Remue Méninge

Remuer sans faire tourner la mayonnaise… Une envie de partager quelques réflexions sur le monde qui nous entoure, de titiller votre vision de la vie, d’échanger et débattre sur des sujets variés…sur un ton léger et décalé.

29 septembre 2009

Les enfants du rauque

Générique

- Salut les petits clous ! C’est Phil au Man, tout juste rescapé, de La nouvelle daube, qui revient vous présenter ce soir la 42ème émission des «Enfants du Rauque », l’émission dédiée aux chanteurs à la voix cassée par la bière, les clopes et la dope…

Ce soir, nous nous pencherons sur deux ensembles vocaux : Hélicon comme la lune et le Doc et ses Poulpettes. Ces deux groupes mythiques de l’underground corpobatracien (on se rappelle leur bœuf sur « Nathalie des JMJ »), ont choisi de revisiter à leur façon le patrimoine artistique français.

Avant de l’interviewer, écoutons le premier morceau d’Hélicon comme la lune.

- Hélicon, pourquoi « Bali Balo » ? Pourquoi « Black Dog » ?

En fait, l’autre jour, je me suis aperçu que mon chien, qu’on voit au début du clip, a des grosses couilles. Le CSA ayant interdit la diffusion d’un clip le montrant en train de se les lécher, j’ai décidé de leur faire la nique, comme le vrai rebelle que je suis, en chantant « Bali Balo » sur l’air de cette chanson de Led Zep. Hin, hin, hin… Je suis le Che Guevara du rauque, bientôt moi aussi je vendrai plein de T-shirts avec ma tronche dessus!

- Les connaisseurs auront remarqué que tu prends des licences bien venues avec le texte. Pourquoi, dans l’avion, Bali Balo encule-t-il un mouton et pas un cochon ?

C’est un clin d’œil à un pote zoophile, tragiquement décédé dans une explosion récemment… C’était son dernier gig, c’était son dernier acte, parti en souriant histoire de noyer son trac…

- Parle-nous de ton deuxième morceau, que nous allons écouter tout de suite.

- J’en ai marre de ces chanteurs à la noix qui font de l’humanitaire pour des causes évidentes : la faim dans le monde, les victimes de tsunamis, les enfants sidéens d’Afrique… Fuck ! Il y a des drames dans notre pays, des gens qui plongent dans le désespoir et qu’il faut soutenir…

- Ecoutons ça tout de suite…


- Dernière question : où en es-tu avec la pisse de gnou ?

- No comment ! C'est une démarche intérieure qui m'ouvre les chakras, alors que je suis en rapport avec mon moi... You see? Des fois, tu sais, si l'air s'arrête, les ULM ils tombent, you see what I mean? Je te parle, tu me parles, mais en fait on n'est pas là... Mais un jour, il y aura du kung fu!

- Maintenant, le Doc !
Doc, merci d’être venu ce soir pour nous parler d’une expérience dodécaphonique qui tient à la fois de Boulez et de Bézu. Peux-tu nous en parler ?

Tout est parti d'une simple observation entre amis mélomanes amateur de rauque and roll: il était neuf heures six. Nous avons bu jusqu'à ce que la fibre patriotique nous pousse en dedans. La fibre patriotique c'est un peu comme un papillon ça commence par une chenille. Alors ça nous a fortement inspiré et nous avons abandonné le hard rauque pour un canon sophistiqué et un rythme populaire... La marseillaise sera toujours un hymne populaire.

http://www.youtube.com/watch?v=B89j5NCYBBM

- Pourquoi montres-tu ton torse velu ? Pourquoi cette mutilation capillaire ? Est-ce un hommage à ton ami Marilyn Manson ?

- Marilyn n'a pas voulu se montrer sur la vidéo, je déplore qu'il soit resté dans la salle de bain. Mais du coup il était impossible de prendre une douche (puisqu'il occupait la pièce) et il faisait une chaleur torride dans l'appartement. Une fois les vêtements enlevés il fallait ôter les poils pour faire baisser cette torride température interne.
C'est juste parce que j'ai l'esprit frais et que je souhaite qu'il le demeure que je me fais dépoiler en chantant.

http://www.youtube.com/watch?v=uU14L8mbJKc

- Une question me brûle les grandes lèvres ? Est-il toujours 9h06 à Vera Cruz ?

A Vera Cruz, comme à Nice, comme ailleurs il est toujours neuf heures six quand on cherche un alibi pour boire un coup et se déshabiller.

http://www.youtube.com/watch?v=eA91bhEJY3I

- Le résultat final, que nous allons écouter dans un instant, m’a fait pleurer d’émotion. Petite question people : t’es-tu marié avec le poulpe ?

- Non parce que je me suis engagé déjà avec une limande. Mais nous formons un ménage à trois très émoustillant. On se chante la "maman des poissons" sur l'air de l'internationale et on vit avec le sourire aux lèvres (surtout le poulpe qui est le plus jovial de nous tous).

http://www.youtube.com/watch?v=T3oD-sEgruU

-  Merci les gars, vous êtes vraiment tarés ! La semaine prochaine, une émission spéciale Barry White, revisité par les rockers berrichons !

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26 septembre 2009

Le bide à la française...

... entre tour de ventre et 33 tours.

« Allons à Messine
Pêcher la sardine
Allons à Lorient
Pêcher le hareng. »

Je veux aujourd'hui vous parler très sérieusement, tant ce sujet provoque chez moi de graves questions. Pourquoi parle-t-on seulement du bide à la française, alors qu’il existe tant de bouses éternelles en langue anglaise ? (1) Pourquoi la chanson se serait-elle obligatoirement améliorée depuis l’apparition du CD, puis du mp3 ? Vous n’avez pas écouté le dernier album de Christophe Willem ? Et cette histoire de tour de ventre n’est-elle pas une louche attaque contre le regretté Carlos ?

Je me suis donc plongé dans l’analyse scientifique de l’excellent site de Bide&Musique, dans le but de trouver 4 idées pour grossir grâce à la chanson française. Et cela me permettra de balayer une idée reçue : le bide à la française n’est pas mort avec le 33 tours !

1) Les chansons alimentaires

S’il est une tradition dans la variété bien franchouillarde, c’est de parler de bouffe. D’ailleurs, cette habitude est encore vivace, grâce par exemple aux rappeurs aveyronnais.

Mais rendons hommage à quelques précurseurs illustres, qui auront su éveiller notre appétit avec une exigence mélodique rare.

« Dans la cuisine de maman,
Y'a des papayes et des piments,
Des rôtis de dindonneaux,
Des recettes d'aligots
Et puis aussi, c'est pas tout
Des œufs durs et du mérou
Et dans l'tiroir du frigo

Un truc qui m'a mis K.O. »

mezrahi



















« Ma chouquette royale, n'a pas d'égale
Ma chouquette royale, c'est pas banale
Ma chouquette royale, c'est magistral
Ma chouquette royale, c'est génial. »

tomtom


















Et, bien sûr, je ne saurais passer sous silence que j’aime les bananes parce qu’il n’y a pas d’os dedans. Par contre, j’aime pas les rhododendrons…

2) Fructose et lactose

Il est prouvé depuis longtemps que les sucres simples non-hydrolysables assurent des ventres rebondis et de superbes poignées d’amour. Et il est un liquide naturel, issu de la production bio et équitable, qui en contient deux, le fructose et le lactose :

LE SPERME.

Quel rapport avec la chanson, me direz-vous ? Et bien, même s’il paraît difficile de parler la bouche pleine, des artistes bien de chez nous ont réussi ce tour de force :

« C'est la saga-ga-ga
Des spermatos-tos-tos
Pour les nanas sympas
Et les poteaux-teaux-teaux
C'est la saga-ga-ga
Des spermatos-tos-tos
Pour les papas-pas-pas
Et les gagas go go. »

(Patrick Topaloff)

Et entonnons tous ensemble l’immortel hymne des soirées arrosées, des étreintes furieuses sur le capot de la Simca 1000 avec Miss Comice agricole, après le bal des pompiers :

« J'ai la quéquette qui colle
J'ai les bonbons qui font des bonds
J'ai la quéquette qui colle
Dansons sur le pont d'Avignon. »
(2)

quequette


















3) La bière

Comme nous en discutions il y a peu avec Faust, rien ne vaut pour charmer les vraies femmes que les abdos Kronenbourg. La plasticité et la rondeur stomacales rassurent et font craquer les donzelles en manque de bonhomie rassurante.

Les artistes de goût l’ont bien compris, et cela quel que soit leur style musical de prédilection, comme en attestent ces deux exemples :

« A la pression, en boîte, en canette.
On boit, on fait des rots et on pète.
KRO-NEN-BOURG
ça fait mal à la nuque le lendemain
Mais on va remettre ça sans fin. »

La Bière

« Quand j'étais à la Légion étrangère
Je traversais tous les jours le désert
Le sable chaud, le soleil quelle misère
J'aurais donné ma vie pour boire une bière »

On a soif

4) La danse des baleines

La motivation naît de l’admiration, l’admiration de prestations scéniques époustouflantes. Comment ne pas rêver d’un tour de taille d’éléphanteau quand ceux-ci livrent des performances vocales et chorégraphiques pleines de force et d’émotion ?


Comment ne pas rêver d’un destin de Bibendum quand les baleines viennent bramer harmonieusement, dans leur lente et pesante valse ?

--
(1) Quelques exemples :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/kitsch/video/x2v14_kitsch-armidanny
http://www.youtube.com/watch?v=jamJ4-C_TME
http://www.youtube.com/watch?v=XC73PHdQX04
(2) cette chanson figure sur une excellente compilation karaoké

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23 septembre 2009

Les chansons que l'on chante défoncé

Vous l’avez compris, mon propos n’est pas d’évoquer les états lamentables dans lesquels se plongent les junkies, qui comme chacun sait ont les cheveux longs et gras, boivent de la bière et votent à gauche.

Non, je veux parler des moments de divertissement avec des amis proches, quand on se lâche jusqu’à boire deux verres de Champomy, fumer les pelures de cacahuètes, voire inhaler du talc parfumé à la fraise…

Dans ces instants-là, la franche camaraderie nous amène à entonner en chœur d’innocents hymnes ravigotants, d’un goût d’autant plus exquis que les «produits» utilisés sont de bonne qualité.

Laissez-moi vous narrer trois anecdotes amusantes et porteuses d’une morale de bon aloi.

Nous avions invité quelques amis pour savourer une délicieuse spécialité tourangelle : le pâté de Pâques. Pour aiguiser notre appétit, avec un pote, nous nous étions gorgés de sucre de canne et d’herbe de bison. Le bonheur ressenti me poussa alors à me lever (bon, Ok, à me casser la gueule aussi) et à ravir l’assistance avec ce morceau lyrique mémorable.

En une autre occasion, et complètement par hasard, je vis débouler à la maison pour mes 42 ans une dizaine de philosophes. Pendant cinq jours, nous échangeâmes forces propos doctes et nous régalâmes de beignets de fleurs d’acacia, de brochet, buvant pour nous désaltérer les eaux minérales les plus délicieuses, tout en fumant… des Havane bien sûr.

C’est au bout de cette retraite spirituelle que nous avons voulu rendre hommage à une grande cantatrice.

Enfin, un soir d’été, un joyeux compagnon sortant tout juste de sa rivière poissonneuse vint nous visiter, pour nous faire découvrir le parfum délicat des herbes et de la gentiane de Pontarlier. Troubadour des temps modernes, il souhaita nous laisser en souvenir une petite chansonnette.

Et vous, lorsque l’ivresse et la défonce vous gagnent, que chantez-vous ?

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04 juin 2009

Un rayon de soleil

Tout va mal, la crise économique commence juste à faire sentir ses effets, Philippe Val prend la direction de France Inter, l'ASSE ne sera pas champion de France cette année...

En ces temps de doute, le repli sur soi est fréquent. Et nous savons tous qu'il peut déboucher sur l'ostracisme, voire la xénophobie ! Il est heureux de voir des Montmartrois transcender les frontières et les différences culturelles.


Popol au Tyrol

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01 juin 2009

L'imaginaire dans la musique populaire

Je me faisais la réflexion l'autre jour que peu d'artistes ont su intégrer de bonne façon dans leurs chansons l'évocation de l'imaginaire, de la science-fiction, de l'horrifique...


Il y a certes Bowie avec Life on Mars ou Space Oddity, Bauhaus avec Bela Lugosi's Dead, Sheila avec Spacer... Mais cela reste limité. Quel fut donc mon bonheur de découvrir une immense artiste, à la voix délicieuse et aux choix artistiques audacieux, Jan Terri.

Elle n'hésite pas à se frotter à la science fiction :

Journey to Mars


Elle sait aussi nous faire frémir dans un univers angoissant :

Get Down Goblin


Et je vous conseille vivement de savourer ses autres titres, référencés à droite de la page TonTuyau : un bonheur rare !

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04 mai 2009

vision de normalité

"Il n'y a point de génie sans un grain de folie."
Aristote

Mais le grain tu le plantes où ? Dans le terreau de la déraison ou dans le crâne à coup de tête?
Ça s’arrose vous croyez ?

J’avais posé cette question à Aristote, mais il ne m’a jamais répondu, faut dire qu’il est un peu trépassé comme gars. La mort ça laisse des traces à vie.

Le rapport des artistes à la folie, le grand thème des soirées branchées. Faut-il être fou pour créer ? Faut-il souuuuuuuffrir pour être un arrrtiiiiiste ?
Alcoolique, drogué, ok je veux bien mais la folie ne change rien à la création si t'as pas de talent au départ.

Enfin sauf si on s’appelle Johnny et qu’on espère vendre des disques en chantant « Requiem pour un fou ».

http://www.youtube.com/watch?v=9bVjvznyE6g

Non !!!!!!!

Cliquez immédiatement sur le bouton pause, vous risqueriez d’avoir des séquelles irréversibles.

Franchement Johnny le plus grand chanteur de rock ? Fadaises, ne souriez pas manipulez-moi plutôt.
Retrouvons nos divagations et allons chercher la déraison ailleurs.

Requiem pour un fou d’amouuuuuuuuuuuuur, pfff il ferait mieux de chanter pour les fous plutôt que de les resquiller à coup de concerts de xxx euros (mettez un chiffre aberrant).

Je divague, je m’égare quelle inconscience !

La folie ce n’est qu’une normalité différente ! A force de prendre les fous pour des fous on en oublie qu’ils ne s’amusent pas des masses, assommés par des pilules de toutes les couleurs de l’arc en ciel.

Le fou s’emmerde disons-le, parfois il se fait même dessus, mais il n’en reste pas moins un être aliéné comme nous au cycle de la vie « boire-manger-pipi-caca-dodo ».
Malade de ne voir autrui qu’à travers les yeux haineux de ceux qui ne le comprennent pas, des porcs aux truies qui ricanent, le fou n’aspire parfois qu’à être regardé sans le regard débile de la honte.

Dérèglement de la société mentale qui ne veut bien percevoir que le génie du fou quand ça l’arrange parce qu’elle peut en discuter devant un verre de champagne alors que la folie qui nous accompagne sans jamais nous trahir se trouve au fond d’une bouteille de Kronenbourg, mais ceci est un autre débat.

Bref, le fou est soit l’artiste délirant soit le monstre enfermé à double tour dans sa camisole loin de la psychose des bêtes pensantes.

Parfois des artistes, pas Johnny rassurez-vous, ont une idée de génie, simple et courbe comme un grain qui germe, sans récupération ni mégalomanie. Juste parce que.

On est en juin 1978 en Californie. Lux Interior et de sa compagne guitariste Poison Ivy sont en tournée avec leur groupe The Cramps.
Le 13 juin ils se rendent au « Napa State Mental Hospital », pour donner un concert aux pensionnaires de cet hôpital psychiatrique.

http://www.youtube.com/watch?v=R2i-g8ZycNU

Les malades dansent, s’éclatent, montent sur scène avec le groupe, essaient de piquer le micro. Un costaud en robe à fleurs passe visiblement un des meilleurs moments de sa vie. Une femme accompagne le chanteur en poussant régulièrement des hurlements. Tout cela sans aucune agressivité ni intervention des infirmiers.

Le groupe, lui, balance son rock sans appréhension ni ironie. Lux Interior, plutôt connu pour son cynisme sur scène, dit même au public : « On m’a dit que vous étiez fous. Je ne crois pas : vous êtes des gens bien », avec une émotion palpable dans la voix qu’on ne lui connaît pas.

Comme quoi, un des groupes les plus déjantés de la planète peut, mieux que certains bien-pensants, démontrer son respect et son acceptation de l’autre, quelle que soit sa différence…

Posté par sayyadina à 15:25 - Se laver les oreilles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2009

When my guitar gently weeps

 J'ai toujours été fasciné par la dextérité extravagante de certains guitar heroes, qui leur permet les improvisations les plus osées. Jimmy Page qui passe l'archet sur ses cordes sur Dazed and confused, Jimi qui jouait avec ses dents, Guy Béart... finalement non, pas Guy Béart.


Mais j'ai découvert récemment, grâce à un mélomane averti, le Dieu absolu du Riff, le gratteux ultime, le seul qui joue de la guitare... sans la toucher !
 

Posté par mezcal à 20:54 - Se laver les oreilles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 mars 2009

Bashung est parti faire la tournée des grands espaces

Tout le monde s'y attendait, mais cela n'empêche pas que ce soit un mauvais coup, dans une journée déjà maussade et grise.

Alain Bashung est décédé ce samedi.

Certains diront que, conscient de l'aspect inéluctable de sa maladie, il s'était déjà éloigné.

Mais je fais partie de ceux qui pensent qu'il avait plutôt acquis depuis plusieurs albums un statut à part dans la chanson française, qu'il avait atteint des cimes où il se trouvait tout seul, des cimes balayées par le vent du lyrisme, d'une musique dépouillée. Un endroit où l'oxygène se respirait à pleins poumons...

Et pour l'illustrer et rendre hommage à Bashung, voici le morceau d'ouverture de l'album live "La tournée des grands espaces", album que vous pouvez écouter en entier tellement il reflète bien la classe du monsieur.

Gaby est orpheline, Madame ne rêve pas ce soir...

Titre : Tel

 

Posté par mezcal à 19:58 - Se laver les oreilles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 décembre 2008

Hall of Fame : Nicolas Peyrac

Hommage au fils spirituel engendré par l'union d'Antonin Artaud et Maurice Chevalier : après Georges Pérec, Nicolas Peyrac.

Ah! Evidemment, pour vous les jeunes, élevés au son de M Pokora et nourris au grain transgénique de Cauet, ce nom illustre ne dit rien.

Pourtant, la veine surréaliste de cet artiste maudit irrigue les battements de coeur de tous les amoureux du surréalisme post-industriel, de ceux qui ne se résignent pas à la morne litanie des chanteurs drogués, des divas alcooliques et anorexiques, bref de ceux qui savent conjuguer bonnet de nuit et *fuck attitude*, chaussettes de contention et charmes de l'écriture automatique.

Pour vous en convaincre, analysons une oeuvre de ce génie, sobrement intitulée "Je pars".

"Je pars
Le vol de nuit s'en va
Destination Bahia
Buenos Aires ou Cuba
Je pars
Prends soin de l'Opéra
De la rue des Lilas
Dis-leur que cette fois
Je pars"

Affalé sur son lit aux draps crasseux et parcourus de puces, dans sa mansarde glaciale aux murs dégueulant le salpêtre, le poète fait doucement couler l'absinthe sur son sucre et s'envole vers des pays de Cocagne, des destinations oniriques où l'attendent des indigènes fessues et mamellues. Mais un pan de son coeur reste relié à ses compagnons de galère et il enjoint à son fidèle acolyte, le cheval borgne dévoreur d'étoiles, de veiller sur les lieux de ses escapades alcoolisées.

"Je tire un trait je ferme la valise
Destination Zagreb via Venise
Je souffle la bougie
Je me dessine une folie
Les doigts croisés sur l'infini
Je dis salut"

Roulé en boule, il s'enferme dans la valise, comme certains s'enferment dans les frigos pour voir si la lumière s'éteint vraiment et si les yaourts et les légumes ont une vie secrète dans le noir. Eteignant la flamme de la raison, il dessine à la cire des futurs improbables et cherche à enfermer entre deux doigts l'Univers, la Vie et le Reste...

"Et peut-être qu'un jour
Je serai de retour
Qui peut me dire comment
L'exil vient aux errants ?"

Sublime interrogation du voyageur androïde, parti dans des contrées mentales balayées par des tempêtes de neige et de suie! Exil volontaire de l'écorché vif, loin du PMU-bar-tabac du coin et de la loge aux odeurs de chou de Mme Michu, qui peuplent son quotidien citadin...

"Je t'aimais bien, je garde ta tendresse
Elle me tiendra chaud le temps qu'il me reste
J'ai la gueule trop pâle
Qui rêve de lune et d'étoiles
Cette fois-ci je mets les voiles
Je dis : "Bon vent"
Et peut-être à demain
N'oubliez pas frangin
Je change de chemin
Je change de beau temps"

Oui, mais ce fut durant toute sa carrière le drame de Nicolas Peyrac : l'absinthe était en fait du vulgaire sirop pour la toux, les indigènes avenantes des pilières de comptoir, la lune et les étoiles n'illuminaient que le papier peint...

Ses départs définitifs n'étaient qu'illusion et ses seuls voyages l'amenèrent à Chateauroux ou Yvetot, dans le bus de tournée de Serge Lama, dont il assura régulièrement la première partie.

Pas étonnant qu'il tire la gueule en chantant (1) :

http://www.youtube.com/watch?v=stGUsmBboM4

--
(1) mais comme dans toute chose malheur est bon, il a au moins ainsi inspiré Ian Curtis...

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23 octobre 2008

Du bon usage de la « chanson engagée »

Il n’est pas rare qu’un chanteur, dans son souci de faire passer un message politique ou social, tombe dans la démonstration lourdaude et sans intérêt artistique. Voir, par exemple, le dernier album de Cali…

Et puis, il y a des morceaux, partant d’événements habituels, qui vous restent dans la tête dès la première écoute et vous marquent profondément de leur propos… Cette chanson, Laurent, le guitariste du groupe, l’a écrite après avoir lu le quatrième tome de la BD, du même nom, de Manu Larcenet. Ils la chantent durant leur actuelle tournée et elle figurera sur leur prochain album. Et, dans cette version, ils l’interprètent à un endroit totalement approprié, en plein ch’Nord...

Artiste : Fatals Picards

Titre : Le combat ordinaire

URL: http://fr.youtube.com/watch?v=im_1m46WVgs&feature=related

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