07 octobre 2008
L’iconographie braille
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s'encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l'anti-savoir. C'est le but de la Cacopédie qu'Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c'est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d'être un inventaire
exhaustif de l'anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d'un titre représentant l'inversion symétrique d'une entrée
d'encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
---
Comme chacun le sait maintenant, le futur influe le passé et le
présent. Ainsi, ce n’est pas du chevalier Barbier de la Serre que Louis
Braille s’est inspiré en 1829 pour mettre au point sa méthode
d’écriture codée pour aveugles, mais bien de Paul Muad’Dib. Celui-ci,
enfermé dans sa cécité et dans les grottes de Jacurutu a, en fait,
inventé cette technique dans le but peu avouable d’envoyer des lettres
cochonnes à ses maîtresses Fremen et pouvoir lire, d’une main, leurs
réponses enfiévrées.
Mais comme il se défonçait en permanence à l’Epice, aux trips psychédéliques dévastateurs, ses correspondantes, lorsqu’elles caressaient ses missives écrites sur des rectangles de peau de ver, ne rêvaient pas d’heures de voltige à plusieurs, mais étaient prises d’une envie furieuse d’organiser des réunions Tupperware… La vie sexuelle du Prêcheur en pâtissait, mais l’analyse de ses lettres a donné naissance à une discipline nouvelle : l’iconographie braille, qui s’attache à interpréter les sensations subliminales provoquées tactilement par la lecture d’un texte ainsi rédigé.
Par un ricochet spatio-temporel tout à fait anodin pour quiconque a un jour croisé Zaphod Beeblebrox, l’iconographie braille a connu un engouement remarquable durant tout le XXème siècle, révélant des significations savoureuses cachées sous les œuvres d’aveugles célèbres.
Ainsi, quand on palpe la partition originale de Georgia on my mind apparaît à l’esprit Marilyn Monroe nue, celle de Sous les sunlights des Tropiques Karol Wojtyla, enfant, en short moulant et quand on frôle à regret du doigt les discours de George W. Bush une patate en robe de chambre s’impose à vous (1).
Des écrivains non-non voyants, désireux d’explorer toutes les voies de l’esthétique, se sont livrés aux mêmes jeux, et c’est précisément une phrase célèbre d’un entre eux que je prendrai en exemple pour illustrer cette technique merveilleuse qu’est l’iconographie braille.
Veuillez maintenant caresser votre écran ci-dessous
.. . .. ….. .. . . .
. .. .. . .. . .
. . . .. . . ..
.. .. . . . .. ….. .
.. . …. . . . . .
. .. . . . ..
. .. . . . ..
.. . . .. .. .. .
. . . . .
La première strophe vous précipite immanquablement dans un marasme
extrême. La pointe de violence sous-jacente de la première ligne a une
tête de poing américain dans le foie, impression accentuée par la
déliquescence vomitive des deux lignes suivantes. Les images les plus
repoussantes viennent à l’esprit : but de Materazzi, rappel de
Christophe Maé, JT de 13 heures sur TF1… Cette strophe chute sur
l’angoisse ancestrale de l’homme devant l’inconnu menaçant…
Sa colère s’exprime crescendo dans les deux premières
lignes de la seconde strophe, pleines d’images de fureur, de loups
baveux hurlant à la Lune, de combats effrénés du pilier de bistro
contre les machines à Rapido trop lentes… Mais le souffle épique tombe
brutalement à la dernière ligne, laissant l’être humain seul face à son
tiers prévisionnel.
Quel contraste avec la dernière strophe, toute en harmonie, évocatrice
de nymphes se baignant nues sous une cascade, de peaux de bêtes devant
une cheminée, de coup de boule dans la tronche de cet enfoiré de
Materazzi ! La plénitude est atteinte, les angoisses envolées.
Et c’est somme toute normal, quand on sait que la phrase traduite en
braille est « La réponse à la Vie, l’Univers et le Reste ». Et cette
réponse, vous la connaissez…
--
(1) Comment ça, il n’est pas aveugle ? Et son commentaire sur l’attentat du 11 septembre, je cite, « J’ai rien vu, j’étais de dos », alors ?
19 juillet 2008
Anatomie des kangourous de Bourgogne
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
--
« Mais qu'est-ce que ça peut faire
Comme bruit un kangourou
Ça peut pas faire cui cui
Ça peut pas faire miaou
Personne ne sait vraiment
Quel est le bruit qu'il fait
Peut-être que finalement
Le kangourou est muet. »
Enigmes insondables de la nature ! Combien d’explorateurs, combien de scientifiques sont partis en quête de la découverte ultime, celle du cri du kangourou, et ont disparu irrémédiablement…
N’écoutant que mon courage pour satisfaire votre curiosité insatiable, je me suis rendu, juste armé de ma b* et de mon couteau, dans une réserve de kangourous sauvages, en Bourgogne.
Après m’être arrêté à Chablis, Mercurey, Beaune et Nuits-Saint-Georges pour m’armer de courage, je me suis enfoncé, seul, dans le bush bourguignon.
Très vite, j’arrive à repérer un mâle, en train de brouter de l’herbe et des matières fécales. Son mufle énorme fouille le sol, tandis que ses quatre tentacules surveillent les environs avec leurs yeux. Sa langue râpeuse s’agite de façon obscène.
Afin de déjouer sa vigilance, j’enfile mon camouflage de ceps de vigne
et m’enduit de bave odorante. Progressant par lentes reptations, je
contourne le fauve pour me positionner du côté de la jointure de sa
coquille et de son pied unique.
Vif comme l’éclair, je lui enfonce alors un doigt dans son orifice
respiratoire et un autre dans son anus. Malgré ses cabrioles
frénétiques pour se libérer, je tiens bon et il ne tarde pas à
s’évanouir, en lâchant un pet de désespoir.
Après l’avoir attaché, je commence à le disséquer, en introduisant un
scalpel dans son orifice de reproduction et de ponte situé à droite de
la tête, afin de mettre à jour ses cordes vocales.
Et là ; eurêka ! Luisantes et dorées, ses cordes vocales en forme de saxophone apparaissent. C’était donc cela ! Les kangourous de Bourgogne sont en fait des jazzmen, venus au début du siècle de la Nouvelle Orléans. S’ils ne répondent jamais aux interpellations des hommes, c’est parce que ceux-ci négligent d’amener avec eux un big band…
Pressé de révéler ma découverte au monde entier, je m’éloigne en sifflant « When the Kangoos go marching in ». Le Prix Nobel m’attend !
*NDLR : renseignements pris, la cure de vin de Bourgogne suivie par Mezcal lui a fait commettre une grave erreur d’appréciation. Nous vous donnerons de ses nouvelles à l’issue de sa cure de désintoxication*
15 juillet 2008
Morphématique du Morse
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
--
Ah quel beau langage rythmique que le morse !
On se demande parfois comment une espèce animale, à priori pas plus intelligente qu’un pingouin a pu inventer un moyen de communication autant complexe que le morse.
Telle est l’erreur d’une question que l’homme ne devrait pas se poser. En effet les morses n’ont rien à voir avec le langage du même nom. De même que Philippe Lavil qui, bien qu’il tape sur des bambous, n’a pas inventé la rythmique saccadée d’un Ti Ta Ta Ti Ta.
Le morse, comme son nom ne l’indique pas est un langage codé visuel ou rythmique.
Langage binaire composé de Ti (points) et de Ta (traits), il est
nécessaire de disposer de bras, de doigts, d’un bâtonnet ou d’une lampe
de poche et de vouloir communiquer à plusieurs de façon discrète.
Par exemple montrer son mécontentement dans les toilettes mal nettoyées de votre voisine de 142 ans en tapant sur les murs avec le balai brosse «.- / .--. ..- . / .. -.-. .. » (« Ça pue ici »). Les autres invités de ce thé dansant se retiendront d’uriner ou iront emprunter une couche pour incontinence à la plus âgée des convives présentes.
L’articulation est importante, imaginez que vous ayez dit « venez me rejoindre pour une partouze » (1) au lieu de « SOS au viol ! »(2) les conséquences ne seront pas les mêmes. Je suis bien consciente que dans un moment de danger maximal, on peut faire quelques erreurs de prononciation, surtout si votre agresseur vous étrangle.
Aujourd’hui, plus personne ne respecte la phonétique et l’intrusion du langage SMS remplace de plus en plus les accents et la ponctuation, le morse reste très attaché à une règle de grammatologie musicale :
- Le trait est toujours trois fois plus long qu’un point.
Faute d’évolution contemporaine, le morse est voué à devenir une langue morte uniquement utilisée à des fins peu glorieuses par des braqueurs de banque à coup de klaxons fort discrets. « Heps, les flics arrivent nous on se tire, désolé pour toi.»(3)
Cette absence de modernisation du langage a été mise en évidence avec l’impossibilité pour les rappeurs de conjuguer les traits, ils ne connaissent que le poing levé.
Par contre, il est étonnant de voir cette forme primitive de langage fonctionner encore très bien en communication étrangère.
En effet, les extra-terrestres usent fort bien du morse et magnifient l’extraordinaire variété des Ti et des Ta. (4)
Utilisant les plus belles sonorités musicales de ce langage les envahisseurs ont trouvé le moyen ultime d’ouvrir une discussion avec notre espèce, les hommes pris d’une envie de se dandiner sur le dance floor ne pensent plus du tout à déchiffrer le message codé « Vous allez tous mourir » (5) et ne se plaignent pas de l’injustice qui va leur arriver.
Il est donc fort recommandé aux jeunes d’abandonner le sms et le rap et
de reprendre l’étude approfondie du morse, afin de sauver la planète !
. - / .--. .-.. ..- ... / ...- .. - . / --.- ..- . / -.-. .- (6)
(1) ...- . -. . --.. / -- . / .-. . .--- --- .. -. -.. .-. . / .--. --- ..- .-. / ..- -. . / .--. .- .-. - --- ..- --.. .
(2) ... --- ... / .- ..- / ...- .. --- .-..
(3) .... . .--. ... --..-- / .-.. . ... / ..-. .-.. .. -.-. ... / .- .-. .-. .. ...- . -. - / -. --- ..- ... / --- -. / ... . / - .. .-. . --..-- / -.. ... --- .-.. / .--. --- ..- .-. / - --- ..
(4) http://www.dailymotion.com/video/x2wdl7_rencontres-du-3eme-type-langue-des_shortfilms
(5) ...- --- ..- ... / .- .-.. .-.. . --.. / - --- ..- ... / -- --- ..- .-. .. .-.
(6) Et plus vite que ça !
20 juin 2008
Les colonies de la principauté de Monaco
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
--
Depuis qu’en 1297, le mercenaire et brigand François Grimaldi s’est
emparé par la ruse de Monaco, ses descendants règnent sans discontinuer
et constituent la plus ancienne dynastie actuelle régnante du monde. Si
on connaît par cœur les rebondissements de la vie amoureuse et les
exploits de conduite automobile de la famille, une chape de plomb est
posée sur l’histoire expansionniste de cette lignée. Si on apprend, par
des voies détournées, que Monaco a annexé dans l’histoire et de façon
plus ou moins longue Menton, Antibes, La Condamine ou Roquebrune, ces
quelques indications éparses ne peuvent satisfaire l’amoureux
d’histoire.
Il est évident que :
- une dynastie fondée par un brigand cherche toujours à augmenter son pouvoir et satisfaire son goût du lucre insatiable ;
- quand on règne sans interruption pendant sept siècles, les occasions de guerres coloniales sont nombreuses.
J’ai donc fait des recherches dans de vieux grimoires oubliés, récupérés au péril de ma vie auprès de différents organismes maffieux, pour vous narrer une histoire faite de fer et de sang que jamais Paris Match ne révèlera.
Si François Grimaldi se concentra essentiellement, durant son règne, à engrosser toutes les femmes monégasques, son cousin, Rainier Ier, avec l’accord implicite de Philippe le Bel, se lança dans de premières expéditions de piratage et d’annexion. Dès 1304, il récupère sur les Hollandais l’île d’Iputupi, et tombe à cette occasion dans une faille spatio-temporelle, qui lui permet de réapparaître régulièrement dans toute l’histoire de la principauté, déguisé en vendeur de poissons, pour violer ses descendantes féminines. D’où la consanguinité séculaire dont les effets sont frappants chez le prince Albert… L’île d’Iputupi se situant hors du temps et de l’espace, il est difficile de discerner si elle est toujours occupée ou a recouvré son indépendance…
A noter que Charles Ier, en 1346, tenta vainement de faire de même en débarquant sur la plage de Neverland, mais ses troupes furent repoussées par la fée Clochette, le prince fut capturé et condamné à errer, depuis, avec une tenue moulante et un chapeau ridicule, de couleur verte de surcroît.
Marqués par cet échec, les coseigneurs Ambroise, Antoine et Jean se tournèrent vers l’Europe centrale et annexèrent successivement la Borostyrie après avoir fécondé la reine Olga, insatisfaite par son mari depuis dix ans, lors d’un gang bang, la Poldavie en endormant l’armée adverse par la lecture de cent mille milliards de poèmes puis, pour conclure, le Zotrland où ils introduisirent le gros nez et le chapeau melon. Ces occupations perdurèrent jusqu’au traité de Versailles de 1919, ce qui explique pourquoi encore aujourd’hui les liens sont forts avec cette région d’Europe et qu’on voit fréquemment, dans les rues de Monaco, de jeunes hétaïres slaves en micro-jupe, assises dans le baquet passager de Porsches cabriolet noires, conduites par des messieurs avec un caleçon sur la tête qui écoutent du Lofofora à fond.
Ces succès coloniaux incitèrent les princes de Monaco à maintes expéditions aventureuses, certaines victorieuses comme la conquête du Kafiristan par Honoré II, où il supplanta Alexandre le Grand comme dieu vivant, et du Lagash, où il se greffa un énorme diamant rose dans le fondement ; d’autres qui finirent en défaites cuisantes, comme les tentatives d’Augustin au Catung, où son armée dut fuir devant les pestilences des troupes ennemies dopées au flageolet, ou à Thélème, où les nonnes lubriques eurent raison de la fougue des assaillants.
La dernière conquête notable intervint sous le règne de Louis Ier, en 1704, quand une troupe de mercenaires stipendiés par la principauté investit Skull Island, peuplée exclusivement de singes. Afin d’assouvir leurs appétits, les occupants commencèrent de louches croisements avec les s…, anthropoïdes, de plus en plus gros au fil des générations dégénérées successives, jusqu’à ce qu’en 1933 King Kong mange tous les occupants monégasques.
Depuis, la principauté a décidé de coloniser Coin de Rue-Images immondes, mais ça, tout le monde le sait…
17 juin 2008
Psychologie des foules dans le désert.
Ce texte a été écrit pour un autre blog, basé sur le principe des Cacopédies de Umberto Eco.
Si le savoir s’encyclopède alors pourquoi ne pas compiler aussi
l’anti-savoir. C’est le but de la Cacopédie qu’Umberto Eco décrit dans
son livre absurde « Comment voyager avec un saumon ?».
La Cacopédie c’est « la somme négative du savoir ou une somme
du savoir négatif. Sa tâche cognitive se proposait d’être un inventaire
exhaustif de l’anti-savoir ».
Toute entrée devant répondre à plusieurs critères dont le principal est
de partir d’un titre représentant l’inversion symétrique d’une entrée
d’encyclopédie normale et veiller que personne ne développe un thème
cacopédique en le proposant comme digne de foi ou comme une théorie
scientifique sérieuse.
Le blog : Cacopédia
--
La première chose à faire quand on veut étudier la psychologie des foules dans le désert est de trouver un désert.
Il ne faut pas croire que la tâche est aisée surtout en pleine ville.
Par exemple dans le métro, même en plein nuit, on peut y rencontrer des
types louches ou des musareilles (1).
Pourtant l’exemple du métro est fort intéressant, notamment dans le cas
fréquent dit du métro vide et des personnes agglutinées. Il est
fréquent quand on est dans un métro en dehors des heures de pointes,
assise tranquillement sur une banquette avec personne à côté, de voir
débarquer une personne qui s’assied à la place la plus proche de la
notre, voire même parfois débordant sur la notre.
Le mieux est donc de trouver un vrai désert, comme le Sahara par exemple, et je ne donne absolument pas cet exemple parce que c’est le seul nom qui me vient à l’esprit.
Un désert peut-être trompeur. Vu de loin, un désert peut sembler ressembler à une carte postale de désert. Des dunes de sable à perte de vue et un ciel bleu ébloui par le soleil et parfois quelques chameaux. En y regardant de plus près, un désert ressemble effectivement à l’image que l’on s’en fait.
Il n’est donc pas utile de se rendre sur place pour étudier un désert, l’observation de quelques images et photos souvenirs que l’on trouve partout dans le commerce suffise à notre étude.
Pour comprendre la psychologie des foules qui peuplent le désert, il suffit de poser une série de question aux foules que l’on peut y rencontrer.
La série de question que nous allons étudier n’en est qu’une parmi tant d’autres, mais elle a l’avantage d’être une série spécialement conçue pour le sujet qui nous intéresse.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Question 2 : quels sont vos moyens de résistance pour supporter la vie en groupe ?
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Maintenant que nous connaissons les questions à poser aux foules du désert, il suffit de choisir une image de désert au hasard et de poser les questions directement aux habitants de la carte.
Exemple 1 : une photo d’un groupe de dromadaire couché sur le sable.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de dromadaire : « nous aimons vivre en groupe, en
famille.» « La solitude est un concept nihiliste. Le désert est
immense, vivons serré ? »
Le sens de la famille est très développé chez les dromadaires. C’est
pratique de se retrouver le dimanche avant la messe et s’adonner après
l’office au découpage du poulet et au choix cornélien de l’aile ou la
cuisse.
Il est ensuite très étonnant de constater que le refus d’occuper
l’immensité du désert pour s’agglutiner comme les humains dans le métro
est un signe très négatif pour entamer une carrière de chanteur. En
effet un chanteur qui n’occuperait pas la totalité de la scène sur
laquelle il se produit est voué à finir en chantant des tubes de
karaoké à la superette de la zone industrielle ou à la foire à la
saucisse.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de dromadaire : « on ne résiste pas surtout si elle est blonde à forte poitrine. »
Le dromadaire est humain après tout.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de dromadaire : « la paix c’est surfait, les chameaux sont nos ennemis depuis toujours. »
Si vous avez été un jour en présence d’un chameau qui vous crache son coca-cola à la figure parce qu’il est vexé que ce ne soit pas du coca light, vous pouvez comprendre cette haine viscérale entre les deux espèces animales voisines.
Conclusion de l’exemple 1 : les dromadaires sont des obsédés sexuels qui vont à la messe le dimanche.
Passons à la deuxième image.
Exemple 2 : une magnifique photo de sable couvert de silex taillé par l’homme, vestige de l’âge d’or de notre monde à l’agonie.
Question 1 : comment vivez vous la foule ? Est-ce que la solitude vous manque ?
Réponse de la foule de silex : « on ne supporte plus, ce n’est pas
humain ce que nous sommes obligés de vivre. Des personnes que nous ne
connaissons même pas nous piétine continuellement, nous arrache à la
terre violemment et nous conduit dans des cages en verres ou de gros
yeux globuleux nous observe. »
Les foules de silex ne supportent pas d’être séparé, faut dire la plupart sont potes depuis des millénaires et les séparations sont d’autant plus cruelles qu’elles sont définitives. Il n’est pas rare que des familles de silex se retrouvent dans des cartons différents sans possibilité de se téléphoner pendant des décennies entière.
Question 2 : quels sont vos moyens de résistances pour supporter la vie en groupe ?
Réponse de la foule de silex : « la résistance c’est notre truc. On est
dur comme la pierre, tranchant comme une lame et solide comme le verre.
»
Bien que ce soit difficile à comprendre, les silex ne sont pas mous et la dureté de leur membre rajoute à leur réputation de beaux parleurs qui taillent des costards à leurs voisins les plus proches.
Question 3 : que pensez-vous de la paix dans le monde ?
Réponse de la foule de silex : « vous voulez notre mort ? À quoi servirait-on si les hommes ne se faisaient plus la guerre?»
Il est rare de croiser des populations aussi peu au fait des nouvelles technologies. Nous avons pour des raisons diplomatiques évité de leur apprendre que les hommes ne se battaient plus depuis longtemps avec des armes en silex taillés.
Conclusion de l’exemple 2 : les silex ça pique !
Conclusion générale : pour parfaire cette étude inutile, il faudrait étudier d’autres populations comme les grains de sables, les musareilles (1), les métros dans le désert, les souris et les hommes, les dauphins aussi et bien sur les étoiles de mer.
(1)sorte d’araignée croisée avec des abeilles des villes plus connues sous le nom de musaraigne des campagnes ou erreur orthographique faisant rire des foules sur un forum.



