C’est la saison des morts, comme chaque année on va manger de la citrouille et des bonbons. Les gens vont s’habiller en noir et pousser des « houyou houyou » agitant des chaînes en cartons, les mains encore barbouillées de maquillage blanc et noir largement étalé sur des visages déjà livides par le début de l’hivers.

Et si nous n’en parlions pas !

N’évoquons pas le 31 octobre et les enfants d’Halloween qui vont encore frapper à nos portes menaçant de leur « Trick or treat ! » (Des friandises ou un mauvais tour).
Ne parlons pas de ses origines Celtique d’il y a 2000 ans, où pendant trois jours on célébrait le changement d'année aux environs du 1er novembre.

Ne parlons pas non plus de la fête des morts, le 2 novembre, où l'Église catholique commémore par des messes les fidèles défunts permettant la purification de leurs péchés pour atteindre la vision béatifique.

Ni de la nuit des morts mexicaine où on honore les défunts et on défie la mort par des célébrations religieuses avec des offrandes de bonbons, de têtes de mort en sucre ou de tequila.

Ni des chinois et de la traditionnelle fête des fantômes qui a lieu le 15e jour du septième mois lunaire où les esprits qui ne reçoivent pas de culte et sont retenus dans les enfers se voient offrir des repas et des cérémonies pour leur délivrance.

On n’abordera pas non plus la nuit de Walpurgis qui se situe entre le 30 avril et le 1er mai et symbolise la fin de l'hiver. Célébrée dans toute l'Europe depuis des temps reculés, malgré les interdits et excommunications des églises chrétiennes cette fête qui a toujours été célébrée est parfois identifiée au sabbat des sorcières, se manifeste par la plantation de l’arbre de mai ou l’embrasement de grands feux.

Non, franchement toutes ces fêtes m’effrayent, c’est quand même bête d’inviter comme amis pour faire la fête ceux qui ne peuvent plus être là…on se retrouve automatiquement tout seul et en plus d’être déprimant, cela ne correspond pas à l’image que je me fais de la fête.

Préférons les vivants, je vous assure que vous y gagnerait au change, d’ailleurs pour danser un corps vivant est préférable au corps raide et moisis de votre grand-mère franchement déterrée pour l’occasion.

Puis une soirée ne se termine pas tout seul, enfin disons que cela arrive, mais que dirait votre famille si vous finissez au lit avec cousine Germaine qui a sombré à l’age de ses 20 ans d’un accident de trottinette ? Croyez moi votre histoire serait vouée à l’échec à peine commencé.

Je vous en conjure, invitez des vivants ce soir et laissez les morts tranquilles…