19 décembre 2008
Hall of Fame : Nicolas Peyrac
Hommage au fils spirituel engendré par l'union d'Antonin Artaud et Maurice Chevalier : après Georges Pérec, Nicolas Peyrac.
Ah! Evidemment, pour vous les jeunes, élevés au son de M Pokora et nourris au grain transgénique de Cauet, ce nom illustre ne dit rien.
Pourtant, la veine surréaliste de cet artiste maudit irrigue les battements de coeur de tous les amoureux du surréalisme post-industriel, de ceux qui ne se résignent pas à la morne litanie des chanteurs drogués, des divas alcooliques et anorexiques, bref de ceux qui savent conjuguer bonnet de nuit et *fuck attitude*, chaussettes de contention et charmes de l'écriture automatique.
Pour vous en convaincre, analysons une oeuvre de ce génie, sobrement intitulée "Je pars".
"Je pars
Le vol de nuit s'en va
Destination Bahia
Buenos Aires ou Cuba
Je pars
Prends soin de l'Opéra
De la rue des Lilas
Dis-leur que cette fois
Je pars"
Affalé sur son lit aux draps crasseux et parcourus de puces, dans sa mansarde glaciale aux murs dégueulant le salpêtre, le poète fait doucement couler l'absinthe sur son sucre et s'envole vers des pays de Cocagne, des destinations oniriques où l'attendent des indigènes fessues et mamellues. Mais un pan de son coeur reste relié à ses compagnons de galère et il enjoint à son fidèle acolyte, le cheval borgne dévoreur d'étoiles, de veiller sur les lieux de ses escapades alcoolisées.
"Je tire un trait je ferme la valise
Destination Zagreb via Venise
Je souffle la bougie
Je me dessine une folie
Les doigts croisés sur l'infini
Je dis salut"
Roulé en boule, il s'enferme dans la valise, comme certains s'enferment dans les frigos pour voir si la lumière s'éteint vraiment et si les yaourts et les légumes ont une vie secrète dans le noir. Eteignant la flamme de la raison, il dessine à la cire des futurs improbables et cherche à enfermer entre deux doigts l'Univers, la Vie et le Reste...
"Et peut-être qu'un jour
Je serai de retour
Qui peut me dire comment
L'exil vient aux errants ?"
Sublime interrogation du voyageur androïde, parti dans des contrées mentales balayées par des tempêtes de neige et de suie! Exil volontaire de l'écorché vif, loin du PMU-bar-tabac du coin et de la loge aux odeurs de chou de Mme Michu, qui peuplent son quotidien citadin...
"Je t'aimais bien, je garde ta tendresse
Elle me tiendra chaud le temps qu'il me reste
J'ai la gueule trop pâle
Qui rêve de lune et d'étoiles
Cette fois-ci je mets les voiles
Je dis : "Bon vent"
Et peut-être à demain
N'oubliez pas frangin
Je change de chemin
Je change de beau temps"
Oui, mais ce fut durant toute sa carrière le drame de Nicolas Peyrac : l'absinthe était en fait du vulgaire sirop pour la toux, les indigènes avenantes des pilières de comptoir, la lune et les étoiles n'illuminaient que le papier peint...
Ses départs définitifs n'étaient qu'illusion et ses seuls voyages l'amenèrent à Chateauroux ou Yvetot, dans le bus de tournée de Serge Lama, dont il assura régulièrement la première partie.
Pas étonnant qu'il tire la gueule en chantant (1) :
http://www.youtube.com/watch?v=stGUsmBboM4
--
(1) mais comme dans toute chose malheur est bon, il a au moins ainsi inspiré Ian Curtis...
23 octobre 2008
Du bon usage de la « chanson engagée »
Il n’est pas rare qu’un chanteur, dans son souci de faire passer un message politique ou social, tombe dans la démonstration lourdaude et sans intérêt artistique. Voir, par exemple, le dernier album de Cali…
Et puis, il y a des morceaux, partant d’événements habituels, qui vous restent dans la tête dès la première écoute et vous marquent profondément de leur propos… Cette chanson, Laurent, le guitariste du groupe, l’a écrite après avoir lu le quatrième tome de la BD, du même nom, de Manu Larcenet. Ils la chantent durant leur actuelle tournée et elle figurera sur leur prochain album. Et, dans cette version, ils l’interprètent à un endroit totalement approprié, en plein ch’Nord...
Artiste : Fatals Picards
Titre : Le combat ordinaire
URL: http://fr.youtube.com/watch?v=im_1m46WVgs&feature=related
21 août 2008
Jean-Chrysostome, si tu nous entends...
C'est le propre des artistes maudits d'être reconnus à leur juste valeur après leur mort : Modigliani, Lovecraft, Michel Sardou...
C'est le cas aussi de Carlos. Depuis son décès en janvier dernier, il
n'est pas un jour où n'apparaisse une preuve tangible de son influence
sur la nouvelle scène.
Brian Eno a dit un jour : « Il n’y a peut-être que mille
personnes qui ont acheté le premier disque du Velvet Underground, mais
chacune a monté un groupe. » (1)
De même, il y a des millions de personnes qui ont chanté "Tirlilipimpon
sur le chihuahua" et elles mourront toutes d'un cancer du foie.
Et pour célébrer la mémoire de ce grand artiste, une reprise inspirée...
Artiste : Ultra Vomit
Titre : Mechanical Chiwawa
URL: http://www.deezer.com/track/312449
Et si vous voulez écoutez d'autres bluettes de ce groupe, comme "Darry Cowl Chamber" ou "Une souris verte", c'est là :
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=18894303
(1) ça fait toujours bien de citer Brian Eno.
25 juillet 2008
Comment transformer une daube en chef d'oeuvre ?
Le problème des reprises, c'est que parfois elles dénaturent tellement la chanson d'origine qu'elles rendent inaudibles des bijoux mélodiques (exemple : le massacre de Papayou aux dernières Victoires de la Musique par Edouard Baer et Julien Doré, qui croyaient rendre hommage à Carlos, les cuistres...) A l'inverse, certaines horreurs peuvent être sublimées par un artiste sensible, talentueux, dont l'adaptation révolutionne le produit d'origine pour le faire accéder à l'harmonie suprême.
En 1981, un duo de losers nous massacrait les oreilles avec Chacun fait c'qui lui plaît, de triste mémoire. Relevant le défi de transposer cette daube ultime, un vrai chanteur sut l'adapter quatre ans plus tard, pour livrer cette pépite que je vous laisse découvrir sans plus attendre...
Artiste : Gérard Jugnot
Titre : Je suis miné
URL: http://fr.youtube.com/watch?v=CSjgryzkd-M&feature=related
09 juin 2008
Julien Doré : les limites
Artiste : Julien Doré
Titre : Les limites
URL: http://fr.youtube.com/watch?v=_EatzK_1K2Y
Bon il fallait bien en parler un jour ou l’autre, le single du premier
album de Julien Doré (le gagnant de la nouvelle star 2007) est sorti il
y a quelques semaines. L'album « Ersatz » sortira dans les bacs le 16
juin 2008. Il a été réalisé avec l'aide de Arno et de Christophe, du
groupe Cocoon.
En attendant (pour ceux qui attendent), le single que l’on commence à
entendre partout s’appelle « Les limites ». On aime ou pas, d’ailleurs
je n’écris pas ce texte pour parler de ce que je pense personnellement
de ce morceau, qui ni me déplaît, ni me fait bondir au plafond (ah ben
si finalement j’ai donné mon avis).
Par contre un détail du clip, que de par son esthétique je trouve
sympathique, m’a fait sauter en l’air et applaudir des pieds. Il s’agit
de l’apparition de Rémy Bricka, l’homme-orchestre avec un grand O comme dans Olympe. Faut dire que Rémy Bricka c’est un dieu de toute soirée qui se respecte.
Rien que pour ça, moi je dis bravo Julien ! (oui vous pouvez m’envoyer des tomates maintenant)
08 juin 2008
Drame social à Camaret
Que dire de ce texte ?
Mezcal est dans une période "détournement musical en tout genre"...
--
Ce n'est pas parce que les journaux sont remplis de la description, quelque peu racoleuse, des tragédies vécues dans nos banlieues qu'il nous faut négliger les drames enfouis sous la réserve provinciale. Ils nous en apprennent bien souvent plus sur l'homme que les agressions de convoyeurs de fonds ou les rodéos en scooter.
Ainsi, dans la charmante ville de Camaret (Finistère), un ecclésiastique se voit empêché d'exercer son noble sacerdoce par une malformation de naissance fort gênante, qui ne lui permet pas de s'asseoir dans le confessionnal sans désagrément.
Désireux de compenser cette défaillance nuisible à toute la communauté, il se multiplie auprès des troupeaux de vache de la paysannerie locale, faisant brûler toute la flamme de sa foi pour la perpétuation de l'espèce, si nécessaire à la survie alimentaire du village. Les édiles locaux sont sensibles à ses efforts et ils lui rendent hommage régulièrement en exhortant vigoureusement le protecteur de Camaret, dont la statue enjolive la place centrale.
Hélas ! la jeunesse locale ne reconnaît pas à sa juste valeur les efforts de notre dévôt : les jouvencelles préfèrent même le stupre au recueillement sacré. Il faut dire que l'air iodé, l'appel de l'océan, les muscles développés des marins habillés par Jean-Paul Gaultier, tout cela grise les têtes et détourne la fine fleur de notre beau pays de Dieu et des ses pompes.
Accablé, découragé, notre saint homme baisse les bras et, avec seul compagnon sur qui il puisse compter son âne, il préfère ramener les âmes égarées dans le droit chemin, avec la force immanente du goupillon.
Cette triste histoire nous apprend que les vocations les plus sûres peuvent vaciller, dès lors le corps s'oppose à l'esprit en privilégiant une de ses fonctions et en gonflant plus que de raison les organes qui lui sont dédiés...
Pour un compte rendu détaillé de ce triste événement :
URL: http://tinyurl.com/5of4sc
26 mai 2008
Together we're strong
Je vous dois un aveu ! Mezcal est un grand fan des duos les plus ignobles de la chanson française...jugez par vous-même!
---
Artiste : Mireille Mathieu & Patrick Duffy
Titre : Together we're strong
URL: http://www.youtube.com/watch?v=N2OPVQBDQoI
Il existe des moments de grâce musicale, des instants volés où une
rencontre inattendue vous transporte sans prévenir au nirvana. Sans
s'être jamais rencontrés, sans même visiblement savoir qui est l'autre,
deux artistes mêlent leur voix, leur sensibilité exacerbée, pour
connaître une osmose féérique, pour livrer aux auditeurs ébahis et
transportés un pur chant d'amour. Leurs coeurs vibrent à l'unisson dans
le doux mélange de leurs voix, leurs corps exultent dans l'harmonie
d'une chorégraphie follement sensuelle.
Au Panthéon des duos musicaux, il y a certes Jacob et Delafon, Charly
Oleg et le Professeur Choron, Robespierre et Bernard Thibault. Mais il
y a surtout Mireille et Patrick.
25 avril 2008
La vie en couleur
Internet est peuplé d’artistes dégagés (1).
Mais parfois la dure réalité nous rattrape brutalement. C’est ainsi
qu’une hirondelle asiatique, après un long périple, m’a largué sur la
tronche une noix de coco. Une fois sorti du coma, j’ai découvert dans
la dite noix ce message, directement en provenance des neiges
tibétaines, soigneusement crypté. J’ai estimé de mon devoir de vous
révéler, derrière les mots d’apparence futile de cette ritournelle, le
sens profond de cette missive :
« Hé ! Hé !
On dormira demain
Viens prends-moi par la main
La fête vient d'arriver
Avec ses lumières
Et ses cavalières
Surtout les manèges enchantés »
Quelle description angoissante d’une vie hantée par la peur des chars
chinois, ces « manèges enchantés » qui apportent la mort qui fera
dormir éternellement dès demain. Ces fameuses cavalières, qui
sont-elles ? Est-ce une métaphore pour désigner les adolescentes
lobotomisées des Jeunesses communistes ? La fête qui vient d'arriver
est-elle un leurre perfide (2) des Chinois pour faire sortir les
innocents bonzes de leurs lamasseries ? Ou bien s'agit-il de la tournée
mondiale de Serge Lama avec Nicolas Peyrac en première partie ?
« Les ours en peluche
Et les fanfreluches
Pour toi je les gagnerai
Ca y'est je devine
Que les carabines
Te font peur, je suis désolé »
Que dire de plus ? Malgré les barricades dérisoires d’ours en peluche,
de fanfreluches et de barbapapa, seules armes accessibles aux bonzes
qui font du ski, les carabines font tonner leur voix rauque, qui sème
la panique… A qui s'adresse le narrateur? Une femme? Un enfant? Son
compagnon de cellule au corps huilé ? La litote poétique, comme dans
toute la littérature traditionnelle tibétaine, entretient le mystère.(3)
« C'est la vie en couleur [wip !]
Tiens voilà le marchand de ballons
C'est des cris et des fleurs
Les manèges tournent à l'unisson
C'est la vie en couleur [wip !]
Il faut sortir et en profiter
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous
Hé !
Hé ! »
Pourtant l’espoir inextinguible demeure, le pur élan de vie, les cris
de rage de l’amour révolté s’élèvent : alertez les bébés Yétis !
« Dans le labyrinthe
Les lumières éteintes
J'essaierai de t'embrasser
Dans le train fantôme
N'aie pas peur des gnomes
Je suis là pour te protéger
Les marchands de nougat
Et de barbapapa
Sauront bien te consoler
Nous reviendrons dormir
Loin du bruit et des rires
Mais tu ne voudras pas rentrer »
Les larmes me viennent aux yeux quand j’entends cet hymne de résistance
: oui, le nougat, la barbapapa, les tongs viendront à bout des armées,
des chars, des nems qui sont largués par mégatonnes sur les cimes
enchanteresses du Tibet. Un jour, le train fantôme déraillera et tout
le monde pourra librement manger du lait caillé jusqu’à en vomir de
joie. Les gnomes, en qui on reconnaît les perfides (2) Gardes rouges,
ne feront plus peur à personne et seront reconvertis en drag-queens
pour faire rire les oiseaux et chanter les couleurs.
« C'est la vie en couleur [wip !]
Tiens voilà le marchand de ballons
C'est des cris et des fleurs
Les manèges tournent à l'unisson
C'est la vie en couleur [wip !]
Il faut sortir et en profiter
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous »
Et au bout de la paix retrouvée, l’amour, cette fleur immortelle qui
renaît toujours sur les champs après la bataille, les roucoulades, les
sérénades, les baisers passionnés, les partouzes… Mais je m’exalte,
revenons à notre sujet.
« La la la, la la la
La la la la la la la la
La la la, la la la
La la la la la la la la
La la la, la la la
La la la la la la la la
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous »
En voyant, ta signature, frère inconnu, j’ai senti une grande flamme,
presque olympique, me réchauffer le cœur. Par delà les vastes étendues
et les montagnes, je te salue, bonze Rémy Dalaï Bricka.
--
(1) je sais, ce n'est pas de moi...
(2) comme chacun le sait, les Chinois sont perfides, les Corses sont fiers et les Ricains de gros cons obèses
(3) voir l'anthologie Tibète, tu es très bête
25 novembre 2007
Ome Henk
J’avais envie de vous parler d’un artiste que je ne connais pas.
Que vous ne connaissez pas sans doute et quoi de plus absurde que de faire une biographie à partir de presque rien ?
Ome Henk est un chanteur comique Néerlandais, connu pour ses pastiches de chansons populaires, comme Lekker, Lekker.
Voilà ce qu’on trouve comme éléments biographique sur Wikipédia, un peu lapidaire, n’est-ce pas ?
Non, car on y découvre aussi le lien de son site Internet, en Néerlandais bien sur, mais fort instructif tout de même.
http://www.omehenk.nl/nieuws.php
Farfouillant au hasard ces pages, je fais une découverte époustouflante, je connais Ome Henk, j’écoute un de ces morceaux depuis des années !
Méprise planétaire, et comme il est temps de rendre à César ce qui est à Ome Henk, je vais vous faire part de ma découverte stupéfiante : Ome Henk est l’auteur d’une reprise de « Barbie Girl » du groupe Aqua, reprise attribuée à tort à Rammstein.
La preuve en image :
http://fr.youtube.com/watch?v=38O8EDiZ8mw
Mais continuons notre découverte de l’univers de Ome Henk, fait de filles aux gros seins et de bouteilles d’alcool.
Son dernier tube est un régal pour les yeux des pervers pépères qui hantent la toile (je sens que cela va me rapporter des nouvelles requêtes gogoles fort instructives)
http://www.filmpjes.nl/assets/play/24633
Ome Henk n’est pas seulement un chanteur à la voix éraillée par des années de whisky et de cigares, c’est aussi un comique déjanté aux sketchs montypythonesques et malgré mon incompréhension de la langue Néerlandaise, je ne me lasse pas de le découvrir.
http://fr.youtube.com/watch?v=mqqMPjRJArQ
Son œuvre est marquée par une autodérision qui se retrouve dans les couvertures de ces disques, bandes dessinées le parodiant.



Sachez que je suis preneuse de toute information complémentaire !
16 septembre 2007
Chips ou bien comète ?
De Dionysos, on connaît l’énergie et la cohésion sur scène, acquises grâce à 582 concerts depuis le tout premier à Valence (ville du leader du groupe, Mathias Malzieu) en 1993. On connaît aussi l’écriture féérique, picaresque de Mathias dans ses textes de chansons et ses livres (1), qui fait de lui un mélange de Tim Burton et de Tex Avery.
Mais ce féérique frôle fréquemment l’absurde, voire le crée carrément dans les situations sorties du cerveau de ce «vieux petit garçon» (2), de ce «petit géant» (3) qu’est Mathias.
Quelques exemples :
- « Ciel en sauce »
« Si on voit des nuages dans le ciel
C'est Dieu qui se fait des pop-corn
Il les fait cuire en plein soleil
Tous les dimanches après-midi
Je me souviens très bien de toi
Tu vomissais des fleurs fanées
Tous les dimanches après-midi
Tu vomissais des fleurs fanées (…)
Je n'me souviens plus très bien de toi
étais-tu Chips ou bien comète ? »
- « Coccinelle », LA chanson mythique du groupe, bien avant « Song for a Jedi » (4), décrit l’histoire d’amour absurde d’un homme et d’une voiture :
« Je vais cuire sur le cuir de ma Coccinelle
Accroché à ses ailes comme un cerf-volant
Je sens le vent je serre le volant
Suspendu par la brise par dessus le pare-brise
Essuie-glace à la menthe pour me recoiffer sucré
Je fracasse les flaques ... "flac!!"
Jamais ma Coccinelle je ne t'abandonnerai
Ma fée toute cabossée au télécran du ciel
A s'embrasser les cils comme des pinceaux clignotants
Lacrymal acrilyque
Je sais que j'écris mal
Mais j'imagine très bien l'ombre de nos cils
Flotter tranquillement sous l'arc-en-ciel de nos dents
Je ne sais pas conduire pas même un cerf-volant ! »
- Mais pour moi, le summum du talent absurde de Mathias réside dans « Coiffeur d’oiseaux » et « L’homme qui pondait des œufs ». Fermez les yeux, essayez de visualiser les situations et faites attention à la crampe des zygomatiques :
« J'ai rencontré une fille étrange qui se disait coiffeur d'oiseaux
elle se cachait dans les branches, elle attrapait tous les oiseaux,
elle découpait tout plein de formes n'importe comment dans leurs ailes
avec ses ciseaux de couture et un joli petit peigne.
Du coup les oiseaux se sont mis à voler un peu de travers
et ils se cognaient dans les branches et ils se cognaient même entre eux
certains se fracassaient par terre ou atterrissaient à l'envers
l'un d'eux dans la roue d'un vélo comme harponné dans les rayons
faisait penser à une coiffe de chef indien ensanglantée!
No more hair cut for the birds... »
« Depuis que je te connais, je suis l’homme qui pond des œufs
Embrasse moi le ventre et les yeux
Je pondrai des œufs pour toi.
Et même si tu casses tes yeux sur le rebord de mes lèvres
Et que tu ne veux plus de moi, je pondrai des oeufs pour toi
Je suis l’homme qui pondait des œufs pour toi
Entends-les se cogner dans mon ventre pour toi
C’est un clocher en entier que j’ai avalé pour toi! »
Toute cette folie, vous la retrouverez sur le double DVD « Monsters in
live », où figurent aussi un duo d’anthologie entre Mathias et Cali sur
« la métamorphose de Mister Chat », la rencontre Dionysos-Louise
Attaque sur « Song 2 » de Blur et une reprise .énorme de « Dr Jekyll et
Mr Hyde ».
Et puis il y a « Neige », à qui je réserverai un sort particulier. Sur l’album studio déjà transpiraient dans les chœurs de cette chanson, si douloureuse pour Mathias (composée pour sa mère décédée), la solidarité, l’amour et la fraternité des cinq autres. Là, au moment où, aux 2/3 de la chanson, Mathias met toutes ses tripes et toute sa douleur au grand jour pour finir par un cri écorché vif, le groupe lui prouve par sa musique et par leurs voix qu’ils ont été, sont et seront là pour qu’il puisse « se réparer, se recoudre » et qu’il y arrivera. Dionysos, c’est plus qu’un groupe, c’est une fraternité…
Dionysos est-il le meilleur groupe de rock’n’roll du monde, comme l’a affirmé Iggy Pop après un bœuf en commun au festival de Bondoufle ? Peut-être pas, l’Iguane devait être « ému » et débordant d’enthousiasme ce soir-là… Mais la pochette façon western de « Monsters in live » est appropriée : c’est bien « The best gang in town » depuis… les Clash?
Pour toutes les infos sur l’actualité du groupe : http://www.dionyweb.com/
Et pour tout, tout, tout dans le moindre détail et des tonnes de téléchargement : http://www.cielensauce.com/
When I was a child, I was a Jedi…
--
(1) Si ce n’est déjà fait, lisez « Maintenant qu’il fait tout le temps
nuit sur toi ». Puis écoutez « Monsters in love ». Puis recommencez le
processus vingt fois…Et faites comme moi : campez devant le magasin la
veille de la sortie prochaine du roman et de l’album intitulés « La
mécanique du cœur », qui reparleront de Giant Jack et de Miss Acacia.
Et si quelqu’un essaie de vous doubler, tirez à vue…
(2) “I’m an old child, I’m a cold child
Give me the heat me hit me hit me babe”
“Old child”
(3) « Elle est énorme, mon ombre
Pourtant je suis petit comme géant »
« Mon ombre est personne »
(4) Le groupe enchaîne maintenant les deux chansons sur scène, dans un final de la mort.



