Napoléon 1er est né le 15 août 1769, de l’union de deux splendides iguanes verts, dénommés Carlo Maria et Maria Letizia. Le problème, c’est que cette confusion partielle des prénoms des deux parents fit éclore l’œuf prématurément et que le bébé iguane eut, dès la naissance, une taille en-dessous de la moyenne,et fut l’objet des risées de ses congénères. Cela fut la cause d’un caractère hargneux et belliqueux chez le jeune iguane et chez l’adulte qu’il devint (1).

Les pattes de Napoléon étant atrophiées, il prit très jeune l’habitude de porter un gilet pour y cacher ses membres ridiculement petits. Ainsi, il suait et puait énormément, ce qui accroissait encore plus le rejet de ses semblables.

Cela explique pourquoi, alors que les iguanes atteignent leur maturité sexuelle à 3 ans, il dut attendre le 14 juillet 1789 pour être défloré : en effet, il se fit ce jour-là violer par un groupe de tortues en colère, rue du Faubourg St Antoine à Paris, sur le chemin de la Bastille. Il en conserva une haine farouche pour les tortues.

Dévoré par l’ambition, désireux de se venger des brimades subies depuis l’enfance, Napoléon 1er embrassa à la fois les carrières militaire et politique.

Les tortues, aidées par les varans, les dragons d’eau et les lézards, avaient en effet renversé le pouvoir des crocodiles pour instaurer une République fraternelle des reptiles. Mais les serpents, avides de lucre et de souris, veillaient et utilisèrent le jeune Napoléon pour prendre les rênes de l’Etat.

Porté par des campagnes meurtrières, où il envoyait sans état d’âme ses agames barbus fanatisés à la mort, ou au pillage et au viol pour les survivants, son étoile grandissait sans cesse. Plus il conquérait de territoires pour le commerce des serpents, plus il leur ramenait de jeunes souris innocentes à dévorer, plus son renom grandissait.

Ce qui devait arriver arriva : en novembre 1799, Napoléon prit le pouvoir par un coup d’Etat et put s’abandonner sans réserve à sa folie des grandeurs, en se proclamant Premier Consul, puis Empereur des reptiles.

Un exemple marquant de sa cruauté : depuis trois siècles, les boas constrictors capturaient des tortues d’Afrique pour les envoyer mourir à la tâche aux Antilles, pour leur plus grand profit. En 1794, cet esclavage honteux avait été aboli par la République des reptiles. Poussé par sa compagne, Joséphine, une chynémide très liée aux boas, Napoléon rétablit la traite des tortues en 1802.

Le règne de Napoléon 1er fut marqué par la guerre permanente contre les basilics, les caméléons, les geckos, les fouette-queue, les péluses… bref contre toutes les espèces. Celles-ci se coalisèrent et réussirent à chasser du pouvoir ce tyran détesté de toute l’Europe, non sans que celui-ci fit un dernier baroud de cent jours.

Exilé et oublié sur une île lointaine, il mourut dans son vomi en 1821.

Bizarrement, ce fou meurtrier jouit en France d’une grande considération, totalement injustifiée.

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(1) un phénomène identique s’est passé récemment en France avec un serpent hongrois.