Remue Méninge

Remuer sans faire tourner la mayonnaise… Une envie de partager quelques réflexions sur le monde qui nous entoure, de titiller votre vision de la vie, d’échanger et débattre sur des sujets variés…sur un ton léger et décalé.

22 mai 2008

Anarchy in Chamalières

Il fallait rétablir cette réalité trop souvent ignorée !

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L’autre soir, alors que mon chauffeur, après quelques courses frugales chez Fauchon et Petrossian, me ramenait dans mon quartier privé de Chantilly, j’aperçus devant le portail blindé quelques polissons écroulés, les crêtes roses ou vertes dressées sur la tête, les Doc couvertes de vomi et le T-shirt « Core y gang » lacéré. Après avoir signalé à ma voisine, la baronne, que sa fille avait encore trop noyé la précarité de son existence dans la 8,6 ° avec ses amis du collège St Antoine de Padoue et qu’elle avait oublié le digicode, je me suis versé un verre de fine Napoléon hors d’âge, gagné par la nostalgie.

Ah, ces belles années, à la fin des seventies ! Afin de vendre leurs surplus de l’armée sur lesquels ils avaient renversé malencontreusement de la peinture, Malcolm Mc Laren et Vivienne Westwood avaient lancé cette mode du punk, qui fit vite fureur auprès des jeunes désœuvrés de la perfide Albion.

Quand le phénomène eut traversé la Manche, il fallut bien qu’il serve à quelque chose. Et c’est là que notre grand gourou, Valéry Giscard d’Estaing, eut ce coup de génie : plutôt punk que rouge ! Alors que se profilaient les dangereuses législatives de 1978, il fallait à tout prix détourner la révolte des jeunes du vote bolchevik, pour des combats plus futiles. C’est ainsi que tout l’appareil du Parti se mit en action, avec la grande victoire au bout : la rupture du Programme commun et la déculottée encaissée par Mitterrand et ses mods en 1978.

Malheureusement, en 1981, malgré nos tentatives, nous ne pûmes réitérer la manipulation : le punk se mourait, comme en atteste l’ambiance maussade de ce festival. 

Certes, tout le monde était là : la sœur de Nancy Spungen venue de Bolbec, Siouxsie au premier rang cachée derrière des grosses lunettes, même Johnny Rotten en porte-parole, étrennant sa nouvelle coiffure… Mais le nouveau slogan, « Vive l’avenir », ne faisait pas autant recette que « No future ». Les mauvais jours s’annonçaient, ceux de la dictature socialo-communiste et de la new wave.

Pourtant, au bout du cauchemar, nos idées ont repris le dessus, en même temps que l’irruption du punk revival !

Et cela, nous le devons à un homme, venu du Québec pour rallumer la flamme du libéralisme en flanelles et hypnotiser les jeunes hébétés avec ses brûlots nihilistes :

«Et tant pis, si je me détruis
Et je fais le tour
De tes mots, tes promesses
Et tes envies d'ailleurs
Et tant pis, si tu m'interdis
D'être pour toi l'unique objet
De tes désirs.»

En une strophe, tout est résumé : la destruction, la frustration sexuelle, l’indifférence… No future, no sex and no feelings en version originale !

Roch Voisine est bien le punk ultime. Et si vous en doutez, cette vidéo, où il transmet le flambeau de la « fuck attitude » vous convaincra. Avec une petite variante : là où Johnny Thunders initiait Sid Vicious à la poudre, Roch, lui, initie Grégory Lemarchal à la mucoviscidose…

Allez, Chamalières calling to the faraway towns…

Posté par mezcal à 15:22 - Création absurdeloquente - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mai 2008

Vous avez demandé le n°42 ?

Le chiffre 42 pour les fans de Douglas Adams et du "Guide du voyageur galactique" que nous sommes est une sorte de chiffre fétiche, mais c'est aussi l'âge de Mezcal. Beaucoup de fans ont traqué ce chiffre partout et les références à Douglas Adams sont nombreuses...en voici quelques unes!

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S’il faut utiliser 42 muscles pour froncer et montrer sa mauvaise humeur, la mienne s’égaye pourtant quand on parle de la réponse à la vie, l’univers et le reste.

Les hommages à Douglas Adams et au « Guide du voyageur galactique » sont nombreux de par le monde et intergénérationnels.
Ceux concernant le chiffre 42 occupent beaucoup les fans de Douglas Adams qui traquent à travers la musique, l’informatique, le cinéma, les séries télé toutes les formes de 42iennisme, qu’elles soient volontaires ou fortuites.

Je me suis à mon tour amusée à traquer les traqueurs et à recenser quelques unes de leur découverte.

Si dans l’univers musical les références à H2G2 sont nombreuses à l’exemple du groupe anglais Radiohead et de son morceau «The paranoid Android» en hommage à Marvin ou du groupe allemand de jazz Zaphod Beeblebrox ou encore du groupe scandinave «Babelfish», les allusions au chiffre 42 sont moins nombreuses. A part le groupe anglais « Level 42 » je n’ai rien trouvé d’autre.

Changeons donc d’univers !

Sur la planète Geek, les références à H2G2 sont évidemment abondantes. Du logiciel de messagerie Trillian au traducteur online d'Altavista et de Yahoo qui s'appelle «Babelfish » pour les plus connus, les logiciels s’amusent à s’inspirer de l’univers particulier du guide.
Si on s’intéresse à nouveau à notre chiffre fétiche, on trouve plusieurs choses amusantes :
Si vous tapez «the answer to life the universe and everything» sous google.com, vous obtiendrez la réponse .... 42. Mais pas que là...

Le drapeau logo de Microsoft utilisé pendant les années 90 comptait 42 carrés. Le format d'image TIFF inventé par Adobe fait référence à 42. On trouve dans la documentation officielle d’Adobe cette précision : «An arbitrary but carefully chosen number (42) that further identifies the file as a TIFF file.»Les versions précédentes de TIFF, c'était clair : 42 avait été choisi «for its deep, philosophical meaning».

Quittons l’informatique pour nous intéresser au petit écran et son univers impitoyable des séries.
Qu’on se le dise les séries télé sont truffées de 42iennisme actif.
Dans la série américaine Dr House, le docteur déclare que son chiffre préféré est 42. L’acteur Hugh Laurie avait été d’ailleurs un temps envisagé par Douglas Adams pour interpréter Arthur Dent au cinéma.
Dans les deux derniers épisodes de Heroes, l’arme ultime contre les personnes douées de pouvoirs extraordinaires est gardée au 42eme étage d’un immeuble.
Dans X-Files, Fox Mulder habite l'appartement 42.
Dans le dernier épisode de la première saison d'IT Crowd, une série anglaise, un des héros porte un T-shirt avec un gros 42 sur le devant, idem pour le héros de la série de marionnettes Between the Lions.
Le comique Sanjeev Bhaskar a appelé sa série The Kumars at N°42 en hommage à son ami Douglas Adams.
Dans un épisode de la série américaine Early edition, le héros Gary Hobson demande à sa mère combien de chances a-t-on d'être heureux dans la vie. Elle répond : «42».
Dans Lost une série de chiffres est diffusée à partir du transmetteur de l'île et le dernier est 42.
Dans la sublime série anglaise de SF Dr Who (pour laquelle Douglas a travaillé comme script editor et écrit deux épisodes), il y a de très nombreuses références à H2G2 (en 2005 il y a par exemple un épisode où le docteur est en robe de chambre et il parle d’un certain Dent comme d’un homme très sympathique). Le lien avec la robe de chambre qu’arbore Arthur Dent dans H2G2 n’est pas dû au hasard. Dans la troisième saison de la nouvelle série, un épisode s’appelle 42.
Dans Spin city, Michael J. Fox dans un épisode a un T-shirt vert avec 42 dans le dos. Dans «Sex in the city», Miranda avoue qu'elle a eu dans sa vie 42 amants différents.
Dans « Absolutely Fabulous » Patsy dit tout le temps pendant la saison 3 qu’elle a 42 ans.
Le cinéma n’est pas en reste, comme par exemple dans «Le monde de Némo» l'adresse dont Dory doit se souvenir est le 42 Wallaby Way ou dans «Toy Story» le vaisseau de Buzz l'Eclair porte le numéro 42.
Mais aussi «Matrix», quand Néo tire sur le câble de l'ascenseur pour que lui et Trinity montent sur le toit, ils sont au 42e étage.
Dans «I-Robot», le premier robot qu'on aperçoit porte le numéro 42.

Mais aussi, nos ancêtres ont plagié par anticipation Douglas Adams et 42.

C’est ainsi que dans l’Egypte ancienne, au-delà de la tradition de la «pesée du cœur», il y a la «confession négative», qui se passe bien devant 42 juges. D’ailleurs Champollion est mort à l'âge de 42 ans.

Plus récemment dans l’histoire, quand «Alice au pays des merveilles», lors du procès d'Alice, avale une potion qui la rend géante, le roi de coeur bredouille «article 42, toute personne de plus d'un kilomètre de haut doit quitter le royaume.»

Mezcal selon les jours affirme avoir 42 ans mais on peut imaginer qu’il abuse de 42 BELOW, une vodka produite en Nouvelle-Zélande.

Sinon 42 c’est aussi le nombre de types distincts de fromages requis dans le sketch de la fromagerie des Monty Python.

Posté par sayyadina à 11:33 - De bonne humour - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mai 2008

¡No pasarán!

Un petit délire inspiré par l'actualité de ces dernières semaines, sur les jeux olympiques écrit par Mezcal. Attention c'est décapant et très second degré !

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Vous le savez, je suis un homme engagé. Cela m’amène à éprouver le plus profond respect pour les femmes et les hommes courageux (1) qui osent se lever contre l’injustice et à fulminer lorsque leur juste combat est jugulé.

C’est pourquoi mon sang, et l’alcool qu’il y a dedans, n’ont fait qu’un tour récemment (2), lorsqu’un de nos plus héroïques hérauts de la liberté a été confronté à la répression brutale.

Car, à part ceux qui, comme Bolloré ou Arnault, n’utilisent jamais de petite monnaie, qui pourra prétendre que le roi des pièces jaunes, le bon David Douillet, n’est pas la fierté de la France, patrie des droits de l’Homme ? (3)

Quelle sandale, quelle avarie, quelle Françoise (4) lorsqu’un espèce de nabot à casquette vint agresser brutalement deux champions du monde de judo poids lourds sans défense et éteindre la flamme olympique, tout ça parce qu’ils arboraient un badge ultra-subversif, avec marqué dessus «Pour un monde meilleur».

Et pourtant, dans ce noble combat, notre David national ne faisait qu’appliquer ce principe de la Charte olympique qui dit: «Le Mouvement Olympique a pour but de contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d'aucune sorte.» On comprend mieux que notre Teddy Bear ait été colère et déception.

Mais la lutte ne doit pas s’arrêter ! Quitte à arriver à pied par la Chine (5), les athlètes français porteront fièrement à Pékin le drapeau de la liberté ! Puisqu’ils s’y rendront…

Ainsi, pour apporter ma pierre à cette juste cause et rasséréner notre gros nounours, voici quelques propositions de nouveaux slogans révolutionnaires à apposer sur des badges :
-«Mangez des fibres !» ou bien «Danacol, j’adore !», inspirés de ce paragraphe de la Charte : «L'Olympisme est une philosophie de la vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l'esprit»;
- «J’en chie, mais c’est bon !», inspiré du principe : «Alliant le sport à la culture et à l'éducation, l'Olympisme se veut créateur d'un style de vie fondé sur la joie dans l'effort» ;
- «Fainéant de Tibétain, cours plus vite !», traduction de l’envol : «La pratique du sport est un droit de l'Homme (3). Tout individu doit avoir la possibilité de pratiquer le sport selon ses besoins» ;
- «Marathoniens, mettez du déodorant !», qui respecte le rôle du mouvement olympique qui «veille à ce que les Jeux Olympiques se déroulent dans des conditions qui prennent en compte d'une manière responsable les problèmes d'environnement» ;
- et enfin, le plus osé : «Attila, t’es caca !», véritable cri de révolte pour rappeler que «toute forme de discrimination à l'égard d'un pays ou d'une personne, qu'elle soit pour des raisons raciales, religieuses, politiques, de sexe ou autres est incompatible avec l'appartenance au Mouvement olympique.»

Nul doute que devant cette campagne résolue pour la défense des droits de l’Homme (3), le gouvernement chinois va plier et, enfin, autoriser les athlètes à se raser le crâne et à porter des tongs et des robes orange au village olympique. Parce que tout de même, cette interdiction est inadmissible…

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(1) Mesdames, si la prédominance du masculin sur le féminin au pluriel vous révolte, allez casser la gueule à Vauvenargues.
(2) Ca a donné du boudin au Ricard.
(3) Mesdames, si le grand H de ‘Homme’ vous gonfle, allez casser la gueule aux représentants de l’Assemblée Constituante.
(4) Je vais prendre mes gouttes et je reviens.
(5) Je sais, c’est nul. Et alors ?

Posté par mezcal à 23:20 - Stop ! ...ça suffit - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mai 2008

Le reflet de l’âme.

J'aime vraiment cet exercice qui consiste à se mettre à la place d'un objet. Mais au départ l'idée de ces petites histoires était de choisir des moments de la vie quotidienne et de les décrire de façon absurde. Finalement j'ai trouvé ça plus simple de donner le point de vue extérieur d'un objet et lui laisser enfin la parole (on ne laisse pas assez parler les objets qui nous entourent, bon faut dire aussi qu'on ne les écoute pas non plus).

EDIT le 18 mai : en fait j'ai crée finalement une nouvelle rubrique (histoire de la vie quotidienne) pour regrouper toutes ces historiettes absurdes, j'ai donc enlevé les liens vers les autres histoires puisqu'il suffit d'aller sur la catégorie correspondante pour lire les épisodes précédents.

Le lien de cette catégorie qui regroupe tous ces textes écrits sur le même principe :

Histoire de la vie quotidienne


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J’aime regarder les filles, les observer, les suivre jusqu'à ce qu’elles disparaissent de mon champ de vision.
Il paraît que ça ne se fait pas en société, que c’est indécent, mais je ne peux pas m’en empêcher et ce depuis toujours. Quand une belle fille croise mon chemin, je la veux pour moi, je veux qu’elle m’embrasse et qu’elle soit mienne.

Comme cette brunette là dans son jean moulant et son petit top fleuri.
Elle me regarde, elle s’approche de moi avec une démarche aérienne et ses grands yeux noirs me fixent avec douceur.
Elle est belle, elle rit et son sourire fait apparaître ses dents magnifiques. J’espère qu’elle m’adressera la parole, je suis bien trop timide pour faire le premier pas.

J’aime quand les belles filles sont tout près de moi, je respire leur parfum, je m’étourdis de leur belle voix et j’ai envie de devenir leur confident, leur ami, leur amant.
Je rêve de leurs visages, leurs sourires pour le reste de la journée.

Mais, elle n’est pas seule, une autre fille l’accompagne, une rouquine mal fagotée qui ne m’accorde même pas un seul regard. Elles se parlent, je suis trop loin pour comprendre toutes leurs paroles, il y a trop de monde autour et cette musique incessante qui ne veut pas se calmer.

Les voilà qui approchent à nouveau, juste assez loin pour que je puisse continuer à les observer tranquillement mais assez près pour que j’entende leur conversation.
Les filles, ça parle de mecs et de fringues, ces deux là ne font pas exception. La belle brune, tout en écoutant les conseils de son amie, vient de m’adresser un clin d’œil très suggestif. Aucun doute je lui plais et me voilà tout émoustillé à me demander si une relation entre elle et moi va bien pouvoir se conclure rapidement.
Perdu dans mes pensées je ne prête pas attention à leur discussion jusqu'à ce que j’entende de la douce voix de ma belle que celle-ci n’est pas libre et qu’elle s’apprête même à se marier avec un certain Régis, un con certainement qui ne la mérite pas.

Quelle déception, je masque mes émotions et continue mon observation l’air de rien. Mais quelle garce quand même, avant de partir elle m’envoie un baiser de la main. Une allumeuse de plus, je les déteste, elles me font toujours croire que je les intéresse alors qu’elles réservent leur atout à d’autres que moi.

Je mérite mieux que ça, elles ne savent pas ce qu’elles perdent.
En voilà une autre qui me regarde et s’approche, je fais comme si je ne la voyais pas. Faut pas déconner non plus, elle est moche comme tout. Qu’est-ce qu’elle a à m’observer ? Allez va-t-en ! Casse-toi morue !

Rien à faire, elle vient vers moi remuant ses grosses fesses moulées dans une mini-jupe rose fluo. En plus elle pue l’ail et l’huile d’olive. Elle sourit et me dévoile des dents jaunes cariées, quelle horreur !
En plus elle a un bout de salade coincé et elle a dû s’en apercevoir à mon visage horrifié, elle l’enlève sans aucune gêne devant moi en me fixant de ses yeux trop maquillés.
Ses lèvres m’envoient un bisou, je reste stoïque au bord de la dépression nerveuse.
Elle a dû comprendre devant mon expression de marbre qu’il n’y a rien à faire, elle est partie en se retournant une dernière fois pour me montrer son derrière croyant peut-être m’exciter par sa tenue de fille facile.

La musique m’étourdit un peu, ils ne changent jamais de disque dans ce centre commercial et je commence à connaître par cœur tous les morceaux depuis le temps que je viens là pour observer mes proies.

Il me veut quoi ce type ? Pourquoi il m’observe ? Je n’aime pas les mecs, ils puent la transpiration et leur regard me met mal à l’aise. Parfois même ils me parlent et je ne comprends rien à leur discours, faut dire je ne les écoute pas je suis trop occupé à regarder les filles et à tenter de captiver leur attention.

Et voilà, il se met à monologuer tout seul, sur sa coiffure, son crâne qui se dégarnit, comme d’habitude je le laisse parler, il se barrera bien au bout d’un moment. S’il croit que je vais l’aider, il se fourre le doigt dans….quoi ? Mais il est en train de se curer le nez devant moi ou je rêve ? Il y en a qui ne manquent pas d’air quand même.

L’autre jour il y a un type qui se perçait ses points noirs devant moi, il n’avait pas dû me voir mais quand bien même, cela ne se fait pas quand on a de l’éducation !
Bon il s’éloigne en me jetant un dernier regard et un clin d’œil. Ah ha ha ha, il croit que…

Oh ! Mais que vois-je arriver ? Une belle blonde avec un chapeau à la main, elle s’avance directement dans ma direction avec une démarche féline. Elle me demande si elle est la plus belle telle une princesse échappée d’un conte avec un petit rire, tandis qu’elle essaye plusieurs positions à son chapeau. Oui ma jolie, tu es belle, pas la plus canon que j’ai croisée mais tu me conviens.

Tiens voilà la jeune vendeuse qui surgit, elle lui explique que le centre va bientôt fermer et qu’elle doit se décider vite si elle veut acheter le chapeau. Oh non ! Pas déjà, elle part vers les caisses sans même me regarder une dernière fois.
La vendeuse reste à mes côtés, je l’aime bien, elle n’est pas très jolie mais elle est gentille avec moi, elle me raconte tous ses malheurs et parfois me donne un baiser ou me caresse. Elle fait fuir les chiens qui viennent me renifler ou m’aboient.

Elle s’appuie contre moi et me dit qu’elle est crevée, qu’elle en a marre de ce travail de vendeuse, qu’elle aimerait bien m’amener chez elle.
Elle porte sa main à son front pour essuyer une goutte de sueur mais la fatigue la fait déraper, elle s’accroche à moi mais c’est trop tard, je ne peux la maintenir et elle s’écroule à terre m’entraînant avec elle.

J’entends avant de sombrer la patronne arriver à grands pas en hurlant :
« Mais tu ne peux pas faire attention espèce de maladroite, tu ne sais pas que ça porte 7 ans de malheur de briser un miroir ! »


 

Posté par sayyadina à 14:15 - Histoire de la vie quotidienne - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

Le retour de la revanche de la BO qui tue

La bande son de "Barry Lyndon" ? Amusante.
Celle de "Pulp Fiction" ? Guillerette.
Celle de "Lost Highway" ? Mouais...

Mais quand on est un vrai cinéphile, qu'on traque sans répit dans les salles noires les BO qui subliment les images animées, et cela depuis "Le chanteur de jazz", il faut quelque chose de, comment dire... plus couillu.

Voici donc la play-list ultime des musiques de film :

URL: http://www.nanarland.com/divers/divers.php?id=3 

Ne me remerciez pas,

DJ Mezcal.

Posté par mezcal à 07:31 - Farfouillage sur la toile - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

Pierre qui roule….

J'aime bien imaginer la vie des objets. Chacun ses défauts me direz-vous, mais c'est très agréable de se laisser envahir par une chose inanimé et de lui construire des sentiments.

C'est un peu comme quand je fouille un squelette, je lui donne un petit nom, histoire de le ré humaniser un peu.

Là, j'ai eu envie de me prendre pour un cailloux...oui, bon...mais pourquoi pas après tout!

Voilà le résultat!

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Je vivais dans une belle montagne avec vue sur un lac turquoise. L’hiver une pellicule de glace brillait sur sa surface, les oiseaux s’y posaient pour admirer leur plumage. L’été la lune s’y reflétait laissant dans son sillage des milliers de paillettes argentées.

J’étais heureux en cette époque entouré de ma famille, on discutait, le soir sous le coucher du soleil, de l’évolution de notre petit paradis, des touristes qui arpentaient toujours plus nombreux nos chemins, des vaches qui venaient manger les quelques rares fleurs qui poussaient sur le sol rocailleux.
J’aurais pu continuer ainsi des années sans que rien ne perturbe ma quiétude.

J’ai tout perdu…

C’était un soir d’automne, il tonnait et le ciel était tout zébré. J’aimais sentir l’orage me caresser, fondre sur moi. Eole était en colère, les arbres tournoyaient dans un ballet macabre, certains se brisaient comme des allumettes. Les animaux couraient se mettre à l’abri, et moi j’étais là impuissant face à la furie des éléments.

Tout à coup ce fut la catastrophe, je perdis l’équilibre et m’envolai dans une bourrasque d’air glacé, je dégringolais impuissant la colline.
Je perdis vite connaissance et ce n’est qu’au petit matin que je découvris mon nouvel environnement.

Le sable fin, la mer et ses vagues salées qui m’abîment jour après jour.
Je suis seul, je suis le seul petit caillou sur cette vaste plage.
Que sont devenus ma famille, mes enfants, mes parents, cette belle boule de quartz que je chérissais et rêvais de m’assembler avec elle dans quelques millénaires.
Je ne peux pas supporter les grains de sable, je ne les entends pas, ils sont trop petits et je sais bien qu’un jour je deviendrai comme eux, anonyme englouti par la mer saline.

J’aurais voulu être un artiste, être sculpté par des mains habiles ou devenir un héros de vitrine.

C’est foutu, je ne serai qu’un grain de sable sans avenir.

Posté par sayyadina à 14:43 - Histoire de la vie quotidienne - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 mai 2008

Speak for England

Un livre sympathique et plein d'humour que vous fait découvrir Mezcal, ci-dessous!

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2004, juste avant Noël : Brian Marley, obscur et veule professeur d’anglais à la London English School de Piccadilly, âgé de 43 ans, est devenu en quelques semaines un héros et un millionnaire. Mais cela ne lui servira à rien : il est tout proche de la mort.


Dernier participant d’un jeu télévisé doté d’un prix de deux millions de livres, « Une jungle d’enfer » (du genre « Koh-Lanta » en plus trash) qui se déroule sur une île de Papouasie-Nouvelle Guinée, il a vu les deux hélicoptères venus le chercher se crasher, les quelques survivants se faire dévorer par les crocodiles. Dans la panique, il a perdu sa balise radio et, sans ration de survie ni eau potable, au milieu d’une jungle hostile et boueuse, il n’en a plus pour longtemps. Il est en train de prendre ses dernières dispositions lorsqu’il est assommé par… une balle de cricket.

C’est ainsi que commence Speak for England de James Hawes, dont le titre français Pour le meilleur et pour l’Empire, s’il mériterait de figurer au florilège du «jeu de mots bêtes show», traduit moins bien l’ironie douce et féroce à la fois du livre (1).

James Hawes, titulaire d’un doctorat en philosophie de l’université de Londres sur Nietzsche et Kafka, nous parle en effet de l’Angleterre et fustige ceux qui s’arrogent le droit de parler en son nom sans se soucier du sort de ses habitants.

Revenons à notre « héros ». Le choc de la balle de cricket marque son premier contact brutal avec une étrange colonie, méconnue de tous depuis plus de 45 ans.

En effet, en février 1958, un avion de ligne anglais, transportant clandestinement du matériel nucléaire, est abattu par un avion de chasse soviétique, au-dessus de l’île en question. Quelques survivants s’extraient des ruines de l’avion et, sous la direction d’une vieille baderne (qui ne s’appelle pas Powell, mais Quartermain), bâtissent les fondations d’une colonie nostalgique de l’Angleterre et de ses traditions. Des enfants sont nés, ont grandi, ont eux-mêmes procréé, mais le temps s’est arrêté. La vieille baderne, proclamé Directeur, étant en effet persuadé que l’attaque du Mig 19 contre leur avion était le premier acte d’une guerre nucléaire entre le camp du Bien, mené par l’Angleterre, et les Rouges, a veillé au strict respect de ce qu’il considère comme les vertus de la tradition british et entretenu l’inquiétude et l’espoir sur le sort de la bonne vieille patrie.

La première partie du livre nous montre en parallèle l’incommunicabilité loufoque entre cet Anglais contemporain et ces survivants figés dans le passé, ainsi que le cynisme et la bêtise des medias et des gouvernants anglais.

Les bouleversements connus en Angleterre en 45 ans sidèrent et déstabilisant le Directeur : s’il se réjouit que les adolescents continuent à dévorer Le Seigneur des anneaux, s’enthousiasme en apprenant que le XV de la Rose bat régulièrement les All Blacks et les Springboks et a même remporté une Coupe du Monde, accepte avec fatalisme que les Australiens gagnent chaque année leur match de cricket traditionnel contre l’Angleterre, certaines nouvelles le révulsent. Un incident manque même d’éclater, lorsqu’il accuse Marley de vouloir démoraliser « ses » jeunes en annonçant que le gouvernement travailliste (les travaillistes étant pour lui les ennemis, alliés des Soviétiques) de Tony Blair déteste les syndicats et n’impose les riches qu’à 40% maximum…

Et là, on touche à l’autre sujet développé en filigrane par ce livre. James Hawes, né en 1960, décrit la lente désespérance des Anglais modestes de cette génération, nés à une époque de solidarité nationale, de valorisation du service public, cette génération dont l’ambition était une vie digne et le rêve le plus fou un petit appartement pas très loin de la BBC. Cette génération, qui a vécu les années Thatcher, la mort de l’industrie, le chômage de masse, la privatisation à outrance et la guerre contre les Trade Unions se retrouve dans l’état d’esprit décrit par ce court échange entre le Directeur et Marley :

« - Ecoutez, Marley, les gens ne sont tout de même pas inquiets, bon sang ?
- Ils ne le montrent pas, mais je pense qu’ils le sont, oui. Chacun a une maison, une télévision, une voiture, et prend l’avion pour aller passer ses vacances à l’étranger et cætera, seulement nous sommes tous endettés jusqu’au cou. Nous savons qu’il nous suffirait de trois mois de chômage pour perdre tout ce que nous possédons, et j’ai parfois l’impression que tout le monde en est conscient mais que c’est tellement effrayant qu’on préfère ne pas y penser. »


Les piques dirigées contre Tony Blair, présenté comme un benêt sans volonté, et ses conseillers, les fameux spin doctors, sont acérées et traduisent le sentiment profond de trahison éprouvé par l’auteur.

La seconde partie du livre s’ouvre par la découverte, assez miraculeuse, de cette colonie oubliée, l’opération de sauvetage, avec la présence du Premier ministre lui-même, le déchaînement médiatique et le rapatriement de tout ce beau monde en Angleterre.

Je ne dévoilerai pas la suite, mais sachez qu’un basculement s’opère alors vers une histoire encore plus absurde, mais aussi plutôt inquiétante, et que l’ironie devient encore plus féroce, voire grave. Et il n’y a pas de happy end, Brian Marley se retrouvant à la fin du livre, dans une situation… embarrassante.

Si l’édteur français exagère un peu en plaçant cet ouvrage dans la filiation du Monty Python’s Flying Circus, il ménage de bons moments de plaisir, de rigolade et de réflexion. Mais surtout il provoque la sympathie pour les Anglais des classes modestes et moyennes.

Tenez, même moi, si par hasard je me retrouve dans un stade de rugby et que je vois Wilkinson crucifier le XV de France par un drop, après une série de «pick and go» à 2 à l’heure du pack anglais, peut-être que j’entonnerai Swing low, sweet chariot avec les Rosbifs et que j’irai ensuite boire des pintes avec eux.

Pour vous dire…

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(1) je pense d’ailleurs que celles et ceux qui maîtrisent bien la langue anglaise ont tout intérêt à se procurer ce livre en version originale. Edition anglaise : Jonathan Cape, 2005. Edition française : Editions de l’Olivier, 2007.

Posté par mezcal à 14:31 - Le chemin des mots - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

La jeunesse de Prostetnic Vogon Jeltz

Récit imaginaire écrit dans le cadre d'un concours proposé par "Le voyageur galactique" dont j'ai gagné le second prix, une peluche Marvin, vous pouvez lire tous les récits en cliquant "ici".

C'était la première fois que j'écrivais un texte pour un concours, donc je suis super fière d'avoir gagné un prix. Bon ok, il faut que je rajoute par honnêteté qu'il n'y a eu que 4 textes en compétition, donc le deuxième prix sur quatre c'est pas non plus un exploit !  Mais quand-même...surtout le prix en lui-même, la peluche Marvin, c'est classe!

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Prostetnic Vogon Jeltz, dans sa jeunesse, n’était pas un Vogon différent des autres Vogons de son âge. Il était juste plus laid et avait un nez busqué comme tous ces congénères dégénérés.
Il faut dire que la race des Vogons ne brille pas par sa diversité mais plutôt par son ignominie.

Comme les autres Vogons, Prostetnic ne s’intéressait qu’à deux choses : écrabouiller des crabes et ricaner devant les jeunes Vogones.
Comme il était petit de taille, ces dernières ne lui jetaient pas des regards langoureux en clignant des yeux. Précisons que ce n’est pas une habitude de drague chez les Vogons, ceux-ci préférant envoyer des questionnaires type en recommandé avec accusé de réception en cinq exemplaires déclarant leur flamme de la plus curieuse des façons.
Les plus doués d’entre eux se risquaient même à un poème en guise de questionnaire.

Les parents de Prostetnic avaient pour lui un somptueux avenir tracé dans l’administration, à classer des papiers. Métier noble par excellence et notre jeune écraseur de crabes, sans qu’il n’ait eu son mot à dire, fut envoyé à la Haute Ecole Administrative Vogone.

Prostetnic occupait donc ses journées à étudier les différentes façons de classer des formulaires, les positionner par piles sur une étagère selon l’ordre d’arrivée, les tamponner puis les refiler au bureau d’à côté qui fera de même jusqu’au vide-ordures situé dans le bureau le plus éloigné ou bien les classer par le vide, cette dernière méthode étant bien sûr la plus efficace.

Durant les rares loisirs que lui laissaient ses études prégnantes, Prostetnic écrabouillait donc des crabes et commençait par la tête, car il s’amusait de voir la bestiole courir dans tous les sens sans pouvoir voir où elle allait.
Si ce passe-temps n’inquiétait pas ses parents, puisque ce jeu était intergénérationnel, il n’en allait pas de même avec une activité beaucoup plus cachée de leur fils.
Prostetnic avait la fâcheuse tendance à s’enfermer dans sa chambre et à déclamer de la poésie en se regardant dans la glace, pensant être seul !

La mère de Prostetnic en était toute retournée de voir son unique fils sombrer et quand avec un air innocent (tant soit peu qu’un Vogon puisse arborer un air innocent), elle le voyait monter dans sa chambre pour se reposer, elle ne pouvait s’empêcher de penser à cet oncle maudit, qui avait fait une carrière de professeur de poésie et qui était venu il y a quelques mois leur réciter quelques unes de ses créations poétiques.
Non ! Son fils ne deviendrait pas un artiste, il devait comme toute sa lignée d’ancêtres responsables manquer d’originalité, c’était une marque de fabrique de la famille à laquelle elle tenait plus que tout.

Prostetnic, lui, ne se doutant pas que son secret était découvert, continuait à s’exercer devant la glace et à réciter sa toute dernière création que lui avait inspiré une jeune Vogone qui étudiait avec lui.

« Oh ! Ma douce glaire,
Quand je vois ton profil tordu,
J’en frétille ma graisse
Veux-tu être ma bougresse ?
Oserais-je comme un glandu
Un jour en ta présence me taire ? »

Il faut avouer que même si la poésie Vogone était reconnue pour être la troisième plus exécrable de tout l’univers, Prostetnic avait quelques aptitudes qui aurait pu faire de lui un grand nom de la littérature Vogone.

Mais son destin, et surtout ses parents, en avaient décidé autrement.

A la fin de ses études, son diplôme de classeur d’archives 6ème zone en main, il attendait fièrement son premier poste dans la grande administration.
Les postes étaient attribués de manière très réfléchie, c’est à dire par la méthode dite aléatoire qui consiste à jeter dans un panier à crabe (les Vogons ne connaissant pas le chapeau, invention terrienne d’après le Guide Galactique) les noms des nouveaux diplômés et ce quelle que soit leur spécialisation, dans un autre panier une liste de métiers potentiellement disponibles.

Cette méthode, réputée efficace pour développer l’incompétence administrative, avait pour avantage de ne pas pouvoir être truquée.

C’était sans compter avec l’ingéniosité de notre jeune Prostetnic.
Celui-ci avait depuis ses derniers jours de cours déclamé son poème à sa jeune collègue. Cette dernière, pourtant impressionnée par son texte, ne lui avait pas donné d’espoir. Elle lui expliqua que la petitesse de Prostetnic l’empêchait d’établir tout contact amoureux au risque de devenir la risée de tous les adolescents de son âge.

Mais Prostetnic savait qu’un espoir existait et se promit de devenir poète.

Il imagina un stratagème pour truquer la sélection du panier à crabe. Il s’introduisit une nuit dans les locaux, passant sous le nez de deux gardes qui se disputaient à propos du futur championnat de lancer de crabes.
Son plan était simple, il lui suffisait de remplacer tous les papiers indiquant les différentes carrières par d’autres où il était écrit « carrière : poète ».

Quelques jours plus tard, au moment tant attendu de la délibération du jury de sélection des carrières, plusieurs dizaines de Vogons se virent offrir une carrière de poète, carrière administrative inexistante, ce qui ne dérangea nullement le jury dont la compétence équivalait à tous les jurys de tous les autres systèmes planétaires.

Prostetnic était furieux, sa colère se manifestait par des hurlements indicibles et une tendance à mouliner avec ses petits bras en vociférant des gné, greheu, graboudyeux, grognibeurk et autres mots en « G » qu’il affectionnait particulièrement.
Sa colère était légitime, il faut dire que son nom n’avait pas été tiré au sort, pour la simple raison qu’il avait oublié de le rajouter en plusieurs exemplaires dans le panier adéquat.

Alors que notre jeune idiot se morfondait en écrabouillant quelques centaines de crabes, sa mère quant à elle était de fort bonne humeur.

En effet, elle n’avait pas réussi à s’introduire dans les locaux de l’administration à temps avant le tirage du jury et était rassurée que le nom de son fils n’ait pas été retenu pour entamer une carrière idiote de poète.
Tout n’était donc pas perdu, et elle pourrait mettre en exécution son plan avant le prochain tirage du lendemain.

Son projet était simple, il fallait éloigner du nid familial le plus vite possible Prostetnic pour qu’il puisse enfin trouver sa voie dans une carrière prometteuse. Pour cela il suffisait qu’il soit choisi le plus rapidement par le jury quelle que soit la carrière qui s’offrait à lui.

Elle soudoya donc un des gardes en lui envoyant un formulaire déclaratif d’intention de libertinage en cinq exemplaires et, avant le rendez-vous dit du passage à la casserole, elle put admirer les locaux de l’administration centrale et dérober les bulletins nominatifs et les remplacer par des dizaines au nom de son fils.

Le lendemain, Prostetnic fut donc appelé pour exercer une carrière militaire et faire ses débuts dans la flotte galactique.

Drôle de destin tout de même pour un ex-élève au classement d’archives 6ème zone. Il n’y a rien d’anormal (si toutefois on peut parler de normalité concernant les Vogons) puisque ce jour-là le jury choisissait les carrières des anciens étudiants de l’Ecole Militaire et non de l’Ecole Administrative, mais cela la mère de Prostetnic n’en savait rien.

Prostetnic dut quitter le cocon familial et s’enrôler pour le prochain départ d’un vaisseau dernier cri au poste de pilote, lui qui n’avait jamais conduit autre chose que des sortes de gazelles qui mouraient immédiatement dès qu’on leur grimpait sur le dos.

Ses débuts furent chaotiques et il suffit de quelques secondes pour qu’on lui retira le manche à balai qui servait de guidon au véhicule spatial et que le capitaine s’exclama :
« Bougredandouille, mais c’est quoi ce déchet qu’on m’a mis au pilotage, qu’on l’affecte au nettoyage des papiers gras d’emballages, il ne pilotera jamais un vaisseau tant que je serai en vie »

Ce capitaine mourut étrangement quelques semaines plus tard, étranglé par des liasses de papiers gras sans qu’on ne sache jamais qui était à l’origine de cet accident domestique et un jeune Vogon, nommé Prostetnic Vogon Jeltz, fut nommé capitaine suite à un étrange tirage au sort mais ceci est une autre histoire.

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04 mai 2008

Parce que ça faisait longtemps...

...que je n'avais pas écrit un seul message sur ce blog pour ce blog.

Oh oui, je mets des textes que j'écris ailleurs, j'archive seulement.

Évidemment sans suite logique, mise à part la chronologie (plus ou moins) dans laquelle j'écris.
Bon, je ne vais pas changer mes habitudes mais tenter quand-même d'expliquer un peu plus par un préambule le pourquoi du texte qui suit.

Histoire de rajouter un peu de cohésion à ce blog!

C'est ma bonne résolution pour 2008, il était temps, non?

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Posté par sayyadina à 08:08 - Allo ? Ici le blog - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2008

Coming out

Cela fait près de trente ans que cela dure. Que je succombe régulièrement à cette pulsion coupable, à cette vilénie honteuse.


Chaque fois que je vois poindre les prémisses de cette bassesse qui me traumatise, j’ai des sueurs froides, mes doigts tremblent. Ces doigts qui rêvent de faire ce geste frénétique… J’essaie de repousser l’échéance, j’abandonne en hâte mon occupation, je la délaisse parfois pendant des jours.

Mais, lorsque je passe à côté de l’objet de mon tourment, mes yeux s’exorbitent tels ceux d’un junkie.

Je craque alors, je me confronte au danger qui me guette. Je me retiens, je me raisonne, puis toutes mes résistances sautent et je commets l’irréparable.

Cela ne me console pas de penser que des millions et des millions de personnes souffrent de la même affliction, du même vice caché. C’est bien là que le problème réside : tous, comme moi, gardent cette blessure intérieure pour eux et ne peuvent donc s’en guérir.

Je décide donc, aujourd’hui, devant vous, d’avouer au grand jour ma faute. Puisse mon coming out inciter celles et ceux parmi les Paranoïaques qui souffrent en secret de ce mal à se libérer.

Oui, quand l’intrigue d’un polar, d’un thriller ou d’un roman d’espionnage me passionne, je vais lire les dernières pages à l’avance.

Et vous ?

Posté par mezcal à 11:50 - Création absurdeloquente - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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