Remue Méninge

Remuer sans faire tourner la mayonnaise… Une envie de partager quelques réflexions sur le monde qui nous entoure, de titiller votre vision de la vie, d’échanger et débattre sur des sujets variés…sur un ton léger et décalé.

28 février 2008

La terre une amie particulière

La terre, j’en ai partout, elle me macule les doigts.
Je n’ai pas le temps de nettoyer, il faut que je continue à la gratter, à l’enlever par fines couches, par strates.

La terre, elle me rentre dans les ongles, je les porte courts pour éviter les dégâts. Celle-ci est brune orangée, elle est souple limoneuse. J’ai de la chance, ma truelle à la main je la caresse à peine elle s’ôte facilement.

Parfois elle est dure, argileuse, noirâtre, joueuse m’empêchant d’en découvrir les nuances qui me permettent de délimiter mon espace de travail.
Parfois elle sent mauvais, elle est gorgée d’eau sale, elle m’arrache les mains quand elle se mélange avec des graviers grisâtres.

La terre a une odeur que j’aime, riche en émotion, un mélange de soleil et de pluie. Je sens une surface dure, je pose mon outil et regarde. Un pinceau vite pour enlever la poussière. Oui voilà j’arrive à ce que je cherche depuis ce matin.

Parfois elle est cruelle, sableuse dans les yeux, elle pénètre dans le nez, la bouche, elle crisse sous les dents, s’envole au vent.

La terre plein le seau je me dépêche, j’ai hâte d’y retourner, de découvrir les secrets qu’elle scelle. Je suis d’humeur taquine, je vide mon seau en faisant un pâté comme les enfants dans le sable au bord de la mer.

Parfois elle est gelée, elle refuse de se laisser prendre, il faut y aller avec des armes, des pioches lourdes, mais elle résiste. Parfois elle se moque de moi, un coup de pioche et rien : je n’en enlève qu’une infime couche. Je persévère, j’ai des ampoules plein les doigts, mais je gagnerai ce combat, je gagne toujours…

La terre plein les semelles, je regagne à grand pas mon carré bien nettoyé, un coup de balayette pour retrouver les contours de l’objet qui commence à apparaître et me revoilà la truelle à la main enlevant délicatement la terre sans abîmer l’objet.

Parfois elle est un piège, un trou, un terrier, faussant le diagnostic d’une structure creusée par l’homme. Je la maudis, je me suis faite avoir, j’ai perdu du temps et il y a tellement de terre a enlever encore…

La terre en petit tas autour de moi, je prendrai une pelle pour la mettre dans mes seaux plus tard, là j’ai pas envie, j’ai trop envie de découvrir l’objet. C’est une poterie ancienne, 2500 ans avant JC, elle est en bon état de conservation, pourvu que ce ne soit pas qu’un tesson isolé, pourvu que la terre ait bien conservé son décor.

Parfois, elle est élastique, vient alors le temps du jeu entre mes collègues et moi, on en fait de petites boules et on lance une attaque. On se cache derrière les seaux, les brouettes, on fait deux camps : les préhistoriens d’un côté et les antiquisants de l’autre. Les boules fusent c’est la guerre et un moment de détente entre nous.

La terre me bouffe les mains, j’ai pas envie de porter mes gants, il me faut sentir ce que je fais, tant pis je mettrai de la crème ce soir. Je prend une petite truelle, j’ai dégagé à la grosse tout ce qui me gênait, le gros oeuvre, maintenant le travail de précision commence il me reste à dégager la poterie qui grossit de minutes en minutes, excavée du sol. Elle semble entière, je la caresse, je sens des reliefs, elle est gravée.

Parfois elle est lourde sous les pieds les jours de pluie, elle est dangereuse devenant boueuse. Il faut faire attention de ne pas tomber, de ne pas glisser…

La terre plein le seau, il faut que j’y retourne encore et encore…pas le temps de jouer à des jeux d’enfants, je veux finir de dégager la poterie avant la fin de la journée. Il me faudra recreuser autour pour continuer. Des minutes longues avant d’atteindre mon but.

Parfois elle me fatigue, encore gratter, encore gratter, tout ça pour rien, il n’y a rien à trouver. Je la maudis, elle est trop acide, elle a tout englouti.

La terre s’entasse à nouveau, mais cette fois-ci c’est la bonne. La poterie est entièrement dégagée, mais je ne peux pas encore l’enlever. Elle est décorée, des stries géométriques creusées forment des chevrons parfaitement parallèles. Il faut que je la vide de toute cette terre qui l’alourdit, mais doucement sans gestes brusques, je ne veux pas la briser.

Parfois elle s’éboule provoquant des risques majeurs, la tranchée s’effondre et on fuit le lieu avec le cœur qui bat très vite. On y a échappé belle, on n’avait pas prévu ça, on a sous-estimé ses failles.

Il n’y a plus de terre, j’ai la poterie dans la main, elle n’est pas bien grande, une potiche de 40 cm mais à la forme parfaite sans cassure, elle rejoindra un musée sans doute. Je vois mal le décor, il faudra la laver pour qu’apparaissent tous les détails. Je l’enveloppe délicatement, la mets dans une caisse prête à partir. La journée se termine, demain j’en sortirai encore une dizaine comme elle….

Posté par sayyadina à 17:22 - Outre passé - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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12 mai 2007

Plantez un Menhir !

plantez_un_menhir

Imaginez une rue, bruyante, dans Paris…. 4 hommes transpirent une sueur nauséabonde, faut dire qu’ils portent un bouclier, avec un homme dessus et qu’il fait chaud, on est au mois de juin, dans l’année 2003.

Sur le bouclier, un homme donc, tout vêtu de peaux et fourrures, il porte un casque avec des cornes, c’est un fier gaulois.

 Plus loin, dans une ruelle loin du tumulte guerrier, un enfant court, il s’approche de sa mère, et lui tend une pochette en plastique tout excité :

- « Regarde ! On m’a donné ça »

- la mère prend la pochette en question, l’ouvre et lit l’inscription sur un bout de papier : « PLANTEZ UN MENHIR : faites un trou, déposez votre graine, arrosez tous les 100 ans. Patience, dans 2500 ans, vous aurez…un menhir adulte ».

 
Mais revenons à notre fier gaulois transpirant sous sa fourrure hivernale, il n’est pas seul dans sa rue…autour de lui débarque une armée de Romains vêtus en orange fluo avec des armes en papier mâché, hurlant et scandant le slogan : « Sus au gouvernement, l’archéologie préventive doit survivre et vaincre Bouygues Telecom ».

 
Est-ce une fiction, un exercice de théâtreux ou un remake d’un Monty Python sur la quête su Graal en pleine rue ?! 

 Arrêtons-nous un instant sur cette scène : quoi de plus stupide que ces déguisements et folklores non contemporains, pour passer un message en faveur des archéologues, qui eux même sont des bêtes curieuses aux vues des hommes en gris qui gouvernent le monde (les politiques pour ceux qui n’auraient pas compris) ?

 La réponse est hélas médiatique…

 Quoi de plus absurde, que de devoir mettre en scène son mécontentement ?

Mais le gaulois sur son piédestal le sait bien, il a fait la couverture de x magazines d’actualités sous sa fourrure. Les autres aussi savent que s’ils veulent être entendus et que leurs revendications portent, il faut jouer dans la cour des grands qui passent au « 20 heures » et pour cela se prêter aux cérémonies que dictent les journalistes.

 
C’est donc pour cela que sur demande des journalistes des JT les plus connus en France, ils se sont jetés dans la scène, ou un autre jour ont posé nus cachant leur nudité la plus intime derrière des casques de chantiers…

Ou, ont pendant 3 mois reconstitué dans le moindre détail le village gaulois d’Astérix au Sud Ouest de la France…

Sans compter les prises des châteaux de la Loire en légion romaine devant les Rita Mitsouko, qui devant cette mise en scène ont joué quelques morceaux de leur dernier concert en brandissant les sachets de « Menhir à planter ».

 
Finalement, quand on est que quelques centaines de personnes à vouloir être entendus et passer dans les médias, ne faut-il pas user et abuser d’une originalité médiatique, même si contraire à l’éthique scientifique (menhirs à planter, gaulois en peau de bêtes, village d’Astérix au sud de la France) ?

 2 mois plus tard , la sanction tombait : les archéologues continueront à exister.

 Alors, Gaulois qui proposent de planter des menhirs devant l’œil médiatique ou Vikings entonnant « Spam, spam,spam… » dans un restau, même combat ?

Posté par sayyadina à 10:27 - Outre passé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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01 février 2006

La pornographie, ça existe depuis quand d'après vous ?

Un premier tour des blogs m’a permis de comprendre que si on parle de cul, on est lu et on a des commentaires.

D’où l’idée de vous apprendre peut-être quelque chose sur la naissance de la pornographie.

Je ne vous fait pas plus attendre, alors de quand date la pornographie ? La pornographie ne date pas de la naissance de canal+ vous vous en doutez !

Les plus vieilles représentations d'activités sexuelles retrouvées jusqu’en 2003 étaient des fresques datant de 2000 ans.

Mais des archéologues de l'institut archéologique de Saxonie ont découvert des sculptures en avril 2003 lors de fouilles dans la région de Leipzig, en Allemagne.

Ces figurines qui évoquent une relation sexuelle entre un homme et une femme datent de 7200 ans !

050404porno_ancien_n

Une première statuette de 8 cm surnommée Adonis von Zschernitz et qui représente le bassin d'un homme a d'abord été retrouvée.

Un mois plus tard la figurine féminine correspondante fut mise à jour.     050404porno_ancienf_n

Il peut y avoir deux interprétations à la fabrication de ces figurines.

Soit une représentation d’une danse rituelle, soit une représentation d’une relation sexuelle.

Les spécialistes pensent que l'option de la copulation serait plus probable.

Elle devient ainsi la plus vieille représentation de pornographie retrouvée à ce jour.

Que cela vous inspire t-il ?

Posté par sayyadina à 21:45 - Outre passé - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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