikhaïl Bakounine / 1814-1876 / Dieu et l'Etat / 1882)
"N'y a-t-il pas quelque chose d'un peu absurde dans le spectacle d'êtres humains qui tiennent devant eux un miroir et qui pensent que ce qu'ils y voient est tellement excellent que cela prouve qu'il doit y avoir une Intention Cosmique qui, depuis toujours, visait ce but... Si j'étais tout-puissant et si je disposais de millions d'années pour me livrer à des expériences, dont le résultat final serait l'Homme, je ne considérerais pas que j'aurais beaucoup de raisons de me vanter."(Bertrand Russell / 1872-1970 / Religion et Science / 1957)
"Peut-être le matérialisme fait-il erreur quand il affirme le néant, mais on concédera qu'il a de bonnes excuses à la noirceur de son pronostic."(Jean Rostand / 1894-1977 / Pensées d'un biologiste
J’ai trouvé ces citations et bien d’autres encore sur le site « Athéisme l’homme majuscule ».
29 juillet 2006
La Grande Messe des Témoins de Jéhovah
Ceux qui me connaisse savent tout le mépris que m’inspire les sectes ainsi que toute forme d’endoctrinement, alors quand j’ai appris que ce déroulait annuellement en juillet un rassemblement des Témoins de Jéhovah, je n’ai pas pu résister à rechercher sur le net des informations.
Et à la découverte de la petite polémique que déclanche cette secte auprès de nos parlementaires, je préfère vous livrer aujourd’hui un condensé de plusieurs articles plutôt qu’un post écrit seulement par mes petits doigts.
Le week end dernier a eu lieu dans le stade Bollaert de la ville de Lens, le rassemblement annuel des témoins de Jéhovah. Les Témoins de Jéhovah, qui revendiquent 250.000 adeptes en France, ont été environ 10 000 personnes à Lens.
Le départ de la polémique
Comme nous l’apprend le « nouvel obs » :
Le maire de Lens, Guy Delcourt, n’a pas pu interdire ce rendez-vous annuel des Témoins de Jéhovah pour des raisons légales.
"Les Témoins de Jéhovah prônent des comportements qui sont contraires à la République, mais la loi ne permet pas aujourd'hui de leur interdire ce genre de rassemblement", a-t-il déclaré.
"Il y a un manque de courage politique des gouvernements, un manque de clarté dont profite ce mouvement", a-t-il ajouté.
Bien que ce mouvement a été classé comme organisation sectaire en 1995 par une commission parlementaire il reste à ce jour une association cultuelle et, à ce titre, autorisée à tenir des rassemblements publics.
Le Ministre des Cultes, Nicolas Sarkosy a été interviewé à ce sujet sur Europe 1, le 18 juillet 06 et voilà quelques extraits de la réponse qu’il fait au désir du maire d’interdire ce rassemblement.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous venez d’entendre Nicolas SARKOZY, l’appel que vous adressez le maire de Lens. Depuis quelques jours, dans quelques jours, 20 000 témoins de Jéhovah vont se rassembler légalement sur le stade de Lens qui leur a été loué. Et il vous demande d’intervenir. Est-ce que c’est à vous d’intervenir en tant que ministre des cultes ?
NICOLAS SARKOZY
Ah ça c’est formidable. Enfin je suis là parce que dès qu’il y a un problème, voilà qu’on se retourne vers moi. La location du stade ne m’appartient pas, je ne suis pas maire de Lens, je ne suis pas propriétaire du stade de Lens et j’ai appris, comme vous, que les témoins de Jéhovah se réunissaient dans le stade. Mais alors je dis au maire de Lens que les témoins de Jéhovah sont une association cultuelle, reconnue expressément par le conseil d’Etat et qui bénéficie, à ce titre, de la liberté de réunion. Alors je voudrais comprendre la position des socialistes.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc vous voulez dire qu’il n’y a rien à faire.
NICOLAS SARKOZY
Lorsqu’il s’agit d’étrangers clandestinement en France et sans papiers, ils appellent à ne pas respecter la loi. Et lorsqu’il s’agit d’associations cultuelles reconnues par le conseil d’Etat, ils me demandent d’interdire la réunion. La liberté de réunion, c’est un droit constitutionnel. On peut pas décider parce qu’on est ministre de l’Intérieur qu’untel ou untel n’a pas le droit de se réunir.
Et le deuxième acte...
Suite à cette interview, le député JEAN-PIERRE BRARD dans un communiqué de presse du 19 juillet déclare :
« Nicolas SARKOZY pratiquerait-il l’amnistie pour les Témoins de jéhovah ?
Dans une interview radio-diffusée ce mardi 18 juillet au matin, le ministre de l’Intérieur, Nicolas SARKOZY, a cru devoir dédouaner l’organisation des Témoins de jéhovah de ses actes délictueux en se référant à un arrêt du Conseil d’Etat qui reconnaîtrait le statut cultuel à l’organisation des Témoins de jéhovah (statut qui ne lui est d’ailleurs nullement reconnu, le Conseil d’Etat faisant simplement référence à un arrêt du 6 octobre 1999 de la cour administrative d'appel de Lyon contesté par les Témoins de jéhovah qui revendiquaient le statut cultuel).
En tout état de cause, la prétention des Témoins de jéhovah à bénéficier d’un statut cultuel ne peut les exonérer de l’application des lois de la République.
Est-il besoin de rappeler au Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur que cette organisation est connue notamment pour :Faut-il également rappeler à monsieur SARKOZY que cette organisation fait partie des mouvements épinglés à plusieurs reprises par les rapports parlementaires sur les sectes ainsi que par ceux de plusieurs missions interministérielles successives pour des pratiques contraires aux lois de la République ?
· viol de la loi fiscale par condamnation définitive, le 5 octobre 2004, par la cour de cassation, à un redressement fiscal de 45 millions d’euros.
· non dénonciation de faits de pédophilie : par condamnation, le 7 octobre 2005 par la Cour d’assises de la Gironde d’un ex-adepte des Témoins de jéhovah à la peine de douze ans de réclusion criminelle pour viols sur mineure de 15 ans par ascendant légitime. Les Témoins de Jéhovah avaient jugé le coupable en le traduisant devant le Conseil des Anciens, mais n’avaient pas saisi la justice de la République.
· refus de la transfusion sanguine alors qu’un avis de l’Académie nationale de médecine du mardi 9 décembre 2003 - adopté à l’unanimité moins une abstention - dénonce le fait « qu’une minorité radicale, quelle que soit son appartenance religieuse, cherche à imposer ses vues à l’ensemble du personnel de santé et aux autres patients, fussent-ils de la même confession, dans un établissement tel qu’un hôpital public, au détriment de l’intérêt général »
La tolérance zéro, prônée par monsieur SARKOZY ne s’applique-t-elle pas à des organisations sectaires ayant fait l’objet de décisions judiciaires dans notre pays ?
Nos concitoyens attendent du Ministre de l’Intérieur qu’il protège leurs libertés individuelles et collectives contres ceux qui les violent.
Que monsieur SARKOZY se joigne au consensus des députés et sénateurs de gauche et de droite qui agissent clairement pour la défense des libertés fondamentales individuelles et collectives garanties par les lois de notre Etat plutôt que de venir en renfort de groupes à caractère sectaire. »
Comment se déroulent ces rassemblements des Témoins de Jéhovah ?
Au-delà de cette polémique intéressons-nous un peu plus en détail à ce type de rassemblement jéhoviste.
Les témoignages des anciens adeptes sont à ce titre très édifiants en voici quelques extraits de l’un d’eux.
« Plus de six mois avant ce rassemblement, les adeptes sont conditionnés au cours de leurs réunions pour être présents sous peine d’être dévalorisés ou mis à l’index. »
« Une organisation quasi militaire est mise en place pour une efficacité maximum au moindre prix. Les adeptes volontaires travaillent sous l’autorité des chefs qui ont établi un plan de travail extrêmement détaillé. »
La préparation :
"Dès 7 heures environ 800 adeptes arrivent sur le site avec leur restauration, leurs propres outils et tenues de travail ; des casques et des chaussures de sécurité sont vendus sur place pour ceux qui n’en ont pas. Pas de dédommagement. A leur arrivée, une rapide prière est faite, ensuite des chefs d’équipe donnent leurs consignes et répartissent le travail en précisant bien que dès qu’une tâche est terminée il convient de venir se présenter pour en effectuer une autre. Tout cela dure jusque 20 h. »
« Le choix des hôtels est imposé car les prix sont négociés pour des groupes, ainsi que l’itinéraire, le type de transport. Le matériel nécessaire aux assemblées (stand, tables, 9000 chaises, cloisons …) est transporté par des camions conduits par des adeptes, souvent des routiers en retraite."
L’organisation technique :
« Un service d’accueil composé de nombreux hommes de « confiance », c'est-à-dire possédant un « grade ». Ils sont chargés d’accueillir, de placer les adeptes mais aussi de surveiller les allées et venues. Chaque adepte doit avoir un badge avec son nom, prénom et la congrégation à laquelle il appartient, ce qui permet au service d’accueil de l’identifier. Une bonne tenue vestimentaire et comportementale est obligatoire sous peine d’être « conseillé » par les chefs de sa congrégation. Si des personnes se lèvent, entament une discussion ou vont aux toilettes, le service se charge de « conseiller » ces personnes pour qu’ils retournent à leur place en leur présentant un petit carton sur lequel est inscrit « Silence SVP ». L’accès aux toilettes est fortement déconseillé pendant les sessions, il faut y aller pendant la pause de midi. La secte demande de consommer des repas légers pour garder une attention soutenue à tous les discours.
Aucune poubelle sur l’ensemble du site, chacun doit emmener chez lui ses détritus, y compris les couches culottes ! »
« Des zones PMR (Personnes à Mobilité Réduite) sont prévues pour accueillir les personnes âgées ou malades, avec des brancards, des chaises longues et des fauteuils roulants. Même ces adeptes doivent absolument assister aux 3 jours d’assemblée pour profiter du « festin spirituel », comme dit la secte. Certains font des malaises, la plupart sortent lessivés de cette épreuve, tout en ayant montré une grande générosité. »
Les moments forts de l’Assemblée :
« Les adeptes vont entendre 15 heures de discours en 3 jours. Chaque adepte reçoit un questionnaire précis et doit trouver les réponses au cours de l’assemblée, puis sera contrôlé ultérieurement pour vérifier son sérieux. Les discours sont émaillés de nombreux témoignages d’adeptes qui viennent corroborer les bienfaits de la doctrine jéhoviste. Les intervenants sont naturellement des adeptes réputés « exemplaires ».
Le thème de 2005 est « Obéissez à Dieu ». C’est une constante de choisir des thèmes qui incitent à l’obéissance sans limite aux directives jéhovistes ; les aspects prophétiques et apocalyptiques sont toujours abordés. Les discours sont conçus par les chefs jéhovistes de Brooklyn pour le monde entier. »
Le baptême de nouveaux adeptes par immersion dans l’eau :
« Cet événement leur est présenté comme un point de départ même si cela leur a pris parfois plusieurs années pour remplir les conditions de la secte. Il leur sera clairement signifié que Satan va tout faire pour les détourner de Jéhovah, ce qui amènera le nouvel adepte à interpréter tout événement plus ou moins malheureux comme une attaque satanique, gage de l’approbation divine. Ce discours de baptême rappelle solennellement l’engagement pris par les adeptes plus anciens, ce qui revient à un rappel à l’ordre, avec l’idée constante que si l’on fait quelque chose qui déplait à Jéhovah, on risque de mourir lors de la fin du monde. »
Le « Drame biblique » :
« De quoi s’agit-il ? On exploite une situation tirée de la Bible pour expliquer aux adeptes comment résoudre leurs problèmes. Ce drame est enregistré à la base nationale de Louviers avec une bande musicale pour donner un accent mélodramatique. Puis, localement, quelques adeptes se déguisent en personnages bibliques exécutant une pantomime. Une situation contemporaine présente souvent une famille jéhoviste faisant face à un problème courant (dispute, rejet de l’autorité, sexe, ...). La situation est tronquée de façon à montrer que c’est la faute du « monde » (les non-Témoins de Jéhovah) et la faute de la famille jéhoviste qui doit faire des efforts dans un domaine pour se trouver bénie par Jéhovah. Comme l’ensemble des assistants, je retirais de ce drame biblique une liste de points à corriger dans ma personnalité pour avoir la bénédiction de Jéhovah, et au fil du temps cette liste s’accroît, devient pesante et contribue à faire de vous un pantin dans les mains de la secte. »
Les « offrandes » annuelles à Jéhovah :
« Les adeptes présents feront des offrandes quotidiennes pour, en quelque sorte, « payer » leur place : la secte évalue à une place de cinéma la demi journée. Par exemple pour le site de Gayant, dans le Nord, cela représente 6 demi journées x 8 000 assistants x 7,5 € = 360 000 € cette année.
Des boîtes à offrandes (boîtes blanches immaculées avec une grande inscription en noir) sont disposées dans tous les recoins du site. Le relevé du contenu est fait 2 fois par jour par un service spécial. La secte conseille les chèques ; on la comprend, la générosité est plus grande avec un chèque qu’avec du liquide…. Matin et soir des rappels sont faits pour rappeler la générosité à manifester envers Jéhovah. Souvent il est fait état que les dons ne sont pas à la hauteur des frais engagés. Ce qui pèse sur la conscience des adeptes qui pensent alors passer à côté de la bénédiction de Jéhovah.
A chaque assemblée, la secte présente de nouveaux ouvrages édités et imprimés par ses soins et censés apporter des éclaircissements sur l’intervention imminente de Jéhovah ou de nouveaux conseils pour devenir un meilleur chrétien. Chaque adepte se doit d’acquérir autant d’exemplaires de chaque ouvrage qu’il y a de membres dans sa famille et de nombreux autres exemplaires de chaque ouvrage à placer en prédication. »
Et pour finir, voilà en 7 points les méthodes d'endoctrinement des témoins de Jéhovah
Toujours d'après des témoignages d'anciens adeptes.
Plan en 7 étapes.
1. Placement d'un livre ou d'un périodique dans de nouvelles mains ou dans de nouveaux foyers. La plupart des gens ont des connaissances trop superficielles de la Bible pour être troublés par les enseignements de l'Association.
2. Encouragement, par une deuxième visite, à lire et à étudier les publications de l'Association. L'appétit du candidat est stimulé par des remarques dramatiques concernant les événements mondiaux, par un entretien empreint de sympathie sur des problèmes personnels.
3. Consentement à recevoir "une étude biblique à domicile" hebdomadaire, étude non de la Bible mais des publications de l'Association, avec un "Témoin de Jéhovah". Ces livres bourrent l'esprit du candidat de leur phraséologie et de leur enseignement jusqu'à ce que ce dernier parle et pense comme le veulent les tribuns "théocratiques" du quartier général.
4. Affiliation à un groupe d'étude local en vue d'une séance hebdomadaire d'instruction et de formation destinée à un groupe de candidats intéressés. Là, un représentant de l'Association dirige l'étude d'un manuel avec questions et réponses. Les participants cherchent et lisent les versets bibliques (bien souvent sans leur contexte) destinés à justifier l'enseignement de l'Association.
5. Participation le dimanche à l'étude de "La Tour de Garde" dans la "Salle du Royaume". Les questions imprimées dans ce périodique bimensuel renvoient le lecteur au passage précis de l'article donnant la réponse, comme cela se présente dans un manuel scolaire; de cette manière l'enseignement des "Témoins de Jéhovah" pénètre plus profondément dans l'esprit.
6. Fréquentation régulière des réunions de service, des classes de formation pour les visites à domicile, le placement de livres et de périodiques, et l'envoi au quartier général des rapports exacts de l'œuvre accomplie pour le "royaume". Si le candidat met sa formation fidèlement en pratique, il est prêt pour la dernière étape.
- Baptême par immersion, manifestation de l'entrée dans "l'Organisation de Dieu". On devient "proclamateur du royaume", serviteur de "la bonne nouvelle du royaume". Si l'on reste fidèle aux ordonnances de l'Association, on peut être sûr d'être dans le "royaume". C'est du moins ce que la secte promet!
Plus d'info?
Allez donc faire un tour sur ces sites :
14 mars 2006
Le culte, la culture et la religion.
Pour comprendre la notion de culte, il faut en saisir son origine avant même d’en établir ses déviations.
On fait souvent le parallèle entre le culte et la religion, mais le culte n’est pas forcement religieux (dans le sens « définir son rapport avec le sacré »), le culte peut être matérialiste (culte de l’argent, des objets…) ou tourné sur soi (culte du corps, du sexe, de la beauté…).
Je trouve plus intéressant de comparer le culte et la culture dans un premier temps, plutôt que le culte et la religion, bien que souvent le culte ancestral est religieux.
On trouve des traces de culte dans toute l’histoire de l’humanité, même chez les néandertaliens qui ne sont pourtant plus considérés aujourd’hui comme nos ancêtres.
L’homme a toujours eu besoin d’expliquer, de donner un sens à son environnement, mais surtout d’en partager ce sens, aujourd’hui encore mais dans les sociétés primitives cette nécessité de se retrouver ensemble derrière des valeurs fondatrices a permis la civilisation.
Echanger, donner du sens à son existence et à se qui nous entoure, me parait primordial pour construire une société autour de principes communs.
Le culte est l’outil incontournable fondateur des sociétés rassemblant les hommes autour de valeurs partagées.
Le culte inclus la notion de célébration.
Sa pratique même si elle est vécue comme personnelle relève pourtant du phénomène de groupe ou de culture (par exemple aujourd’hui dans les sociétés occidentales le culte du corps privilégie l’extrême minceur contre les rondeurs auparavant, ce qui n’est pas le cas avec les sumos japonais).
L’homme a toujours eu besoin de mettre des mots et coutumes sur des notions abstraites. La dureté de la vie et la forte mortalité qui en découlait à l’origine, pour être accepté a conduit à des explications irrationnelles et à la construction de cultes autour. Le culte peut naître de l’incompréhension de sa condition humaine et non plus uniquement de la volonté de partager des valeurs communes et là effectivement on entre dans le domaine de la religion. Ces deux notions sont parallèles, l’une ne résulte pas de l’autre.
Le culte évolue au fil du temps, mais il en est ainsi aussi de la religion, qui pourtant impose un dogme qui restreint les libertés.
Le culte peut devenir idéologie, idolâtrie, se figer et se transformer en une religion immuable, dont le but n’est plus la compréhension et le partage mais l’acceptation d’une seule vision de la vie et la construction de sa vie autour.
La notion de soumission à un culte qu’elle soit issue de la culture ou de la religion est incontournable.
Et par là tous les excès possible de fanatisme, d’extrémisme.
Plutôt que de comprendre le monde par vous-même et d’en d’acquérir les outils de la connaissance, croyez au dogme et ne le remettez pas en cause.
Alors oui, le culte peut être une doctrine, ne permettant pas l’élévation de l’être humain mais l’acceptation de sa condition d’individu à l’intérieur d’un collectif partageant les valeurs de la société dont il est issu.
07 février 2006
Science et lavage de cerveau !
Les sectes sont un sujet que j’affectionne, cela me fascine que l’on puisse se laisser embrigader par des discours souvent pseudo scientifique.
J’en ferais certainement prochainement d’autres posts...
Le plus petit dénominateur commun des sectes, et par extension à la démarche sectaire, c’est d’offrir une grille de lecture du monde résumable en deux mots : autoritarisme et simplicité.
De plus en plus les sectes affectionnent, afin de crédibiliser leurs élucubrations, un vocabulaire proche de celui des scientifiques n’hésitant pas à inventer des mots à consonance scientifique.
Vous me direz que chaque milieu social et professionnel utilise son propre langage, sorte de reconnaissance sociale et d’appartenance à un « milieu ».
Les sectes scientifisent leurs mots et leurs pratiques en utilisant des appareils farfelus qui sois disant on une caution scientifique : « c’est prouvé par le docteur X, approuvé par l’institut de recherche Y »…sont des arguments que l’on retrouve souvent.
Je m’interroge donc sur la caution scientifique que les gens qui tombent entre les pattes de ces « nouveaux gourous » avalent sans remettre en cause, ni douter d’un élément qui semble si scientifique.
On a chacun d’entre nous une vision du monde, mais une grille de lecture non sectaire intègre la complexité du monde.
La démarche scientifique doit être à l’opposée de la démarche sectaire, elle doit autoriser la réflexion, la critique et la diversité d’interprétation et ne doit à aucun moment se figer.
Cela peut paraître évident mais ce n’est hélas pas toujours si facile. Combien de fois entendons nous et satisfaisons nous de : « c’est comme ça…, c’est prouvé…, c’est un fait dont nul ne peut contredire…, on ne peut pas aller contre cet argument… etc.. ».
Evidement il ne s’agit pas de remettre tout en cause, loin de là, mais connaissons nous toujours les preuves d’un fait que nous estimons irréfutable ?
Au final, avons nous toujours une démarche scientifique ? De connaissance et de remise en question ? …je n’en suis pas si sure.
Le doute doit être un élément essentiel à la démarche scientifique, écoutons nous, respectons nous dans notre diversité, développons le débat, respectons les idées de chacun …et surtout éduquons nous en permanence, les uns les autres, c’est notre seul vrai moyen de progresser.




