Remue Méninge

Remuer sans faire tourner la mayonnaise… Une envie de partager quelques réflexions sur le monde qui nous entoure, de titiller votre vision de la vie, d’échanger et débattre sur des sujets variés…sur un ton léger et décalé.

09 mai 2008

Histoire de la vie quotidienne (4) le reflet de l’âme.

J'aime vraiment cet exercice qui consiste à se mettre à la place d'un objet. Mais au départ l'idée de ces petites histoires était de choisir des moments de la vie quotidienne et de les décrire de façon absurde. Finalement j'ai trouvé ça plus simple de donner le point de vue extérieur d'un objet et lui laisser enfin la parole (on ne laisse pas assez parler les objets qui nous entourent, bon faut dire aussi qu'on ne les écoute pas non plus).

C'est donc le quatrième épisode d'une série que j'écris de façon irrégulière. J'ai bien d'autres textes qui finalement sont très proche de cette série et qu'il faudrait d'ailleurs que j'intègre...je finirais sans doute par tous les réunir sous la même catégorie et supprimer les numéros ça sera plus simple!

En attendant, je remets donc les liens des premiers épisodes :

épisode 1 : Déjeuner en paix : l'histoire d'une biscotte qui ne veut pas finir en bouillie dans un bol de café.
épisode 2 : la douche : un savon aux idées plutôt salaces.
épisode 3 : la libération viendra à 19h : l'apéro, un moment fort en émotion.

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J’aime regarder les filles, les observer, les suivre jusqu'à ce qu’elles disparaissent de mon champ de vision.
Il paraît que ça ne se fait pas en société, que c’est indécent, mais je ne peux pas m’en empêcher et ce depuis toujours. Quand une belle fille croise mon chemin, je la veux pour moi, je veux qu’elle m’embrasse et qu’elle soit mienne.

Comme cette brunette là dans son jean moulant et son petit top fleuri.
Elle me regarde, elle s’approche de moi avec une démarche aérienne et ses grands yeux noirs me fixent avec douceur.
Elle est belle, elle rit et son sourire fait apparaître ses dents magnifiques. J’espère qu’elle m’adressera la parole, je suis bien trop timide pour faire le premier pas.

J’aime quand les belles filles sont tout près de moi, je respire leur parfum, je m’étourdis de leur belle voix et j’ai envie de devenir leur confident, leur ami, leur amant.
Je rêve de leurs visages, leurs sourires pour le reste de la journée.

Mais, elle n’est pas seule, une autre fille l’accompagne, une rouquine mal fagotée qui ne m’accorde même pas un seul regard. Elles se parlent, je suis trop loin pour comprendre toutes leurs paroles, il y a trop de monde autour et cette musique incessante qui ne veut pas se calmer.

Les voilà qui approchent à nouveau, juste assez loin pour que je puisse continuer à les observer tranquillement mais assez près pour que j’entende leur conversation.
Les filles, ça parle de mecs et de fringues, ces deux là ne font pas exception. La belle brune, tout en écoutant les conseils de son amie, vient de m’adresser un clin d’œil très suggestif. Aucun doute je lui plais et me voilà tout émoustillé à me demander si une relation entre elle et moi va bien pouvoir se conclure rapidement.
Perdu dans mes pensées je ne prête pas attention à leur discussion jusqu'à ce que j’entende de la douce voix de ma belle que celle-ci n’est pas libre et qu’elle s’apprête même à se marier avec un certain Régis, un con certainement qui ne la mérite pas.

Quelle déception, je masque mes émotions et continue mon observation l’air de rien. Mais quelle garce quand même, avant de partir elle m’envoie un baiser de la main. Une allumeuse de plus, je les déteste, elles me font toujours croire que je les intéresse alors qu’elles réservent leur atout à d’autres que moi.

Je mérite mieux que ça, elles ne savent pas ce qu’elles perdent.
En voilà une autre qui me regarde et s’approche, je fais comme si je ne la voyais pas. Faut pas déconner non plus, elle est moche comme tout. Qu’est-ce qu’elle a à m’observer ? Allez va-t-en ! Casse-toi morue !

Rien à faire, elle vient vers moi remuant ses grosses fesses moulées dans une mini-jupe rose fluo. En plus elle pue l’ail et l’huile d’olive. Elle sourit et me dévoile des dents jaunes cariées, quelle horreur !
En plus elle a un bout de salade coincé et elle a dû s’en apercevoir à mon visage horrifié, elle l’enlève sans aucune gêne devant moi en me fixant de ses yeux trop maquillés.
Ses lèvres m’envoient un bisou, je reste stoïque au bord de la dépression nerveuse.
Elle a dû comprendre devant mon expression de marbre qu’il n’y a rien à faire, elle est partie en se retournant une dernière fois pour me montrer son derrière croyant peut-être m’exciter par sa tenue de fille facile.

La musique m’étourdit un peu, ils ne changent jamais de disque dans ce centre commercial et je commence à connaître par cœur tous les morceaux depuis le temps que je viens là pour observer mes proies.

Il me veut quoi ce type ? Pourquoi il m’observe ? Je n’aime pas les mecs, ils puent la transpiration et leur regard me met mal à l’aise. Parfois même ils me parlent et je ne comprends rien à leur discours, faut dire je ne les écoute pas je suis trop occupé à regarder les filles et à tenter de captiver leur attention.

Et voilà, il se met à monologuer tout seul, sur sa coiffure, son crâne qui se dégarnit, comme d’habitude je le laisse parler, il se barrera bien au bout d’un moment. S’il croit que je vais l’aider, il se fourre le doigt dans….quoi ? Mais il est en train de se curer le nez devant moi ou je rêve ? Il y en a qui ne manquent pas d’air quand même.

L’autre jour il y a un type qui se perçait ses points noirs devant moi, il n’avait pas dû me voir mais quand bien même, cela ne se fait pas quand on a de l’éducation !
Bon il s’éloigne en me jetant un dernier regard et un clin d’œil. Ah ha ha ha, il croit que…

Oh ! Mais que vois-je arriver ? Une belle blonde avec un chapeau à la main, elle s’avance directement dans ma direction avec une démarche féline. Elle me demande si elle est la plus belle telle une princesse échappée d’un conte avec un petit rire, tandis qu’elle essaye plusieurs positions à son chapeau. Oui ma jolie, tu es belle, pas la plus canon que j’ai croisée mais tu me conviens.

Tiens voilà la jeune vendeuse qui surgit, elle lui explique que le centre va bientôt fermer et qu’elle doit se décider vite si elle veut acheter le chapeau. Oh non ! Pas déjà, elle part vers les caisses sans même me regarder une dernière fois.
La vendeuse reste à mes côtés, je l’aime bien, elle n’est pas très jolie mais elle est gentille avec moi, elle me raconte tous ses malheurs et parfois me donne un baiser ou me caresse. Elle fait fuir les chiens qui viennent me renifler ou m’aboient.

Elle s’appuie contre moi et me dit qu’elle est crevée, qu’elle en a marre de ce travail de vendeuse, qu’elle aimerait bien m’amener chez elle.
Elle porte sa main à son front pour essuyer une goutte de sueur mais la fatigue la fait déraper, elle s’accroche à moi mais c’est trop tard, je ne peux la maintenir et elle s’écroule à terre m’entraînant avec elle.

J’entends avant de sombrer la patronne arriver à grands pas en hurlant :
« Mais tu ne peux pas faire attention espèce de maladroite, tu ne sais pas que ça porte 7 ans de malheur de briser un miroir ! »


 

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08 mai 2008

Le retour de la revanche de la BO qui tue

La bande son de "Barry Lyndon" ? Amusante.
Celle de "Pulp Fiction" ? Guillerette.
Celle de "Lost Highway" ? Mouais...

Mais quand on est un vrai cinéphile, qu'on traque sans répit dans les salles noires les BO qui subliment les images animées, et cela depuis "Le chanteur de jazz", il faut quelque chose de, comment dire... plus couillu.

Voici donc la play-list ultime des musiques de film :

URL: http://www.nanarland.com/divers/divers.php?id=3 

Ne me remerciez pas,

DJ Mezcal.

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07 mai 2008

Pierre qui roule….

J'aime bien imaginer la vie des objets. Chacun ses défauts me direz-vous, mais c'est très agréable de se laisser envahir par une chose inanimé et de lui construire des sentiments.

C'est un peu comme quand je fouille un squelette, je lui donne un petit nom, histoire de le ré humaniser un peu.

Là, j'ai eu envie de me prendre pour un cailloux...oui, bon...mais pourquoi pas après tout!

Voilà le résultat!

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Je vivais dans une belle montagne avec vue sur un lac turquoise. L’hiver une pellicule de glace brillait sur sa surface, les oiseaux s’y posaient pour admirer leur plumage. L’été la lune s’y reflétait laissant dans son sillage des milliers de paillettes argentées.

J’étais heureux en cette époque entouré de ma famille, on discutait, le soir sous le coucher du soleil, de l’évolution de notre petit paradis, des touristes qui arpentaient toujours plus nombreux nos chemins, des vaches qui venaient manger les quelques rares fleurs qui poussaient sur le sol rocailleux.
J’aurais pu continuer ainsi des années sans que rien ne perturbe ma quiétude.

J’ai tout perdu…

C’était un soir d’automne, il tonnait et le ciel était tout zébré. J’aimais sentir l’orage me caresser, fondre sur moi. Eole était en colère, les arbres tournoyaient dans un ballet macabre, certains se brisaient comme des allumettes. Les animaux couraient se mettre à l’abri, et moi j’étais là impuissant face à la furie des éléments.

Tout à coup ce fut la catastrophe, je perdis l’équilibre et m’envola dans une bourrasque d’air glacé, je dégringolais impuissant la colline.
Je perdis vite connaissance et ce n’est qu’au petit matin que je découvris mon nouvel environnement.

Le sable fin, la mer et ses vagues salées qui m’abîment jour après jour.
Je suis seul, je suis le seul petit caillou sur cette vaste plage.
Que sont devenus ma famille, mes enfants, mes parents, cette belle boule de quartz que je chérissais et rêvais de m’assembler avec elle dans quelques millénaires.
Je ne peux pas supporter les grains de sable, je ne les entends pas, ils sont trop petits et je sais bien qu’un jour je deviendrai comme eux, anonyme englouti par la mer saline.

J’aurais voulu être un artiste, être sculpté par des mains habiles ou devenir un héros de vitrine.

C’est foutu, je ne serai qu’un grain de sable sans avenir.

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06 mai 2008

Speak for England

Un livre sympathique et plein d'humour que vous fait découvrir Mezcal, ci-dessous!

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2004, juste avant Noël : Brian Marley, obscur et veule professeur d’anglais à la London English School de Piccadilly, âgé de 43 ans, est devenu en quelques semaines un héros et un millionnaire. Mais cela ne lui servira à rien : il est tout proche de la mort.


Dernier participant d’un jeu télévisé doté d’un prix de deux millions de livres, « Une jungle d’enfer » (du genre « Koh-Lanta » en plus trash) qui se déroule sur une île de Papouasie-Nouvelle Guinée, il a vu les deux hélicoptères venus le chercher se crasher, les quelques survivants se faire dévorer par les crocodiles. Dans la panique, il a perdu sa balise radio et, sans ration de survie ni eau potable, au milieu d’une jungle hostile et boueuse, il n’en a plus pour longtemps. Il est en train de prendre ses dernières dispositions lorsqu’il est assommé par… une balle de cricket.

C’est ainsi que commence Speak for England de James Hawes, dont le titre français Pour le meilleur et pour l’Empire, s’il mériterait de figurer au florilège du «jeu de mots bêtes show», traduit moins bien l’ironie douce et féroce à la fois du livre (1).

James Hawes, titulaire d’un doctorat en philosophie de l’université de Londres sur Nietzsche et Kafka, nous parle en effet de l’Angleterre et fustige ceux qui s’arrogent le droit de parler en son nom sans se soucier du sort de ses habitants.

Revenons à notre « héros ». Le choc de la balle de cricket marque son premier contact brutal avec une étrange colonie, méconnue de tous depuis plus de 45 ans.

En effet, en février 1958, un avion de ligne anglais, transportant clandestinement du matériel nucléaire, est abattu par un avion de chasse soviétique, au-dessus de l’île en question. Quelques survivants s’extraient des ruines de l’avion et, sous la direction d’une vieille baderne (qui ne s’appelle pas Powell, mais Quartermain), bâtissent les fondations d’une colonie nostalgique de l’Angleterre et de ses traditions. Des enfants sont nés, ont grandi, ont eux-mêmes procréé, mais le temps s’est arrêté. La vieille baderne, proclamé Directeur, étant en effet persuadé que l’attaque du Mig 19 contre leur avion était le premier acte d’une guerre nucléaire entre le camp du Bien, mené par l’Angleterre, et les Rouges, a veillé au strict respect de ce qu’il considère comme les vertus de la tradition british et entretenu l’inquiétude et l’espoir sur le sort de la bonne vieille patrie.

La première partie du livre nous montre en parallèle l’incommunicabilité loufoque entre cet Anglais contemporain et ces survivants figés dans le passé, ainsi que le cynisme et la bêtise des medias et des gouvernants anglais.

Les bouleversements connus en Angleterre en 45 ans sidèrent et déstabilisant le Directeur : s’il se réjouit que les adolescents continuent à dévorer Le Seigneur des anneaux, s’enthousiasme en apprenant que le XV de la Rose bat régulièrement les All Blacks et les Springboks et a même remporté une Coupe du Monde, accepte avec fatalisme que les Australiens gagnent chaque année leur match de cricket traditionnel contre l’Angleterre, certaines nouvelles le révulsent. Un incident manque même d’éclater, lorsqu’il accuse Marley de vouloir démoraliser « ses » jeunes en annonçant que le gouvernement travailliste (les travaillistes étant pour lui les ennemis, alliés des Soviétiques) de Tony Blair déteste les syndicats et n’impose les riches qu’à 40% maximum…

Et là, on touche à l’autre sujet développé en filigrane par ce livre. James Hawes, né en 1960, décrit la lente désespérance des Anglais modestes de cette génération, nés à une époque de solidarité nationale, de valorisation du service public, cette génération dont l’ambition était une vie digne et le rêve le plus fou un petit appartement pas très loin de la BBC. Cette génération, qui a vécu les années Thatcher, la mort de l’industrie, le chômage de masse, la privatisation à outrance et la guerre contre les Trade Unions se retrouve dans l’état d’esprit décrit par ce court échange entre le Directeur et Marley :

« - Ecoutez, Marley, les gens ne sont tout de même pas inquiets, bon sang ?
- Ils ne le montrent pas, mais je pense qu’ils le sont, oui. Chacun a une maison, une télévision, une voiture, et prend l’avion pour aller passer ses vacances à l’étranger et cætera, seulement nous sommes tous endettés jusqu’au cou. Nous savons qu’il nous suffirait de trois mois de chômage pour perdre tout ce que nous possédons, et j’ai parfois l’impression que tout le monde en est conscient mais que c’est tellement effrayant qu’on préfère ne pas y penser. »


Les piques dirigées contre Tony Blair, présenté comme un benêt sans volonté, et ses conseillers, les fameux spin doctors, sont acérées et traduisent le sentiment profond de trahison éprouvé par l’auteur.

La seconde partie du livre s’ouvre par la découverte, assez miraculeuse, de cette colonie oubliée, l’opération de sauvetage, avec la présence du Premier ministre lui-même, le déchaînement médiatique et le rapatriement de tout ce beau monde en Angleterre.

Je ne dévoilerai pas la suite, mais sachez qu’un basculement s’opère alors vers une histoire encore plus absurde, mais aussi plutôt inquiétante, et que l’ironie devient encore plus féroce, voire grave. Et il n’y a pas de happy end, Brian Marley se retrouvant à la fin du livre, dans une situation… embarrassante.

Si l’édteur français exagère un peu en plaçant cet ouvrage dans la filiation du Monty Python’s Flying Circus, il ménage de bons moments de plaisir, de rigolade et de réflexion. Mais surtout il provoque la sympathie pour les Anglais des classes modestes et moyennes.

Tenez, même moi, si par hasard je me retrouve dans un stade de rugby et que je vois Wilkinson crucifier le XV de France par un drop, après une série de «pick and go» à 2 à l’heure du pack anglais, peut-être que j’entonnerai Swing low, sweet chariot avec les Rosbifs et que j’irai ensuite boire des pintes avec eux.

Pour vous dire…

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(1) je pense d’ailleurs que celles et ceux qui maîtrisent bien la langue anglaise ont tout intérêt à se procurer ce livre en version originale. Edition anglaise : Jonathan Cape, 2005. Edition française : Editions de l’Olivier, 2007.

Posté par mezcal à 14:31 - Le chemin des mots - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mai 2008

La jeunesse de Prostetnic Vogon Jeltz

Récit imaginaire écrit dans le cadre d'un concours proposé par "Le voyageur galactique" dont j'ai gagné le second prix, une peluche Marvin, vous pouvez lire tous les récits en cliquant "ici".

C'était la première fois que j'écrivais un texte pour un concours, donc je suis super fière d'avoir gagné un prix. Bon ok, il faut que je rajoute par honnêteté qu'il n'y a eu que 4 textes en compétition, donc le deuxième prix sur quatre c'est pas non plus un exploit !  Mais quand-même...surtout le prix en lui-même, la peluche Marvin, c'est classe!

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Prostetnic Vogon Jeltz, dans sa jeunesse, n’était pas un Vogon différent des autres Vogons de son âge. Il était juste plus laid et avait un nez busqué comme tous ces congénères dégénérés.
Il faut dire que la race des Vogons ne brille pas par sa diversité mais plutôt par son ignominie.

Comme les autres Vogons, Prostetnic ne s’intéressait qu’à deux choses : écrabouiller des crabes et ricaner devant les jeunes Vogones.
Comme il était petit de taille, ces dernières ne lui jetaient pas des regards langoureux en clignant des yeux. Précisons que ce n’est pas une habitude de drague chez les Vogons, ceux-ci préférant envoyer des questionnaires type en recommandé avec accusé de réception en cinq exemplaires déclarant leur flamme de la plus curieuse des façons.
Les plus doués d’entre eux se risquaient même à un poème en guise de questionnaire.

Les parents de Prostetnic avaient pour lui un somptueux avenir tracé dans l’administration, à classer des papiers. Métier noble par excellence et notre jeune écraseur de crabes, sans qu’il n’ait eu son mot à dire, fut envoyé à la Haute Ecole Administrative Vogone.

Prostetnic occupait donc ses journées à étudier les différentes façons de classer des formulaires, les positionner par piles sur une étagère selon l’ordre d’arrivée, les tamponner puis les refiler au bureau d’à côté qui fera de même jusqu’au vide-ordures situé dans le bureau le plus éloigné ou bien les classer par le vide, cette dernière méthode étant bien sûr la plus efficace.

Durant les rares loisirs que lui laissaient ses études prégnantes, Prostetnic écrabouillait donc des crabes et commençait par la tête, car il s’amusait de voir la bestiole courir dans tous les sens sans pouvoir voir où elle allait.
Si ce passe-temps n’inquiétait pas ses parents, puisque ce jeu était intergénérationnel, il n’en allait pas de même avec une activité beaucoup plus cachée de leur fils.
Prostetnic avait la fâcheuse tendance à s’enfermer dans sa chambre et à déclamer de la poésie en se regardant dans la glace, pensant être seul !

La mère de Prostetnic en était toute retournée de voir son unique fils sombrer et quand avec un air innocent (tant soit peu qu’un Vogon puisse arborer un air innocent), elle le voyait monter dans sa chambre pour se reposer, elle ne pouvait s’empêcher de penser à cet oncle maudit, qui avait fait une carrière de professeur de poésie et qui était venu il y a quelques mois leur réciter quelques unes de ses créations poétiques.
Non ! Son fils ne deviendrait pas un artiste, il devait comme toute sa lignée d’ancêtres responsables manquer d’originalité, c’était une marque de fabrique de la famille à laquelle elle tenait plus que tout.

Prostetnic, lui, ne se doutant pas que son secret était découvert, continuait à s’exercer devant la glace et à réciter sa toute dernière création que lui avait inspiré une jeune Vogone qui étudiait avec lui.

« Oh ! Ma douce glaire,
Quand je vois ton profil tordu,
J’en frétille ma graisse
Veux-tu être ma bougresse ?
Oserais-je comme un glandu
Un jour en ta présence me taire ? »

Il faut avouer que même si la poésie Vogone était reconnue pour être la troisième plus exécrable de tout l’univers, Prostetnic avait quelques aptitudes qui aurait pu faire de lui un grand nom de la littérature Vogone.

Mais son destin, et surtout ses parents, en avaient décidé autrement.

A la fin de ses études, son diplôme de classeur d’archives 6ème zone en main, il attendait fièrement son premier poste dans la grande administration.
Les postes étaient attribués de manière très réfléchie, c’est à dire par la méthode dite aléatoire qui consiste à jeter dans un panier à crabe (les Vogons ne connaissant pas le chapeau, invention terrienne d’après le Guide Galactique) les noms des nouveaux diplômés et ce quelle que soit leur spécialisation, dans un autre panier une liste de métiers potentiellement disponibles.

Cette méthode, réputée efficace pour développer l’incompétence administrative, avait pour avantage de ne pas pouvoir être truquée.

C’était sans compter avec l’ingéniosité de notre jeune Prostetnic.
Celui-ci avait depuis ses derniers jours de cours déclamé son poème à sa jeune collègue. Cette dernière, pourtant impressionnée par son texte, ne lui avait pas donné d’espoir. Elle lui expliqua que la petitesse de Prostetnic l’empêchait d’établir tout contact amoureux au risque de devenir la risée de tous les adolescents de son âge.

Mais Prostetnic savait qu’un espoir existait et se promit de devenir poète.

Il imagina un stratagème pour truquer la sélection du panier à crabe. Il s’introduisit une nuit dans les locaux, passant sous le nez de deux gardes qui se disputaient à propos du futur championnat de lancer de crabes.
Son plan était simple, il lui suffisait de remplacer tous les papiers indiquant les différentes carrières par d’autres où il était écrit « carrière : poète ».

Quelques jours plus tard, au moment tant attendu de la délibération du jury de sélection des carrières, plusieurs dizaines de Vogons se virent offrir une carrière de poète, carrière administrative inexistante, ce qui ne dérangea nullement le jury dont la compétence équivalait à tous les jurys de tous les autres systèmes planétaires.

Prostetnic était furieux, sa colère se manifestait par des hurlements indicibles et une tendance à mouliner avec ses petits bras en vociférant des gné, greheu, graboudyeux, grognibeurk et autres mots en « G » qu’il affectionnait particulièrement.
Sa colère était légitime, il faut dire que son nom n’avait pas été tiré au sort, pour la simple raison qu’il avait oublié de le rajouter en plusieurs exemplaires dans le panier adéquat.

Alors que notre jeune idiot se morfondait en écrabouillant quelques centaines de crabes, sa mère quant à elle était de fort bonne humeur.

En effet, elle n’avait pas réussi à s’introduire dans les locaux de l’administration à temps avant le tirage du jury et était rassurée que le nom de son fils n’ait pas été retenu pour entamer une carrière idiote de poète.
Tout n’était donc pas perdu, et elle pourrait mettre en exécution son plan avant le prochain tirage du lendemain.

Son projet était simple, il fallait éloigner du nid familial le plus vite possible Prostetnic pour qu’il puisse enfin trouver sa voie dans une carrière prometteuse. Pour cela il suffisait qu’il soit choisi le plus rapidement par le jury quelle que soit la carrière qui s’offrait à lui.

Elle soudoya donc un des gardes en lui envoyant un formulaire déclaratif d’intention de libertinage en cinq exemplaires et, avant le rendez-vous dit du passage à la casserole, elle put admirer les locaux de l’administration centrale et dérober les bulletins nominatifs et les remplacer par des dizaines au nom de son fils.

Le lendemain, Prostetnic fut donc appelé pour exercer une carrière militaire et faire ses débuts dans la flotte galactique.

Drôle de destin tout de même pour un ex-élève au classement d’archives 6ème zone. Il n’y a rien d’anormal (si toutefois on peut parler de normalité concernant les Vogons) puisque ce jour-là le jury choisissait les carrières des anciens étudiants de l’Ecole Militaire et non de l’Ecole Administrative, mais cela la mère de Prostetnic n’en savait rien.

Prostetnic dut quitter le cocon familial et s’enrôler pour le prochain départ d’un vaisseau dernier cri au poste de pilote, lui qui n’avait jamais conduit autre chose que des sortes de gazelles qui mouraient immédiatement dès qu’on leur grimpait sur le dos.

Ses débuts furent chaotiques et il suffit de quelques secondes pour qu’on lui retira le manche à balai qui servait de guidon au véhicule spatial et que le capitaine s’exclama :
« Bougredandouille, mais c’est quoi ce déchet qu’on m’a mis au pilotage, qu’on l’affecte au nettoyage des papiers gras d’emballages, il ne pilotera jamais un vaisseau tant que je serai en vie »

Ce capitaine mourut étrangement quelques semaines plus tard, étranglé par des liasses de papiers gras sans qu’on ne sache jamais qui était à l’origine de cet accident domestique et un jeune Vogon, nommé Prostetnic Vogon Jeltz, fut nommé capitaine suite à un étrange tirage au sort mais ceci est une autre histoire.

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04 mai 2008

Parce que ça faisait longtemps...

...que je n'avais pas écrit un seul message sur ce blog pour ce blog.

Oh oui, je mets des textes que j'écris ailleurs, j'archive seulement.

Évidemment sans suite logique, mise à part la chronologie (plus ou moins) dans laquelle j'écris.
Bon, je ne vais pas changer mes habitudes mais tenter quand-même d'expliquer un peu plus par un préambule le pourquoi du texte qui suit.

Histoire de rajouter un peu de cohésion à ce blog!

C'est ma bonne résolution pour 2008, il était temps, non?

Autre chose, dans les nouveautés de Canalblog, vous pouvez aussi vous inscrire à la newsletter (en bas à gauche) et recommander ce blog (en haut à droite). N'hésitez pas ! c'est gratuit et indolore!

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29 avril 2008

Coming out

Cela fait près de trente ans que cela dure. Que je succombe régulièrement à cette pulsion coupable, à cette vilénie honteuse.


Chaque fois que je vois poindre les prémisses de cette bassesse qui me traumatise, j’ai des sueurs froides, mes doigts tremblent. Ces doigts qui rêvent de faire ce geste frénétique… J’essaie de repousser l’échéance, j’abandonne en hâte mon occupation, je la délaisse parfois pendant des jours.

Mais, lorsque je passe à côté de l’objet de mon tourment, mes yeux s’exorbitent tels ceux d’un junkie.

Je craque alors, je me confronte au danger qui me guette. Je me retiens, je me raisonne, puis toutes mes résistances sautent et je commets l’irréparable.

Cela ne me console pas de penser que des millions et des millions de personnes souffrent de la même affliction, du même vice caché. C’est bien là que le problème réside : tous, comme moi, gardent cette blessure intérieure pour eux et ne peuvent donc s’en guérir.

Je décide donc, aujourd’hui, devant vous, d’avouer au grand jour ma faute. Puisse mon coming out inciter celles et ceux parmi les Paranoïaques qui souffrent en secret de ce mal à se libérer.

Oui, quand l’intrigue d’un polar, d’un thriller ou d’un roman d’espionnage me passionne, je vais lire les dernières pages à l’avance.

Et vous ?

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27 avril 2008

Le no-life sauveur de l’humanité ?

Attention humour noir et second degrés de mise pour comprendre ce post !

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L’être humain est amené à évoluer, transformer son environnement et s’y adapter.
Mais l’homme est un danger pour la nature.

L’homme surconsomme, détruit sa planète, épuise ses réserves de nourriture et d’eau.
Heureusement aujourd’hui il existe une nouvelle catégorie d’être humain : le no-life.

N’écoutez pas tous ses psychologues qui tentent de vous inquiéter inutilement sur l’addiction aux jeux et à Internet, ils ne voient que le mauvais côté des choses alors qu’il existe tellement d’avantages à ce que les humains deviennent des no-life.

Le no-life est l’avenir de l’homme (1).

Je vous propose donc d’adopter un no-life ou bien de transformer avec une bonne éducation votre enfant ou votre compagnon (compagne) en no-life.
Vous ne le regretterez pas, vous ferez des économies et participerez à la sauvegarde de la vie, de l’univers et du reste.
Le no-life ne prend pas de place et n’a besoin que de peu d’espace vital, quelques mètres carrés lui suffisent pour passer la majeure partie de sa journée. Offrez-lui un studio ou une chambre de bonne : une chaise et un bureau, un lit de camp et des WC sur le palier suffiront.

Le no-life ne cuisine pas ; il mange quand il y pense et connaît par cœur les numéros de Pizza Hut de sa région, il n’est donc pas nécessaire d’investir dans une gazinière et des appareils ménagers, un four micro-onde et un mini frigo suffisent à sa survie.

Même si le no-life est réputé pour ne pas dormir il lui arrive parfois de se laisser aller à une sieste réparatrice après un combat particulièrement épuisant, le repos du guerrier, prévoyez quand même un canapé, un lit de camp ou une tente et bien sûr un sac de couchage.

Le no-life n’a pas de vie sexuelle : il n’a donc pas besoin de se laver souvent et n’use que peu d’eau, préférant boire des sodas très sucrés qui l’alimentent un peu.

Le no-life ne coûtera peu d’argent en habits, un vieux survêtement suffisant à son bonheur, pas besoin de machine à laver.

Le no-life est un être fragile et unique, il ne se reproduit pas, faites donc attention quand vous en adoptez un de veiller à ce qu’il vive le plus longtemps possible. Pour cela n’oubliez pas de payer l’électricité pour que son ordinateur fonctionne jour et nuit et de lui acheter les extensions nécessaires à son jeu favori.

Il est essentiel aussi de veiller à ce que sa connexion internet soit la plus rapide possible afin d’éviter quelques malencontreux désagréments (2)

Le no-life n’a pas un sens développé de la communication en mode réel, ne lui adressez la parole qu’en cas d’extrême urgence (incendie, livreur de Pizza Hut en congé, son anniversaire pour lui offrir la dernière version ou extension d’un jeu, décès uniquement si cela concerne un membre de la famille très proche)

Et pour finir, une belle chanson ! (3)

(1) http://www.youtube.com/watch?v=JasAkNkLsok&NR=1
(2) http://www.youtube.com/watch?v=laQLwb6b4Ro&feature=related
(3) http://www.youtube.com/watch?v=IMrmmKIUdf4&feature=related

Posté par sayyadina à 12:33 - Divagations sur le net - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

La vie en couleur

Internet est peuplé d’artistes dégagés (1). Mais parfois la dure réalité nous rattrape brutalement. C’est ainsi qu’une hirondelle asiatique, après un long périple, m’a largué sur la tronche une noix de coco. Une fois sorti du coma, j’ai découvert dans la dite noix ce message, directement en provenance des neiges tibétaines, soigneusement crypté. J’ai estimé de mon devoir de vous révéler, derrière les mots d’apparence futile de cette ritournelle, le sens profond de cette missive :


« Hé ! Hé !

On dormira demain
Viens prends-moi par la main
La fête vient d'arriver
Avec ses lumières
Et ses cavalières
Surtout les manèges enchantés »


Quelle description angoissante d’une vie hantée par la peur des chars chinois, ces « manèges enchantés » qui apportent la mort qui fera dormir éternellement dès demain. Ces fameuses cavalières, qui sont-elles ? Est-ce une métaphore pour désigner les adolescentes lobotomisées des Jeunesses communistes ? La fête qui vient d'arriver est-elle un leurre perfide (2) des Chinois pour faire sortir les innocents bonzes de leurs lamasseries ? Ou bien s'agit-il de la tournée mondiale de Serge Lama avec Nicolas Peyrac en première partie ?

« Les ours en peluche
Et les fanfreluches
Pour toi je les gagnerai
Ca y'est je devine
Que les carabines
Te font peur, je suis désolé »


Que dire de plus ? Malgré les barricades dérisoires d’ours en peluche, de fanfreluches et de barbapapa, seules armes accessibles aux bonzes qui font du ski, les carabines font tonner leur voix rauque, qui sème la panique… A qui s'adresse le narrateur? Une femme? Un enfant? Son compagnon de cellule au corps huilé ? La litote poétique, comme dans toute la littérature traditionnelle tibétaine, entretient le mystère.(3)

« C'est la vie en couleur [wip !]
Tiens voilà le marchand de ballons
C'est des cris et des fleurs
Les manèges tournent à l'unisson
C'est la vie en couleur [wip !]
Il faut sortir et en profiter
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous
Hé !
Hé ! »


Pourtant l’espoir inextinguible demeure, le pur élan de vie, les cris de rage de l’amour révolté s’élèvent : alertez les bébés Yétis !

« Dans le labyrinthe
Les lumières éteintes
J'essaierai de t'embrasser
Dans le train fantôme
N'aie pas peur des gnomes
Je suis là pour te protéger
Les marchands de nougat
Et de barbapapa
Sauront bien te consoler
Nous reviendrons dormir
Loin du bruit et des rires
Mais tu ne voudras pas rentrer »


Les larmes me viennent aux yeux quand j’entends cet hymne de résistance : oui, le nougat, la barbapapa, les tongs viendront à bout des armées, des chars, des nems qui sont largués par mégatonnes sur les cimes enchanteresses du Tibet. Un jour, le train fantôme déraillera et tout le monde pourra librement manger du lait caillé jusqu’à en vomir de joie. Les gnomes, en qui on reconnaît les perfides (2) Gardes rouges, ne feront plus peur à personne et seront reconvertis en drag-queens pour faire rire les oiseaux et chanter les couleurs.

« C'est la vie en couleur [wip !]
Tiens voilà le marchand de ballons
C'est des cris et des fleurs
Les manèges tournent à l'unisson
C'est la vie en couleur [wip !]
Il faut sortir et en profiter
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous »


Et au bout de la paix retrouvée, l’amour, cette fleur immortelle qui renaît toujours sur les champs après la bataille, les roucoulades, les sérénades, les baisers passionnés, les partouzes… Mais je m’exalte, revenons à notre sujet.

« La la la, la la la
La la la la la la la la
La la la, la la la
La la la la la la la la
La la la, la la la
La la la la la la la la
Dépêchez-vous d'aller faire un tour
On peut trouver le grand amour
Sur le grand-huit ou la grande-roue
Le monde tourne autour de nous »


En voyant, ta signature, frère inconnu, j’ai senti une grande flamme, presque olympique, me réchauffer le cœur. Par delà les vastes étendues et les montagnes, je te salue, bonze Rémy Dalaï Bricka.

--
(1) je sais, ce n'est pas de moi...
(2) comme chacun le sait, les Chinois sont perfides, les Corses sont fiers et les Ricains de gros cons obèses
(3) voir l'anthologie Tibète, tu es très bête

Posté par mezcal à 13:56 - Se laver les oreilles - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 avril 2008

Le flamby, dessert lacté ou principe de vie?

Je ne suis pas trop sucré, c’est de famille, avec mon père on a toujours préféré le salé au sucré. Je préfère goûter avec du saucisson qu’avec du Nutella, et finir mon repas sur du fromage que prendre des desserts lactés, exception faite de la mousse au chocolat mais ce n’est pas le sujet.

Donc je me suis trouvée bien embêtée quand on m’a demandé si le flamby était un simple dessert lacté ou principe de vie à part entière ?

Ma tendance première a été de penser que c’est la première réponse, ce qui m’éviterait de développer, mais je n’aime pas la simplicité.

Alors j’ai fait appel à ma mémoire infaillible et me suis remémoré ma propre expérience à propos des flamby. Pour commencer je préfère les crèmes au caramel dites « maison » de Tatie Supernova au vulgaire flamby gélatineux tremblant.
Mais j‘ai quand même comme tout un chacun déjà essayé ce dessert.
Première constatation : j’ai mis des années à remarquer qu’il y avait une languette au fond du pot de flamby.
Deuxième constatation : j’ai compris après une ou deux décennies que le flamby ne se mangeait pas à même le pot mais se démoulait sur une assiette à dessert pour que le nappage de caramel s’étende tout autour du truc jaune aux œufs gélatineux et qu’on soit obligé de lécher l’assiette pour ne pas perdre une goutte du caramel qui est le meilleur.
Troisième constatation : je suis nulle en flamby et il me fallait prendre des cours.

Mon travail scientifique allait me faire découvrir un monde à part au hasard d’un repas sur un chantier archéologique en Touraine il y a quelques années. A la fin du repas alors que j’épluchais une mandarine récalcitrante, mes deux collègues à table sortent de leur sac de filles des flamby qu’elles regardent amoureusement et crient comme un ralliement « gobage de flamby go ! »
Je n’ai pas eu le temps de voir, estomaquée par la vision d’horreur de l’acte je m’enfuis vomir mes quartiers de clémentines et quelques restes de poulets.
Au bout de quelques repas je m’y suis faite puisque le rituel du gobage devint habituel et que d’autres adeptes bientôt s’y convertirent aussi, je finis par être la seule à m’y refuser, si bien qu’un jour arrosé de pastis je me laissai tenter par l’expérience.
Je ne vous raconte pas la suite, le caramel et le pastis ne font pas bon ménage dans la régurgitation spontanée.

Forte de cet échec, je décidai d’en savoir plus sur ce jeu quasi sexuel et je découvris le site référence en la matière (1).

Je me rendis compte immédiatement qu’il y a des techniques de gobage de flamby, puisque c’est parait-il un être délicat qu'il faut savoir aborder car un rien l'émeut et peut le disloquer.
Il faut donc y aller avec délicatesse car le flamby ne doit pas se sentir agressé !
Il faut ensuite positionner ses lèvres pour faire joint autour du flamby et aspirer.

Mais comme pour la fellation il y a plusieurs techniques de gobage de flamby : la grande pyramide, la pompe à flamby, le flamby cousteau, le strip flamby etc…

On peut gober plusieurs flambies à la fois pour les bouches les plus gourmandes.
Je referme la page du site et décide de réfléchir à ce monde qui s’ouvre à moi.

Le flamby est un dessert lacté dont la composition et tenue secrète par des hommes politiques qui utilisent l’apparence ludique de ce sport national pour endormir les masses, la preuve on compare souvent François Hollande à un flamby !

Le flamby n’était donc pas qu’un dessert lacté, ni même un principe de vie entière mais un complot mondial destiné à l’abrutissement des humains.
Il faut absolument lutter contre l’invasion des flambies et revenir aux valeurs sûres du gobage de blanc-manger pour sauver l’humanité, sauf si celui-ci préfère jouer au Tennis ! (2)

(1) http://www.gobage.com/
(2) http://fr.youtube.com/watch?v=L1sYgknWGSA&feature=related (3)
(3) Voir à ce sujet cette propa sur le blanc-manger http://www.parano.be/v15/news.php?action=listing&secteur=R42&news_id=17988

Posté par sayyadina à 13:53 - De bonne humour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

Le meilleur des mondes ?

[petit récit d'anticipation, pas tant imaginaire que ça...]

Le réveil a sonné à 4h42 comme chaque matin. Pour être au boulot avant 9h06, le matricule XJ 46835 devra faire ses trois heures de marche matinales. Depuis la dernière augmentation des taxes sur l’essence, il n’a plus les moyens de prendre sa voiture. Et le métro et les bus ne desservent plus son quartier, peuplé de membres de la classe moyenne en voie de paupérisation.

Il réveille sa collégienne de fille. Celle-ci se dresse en hurlant :
« - Mais t’es trop lourd ! Je t’ai dit que je n’avais plus cours jusqu’à nouvel ordre !
- Ah zut, excuse-moi ! Il s’est passé quoi déjà ?
- Microsoft a suspendu ses versements au bahut : on ne consommait pas assez de produits d’enseignement. Le proviseur n’a plus d’argent pour payer Manpower, on n’a plus d’intérimaires pour assurer les cours (1). »

Le matricule XJ 46835 referme la porte de la chambre, se prépare, prend un petit déjeuner et sort. Il ne réveillera pas sa femme : cela fait longtemps que son emploi dans l’aide à l’enfance a été supprimé et elle n’a pas le portefeuille de compétences requis pour se réinsérer sur le marché du travail.

Il n’a pas une distance si longue que cela à parcourir, mais sa marche est rendue difficile par les trottoirs et chaussées défoncés, les tas d’ordures qui obstruent le passage. Plus personne n’est là pour entretenir la voirie et ramasser les poubelles…

Sur son chemin, il accélère le pas chaque fois qu’il croise un groupe de SDF. Ce n’est pas qu’ils sont méchants, avec leurs costumes cravate pas encore fripés. Mais, depuis que la TVA sur les produits de première nécessité est passée à 45 %, le désespoir et la faim les rendent agressifs. Et les quartiers traversés ne sont pas tous assez riches pour financer une milice privée…

Les locaux de sa boîte sont vastes, fonctionnels. Ce sont ceux d’un ancien centre des impôts. Le patron a eu le nez creux d’acheter avant que la spéculation fasse flamber le prix du m² des locaux administratifs désaffectés.

Après ses dix heures de travail journalier, juste interrompus par le ¼ d’heure consacré à manger devant son écran le repas froid que lui a préparé sa femme hier soir, il prend le chemin du retour. S’il presse le pas et arrive pour 22 heures, il pourra peut-être voir la fin de la « Crotte Academy ».

Mais, arrivé chez lui, son cœur s’arrête quand il voit que la télévision grand écran, le canapé et la cuisinière ont disparu. Sa femme est assise au milieu du salon, les yeux dans le vide.

« - Mais, mais ? Que s’est-il passé ?
- Les policiers du quartier ne sont plus payés depuis trois mois. Alors ils font le tour des appartements pour récupérer ce qui est vendable. Ils ont été très gentils, ils ne nous ont même pas molestées. Et ils n’ont pas touché à la bibliothèque : les livres ne représentent rien sur le marché… »

Le matricule XJ 46835 soupire et se rappelle ce jour funeste où, comme tout le monde, il a applaudi la décision de ce président populiste de supprimer l’impôt sur le revenu et l’impôt sur la fortune.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 :
*« Art. 12. - La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
Art. 13. - Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »*


--
(1) extrait d’un projet de loi devant passer au Parlement français au printemps : *« Les administrations centrales de l’Etat, les services déconcentrés en dépendant et les établissements publics de l’Etat peuvent avoir recours au service des entreprises mentionnées à l’article L.1251-1 du code du travail »*, c’est-à-dire les agences d’intérim.

Posté par mezcal à 13:52 - A poil les tiques ! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 avril 2008

H2G2 radio vf (non sous-titrée)

Au début de la création était le son (oui certains essayent de faire croire que c’était le verbe mais n’adhérez pas à leur religion !) autrement dit la voix sans l’image, cette dernière étant arrivée bien après le livre (quoique c’est inexact mais qu’importe), donc la voix est le commencement à…

La vie, l’univers et le reste…

Ou plus exactement à H2G2, de « The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy » (« le guide du voyageur galactique »), œuvre culte de l’auteur anglais Douglas Adams.

Reprenons donc.

Le guide du voyageur galactique est né sur les ondes de Radio 4 en mars 1978 sur la BBC.
En réalité le guide est d’abord né dans l’imagination de Douglas Adams.

Celui-ci a 19 ans, nous sommes en 1971 et il voyage en stop à travers l’Europe avec un guide du routard et, face aux déboires des voyages et de la sympathie des autochtones, il s’imaginerait bien prendre l’air ailleurs et pourquoi pas dans l’espace avec un bon guide.

Quelques années plus tard, alors qu’il galère et se voit déjà comme un écrivain raté sans le sou, il propose une comédie télé de science fiction mais finalement la BBC lui propose d’en faire une série radio.

Pour les fans d’H2G2, la série radio reste la meilleure adaptation de l’histoire délirante du guide du voyageur galactique, tant par la qualité du texte, les acteurs, les bruitages et l'environnement sonore.

Douglas Adams écrit les épisodes au fur et à mesure et souvent au dernier moment sans penser à la suite.
A la fin du 6eme épisode, pensant que c’était la fin, il fait mourir trois de ses personnages (1)

Mais la BBC lui commande de nouveaux épisodes de 1978 à 1980, 12 épisodes seront diffusés au total sur ces deux années sur les ondes de la radio anglaise avec un succès fort surprenant.

Parallèlement des éditeurs le contactent pour qu’il transpose la série en livre, le premier tome sortira en 1979.

H2G2 prendra diverses formes ensuite : série télé en 81 sans moyens financiers, 33 tours en 82, jeu vidéo en 84 dont la BBC a lancé en ligne une nouvelle version jouable(2), disque de jazz en 90, BD en 93, guide illustré en 94, nouvelles séries radio en 2004, film en 2005 et plusieurs adaptations au théâtre durant toutes ces années.

Ce qui est intéressant dans les différentes version du guide, c’est qu’elles ne sont pas des copies conformes de la série radio initiale et que chacune adapte sous l’œil acéré de l’auteur le scénario avec plus ou moins de libertés. Ceux qui ont vu le film et lu les livres s’en sont bien rendu compte.

Douglas Adams dit lui-même que : « L'histoire de H2G2 est à présent si compliquée que chaque fois que je la raconte, je me contredis moi-même. Et les rares fois où je réussis à m'en sortir, on reproduit mal mes propos. »

Pour ceux qui, comme moi, sont doués en anglais comme des moutons électriques (il n’y a pas que les vaches folles dans la vie) ne pas pouvoir se régaler de la série initiale radio est un handicap très sérieux pour peu qu’on aime l’univers absurde de Douglas Adams, les autres peuvent continuer à regarder passer les trains.

Alors j’ai foncé tête baissée comme un taureau en rut (il n’y a pas que les vaches …) sur une adaptation française des 12 épisodes réalisée par un fan de Douglas Adams qui a été diffusée à partir de novembre 1995 sur une radio brestoise, Fréquence Mutine.
Six mois de travail de traduction, six mois de studio, trois cent effets sonores, et une quinzaine de comédiens, de nombreuses galères et des moyens limités (un budget de moins de 20 000 francs) pour cette production française amateur (3) dont je vous invite à découvrir ci-dessous les premiers épisodes, la suite devant être mise prochainement sur son forum (4). Au dire de l'auteur le premier épisode n'est pas réussit faute de temps et d'expérience, donc persévérez en écoutant le deuxième si vous n'accrochez pas au premier.


Vous trouverez les 4 premiers épisodes (pour l'instant) ici

(1) Zaphod, Marvin et Trillian
(2) http://www.bbc.co.uk/radio4/hitchhikers/game.shtml
(3) plus d'informations ici : http://www.voyageurgalactique.com/serieradiofr.html
(4) forum du site du voyageur galactique : http://www.voyageurgalactique.com/
http://nbotti.free.fr/phpBB2/viewforum.php?f=3&sid=6dc60e060a3e0268b5a6d1596ed2e2da
Merci à ce site pour toutes les informations qu’on peut y trouver.

Posté par sayyadina à 00:41 - Le chemin des mots - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2008

La vie et l’œuvre de Nicolas-Jacques Pelletier

Si on connaît avec précision la date de la mort de Nicolas-Jacques Pelletier, le 25 avril 1792, le doute plane sur celle de sa naissance.

On sait qu’il naquit dans le Poitou, dans une famille de dix sept enfants tellement pauvres qu’ils n’avaient pas de maison, vivaient au fond du marais et mangeaient uniquement de la vase et des cailloux.

C’est donc tout naturellement que dès l’adolescence Nicolas-Jacques embrassa la noble et lucrative profession de bandit de grand chemin. Un de ses premiers larcins fut décisif pour la suite de sa carrière : ayant récupéré un luth, il s’initia à cet instrument et se mit à composer et interpréter des ritournelles romantiques.

Car Pelletier était une fleur bleue, doté de plus d’un physique très avenant et d’un organe (vocal, bande d’obsédés) remarquable. Sa sensibilité lui faisant détester la violence, il imagina une technique très originale pour ses méfaits.

Se postant sur les chemins, il arrêtait les couples circulant en fiacre, sous la menace d’un tromblon déchargé. Après avoir attaché l’homme à un arbre, il improvisait un récital pour sa belle. Le talent et le charme de Nicolas-Jacques étaient redoutables, et aucune femme ne résistait. Après s’être abandonnées dans l’herbe aux plaisirs de la chair sous les yeux de leur mari, ces coquines accompagnaient Pelletier au domicile conjugal, lui ouvraient le coffre et lui désignaient les objets de valeur.

C’est ainsi qu’un beau jour, Pelletier fit la connaissance du docteur Guillotin et de sa charmante femme, la Guillotine. Et ce fut le coup de foudre. Les deux amants ne se séparèrent plus et le docteur Guillotin se retrouva gros Jean comme devant.

Bien sûr, Pelletier cessa de trousser les dames : le couple se reconvertit dans le trafic de sel, fort prisé à l’époque, mais fortement réprimé par les gabelous, sous les pseudonymes de Bonnie Guillotine et Clyde Pelletier.

Pendant ce temps-là, le machiavélique docteur préparait sa vengeance.

Le 28 novembre 1789, il présente à l’Assemblée Constituante une machine infernale, qu’il baptise avec un humour fielleux et morbide du nom de son ex-femme, censée occasionner une mort immédiate et sans souffrance aux criminels exécutés, ce qui d’après lui présenterait un progrès par rapport aux techniques précédemment employées.

Le 3 juin 1791, l’Assemblée édicte que «tout condamné à mort aura la tête tranchée», malgré une motion demandant l’abolition de la peine de mort présentée par… Robespierre !

Le piège est en place : jouant de ses relations dans la police, le docteur Guillotin fait arrêter Pelletier. Celui-ci « profite » de la nouvelle invention et l’inaugure le 25 avril 1792. Ce que l’histoire a occulté, c’est que le médecin sadique lui fit d’abord couper le sexe avec sa machine diabolique avant que la tête ne soit tranchée.

Mais ce méfait ne profita pas au monstrueux médecin. Folle de haine et dé désespoir, la Guillotine se lança à corps perdu dans la débauche (la femme, pas la machine, suivez un peu) jusqu’à contracter la syphilis. C’est alors, et alors seulement, qu’elle revint faussement repentante vers son mari, pour lui transmettre le mal dont il mourut dans d’atroces souffrances…

Et, objectivement, bien fait pour lui !

Posté par mezcal à 19:26 - Outre passé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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