26 janvier 2009
Jean Thomas Jobin, humour glacial ?
L’humour absurde a-t-il une frontière ?
Non pas dans le sens (nonsense?) d’une frontière du type qui peut nous arrêter avec un « tout dans la tête et rien dans les poches » à la Léo Ferré, mais plutôt à un niveau géographique ?
Est-ce que ce type d’humour est uniquement pluvieux ou peut-il aussi survivre en milieu plus hostile ?
Les franchouillards avec leur humour caustique (oui j’ai regardé le "Père Noël est une ordure" dernièrement) et les Belges avec leur humour belge…bon ok… ont contribué eux aussi à l’humour décalé et nonsense c’est un acquis.
Mais qu'en est-il du côté du grand pays hivernal, j’ai nommé le Québec ?
Difficile de réfléchir à une référence absurde sans se geler le cerveau.
Et pourtant il est un homme bien décalé qui correspond à ce que l’on pourrait qualifier de mangeur de poutine à la jelly de petit pois à la menthe ou au pudding sans artichaut.
*neige* (ne réglez pas votre écran tout est maîtrisé) J’avais envie de vous parler de Jean Thomas Jobin (JTJ pour les intimes c’est comme JTN sans le N mais avec un J en plus).
Sa biographie : on apprend sur son site (42) les événements majeurs qui ont marqué sa carrière autant que sa vie personnelle.
Voici quelques exemples :
- Il s'est acheté un sundae le 5 avril 1986;
- Son four à micro-ondes est un Toshiba;
- Il n'a aucun autre appareil de marque Toshiba à la maison;
- Il a 3 chiens dont 2 sont des chats, et le troisième aussi, il a donc 3 chats, aucun chien;
- Oupsss c'est vrai, il a aussi deux hamsters, dont un est aussi un chat, il a donc 4 chats, un hamster et aucun chien ;
- Il aime les blocs-notes, mais ça dépend lesquels, il ne les aime pas tous, il veut les voir avant de dire : j'aime ce bloc-notes.
Tout n’est pas bon mais ces petites vidéos de la vie quotidiennes sont instructives.
Comment se réveiller rapidement
Parce que les maths c’est la vie
Et bien sur le goûteur d’électroménager (que je trouve énorme, le sketch pas l’électroménager bien sûr même si j’ai un micro-onde, un four et un mixeur)/
Le gars a aussi des références Paix-y-z’agissent bien évidemment !
http://fr.youtube.com/watch?v=hgbN87PKUJU&feature=related
Et comme tous les humoristes revendicatifs, il se bat pour la culture, jugez vous-même et bonne diarrhée ! http://fr.youtube.com/watch?v=LMCjsji5bVY&feature=related
-- (42) http://www.jeanthomasjobin.com
12 janvier 2009
Rognez l’Os !
Le 13 mai 1938 naissait en France un hebdomadaire dénommé L’Os à Moelle. Pourquoi le rédacteur en chef, le remarquable Pierre Dac, a-t-il choisi ce titre ?
Laissons-le s’expliquer :
« Au temps des Gaulois, le fameux gui qu'adoraient ces derniers
n'était autre que l'os à moelle qui, à l'époque, n'était pas encore
passé du règne végétal au règne minéral: les campagnes celtes
verdissaient à l'ombre des ossamoelliers, au pied desquels les comiques
en vogue chantaient leurs plus désopilants refrains dont l'un des plus
célèbres, "Le druide a perdu son dolmen", est parvenu jusqu'à nous.
Voilà pourquoi, amis lecteurs, nous avons choisi ce titre: "L'Os à
Moelle"! Nous tâcherons de nous en montrer dignes et de le maintenir
sur le chemin du sourire et de la saine plaisanterie; nous éviterons
évidemment toute bifurcation politique, car nous voulons bien être
loufoques mais pas fous. »
Etrangement, cette profession de foi prudente me rappelle un blog un
peu particulier. D’autant plus que la ligne éditoriale du dit
hebdomadaire était ainsi résumée par le rédac’chef :
« Tout ce qui est d’un ordre général tout en restant particulier est nôtre ».
A la une des 109 numéros de ce journal – dont le premier fut vendu à
400 000 exemplaires en une semaine – trônait : « L’Os à Moelle, organe
officiel des loufoques ». La ligne de conduite des dits loufoques était
la suivante :
« Les loufoques se comportent, parlent, pensent autrement que le reste
des hommes et se regroupent pour fuir pendant quelques heures les
ennuis de l’existence, les petits comme les grands. »
Dans chacun des numéros, un résumé de la semaine écoulée, intitulé « Drol’ de s’maine » et rédigé par Redis-le Moelleux, permettait un retour décalé sur l’actualité. Des décrets-lois, édictés par un gouvernement aux portefeuilles tels le ministère des bas et chaussettes ou celui du bœuf en daube, décidaient par exemple qu’on ne travaillerait plus désormais le lendemain des jours de repos, mais, à titre de compensation, on se reposerait la veille.
J’arrête là les coïncidences, ou les plagiats par anticipation, en
citant ce mot de Pierre Dac dans le second exemplaire du journal :
« Pourquoi notre second numéro porte-t-il le chiffre 2 ? En tant
qu’organe des loufoques, ce deuxième numéro eût dû normalement être
numéroté 42 ou 126. »
Au bout de 109 numéros, le journal cessa de paraître le 7 juin 1940,
une semaine avant l’arrivée des Allemands à Paris. Cela était plus
prudent : le journal ayant largement brocardé aussi bien Hitler que
Mussolini, il valait mieux que Pierre Dac, né André Isaac, prît le
maquis. Après moultes péripéties, il rejoint Londres et devient
l'humoriste des émissions en français de Radio Londres à partir de
1943. Interrogé après la guerre sur cette disparition forcée de L’Os à
Moelle, il eut cette belle phrase :
« Il est bien connu que l’os à moelle se décompose au contact du vert-de-gris… »
Je finirai en plaçant en exergue, pour vous inciter à un petit jeu, une rubrique permanente du journal, les offres d’emplois.
Cette rubrique, souvent alimentée par Pierre Dac lui-même, l’était aussi, entre autres, par un jeune poète de 17 ans, tellement idolâtre du maître et tellement timide qu’il passait pour déposer ses billets sans jamais oser frapper à sa porte pour se présenter. Il se rattrapera, après avoir lié connaissance en 1949 : ce jeune homme s’appelait Francis Blanche…
Quelques exemples, parmi les plus fameux, de ces offres d’emplois :
- On demande cheval sérieux connaissant bien Paris pour faire livraisons seul ;
- On demande sonneur de cloches, ayant notions menuiserie, pour déménagement à la cloche de bois ;
- Importante compagnie d’autobus demande messieurs chauves pour servir de rétroviseurs ;
- On demande espions doubles, atteints de strabisme divergent, pour observer les deux côtés de la frontière.
01 janvier 2009
L’horoscope 2009 de Madame Irma
Bonne année 2009 !
Et pour commencer l'année en beauté, un horoscope absurde de Madame Irma, qui apporte depuis quarante ans le bonheur aux pauvres hères qui la croisent sur son carré de bitume de Pigalle ou au « Bar des Arpenteuses », où elle dispense ses consultations astrologiques.
Surströmming (22 décembre au 21 janvier)
Si vous êtes né(e) sous le signe du surströmming, restez chez vous
durant le premier trimestre. En effet, dès que vous passerez la porte
de votre demeure, des ados hystériques se jetteront sur vous pour vous
lécher les narines en vous prenant pour le chanteur de Tokio Hotel, Godzilla voudra vous féconder et Martine Aubry vous proposera une motion de synthèse.
D’avril à juillet, le calme reviendra et vous gagnerez l’estime de vos
voisins en épilant les ânes. En août vous partirez en vacances en
Tchétchénie, où vous choperez une gastro qui vous occupera sainement
jusqu’en octobre.
La fin de l’année marquera un grand changement pour vous, puisque vous
jouerez tous les soirs de la chasse d’eau dans un orchestre de free jazz au festival d’Outreaux.
Crinière de fourmi (22 janvier au 21 février)
Si vous êtes né(e) sous le signe de la crinière de fourmi, vous aurez
les poils qui poussent à l’intérieur. Cela vous rendra follement
séduisant(e) auprès des pangolins, avec qui vous vivrez des moments
torrides.
Le mois d’avril sera à marquer d’une bouse blanche, puisque vous
gagnerez une ventouse à chiottes lors d’une partie de bingo. Votre
patron, subjugué, vous proposera immédiatement un poste de
responsabilité correspondant à vos nouvelles compétences.
En octobre, vous resterez sobre, mais au réveillon vous engloutirez
douze douzaines de noix de coco, arrosées d’essence de térébenthine.
Perroquet télépathe (22 février au 21 mars)
Les natifs du signe du perroquet télépathe chanteront chaque matin de
l’année du Nicolas Peyrac à tue-tête. Cela leur permettra d’être
expulsés de leur logement dès la fin de la trêve hivernale. Ne pouvant
plus accéder aux douches, ils se feront virer de leur emploi et, enfin,
ils pourront goûter la vraie liberté !
Sous le pont où ils dormiront, ils rencontreront le vrai amour avec un
brochet égaré et le mariage sera célébré en juillet devant une
assistance de gnous drogués.
La fin de l’année sera une embellie permanente, puisque les perroquets
télépathes se régaleront de boutons d’uniformes d’uhlans.
Trou de nez (22 mars au 21 avril)
Les natifs du signe du trou de nez verront dès janvier la Musareille
entrer dans le troisième quartier du Fémur. Leurs orteils croîtront et
se multiplieront, ce qui leur permettra de manger les œufs à la coque
avec les pieds.
A partir de juin, vous vous en roulerez un et resterez en permanence
dans un brouillard suave et embaumant la rose, qui vous ménagera les
rencontres sexuelles les plus inattendues avec une colonne Morris ou
bien un chapeau mou.
La fin de l’année sera marquée par un psoriasis de première classe, qui
vous permettra d’entrer gratuitement aux premières des concerts de
Carla Bruni.
Tord-boyaux (22 avril au 21 mai)
Si vous êtes né(e) sous le signe du tord-boyaux, votre chemin sera
jonché des roses lancées sous vos pas par vos admirateurs éperdus. Vous
daignerez, de temps en temps, leur faire un geste discret de la main
qui les fera s’évanouir.
En 2009, pour vous délasser de vos préoccupations vitales pour la
planète, vous découvrirez le vaccin contre le SIDA, résoudrez la crise
financière, annulerez la dette du tiers-monde et réussirez l’exploit
insensé de réconcilier Roux et Combaluzier.
Dans votre vie de couple, vous irez d’orgasmes extatiques en orgasmes explosifs…
Ces prévisions sont surtout valables si vous êtes né(e) le 9 mai. Et que vous fêtez en 2009 vos 43 ans.
Blanc manger (22 mai au 21 juin)
Les blanc manger passeront le premier trimestre à rire bêtement. En
effet, des trolls de la planète Kuyoku leur chatouilleront les
pseudopodes.
Au printemps, leurs croquettes favorites reviendront à la mode et ils
se coucheront les quatre fers en l’air dans la rue en sifflant You are the sunshine of my life.
En septembre, ils attaqueront les doryphores en justice pour harcèlement textuel et passeront le réveillon avec Maître Vergès.
Canapé Chesterfield (22 juin au 21 juillet)
Si vous êtes un canapé Chesterfield, mangez des pommes : les coiffes
bigoudènes tenteront en effet de vous convertir à l’hindouisme. Au
solstice d’été, vous avancerez de trois otaries, tomberez sur la case «
Jérôme Kerviel » et rachèterez le Titanic au prix de gros.
L’automne vous apportera son lot de lettres d’amour anonymes et
d’anthrax parfumé à la fraise. Epousez le facteur et déménagez sur la
planète Zion. Vous pourrez ainsi vous reconvertir en planteur de ganja
galactique.
Slip (22 juillet au 21 août)
Si vous êtes né(e) sous le signe du slip, entonnez durant le premier trimestre L’internationale
en breton, accompagné(e) par les Gipsy Kings. La présence de Barbarella
dans la troisième maison de Cendrillon risquera en effet de vous
conduire à La Courneuve sans passer par Opéra.
En août, allez joyeusement vous faire foutre, les hamsters n’étant pas
en été ce que l’on croit. Il sera bien temps pour vous, après
l’équinoxe d’automne, de manger des timbres poste.
Le jour de Noël, habillez-vous chaudement : vous vous transformerez en
effet à cette occasion en soldat trop connu et serez de garde toute la
nuit.
Serviette (22 août au 21 septembre)
Les serviettes connaîtront en 2009 une révélation essentielle. Après
une partie de belote coinchée avec le Dalaï Lama au bar-PMU « Chez Abdel »,
trois tétons leur pousseront dans le dos et ils commenceront à entendre
la voix de Rika Zaraï leur demandant de brouter les Anglais.
En juin, ils tenteront la traversée du Channel en mikado, mais
s’échoueront sur les plages de Nouvelle-Guinée. Ils créeront une
communauté célébrant le culte du cargo. On n’entendra plus parler d’eux
pendant trente ans, jusqu’à ce qu’ils soient découverts par l’équipe de
Koh Lanta.
Vodka au cumin (22 septembre au 21 octobre)
Si vous êtes né(e) sous le signe de la vodka au cumin, l’ornithorynque
de votre père vous poursuivra dans les couloirs de la maison familiale,
habillé en taliban. Ce n’est qu’en mars, lorsque Gargamel percutera la
troisième lune de Ganymède, qu’il s’arrêtera tout net devant une
horloge nymphomane.
Profitez de ce répit jusqu’en octobre. A ce moment-là, vous aurez
Uranus en enfilade et vous suinterez de la morve verte par tous les
pores. Seul un bain de sang de chapka lors de la dernière pleine lune
de l’année vous délivrera du mal.
Guacamole (22 octobre au 21 novembre)
Les natifs du signe du guacamole passeront beaucoup de temps à manger
les chaussures des nonnes. Vers le mois de juin, une excroissance de
guêtres blanches leur poussera au milieu du front et ils pourront alors
postuler avec succès pour les minimas sociaux.
Ce tour heureux leur permettra d’entamer une relation réjouissante avec
une tronçonneuse. Cette idylle durera jusqu’en décembre, lorsque le
loup-garou montrera sa cuillère.
Agité avant de se servir (22 novembre au 21 décembre)
Les agités avant de se servir connaîtront une année douce et mouillée.
La mère Denis leur ramènera leur linge du lavoir, Maïté les aspergera
de tofu frais.
En mai, ils tricoteront un plaid et en août, ils s’envoleront en robe
de mariée. Le dernier trimestre sera l’occasion de faire des bocaux de
couilles d’orang outang et décembre les trouvera rose, vert et mauve
sous les aisselles.
Pour tous les signes, l’ascendant sera cette année l’oryctérope misanthrope, avec ses effets habituels. Tous les quinze jours, un Australien vous offrira une bière et à chaque déclaration de Sarkozy, vous ferez le poirier nu(e) dans les jardins communaux.
24 décembre 2008
Pom pom pom pom
Un texte de noël ...ou bien de pâques...
--
On nous répète à longueur de journée qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour.
Pourtant il est de source sure que certains fruits peuvent être extrêmement dangereux pour l’homme comme pour la femme.
L’Histoire avec un grand H, celle qui ne peut être remise en cause,
nous a pourtant prévenus de ses dangers depuis l’aube des temps.
D’ailleurs que se passa t-il à l’aube des temps ?
Adam et Eve batifolaient dans leur jardin à Eden, une ville africaine,
puisque comme tout le monde le sait le berceau de l’humanité est en
Afrique.
Adam qui cueillait des pommes depuis l’aube décida d’en manger une. Or
l’homme qui n’était pas très malin trouva le moyen de s’étrangler avec.
Un morceau du fruit lui resta coincé dans la gorge. Eve voyant le
désespéré rougir et verdir à tour de rôle voulu l’aider en lui donnant
une grande tape dans le dos. Celui-ci prenant ce geste pour une menace
frappa Eve de grands coups de pied dans le ventre ce qui lui provoqua
des saignements.
Quand il put enfin recracher le morceau, il était de forte mauvaise
humeur. Eve regretta que ce ne fut pas des noisettes qu’il mangea, elle
aurait pu lui en casser quelques-unes dans l’entrejambe.
Et c’est ainsi que les rapports hommes-femmes se dégradèrent.
Effectivement chaque mois alors qu’Adam avalait de travers le fruit, il
frappait sa compagne et lui provoquait des saignements menstruels.
Il faut noter dès à présent l’hérésie manifeste de l’Histoire (celle
avec un grand H, vous savez celle qui se fume avec de la moquette).
Comment Eve a pu enfanter l’humanité si elle saignait à intervalle régulier ?
Et oui, face à l’impossibilité de donner naissance à des enfants à une
époque où l’adoption d’enfants africains n’était pas encore à la mode,
il faudra attendra Sainte Madonna et Sainte Angelina pour cela, Eve
telle un ver solitaire aurait dû errer de pomme en pomme, y tomber
dedans et sombrer dans une grave dépression.
Pourtant l’humanité est là, et paraît tous les jours même le dimanche.
Alors que s’est-il réellement passé ?
La Normandie qui rageuse de ne pas avoir annexé la Bretagne a réussi à
rouler dans la farine pour une question de blé l’humanité entière. Elle
en a fait son beurre salé pendant deux millénaires. La Vérité, la vraie
celle avec un grand V, c’est qu’il ne s’agissait pas de pomme.
Réfléchissons un peu, nous sommes en Afrique, vous avez déjà vu des
hirondelles africaines transporter autre chose que des noix de coco ?
Non ? Alors le fruit que mangeait Adam n’était pas la pomme mais bien évidemment….
*roulement de tamtam*
La banane !
Pourquoi la banane ? Mais parce que c’est un fruit qui pousse sous le
soleil du midi, qui est beaucoup plus énergétique que la pomme et
meilleur pour la santé.
Il est bien connu que pomme donne la diarrhée, et que la dysenterie est
un fléau pour les pays africains. Il est donc inconcevable qu’Adam ait
pu consommer un tel poison pour le corps.
Reprenons donc l’Histoire, avec un grand H comme Hector par exemple ou Harthur.
Adam qui cueillait des bananes depuis l’aube décida d’en manger une. Il
trouva le fruit délicieux et sa forme aphrodisiaque. Il appela Eve et
s’amusa avec elle à rire de la forme de l’objet qui n’était pas sans
rappeler la forme du morceau de chair qui pendouillait entre ses
jambes. Eve trouva la comparaison fort à propos et voulut approfondir
la question.
Ils découvrirent l’énorme potentiel de leur morphologie et s’amusèrent beaucoup.
Ils eurent beaucoup d’enfants, toute une humanité d’ailleurs et
n’eurent jamais la diarrhée puisque la banane contrairement à la pomme
constipe.
Cette révélation est d’ailleurs reprise par les prophètes
contemporains, comme par exemple Lio qui n’est pas reconnue à sa juste
valeur (42).
Aujourd’hui, fort heureusement, avec l’évolution des technologies,
l’homme peut diversifier son alimentation et ne plus consommer de
fruit, sauf au moment des rapports sexuels pour perpétuer une tradition
encore mal connue.
Par contre, tout comme le ver est dans le fruit, le fruit est dans le verre et seule l’eau de vie peut sauver l’humanité.
Qu’on se le dise !
(42) http://www.youtube.com/watch?v=SzTb9s8jKD4
19 décembre 2008
Hall of Fame : Nicolas Peyrac
Hommage au fils spirituel engendré par l'union d'Antonin Artaud et Maurice Chevalier : après Georges Pérec, Nicolas Peyrac.
Ah! Evidemment, pour vous les jeunes, élevés au son de M Pokora et nourris au grain transgénique de Cauet, ce nom illustre ne dit rien.
Pourtant, la veine surréaliste de cet artiste maudit irrigue les battements de coeur de tous les amoureux du surréalisme post-industriel, de ceux qui ne se résignent pas à la morne litanie des chanteurs drogués, des divas alcooliques et anorexiques, bref de ceux qui savent conjuguer bonnet de nuit et *fuck attitude*, chaussettes de contention et charmes de l'écriture automatique.
Pour vous en convaincre, analysons une oeuvre de ce génie, sobrement intitulée "Je pars".
"Je pars
Le vol de nuit s'en va
Destination Bahia
Buenos Aires ou Cuba
Je pars
Prends soin de l'Opéra
De la rue des Lilas
Dis-leur que cette fois
Je pars"
Affalé sur son lit aux draps crasseux et parcourus de puces, dans sa mansarde glaciale aux murs dégueulant le salpêtre, le poète fait doucement couler l'absinthe sur son sucre et s'envole vers des pays de Cocagne, des destinations oniriques où l'attendent des indigènes fessues et mamellues. Mais un pan de son coeur reste relié à ses compagnons de galère et il enjoint à son fidèle acolyte, le cheval borgne dévoreur d'étoiles, de veiller sur les lieux de ses escapades alcoolisées.
"Je tire un trait je ferme la valise
Destination Zagreb via Venise
Je souffle la bougie
Je me dessine une folie
Les doigts croisés sur l'infini
Je dis salut"
Roulé en boule, il s'enferme dans la valise, comme certains s'enferment dans les frigos pour voir si la lumière s'éteint vraiment et si les yaourts et les légumes ont une vie secrète dans le noir. Eteignant la flamme de la raison, il dessine à la cire des futurs improbables et cherche à enfermer entre deux doigts l'Univers, la Vie et le Reste...
"Et peut-être qu'un jour
Je serai de retour
Qui peut me dire comment
L'exil vient aux errants ?"
Sublime interrogation du voyageur androïde, parti dans des contrées mentales balayées par des tempêtes de neige et de suie! Exil volontaire de l'écorché vif, loin du PMU-bar-tabac du coin et de la loge aux odeurs de chou de Mme Michu, qui peuplent son quotidien citadin...
"Je t'aimais bien, je garde ta tendresse
Elle me tiendra chaud le temps qu'il me reste
J'ai la gueule trop pâle
Qui rêve de lune et d'étoiles
Cette fois-ci je mets les voiles
Je dis : "Bon vent"
Et peut-être à demain
N'oubliez pas frangin
Je change de chemin
Je change de beau temps"
Oui, mais ce fut durant toute sa carrière le drame de Nicolas Peyrac : l'absinthe était en fait du vulgaire sirop pour la toux, les indigènes avenantes des pilières de comptoir, la lune et les étoiles n'illuminaient que le papier peint...
Ses départs définitifs n'étaient qu'illusion et ses seuls voyages l'amenèrent à Chateauroux ou Yvetot, dans le bus de tournée de Serge Lama, dont il assura régulièrement la première partie.
Pas étonnant qu'il tire la gueule en chantant (1) :
http://www.youtube.com/watch?v=stGUsmBboM4
--
(1) mais comme dans toute chose malheur est bon, il a au moins ainsi inspiré Ian Curtis...
14 novembre 2008
Expressions, what else ?
La communication entre les peuples est aussi complexe que la niquation entre une vache et une espagnole. On ne se comprend pas toujours et pour amplifier la difficulté de la traduction les hommes ont inventé les expressions. Souvent intraduisibles parce que leur sens premier nous échappe, elles sont un frein à notre désir d’échanger en toute compréhension.
Pour les amoureux du nonsense que nous sommes, les expressions sont du pain béni, on peut se raconter des salades en toute impunité, avoir la langue bien pendue et surtout pas dans sa poche, ne pas mâcher ses mots, passer du coq à l’âne puis revenir à ses moutons sans tourner autour du pot.
On s’amuse à tenir le crachoir, à vider son sac, à changer d’avis comme de chemise, à mettre sa main au feu, à monter sur ses grands chevaux, à reprendre du poil de la bête, à s’arracher les cheveux après les avoir coupés en quatre sans trop se faire de mouron sur la signification imagée de ces expressions courantes.
On a du bol de retomber toujours sur nos pattes, de passer entre les
gouttes, d’être comme un poisson dans l’eau et de ne pas nager dans des
eaux troubles.
On joue avec les mots qu’on maîtrise, même si parfois on se mélange les
pinceaux, on se fourre les doigts dans l’œil, on fait chou blanc, au
moins on donne le change et on amuse la galerie.
Oui mais voilà, que se passerait-il si on utilisait le langage d'un autre peuple francophone aux expressions autant voire plus imagées que les nôtres ?
J'aime bien les défis et m’amuser !
J'ai donc écrit un texte en français puis je l'ai transposé en québécois. Quelques jours après, si je ne lisais pas la traduction, je ne comprenait plus totalement le texte !
Voilà ce que ça donne!
« Pour une fois j’étais de bonne heure sur le piton, j’hésitais entre
me pogner le cul et me lâcher lousse aux aubaines. J’embarquais
finalement dans mon bazou pour aller magasiner.
comme défaite, je me suis pogné dans l’traffic ce qui n’était pas
vargeux en soi mais pas plus inquiétant qui faut. Il y avait un type
saoul comme une botte qui avait pogné le champ. Y'était tellement en
criss qu'il pétait sa coche à police en leur donnant tout un char de
marde.
J’avais un peu la chienne qu’ils se sautent dans la face et que les cochons ou le soulon mange une volée.
J’observais de loin la chicane, crampée bien raide en voyant
l’expression d’un des flics qui en avait visiblement son voyage.
L'ivrogne était comme une mouche à marde et le pauvre coch un peu nono
en avait le moton. Bien dans le feu de l'action, je ne risquais pas de
cogner des clous.
Plutôt que de rester assise sur mon steak, je débarquais du char et
m’approchais un peu. Horreur le type sentait le swing tellement que
j’ai cru que j'allais péter au frette. J’avais beau chercher un foulard
dans mes poches, rien pour me protéger! Je savais bien que quelque
chose m’allait me chié dans les mains en partant précipitamment. Tant
pis pour moi.
les 3 faisaient tellement de train que cette histoire allait se savoir vite en sacrament ds l'boute
Le soulin tordait le bras du mangeux de beigne pour que celui-ci ne le
verbalise pas parce qu’il n’avait pas les yeux dans le même trou. Au
bout d’un moment le coch était tellement tanné qu’il lui a dit de
décrisser
Je pensais en sacrant mon camp que je n’aimerais décidément pas endurer un gars en lendemain de la veille. »
Et en français :
"Pour une fois je m’étais levée tôt, j’hésitais entre ne rien glander
et me laisser aller à quelques dépenses aux soldes. Je pris finalement
ma voiture.
Bizarrement je me retrouvais dans les bouchons ce qui n’était pas
exceptionnel en soi mais inquiétant. Il y avait un type complètement
ivre qui était sortit de la route. Surexcité, il explosait de colère
contre les flics en les insultants copieusement.
J’avais un peu la trouille qu’il se mette à taper sur les flics et que ça se bastonne.
J’observais de loin la scène, tordue du rire en voyant l’expression
d’un des flics qui en avait visiblement plein le cul. Le type ne lui
lâchait pas les baskets et le pauvre flic un peu niais en avait les
larmes aux yeux. Bien occupée à suivre l’évènement, je ne risquais pas
de m’endormir.
Plutôt que de rester assise à ne rien faire, je sortis de la voiture et
m’approchais un peu. Horreur le type puait tellement la sueur que j’ai
cru en mourir. J’avais beau chercher un foulard dans mes poches, rien
pour me protéger! Je savais bien que quelque chose me ferait défaut en
partant précipitamment. Tant pis pour moi.
Cette histoire allait faire du bruit, bordel !
Le type il insistait lourdement auprès du flic pour que celui-ci ne le
verbalise pas parce qu’il était éméché. Au bout d’un moment le flic en
a eu tellement marre qu’il lui a demandé de se barrer. Je pensais en
partant que je n’aimerais pas voir la tête du type au réveil de sa
cuite."
Alors vous aviez tout compris au premier texte avant d'en lire sa traduction ?
28 octobre 2008
Victor Hugo réchauffe la planète
« Loin des verdâtres imams de l'écolomanie
J'aim'rais encore te voir sensuelle et sulfureuse
J'aim'rais encore renaître à ton ventre meurtri
Là où ta peau devient humide et granuleuse
Terre Terre Terre
Dans quel état t'erres ? »
Je suis d’accord avec vous : Thiéfaine nous a habitués à mieux que le
jeu de mots totalement nul du dernier vers. Heureusement que,
musicalement, ça tient la route (1).
Mais cette chanson « écolo » d’HFT m’a permis de me rendre compte d’une chose. Le « jeu de mots bêtes show », est une solution pour sauver la planète.
Evidemment, l’autre pisse-froid de Victor Hugo prétend que « le
calembour est la fiente de l’esprit qui vole. » Mais nous n’allons pas
nous censurer parce qu’un pigeon a chié sur la tête de ce vieux Totor…
En creusant dans le florilège des jeux de mots les plus douteux, je me
suis aperçu qu’ils conjuguent la force écologique du discours de Mickey
3D et le lyrisme vert de Francis Lalanne. Par exemple :
- « Comment vas-tu, yau de poêle ? » : on se trouve immédiatement
transporté dans l’ambiance séculaire du bois qu’on coupe au petit matin
dans la forêt, en frissonnant de froid, pour alimenter le poêle autour
duquel toute la communauté va se réunir en chantant du Maxime Le
Forestier. Et sans polluer l’atmosphère avec des fumées chimiques…
- « Dans le Doubs, absinthe-toi » : suivant ce conseil salutaire, notre
Nitoyen exemplaire agzagorot part dans les forêts autour de Besançon
pour picoler et pêcher à la main des brochets de 35 kg.
- « Une pie vit un appât,
Elle voulut le happer
Mais ne le happa pas.
Moralité : quel bel appât que la pie n’happa pas. »
D’évidence, nous touchons la quinte essence de la vie au grand air, faite d’oiseaux espiègles et de sensualité exubérante.
Cela m’a donné l’idée du petit jeu suivant :
A vous de faire les pires jeux de mots en réplique, et
d’expliquer en quoi ils militent pour le retour vers Mère Nature, pour
une vie plus éco-responsable.
Et ça pourra donner de très belles paroles pour une chanson de Lalanne…
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(1) http://www.deezer.com/track/894793
24 octobre 2008
4,2 idées pour sauver le monde.
Cela pourrait être un slogan digne d’un discours d’une Miss France dont le passage obligé sous le chapeau de Madame de Fontenay aurait quelque peu abimé les neurones.
Toutefois cette question sérieuse mériterait une étude approfondie et de véritables solutions innovantes.
Je suis l’homme (1) de la situation tout d’abord parce que mes chapeaux ne sont pas toxiques et vous pouvez donc les lécher, ensuite parce que je côtoie tous les jours le monde ce qui me donne le privilège d’être bien placée pour en parler.
Le monde c’est quoi ? De l’air, de l’eau, du feu et de la terre. Il faut donc porter notre regard avisé sur chacun de ces quatre éléments.
1) L’air : L’idéal serait de le supprimer complètement et le remplacer par du gaz hilarant. Cela aurait le double avantage de mettre fin au débat « doit-on rire de tout » et de supprimer la morosité première maladie mortelle du monde. Mais cette mesure étant onéreuse le plus simple alors consisterait à respirer moins. C’est vrai on respire à tord et à travers, boulimique d’air et même s’il est pollué notre addiction à cette drogue nous pousse toujours à consommer plus pour aérophager plus. Pour un sevrage en douceur, parler en SMS est la première des choses à faire. Évidemment les jeunes toujours à la pointe de la modernité et de la technologie sont déjà formés à la technique écrite et auront une plus grande facilité à passer de l’écrit à l’oral. Pour les autres, j’ai trouvé un tutorial en ligne très bien fait. (2)
2) L’eau : Commençons déjà par sauter dans
toutes les flaques que nous voyons à pied joint. Oui je sais vous
entendez ça toute la journée, c’est le grand slogan à la mode, mais
c’est important. Les petits gestes, eux aussi, peuvent sauver le monde.
S’hydrater les pieds évite la transpiration et de vous oindre les pieds
tous les soirs. Oui, oui on vous a vu ! Les preuves sont là, des
hérétiques du développement durable ont été pris en flagrant délit
d’extrême onction comme peut l’attester cette photo. (3)
Le plus simple pour économiser de l’eau c’est de ne pas la boire. Par
exemple en avalant une gorgée sur deux et recrachant l’autre sur le
bitume pour gagner une économie sur l’arrosage quotidien. Evidemment je
vous incite à adopter la démarche radicale qui consiste à ne plus boire
de l’eau en la remplaçant par de l’alcool. Je
ne vous ferais pas l’affront d’en décrire tous les bienfaits et préfère
vous inviter à une dégustation en fin d’exposé.
3) La terre : on la piétine, on s’y roule dedans, on la malaxe, on la viole tous les jours et sans respect sous prétexte qu’elle est sale. Il est temps d’adopter un comportement d’adultes responsables. Et comment me demanderez-vous ? En marchant sur un pied tout bêtement. Économisez vos chaussures. Adoptez la démarche ridicule des maîtres du « Silly walk » bien sûr !(4)
4)Le feu : la chaleur est dans le cœur, nous n’avons pas besoin de chaleur extérieure. Arrêtez donc d’allumer vos chauffages l’hiver et préférez la chaleur naturelle d’une peau nue contre la vôtre, un regard de braise, le cœur qui s’enflamme et l’estomac irradiant d’une lumière sensuelle. Soyez chaudes Mesdames et Mesdemoiselles, l’avenir de l’homme en dépend ! Mettez-y un peu du vôtre, inspirez-vous des icônes du glamour, comme Marylin Monroe ou Bill de Tokio Hotel. Faites votre la philosophie Lynchienne (qui s’y connaissait en chienne en chaleur) : le feu marche avec moi ! (5) Vous aussi devenez un fakir ardent, marchez avec le feu.
0,2)Le nonsense : parce que l’humour et l’absurde sauveront le monde avec l'apéro bien sur ...
(1) non je n’ai pas une petite bite.
(2) http://www.dailymotion.com/video/x5merm_8-200-200-la-chanson-du-dimanche-s0_music
(3) 
(4) http://fr.youtube.com/watch?v=FQaypso2KyI
(5) 
19 octobre 2008
La mort ne siffle jamais trois fois
Même exercice que pour Mezcal : écrire un texte différents à partir des mêmes notes de bas de page.
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Il a frappé un matin de bonne heure.
Il avait mis son masque de mort (1) et emporté sa faucille (et son
marteau ?) qu’il tenait fièrement à la main, ce qui n’est pas pratique
pour frapper une porte, surtout quand celle-ci n’a rien demandé.
Vu qu’elle dormait profondément, elle n’a rien entendu même pas le jet
de pierre qu’il jeta à sa fenêtre d’un air agacé. Faut dire que ces
immondes bouts de rocher retombaient systématiquement sur sa tête,
comme attirés par quelques forces obscures (2).
Il était pressé d’en finir, d’autant plus qu’il voulait l’emmener
manger un bout vite fait bien fait avant de passer aux choses sérieuses
(3).
Dépité il s’appuya à la porte qui s’entrouvrit en le narguant.
Décidemment la journée commençait mal comme pour la plupart des gens se
dit-il en ricanant bêtement, voire même comme pour la plupart des
civilisations depuis que les milliards d’espèces existaient (4).
Il grimpa quatre à quatre les escaliers grinçants et dans un geste d’une amplitude démesurée il ouvrit la porte de sa chambre.
- Me voilà ! s’exclama t-il.
- Comme si je m’en étais pas rendue compte dit-elle dans un bâillement d’ennui. J’avais prévu ta visite(5).
A peine décontenancé, il s’élança vers elle et l’enlaça.
- Bas les pattes, où tu te crois. De plus je ne peux pas j’ai mes ragnagnas (6). Et elle rejeta ses avances illico-presto.
Cherchant à reprendre le dessus suite à la perte de ce premier combat,
il lui proposa donc de l’emmener manger dans un restaurant de la ville.
En cas d’échec il faut toujours revenir à la première étape, après tout
il n’avait pas cherché un peu trop rapidement à conclure en s’exonérant
de tous les préliminaires d’usage ? (7)
Elle semblait indifférente à ses efforts mais s’habilla avec toute la
nonchalance de sa jeunesse. Il était moche avec son masque et sa
faucille, tellement pas original comme…(8).
Il marchait à grande enjambée au moins quatre bons mètres devant elle.
Haussant des sourcils elle se demandait ce qu’elle pouvait bien faire
là, à le suivre au lieu de tourner les talons et s’enfuir. Mais elle
savait que quoiqu’elle fasse, il la retrouverait toujours et
reviendrait encore et encore désespérément (9). Elle ne pouvait pas lui
échapper. Alors autant profiter d’un bon repas et ne plus s’en faire.
C’était sa vérité à elle (10), sa façon de réagir au désastre.
Ils s’assirent à la table avec la petite nappe rouge à carreaux. La
serveuse arriva rapidement, il n’y avait pas beaucoup de travail à
cette heure matinale, ils étaient ses premiers clients.
Il regarda nerveusement autour de lui et réclama d’une voix caverneuse la carte de menu.
- Nous avons une formule petit déjeuner avec café, jus d’orange, bacon,
œuf coque, beurre et pain grillé, récita par cœur fièrement la serveuse.
- Mettez-en nous deux.
Elle n’eut pas le temps de riposter que la serveuse était déjà
repartie. Elle avait senti l’appétit disparaître quand il l’avait
regardé fixement avec ses yeux de fous.
Autant regarder la fenêtre et attendre mon heure, pensait-elle en coupant un bout de bacon huileux avec dégoût (11).
Il souriait en montrant ses dents toute jaunes.
Elle se retint de vomir, elle ne lui donnerait pas ce plaisir et prit
sa décision. Autant jouer le jeu jusqu’au bout et ne rien lâcher,
aucune peur, aucune parcelle d’émotion.
Misant sur son plus beau sourire angevin, elle enfourna un bon bout de
bacon. Elle sut immédiatement qu’elle avait gagné cette nouvelle
bataille (12). Son geste l’avait désarçonné. Elle en était sure.
Fière d’elle, l’appétit revenu elle pouvait se concentrer à nouveau sur
son assiette et trempa un bout de pain grillé et beurré dans le jaune
de l’œuf chaud. La colère lui monta au nez, le blanc était mal cuit et
son pain était tout baveux de cette substance. Elle eut de la haine
envers la serveuse qui ne savait même pas faire cuire des œufs à la
coque et repensa au beau berger qui un jour lui avait préparé le plus
bel œuf à la coque qu’elle ait jamais mangé. C’était dans les montagnes
profondes du Tibet. (13)
Perdue dans ses pensées elle n’avait pas vu la lame usée de la faucille
s’approcher de sa tête. A nouveau dans le présent, sa première réaction
fut de se demander si la vieille lame qui avait coupé des milliards de
tête n’était pas un véritable nid à microbes, d’autant plus qu’elle
n’était pas certaine que cette même lame n’ait pas tué des espèces très
différentes d’elle. C’était un vrai problème, si la lame contenait des
microbes venus d’ailleurs, est-ce qu’ils ne dévoreraient pas son corps
le privant de la sépulture qu’il méritait ? (14)
Elle avait quand même fait tout le nécessaire pour que son corps repose dans le coin le plus ombragé du cimetière.
Une fois la lame nettoyée, il se sentit un peu déçu quand même. Avec
son masque ridicule de farces et attrapes elle l’avait vraiment pris
pour la Mort venant la cueillir et n’avait même pas émis une vague
protestation à son assassinat.
Cette mort ne lui avait procuré aucune satisfaction, il aimait bien
quand elles crient et se débattent. Heureusement la serveuse avait eu
l’air un peu plus surprise, mais cette mort là était facile et ne
pouvait lui faire oublier son échec. Quelle journée !
Il fallait qu’il trouve un autre déguisement. Moins voyant, moins
démodé. Il jeta son masque dédaigneusement dans la poubelle à côté du
comptoir. Oui c’est ça, un truc de son temps, un costume de Superman,
de Batman ou encore mieux un masque d’Albator le pirate de l’espace.
(15)
(1) Car la Mort est mâle, c’est un fait acquis.
(2) Façon de parler. Elles se produisent parce qu’elles obéissent aux
règles de l’univers. Un caillou n’a pas d’avis mesurable sur la gravité.
(3) Si vous ne voyez pas du tout de quoi nous parlons, demandez à papa et maman
(4) D’accord, « la plupart des civilisations », ce n’est pas « la
plupart des gens ». Durant l’histoire, « la plupart des gens »
n’avaient nul besoin de se soucier de la forme du monde tant que le
repas suivant se trouvait dessus.
(5) Cette conclusion nécessite de poser quelques hypothèses
spécifiques, comme le caractère chronique et irréversible de la bêtise.
(6) De plus, beaucoup de femmes n’ont de cycle menstruel que depuis
quelques décennies. Avant cela, la plupart du temps, elles étaient soit
enceintes, soit en lactation.
(7) Si oui, félicitations ! Vous êtes un être humain : vous raisonnez de façon narrative.
(8) Euh…de la plupart des gens.
(9) « Désespérément » est un autre privatif : « sans espoir »
(10) « Vérité » est un privatif au même titre que « sobre »-tant que
vous n’inventez pas de mensonges, vous ignorez ce qu’elle recouvre. La
nature semble le savoir, sinon les animaux n’auraient pas investi tant
d’efforts pour se doter de camouflages très efficaces.
(11) La quantité de bacon produite par jambon est en moyenne légèrement
supérieure au quart de la quantité produite à partir de l’individu
entier.
(12) C’est d’ailleurs un principe fondamental de narration. Si le héros
ne triomphait pas d’obstacles insurmontables, où serait l’intérêt ?
(13) Combien de livres de cuisine dictent de mettre de l’eau à bouillir
mais ne précisent jamais à quelle altitude le faire ? Le détail a
pourtant son importance : à plus haute altitude, la température
d’ébullition baisse.
(14) Il s’agit probablement d’un autre mensonge. Il est peu probable que des microbes extraterrestres nous trouvent comestibles.
(15) Toutes nos excuses aux vrais dieux.
18 octobre 2008
Chronique des notes de bas de page
Texte issu d'un petit jeu d'écriture. A partir de notes de bas de pages imposées, écrire un texte. Mezcal a choisi de le faire à la façon de Vialatte.
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Les couilles de la Mort – Cheveux qui tombent – La société de civilisation des nains épileptiques – Se gratter la tête rend con – Réhabilitons Eve grâce à Hérodote – Le bouclier de la vérité absurde – Les bouchers vikings – Dans les nuages, Nikos Alliagas n’existe pas – Une rasade de cervoise – Divinités rigolardes – Grandeur consécutive du *nonsense*.
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Il arrive, même au sage, de s’arrêter au bord du chemin, effrayé de voir apparaître entre chien et loup les génitoires velus de la Mort (1). C’est dans ces moments-là qu’une bonne dose de *nonsense* est nécessaire, afin de rire du cheminement réfléchi des péripéties du temps qui passe (2).
Pourquoi en effet se laisser abattre par les cheveux qui tombent inéluctablement et les poils de cul qui blanchissent ? A tout âge, désormais, il est possible de batifoler et de connaître de délicieuses extases (3). Dans notre *société de civilisation*, nous ne sommes en rien tenus, malgré les exhortations d’un nain épileptique, à renoncer à cueillir le jour pour cogiter avec un pli soucieux à l’avenir des normes et idées reçues qui dirigent les rapports sociaux. Remarquons d’ailleurs que c’est pour avoir développé ce genre de débats sentencieux que la plupart des civilisations se sont écroulées (4).
Bien au contraire, une étude approfondie de l’histoire des peuples qui ont successivement brandi le sceptre de la domination planétaire nous montre qu’ils sont tous devenus cons à force de se gratter la tête (5). J’en profite d’ailleurs pour pourfendre et réduire au silence certains ethnologues de l’école créationniste qui attribuent la chute des empires à Eve et ses descendantes, sécrétant d’après eux tous les vingt huit jours un flot de sang perverti inondant les mondes (6). Je me doute d’ailleurs que vous êtes toutes et tous suffisamment au fait de la science d’Hérodote pour rejeter ces théories saumâtres (7).
Par contre, ceux qui ont hérité de la plupart des civilisations (8) un goût immodéré des débats oiseux seront privés de ressort et désespérément (9) hermétiques à l’humour raffiné et décalé. Ils ne pourront se protéger du désarroi existentiel devant la Mort derrière le bouclier de la vérité absurde (10). Ils ne sauront compter sur la compagnie rassurante des Vikings découpant des porcs entiers pour remplir des boîtes de spam (11). Ils n’accompagneront pas non plus *Captain Fantastic* dans ses aventures tumultueuses mais victorieuses contre Mrs Black (12)…
Lorsque l’esprit s’élève, grâce à la philosophie adamsienne ou pratchettienne, jusqu’à la hauteur des nuages, toutes les données changent (13). A défaut, l’homme croit sans recul à la santé du CAC 40, à l’existence de Nikos Alliagas ou la haine carnivore des Aliens pour l’espèce humaine (14). Pas surprenant, alors, qu’il parte en courant lorsque la Mort s’approche de lui dans le but innocent de lui payer une cervoise…
La conclusion est donc limpide : pour finir bourrés, préférez les dieux que sont Douglas, Terry ou les Monty (15)
Et c’est ainsi que le *nonsense* est grand.
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(1) Car la Mort est mâle, c’est un fait acquis.
(2) Façon de parler. Elles se produisent parce qu’elles obéissent aux
règles de l’univers. Un caillou n’a pas d’avis mesurable sur la gravité.
(3) Si vous ne voyez pas du tout de quoi nous parlons, demandez à papa et maman
(4) D’accord, « la plupart des civilisations », ce n’est pas « la
plupart des gens ». Durant l’histoire, « la plupart des gens »
n’avaient nul besoin de se soucier de la forme du monde tant que le
repas suivant se trouvait dessus.
(5) Cette conclusion nécessite de poser quelques hypothèses
spécifiques, comme le caractère chronique et irréversible de la bêtise.
(6) De plus, beaucoup de femmes n’ont de cycle menstruel que depuis
quelques décennies. Avant cela, la plupart du temps, elles étaient soit
enceintes, soit en lactation.
(7) Si oui, félicitations ! Vous êtes un être humain : vous raisonnez de façon narrative.
(8) Euh…de la plupart des gens.
(9) « Désespérément » est un autre privatif : « sans espoir »
(10) « Vérité » est un privatif au même titre que « sobre »-tant que
vous n’inventez pas de mensonges, vous ignorez ce qu’elle recouvre. La
nature semble le savoir, sinon les animaux n’auraient pas investi tant
d’efforts pour se doter de camouflages très efficaces.
(11) La quantité de bacon produite par jambon est en moyenne légèrement
supérieure au quart de la quantité produite à partir de l’individu
entier.
(12) C’est d’ailleurs un principe fondamental de narration. Si le héros
ne triomphait pas d’obstacles insurmontables, où serait l’intérêt ?
(13) Combien de livres de cuisine dictent de mettre de l’eau à bouillir
mais ne précisent jamais à quelle altitude le faire ? Le détail a
pourtant son importance : à plus haute altitude, la température
d’ébullition baisse.
(14) Il s’agit probablement d’un autre mensonge. Il est peu probable que des microbes extraterrestres nous trouvent comestibles.
(15) Toutes nos excuses aux vrais dieux.



